Sale Books & Manuscripts - 08 march 2022 /Lot 170 [BABBAGE].– [INFORMATIQUE] Bibliothèque universelle de Genève. Nouvelle série. Tome quarante-unième. Genève, Paris, B. Glaser, Anselin, 1842.

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[BABBAGE].– [INFORMATIQUE] Bibliothèque universelle de Genève. Nouvelle série. Tome quarante-unième.
Genève, Paris, B. Glaser, Anselin, 1842.
Pet. in-8 (20,5 x 12,9 cm), demi-veau brun, dos lisse orné de motifs dorés, pièces de titre et de tomaison ocres, tranches jaunes granitées de rouge (reliure de l'époque).

420 p. et 1 tableau imprimé replié.

Tome seul de ce périodique créé en 1796 sous le nom de Bibliothèque britannique et renommé Bibliothèque universelle en 1816. À partir de 1846, la revue opèrera certains changements, notamment la séparation des publications littéraires et scientifiques.
Ce tome 41 renferme des participations aussi diverses que l'Avis aux jeunes gens et aux jeunes femmes de toutes les classes de la société par Cobbet, Une excursion dans les districts manufacturiers du Lancashire par Cooke Taylor ou un article sur la Norvège et les Lapons par Milford. Mais surtout, il offre au public la très importante étude de Menabrea intitulée Notions sur la machine analytique de Mr. Ch. Babbage (p. 352), publiée ici pour la première fois.
En effet, la machine analytique est considérée comme l'ancêtre des calculateurs programmables, c'est à dire de l'ordinateur. Ce qui fait dire à François Rechenmann qu'il s'agit certainement du " premier article scientifique dans le domaine du calcul automatique ".

La machine analytique (analytical engine) a été imaginée en 1834 par le mathématicien anglais Charles Babbage (1791-1871) comme une machine à calculer programmable. Hormis un prototype inachevé, elle ne sera jamais construite, mais le savant passa la fin de sa vie à en imaginer les moindres détails.
" Mr. Charles Babbage a consacré plusieurs années à réaliser une pensée gigantesque. Il ne s'est proposé rien de moins que de construire une machine capable d'exécuter, non-seulement les calculs arithmétiques ; mais encore les calculs analytiques " (p. 353).
Ce type d'invention mécanique pour accroître et faciliter les calculs sera poursuivi et complété par Alan Turing lors de la Seconde Guerre mondiale.
Les principes de la machine analytique furent exposés par Babbage à Turin en 1840 et Menabrea fut le premier à en restituer les éléments dans cette publication de 1842, suivi par lady Ada Lovelace qui fera une traduction commentée de ce texte en 1843. Voici ce qu'il en dit : " Maintenant l'on demandera comment la machine peut d'elle-même et sans avoir recours à la main de l'homme, prendre les dispositions successives convenables pour opérer. La solution de ce problème a été empruntée à l'appareil Jacquard, en usage pour la confection des étoffes brochées " (p. 360). Les progrès que doit apporter cette machine sont énorme : l'exactitude, d'abord, mais aussi l'économie de temps et l'économie d'intelligence (puisque les individus cabales de réaliser ces calculs sont rares). L'histoire donnera raison à l'auteur qui affirme : " la machine pourra être considérée comme une vraie manufacture de chiffres, qui prêtera son secours aux sciences et aux arts utiles qui s'appuient sur les nombres. Or, qui pourrait prévoir les conséquences d'une telle invention ? En effet, combien d'observations précieuses restent inutiles aux progrès des sciences, parce qu'il n'y a pas de forces suffisantes pour en calculer les résultats. "
Si Charles Babbage avait publié en 1822 une Lettre à Sir Humprhy Davy sur l'application des machines dans les calculs, exposants les avantages indéniables de sa " machine à différences ", il semble qu'il n'a jamais publié de document décrivant dans le détail sa machine analytique, dont le prototype presque complet ne sera construit qu'en 1910 par son fils Henry.

Provenance :
École d'artillerie de Rennes (cachets).

Bibliographie :
Marie-José Durand-Richard, " Le regard français de Charles Babbage (1791-1871), sur le "déclin de la science en Angleterre" ", Documents pour l'histoire des techniques, 19, 2010, p. 287-304. François Rechenmann, " Le premier article scientifique de l'histoire de l'informatique ? ", en ligne : www.bibnum.education.fr/calcul-informatique/calcul/notions-sur-la-machine-analytique-de-m-charles-babbage
Reliure très légèrement frottée. Quelques rousseurs.


Estimation 6 000 - 8 000 €

Sold 8,214 €
* Results are displayed including buyer’s fees and taxes. They are generated automatically and can be modified.

