Vente Mobilier et objets d'art - 14 décembre 2011 /Lot 55 TABLE À JEUX DE LA FIN DU XVIIIÈME SIÈCLE PAR BERNARD FRANCOIS VAUGEOIS, AU SINGE VERT

  • TABLE À JEUX DE LA FIN DU XVIIIÈME SIÈCLE PAR BERNARD FRANCOIS VAUGEOIS, AU SINGE VERT
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TABLE À JEUX DE LA FIN DU XVIIIÈME SIÈCLE PAR BERNARD FRANCOIS VAUGEOIS, AU SINGE VERT
En acajou et placage d'acajou et filets d'ébène, le plateau amovible, gainé de cuir vert doré aux petits fers formant tapis de roulette, recouvert de trois plateaux de jeux coulissants, gainé de feutre vert au revers pour former un billard au moyen de quatre bandes amovibles dissimulées dans un étui au dessous, l'intérieur garni d'un jeu de tric trac et de douze tablettes de jeux, la ceinture ouvrant par deux tiroirs de côté opposé et de quatre tablettes coulissantes garnies d'un jeu dont celui de l'oie et du solitaire, reposant sur des pieds en gaine terminés par des sabots, les côtés garnis d'un médaillon en nacre l'un inscrit VAUGEOIS/MD TABLETIER FABRIQUANT /Au Singe Vert / Rue des Arcis/ n°56, l'autre gravé d'un singe et inscrit Au Singe Vert, accompagnée de jetons, boîtes et règles de jeux
Hauteur : 75 cm. (29 1/2 in.), Largeur : 144 cm. (56 1/2 in.), Profondeur : 58 cm. (22 3/4 in.)

A MAHOGANY GAMES TABLE BY BERNARD FRANCOIS VAUGEOIS, AU SINGE VERT, LATE 18TH CENTURY

Bibliographie :
Nicole de Reynies, Le Mobilier Domestique, Editions du patrimoine, Paris, 2003, Tome1, p.395, ill. 1416 et pp.406-411.
Catalogue d'Exposition, les grands ébénistes et Menuisiers parisiens du XVIIIème siècle, Musée des Arts décoratifs, décembre 1955- février 1956, n°327
F.J.B. Watson, Louis XVI Furniture, 1960, p. 135, n°147, reproduite

Provenance :
Famille aristocratique européenne


Cette table présente une multitude de jeux à la mode à la fin du XVIIIème siècle et pourrait en constituer une encyclopédie. Deux d'entre eux présentent un intérêt historique puisque le jeu de la Reine qui jusque récemment était daté de la fin du XIXème siècle y trouve un antériorité d'environ un siècle et le jeu de Go qui paraît être le premier du genre en Europe. Citons le Pair et Impair, le Nain Jaune, la Roue de Fortune, l'Assaut, le Trou-Madame,le Cochonnet, le Loup, la Marelle, le Renard, le Berger, les Palets, le Loto-Dauphin, etc..
Témoignage par la richesse et la variété des jeux qu'elle présente, Nicole de Reynies fit figurer cette table et plusieurs de ses jeux dans le premier tome de son ouvrage, le Mobilier Domestique paru en 1987.

François et Bernard-François Vaugeois

Vaugeois est le tabletier à la mode à la fin du XVIIIème siècle. Sa boutique semble être un des hauts lieux de distraction sous Louis XVI (1). La baronne d'Oberkirch dans ses Mémoires sur la cour de Louis XVI et sur la société française avant 1789 mentionne son passage le 25 juin 1784 au Singe Vert, tabletier en vogue de la rue des Arcis (…). Le 17 février 1786 elle fait de l'endroit, où il y a toujours foule de beau monde, son but de promenade. Le fameux Alexandre-Balthazar-Laurent Grimod de la Reynière et Jean-François Coste dans leur Almanach des gourmands: servant de guide dans les moyens de faire excellente chere… Paris, chez Maradan, 1803-1812, le citent comme le premier tabletier de Paris et conseillent le lieu aux gourmets pour y trouver toutes sortes de petits objets ménagers et ustensiles ingénieux (4).

Le tabletier est celui qui a " L'art de faire toutes sortes de pièces délicates au tour et autres menus ouvrages en ivoire, écaille et bois précieux tels que jeux de trictrac, dames, échecs, tabatières, peignes… ". Les statuts de la corporation ont été renouvelés par une ordonnance de septembre 1741 : la communauté comprend dès lors les " maîtres et marchands peigniers, tablettiers, tourneurs, mouleurs, piqueurs, faiseurs et compositeurs de bois d'éventails, marquetteurs, tourneurs et tailleurs d'images d'yvoire et enjoliveurs de leurs ouvrages ". Ils ont le droit de fabriquer des bois d'éventail, des jeux, des dés, des croix, des tabatières, des peignes d'ivoire, d'écaille ou de buis. L'édit royal de 1776 les réunit aux luthiers et aux éventaillistes.

François Vaugeois est installé aux Halles, 176 rue des Arcis dans le quartier où sont réunis les artisans de cette corporation. Son enseigne au Singe Vert est curieusement similaire à celle de son confrère Martin Guillaume Biennais le Singe violet, qui lui a ouvert boutique près des Tuileries. Alors que Biennais devient fournisseur officiel du Premier Consul devenu Empereur, notamment pour les pièces d'orfèvrerie, Vaugeois jouit d'une riche et prestigieuse clientèle.

