Vente Tableaux et dessins anciens et du 19e siècle, sculptures /Lot 146 Charles Chaplin Les Andelys, 1825 - Paris, 1891 Allégorie de la Musique

  • Charles Chaplin Les Andelys, 1825 - Paris, 1891 Allégorie de la Musique Huile sur toile (Toile d'origine)
Charles Chaplin Les Andelys, 1825 - Paris, 1891
Allégorie de la Musique
Huile sur toile (Toile d'origine)
Signée et datée 'Ch. Chaplin. 1880' en bas à droite
Toile de la maison Deforge Carpentier à Paris

'AN ALLEGORY OF MUSIC', OIL ON CANVAS, SIGNED AND DATED, BY C. CHAPLIN
Hauteur : 83 Largeur : 115 cm

Bibliographie : Catalogue Ad. Braun & Cie, Paris, 1896, n°678

Commentaire : Portraitiste, peintre de paysage et de genre, Chaplin trouve sa voie grâce à la peinture décorative. S'il réalise des chantiers décoratifs d'importance, notamment pour les palais des Tuileries et de l'Elysée entre la fin des années 1850 et le début des années 1860, cette partie de sa production prend son essor dans les années 1870, et plus encore au cours de la décennie suivante. A cette époque, les capitales d'Europe et du monde entier connaissent un développement urbanistique sans précédent. La montée en puissance d'une bourgeoisie issue des affaires, puissant commanditaire, soutient la production d'œuvres ornementales qui agrémentent appartements, riches demeures et hôtels particuliers nouvellement construits.

En France, de nombreux peintres décorateurs jouissent d'une grande réputation : Pierre-Victor Galland (1822-1892), Alexis Joseph Mazerolle (1826-1889), Paul Baudry (1828-1886), Guillaume Dubufe (1853-1909)… autant de noms restés célèbres pour qui apprécie la peinture décorative de la seconde moitié du XIXe siècle et auxquels s'ajoute celui de Charles Chaplin. S'il bénéficie de nombreuses commandes parisiennes et provinciales, le peintre est sollicité par une clientèle étrangère. On admire ces œuvres décoratives - panneaux muraux, plafonds et dessus-de-porte - depuis Londres jusqu'à New York, en passant par La Haye et Saint-Pétersbourg. Ses peintures décoratives initialement conçues pour un lieu spécifique, fixées sous de riches moulures, parfois marouflées ou tristement réduites en cendres lors d'incendies, circulent moins régulièrement sur le marché que ses tableaux de chevalet. Aussi sont-elles difficiles à recenser et demeurent moins connues des amateurs comparativement aux scènes de genre, ce qui les rend d'autant plus rares.

L'œuvre présentée aujourd'hui, 'La Musique', était accompagnée de deux autres dessus-de-porte : 'La Poésie' (fig. 1) et 'La Peinture' (fig. 2). Par chance, Braun & Cie a réalisé des clichés et commercialisé des tirages de ces toiles à la fin du XIXe siècle. Aussi, pouvons-nous en quelque sorte reconstituer cet ensemble. Le style de Chaplin et le type de modèles que l'artiste représente évoluent tout au long de sa carrière. Toutefois, en matière de peinture décorative, Chaplin recourt à des thèmes récurrents : les saisons, les heures de la journée et les allégories des arts. Généralement, une jeune femme incarnant une muse que l'on identifie grâce ses attributs est représentée assise dans les nuages en compagnie d'Eros ou de Génies des arts. Grand amateur de musique, Chaplin collectionnait des instruments anciens qu'il se plaisait à représenter dans ses toiles. Une couronne de cymbalettes et une clarinette croisées à ses pieds, la Muse (ou allégorie) de la musique joue de la guitare aux côtés d'un harpiste ailé, tandis qu'à droite, un angelot fait office de pupitre. Les attitudes des instrumentistes sont naturelles et convaincantes. Chaplin a doté son Eros à la harpe d'un front bombé, parcouru de mèches blondes, et coiffé d'une chevelure courte sur les tempes à la mode des musiciens classiques. Ses yeux dirigés vers le haut lui donnent un air gentiment inspiré. Cette expression fait écho à celle de la Muse de 'La Poésie' pinçant les cordes de sa lyre. Les deux panneaux possèdent d'ailleurs une composition similaire, quoiqu'inversée. Tout cela confirme l'appartenance de ces œuvres au même ensemble et laisse supposer que les deux dessus-de-porte étaient vraisemblablement disposés sur le même pan de mur.

Pour orchestrer sa 'Musique', Chaplin a abandonné ses roses pour une palette à dominante de beige, de brun, de jaune doré et de blanc rehaussés de bleu. Le coloris, aussi léger que le drapé se fondant presque dans les nuages, reste solide. Dans ses panneaux décoratifs, l'artiste joue moins sur les effets de contraste entre les rendus : la facture est lisse, les contours nets. Malgré cela, le peindre est parvenu à individualiser les matières (bois, tissus, fleurs), à donner un effet de profondeur grâce au caractère vaporeux des nuages de l'arrière-plan, quand les cumulus du premier plan prennent l'aspect d'un gros croissant crème. Il en résulte une toile équilibrée tant du point de vue de la forme que des couleurs, une œuvre à la fois aérienne et consistante, sobre et raffinée, graphique, agréable à regarder de près ou à contempler de loin…les yeux levés.

Nous remercions Madame Adeline Germond de nous
avoir confirmé l'authenticité de cette oeuvre par
un examen de visu et pour la rédaction de cette notice.


Estimation 10 000 - 15 000 €

Vendu 12 990 €
* Les résultats sont affichés frais acheteur et taxes compris. Ils sont générés automatiquement et peuvent subir des modifications.