Lot 170

[BABBAGE].– [INFORMATIQUE] Bibliothèque universelle de Genève. Nouvelle série. Tome quarante-unième.
Genève, Paris, B. Glaser, Anselin, 1842.

Sold 8,214 € [$]

[BABBAGE].– [INFORMATIQUE] Bibliothèque universelle de Genève. Nouvelle série. Tome quarante-unième.
Genève, Paris, B. Glaser, Anselin, 1842.
Pet. in-8 (20,5 x 12,9 cm), demi-veau brun, dos lisse orné de motifs dorés, pièces de titre et de tomaison ocres, tranches jaunes granitées de rouge (reliure de l'époque).

420 p. et 1 tableau imprimé replié.

Tome seul de ce périodique créé en 1796 sous le nom de Bibliothèque britannique et renommé Bibliothèque universelle en 1816. À partir de 1846, la revue opèrera certains changements, notamment la séparation des publications littéraires et scientifiques.
Ce tome 41 renferme des participations aussi diverses que l'Avis aux jeunes gens et aux jeunes femmes de toutes les classes de la société par Cobbet, Une excursion dans les districts manufacturiers du Lancashire par Cooke Taylor ou un article sur la Norvège et les Lapons par Milford. Mais surtout, il offre au public la très importante étude de Menabrea intitulée Notions sur la machine analytique de Mr. Ch. Babbage (p. 352), publiée ici pour la première fois.
En effet, la machine analytique est considérée comme l'ancêtre des calculateurs programmables, c'est à dire de l'ordinateur. Ce qui fait dire à François Rechenmann qu'il s'agit certainement du " premier article scientifique dans le domaine du calcul automatique ".

La machine analytique (analytical engine) a été imaginée en 1834 par le mathématicien anglais Charles Babbage (1791-1871) comme une machine à calculer programmable. Hormis un prototype inachevé, elle ne sera jamais construite, mais le savant passa la fin de sa vie à en imaginer les moindres détails.
" Mr. Charles Babbage a consacré plusieurs années à réaliser une pensée gigantesque. Il ne s'est proposé rien de moins que de construire une machine capable d'exécuter, non-seulement les calculs arithmétiques ; mais encore les calculs analytiques " (p. 353).
Ce type d'invention mécanique pour accroître et faciliter les calculs sera poursuivi et complété par Alan Turing lors de la Seconde Guerre mondiale.
Les principes de la machine analytique furent exposés par Babbage à Turin en 1840 et Menabrea fut le premier à en restituer les éléments dans cette publication de 1842, suivi par lady Ada Lovelace qui fera une traduction commentée de ce texte en 1843. Voici ce qu'il en dit : " Maintenant l'on demandera comment la machine peut d'elle-même et sans avoir recours à la main de l'homme, prendre les dispositions successives convenables pour opérer. La solution de ce problème a été empruntée à l'appareil Jacquard, en usage pour la confection des étoffes brochées " (p. 360). Les progrès que doit apporter cette machine sont énorme : l'exactitude, d'abord, mais aussi l'économie de temps et l'économie d'intelligence (puisque les individus cabales de réaliser ces calculs sont rares). L'histoire donnera raison à l'auteur qui affirme : " la machine pourra être considérée comme une vraie manufacture de chiffres, qui prêtera son secours aux sciences et aux arts utiles qui s'appuient sur les nombres. Or, qui pourrait prévoir les conséquences d'une telle invention ? En effet, combien d'observations précieuses restent inutiles aux progrès des sciences, parce qu'il n'y a pas de forces suffisantes pour en calculer les résultats. "
Si Charles Babbage avait publié en 1822 une Lettre à Sir Humprhy Davy sur l'application des machines dans les calculs, exposants les avantages indéniables de sa " machine à différences ", il semble qu'il n'a jamais publié de document décrivant dans le détail sa machine analytique, dont le prototype presque complet ne sera construit qu'en 1910 par son fils Henry.

Provenance :
École d'artillerie de Rennes (cachets).

Bibliographie :
Marie-José Durand-Richard, " Le regard français de Charles Babbage (1791-1871), sur le "déclin de la science en Angleterre" ", Documents pour l'histoire des techniques, 19, 2010, p. 287-304. François Rechenmann, " Le premier article scientifique de l'histoire de l'informatique ? ", en ligne : www.bibnum.education.fr/calcul-informatique/calcul/notions-sur-la-machi…
Reliure très légèrement frottée. Quelques rousseurs.


Estimation 6 000 - 8 000 €

Sold 8,214 €
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Sale: 4160
Date: 08 Mar. 2022 14:00
Auctioneer: Stéphane Aubert

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