Chez Roger Nellens, peintre, collectionneur, mécène, se loge la spectaculaire Maison Dragon, réalisée par Niki de Saint Phalle entre 1973 et 1975. Haute de trente-trois mètres et classée monument historique par la ville de Knokke en Belgique, la Maison Dragon est un cadeau de l’artiste à Xavier, fil

Roger Nellens et Niki de Saint Phalle
D.R.
Chez Roger Nellens, peintre, collectionneur, mécène, se loge la spectaculaire Maison Dragon, réalisée par Niki de Saint Phalle entre 1973 et 1975. Haute de trente-trois mètres et classée monument historique par la ville de Knokke en Belgique, la Maison Dragon est un cadeau de l’artiste à Xavier, fils de Roger et Fabienne Nellens, destiné à être la maison de jeux de l’enfant. La monumentalité de la sculpture révèle la nature du lien qui unit l’artiste et son collectionneur. En effet, Roger Nellens rencontre Niki de Saint Phalle à la Monumenta de Kassel en 1972 où elle présente une sculpture en forme d’igloo dans laquelle les visiteurs peuvent pénétrer, et qui lui inspirera la commande de Maison Dragon. La maison de jeux recèle de nombreuses histoires puisqu’elle deviendra par la suite une sculpture habitable et aménagée qui accueillera Keith Haring lors de ses séjours à Knokke.
Roger Nellens se charge un temps de la relation de Niki de Saint Phalle avec ses galeries alors que cette dernière réalise des sculptures dans son jardin d’hiver. Roger, Niki et Jean Tinguely –époux de Niki– partagent des moments de complicité uniques et le collectionneur goûte à la vie de bohème que mènent les artistes dans leur petit atelier parisien.
Les couleurs de Niki de Saint Phalle fascinent Roger Nellens qui acquiert plusieurs œuvres parmi lesquelles la Patineuse, présentée ici, qu’il avait repérée chez un collectionneur parisien et qu’il achète à sa veuve quelques années plus tard. La Patineuse, réalisée circa 1967, se distingue par sa couleur noire, sa palette réduite et ses traits bruts à l’instar des Nanas créées à partir de la fin de l’année 1964 et marquant l’engagement de Niki de Saint Phalle, américaine ayant fui le maccarthysme et le racisme, dans le mouvement pour les droits civiques américains.
Entretien avec le collectionneur Roger Nellens
par Aude de Vaucresson (Artcurial Belgique) le 25 avril 2018

Niki de Saint Phalle (1930–2001)
Patineuse, circa 1967
Polyester peint sur socle en métal
200 x 160 x 115 cm
Vendu : 381 000 €
Aude de Vaudresson : Pourquoi avez-vous laissé Niki de Saint Phalle envahir votre vie ?
Roger Nellens : Je l’ai rencontré à la Documenta de Kassel. Mon père vivait encore et j’avais été présenté à Niki par le Docteur Baulieu. J’ai été séduit et je m’étais dit que ce qu’elle faisait serait bien pour mon jardin à Knokke. Je n’avais pas imaginé que ce projet prendrait autant de temps et d’ampleur. La folie habitait ses œuvres mais aussi l’humour, la liberté et l’indépendance.
AdV : Pourquoi cette « Nana » noire ?
RN : Je voulais une pièce plus ancienne que le dragon dans mon jardin. J’aimais ces traits bruts. Je voulais chez moi ces couleurs en mouvement. J’aimais surtout les nanas noires. Je trouvais cela très beau, si beau avec les couleurs.
AdV : Qu’a représenté Niki de Saint Phalle pour vous ?
RN : On pourrait dire que Niki a été une des femmes de ma vie. Jean Tinguely, je l’avais dans la peau, c’était l’homme de ma vie. La relation entre nous trois, cela a été ma maison, une vraie collaboration. Niki et Jean ont ponctué ma vie, ils ont habité ma jeunesse, stimulé ma vie d’artiste. C’était la vie de bohème…
Informations
Expositions publiques à Paris :
Vendredi 1er juin de 11h à 19h
Samedi 2 juin de 11h à 18h
Dimanche 3 juin de 14h à 18h
Lundi 4 juin de 10h à 14h
Vente aux enchères à Paris :
Lundi 4 juin 20h
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Carine Decroi