Lot 146

Charles Chaplin Les Andelys, 1825 - Paris, 1891
Allégorie de la Musique

Vendu 12 990 € [$]

Charles Chaplin Les Andelys, 1825 - Paris, 1891
Allégorie de la Musique
Huile sur toile (Toile d'origine)
Signée et datée 'Ch. Chaplin. 1880' en bas à droite
Toile de la maison Deforge Carpentier à Paris

'AN ALLEGORY OF MUSIC', OIL ON CANVAS, SIGNED AND DATED, BY C. CHAPLIN
Hauteur : 83 Largeur : 115 cm

Bibliographie : Catalogue Ad. Braun & Cie, Paris, 1896, n°678

Commentaire : Portraitiste, peintre de paysage et de genre, Chaplin trouve sa voie grâce à la peinture décorative. S'il réalise des chantiers décoratifs d'importance, notamment pour les palais des Tuileries et de l'Elysée entre la fin des années 1850 et le début des années 1860, cette partie de sa production prend son essor dans les années 1870, et plus encore au cours de la décennie suivante. A cette époque, les capitales d'Europe et du monde entier connaissent un développement urbanistique sans précédent. La montée en puissance d'une bourgeoisie issue des affaires, puissant commanditaire, soutient la production d'œuvres ornementales qui agrémentent appartements, riches demeures et hôtels particuliers nouvellement construits.

En France, de nombreux peintres décorateurs jouissent d'une grande réputation : Pierre-Victor Galland (1822-1892), Alexis Joseph Mazerolle (1826-1889), Paul Baudry (1828-1886), Guillaume Dubufe (1853-1909)… autant de noms restés célèbres pour qui apprécie la peinture décorative de la seconde moitié du XIXe siècle et auxquels s'ajoute celui de Charles Chaplin. S'il bénéficie de nombreuses commandes parisiennes et provinciales, le peintre est sollicité par une clientèle étrangère. On admire ces œuvres décoratives - panneaux muraux, plafonds et dessus-de-porte - depuis Londres jusqu'à New York, en passant par La Haye et Saint-Pétersbourg. Ses peintures décoratives initialement conçues pour un lieu spécifique, fixées sous de riches moulures, parfois marouflées ou tristement réduites en cendres lors d'incendies, circulent moins régulièrement sur le marché que ses tableaux de chevalet. Aussi sont-elles difficiles à recenser et demeurent moins connues des amateurs comparativement aux scènes de genre, ce qui les rend d'autant plus rares.

L'œuvre présentée aujourd'hui, 'La Musique', était accompagnée de deux autres dessus-de-porte : 'La Poésie' (fig. 1) et 'La Peinture' (fig. 2). Par chance, Braun & Cie a réalisé des clichés et commercialisé des tirages de ces toiles à la fin du XIXe siècle. Aussi, pouvons-nous en quelque sorte reconstituer cet ensemble. Le style de Chaplin et le type de modèles que l'artiste représente évoluent tout au long de sa carrière. Toutefois, en matière de peinture décorative, Chaplin recourt à des thèmes récurrents : les saisons, les heures de la journée et les allégories des arts. Généralement, une jeune femme incarnant une muse que l'on identifie grâce ses attributs est représentée assise dans les nuages en compagnie d'Eros ou de Génies des arts. Grand amateur de musique, Chaplin collectionnait des instruments anciens qu'il se plaisait à représenter dans ses toiles. Une couronne de cymbalettes et une clarinette croisées à ses pieds, la Muse (ou allégorie) de la musique joue de la guitare aux côtés d'un harpiste ailé, tandis qu'à droite, un angelot fait office de pupitre. Les attitudes des instrumentistes sont naturelles et convaincantes. Chaplin a doté son Eros à la harpe d'un front bombé, parcouru de mèches blondes, et coiffé d'une chevelure courte sur les tempes à la mode des musiciens classiques. Ses yeux dirigés vers le haut lui donnent un air gentiment inspiré. Cette expression fait écho à celle de la Muse de 'La Poésie' pinçant les cordes de sa lyre. Les deux panneaux possèdent d'ailleurs une composition similaire, quoiqu'inversée. Tout cela confirme l'appartenance de ces œuvres au même ensemble et laisse supposer que les deux dessus-de-porte étaient vraisemblablement disposés sur le même pan de mur.

Pour orchestrer sa 'Musique', Chaplin a abandonné ses roses pour une palette à dominante de beige, de brun, de jaune doré et de blanc rehaussés de bleu. Le coloris, aussi léger que le drapé se fondant presque dans les nuages, reste solide. Dans ses panneaux décoratifs, l'artiste joue moins sur les effets de contraste entre les rendus : la facture est lisse, les contours nets. Malgré cela, le peindre est parvenu à individualiser les matières (bois, tissus, fleurs), à donner un effet de profondeur grâce au caractère vaporeux des nuages de l'arrière-plan, quand les cumulus du premier plan prennent l'aspect d'un gros croissant crème. Il en résulte une toile équilibrée tant du point de vue de la forme que des couleurs, une œuvre à la fois aérienne et consistante, sobre et raffinée, graphique, agréable à regarder de près ou à contempler de loin…les yeux levés.

Nous remercions Madame Adeline Germond de nous
avoir confirmé l'authenticité de cette oeuvre par
un examen de visu et pour la rédaction de cette notice.


Estimation 10 000 - 15 000 €

Vendu 12 990 €
* Les résultats sont affichés frais acheteur et taxes compris. Ils sont générés automatiquement et peuvent subir des modifications.

Détails de la vente

Vente : 2349
Date : 13 nov. 2013 19:00

Contact

Matthieu Fournier
Tél. +33 1 42 99 20 26
mfournier@artcurial.com

Tableaux et dessins anciens et du 19e siècle, sculptures