Attesté à partir de 1778, il laisse sa place à son fils Bernard-François qui lui succède en décembre 1793. Le 15 janvier 1797 ce dernier annonçait que connu depuis longtemps dans sa partie (…) Il renouvelle son magasin tant pour l'agrément extérieur que pour les marchandises (… ) et prévient les personnes qui l'honoreraient de leur confiance que tant en ébénisterie qu'en ouvrage de tour et fait à la main, on trouvera chez lui les objets les mieux traités et du plus nouveau goût. Il continue à tenir assortiment de tous les jeux de société et d'enfants, ustensiles en dépendant (…). Vaugeois produira essentiellement des jeux et tables à jeux sous l'Empire. Cité dans les Almanachs du Commerce à Fils ainé à partir de 1811, il fit faillite le 22 avril 1814 et mourut vers 1818 ; sa veuve continua à diriger l'entreprise jusqu'en 1824. (5)

Parmi les tables à jeux exécutées par Vaugeois à rapprocher, bien que beaucoup plus simples, citons :
- Vente à Paris, galerie Charpentier, 1938, illustrée dans Jean de Nicolay, L'art et la Manière des maîtres ébénistes français du XVIIIème siècle, Paris, Guy Le Prat, 1956, p. 479 fig. A.
- Vente à Paris, Palais Galliéra, Ader, le 23 mai 1975, lot 112
- Vente à Monaco, Sotheby's Parke Bernet, le 26 juin 1983, provenant des collections de Joachim Murat, roi de Naples, illustrée dans Denise Ledoux-Lebard, Le Mobilier Français du XIXème siècle, Editions de l'Amateur, Paris 1989, p. 611.
- Vente à Paris, hôtel Drouot, décembre 1989, lot 174
- Vente à Paris, hôtel Drouot, Ader Picard, le 19 décembre 1990, lot 98

Signalons des tables à jeux présentant des combinaisons semblables, exécutées par d'autres artisans :
- Table à jeux par Martin-Guillaume Biennais, vente à Paris, Palais Galliéra, Poulain Le Fur, le 30 novembre 1976, lot 249
- Table à jeux par Martin-Guillaume Biennais, vente à Paris, hôtel Drouot, le 4 décembre 1987, lot 83
- Table à jeux par le marchand Antoine Nicolas Lesage, actif à partir de 1821, rue Grange Batelière, n°2, vente à Paris, hôtel Drouot, Loudmer, le 30 juin 1993, lot 16



(1) Natacha Coquery, L'hôtel aristocratique, le marché du luxe à Paris au XVIIIème siècle, Paris, 1998, p 83 et 98.
(2) Baronne d'Oberkirch, Mémoires…p.127.
(3) Baronne d'Oberkirch, Mémoires…p. 209.
(4) Grimod de la Reynières, Almanach….p. 275.
(5) Denise Ledoux-Lebard, Le Mobilier Français du XIXème siècle, Editions de l'Amateur, Paris 1989, p. 610.




Estimation 20 000 - 30 000 €

Vendu 19 126 €
* Les résultats sont affichés frais acheteur et taxes compris. Ils sont générés automatiquement et peuvent subir des modifications.

Lot 55

TABLE À JEUX DE LA FIN DU XVIIIÈME SIÈCLE PAR BERNARD FRANCOIS VAUGEOIS, AU SINGE VERT

Vendu 19 126 € [$]

TABLE À JEUX DE LA FIN DU XVIIIÈME SIÈCLE PAR BERNARD FRANCOIS VAUGEOIS, AU SINGE VERT
En acajou et placage d'acajou et filets d'ébène, le plateau amovible, gainé de cuir vert doré aux petits fers formant tapis de roulette, recouvert de trois plateaux de jeux coulissants, gainé de feutre vert au revers pour former un billard au moyen de quatre bandes amovibles dissimulées dans un étui au dessous, l'intérieur garni d'un jeu de tric trac et de douze tablettes de jeux, la ceinture ouvrant par deux tiroirs de côté opposé et de quatre tablettes coulissantes garnies d'un jeu dont celui de l'oie et du solitaire, reposant sur des pieds en gaine terminés par des sabots, les côtés garnis d'un médaillon en nacre l'un inscrit VAUGEOIS/MD TABLETIER FABRIQUANT /Au Singe Vert / Rue des Arcis/ n°56, l'autre gravé d'un singe et inscrit Au Singe Vert, accompagnée de jetons, boîtes et règles de jeux
Hauteur : 75 cm. (29 1/2 in.), Largeur : 144 cm. (56 1/2 in.), Profondeur : 58 cm. (22 3/4 in.)

A MAHOGANY GAMES TABLE BY BERNARD FRANCOIS VAUGEOIS, AU SINGE VERT, LATE 18TH CENTURY

Bibliographie :
Nicole de Reynies, Le Mobilier Domestique, Editions du patrimoine, Paris, 2003, Tome1, p.395, ill. 1416 et pp.406-411.
Catalogue d'Exposition, les grands ébénistes et Menuisiers parisiens du XVIIIème siècle, Musée des Arts décoratifs, décembre 1955- février 1956, n°327
F.J.B. Watson, Louis XVI Furniture, 1960, p. 135, n°147, reproduite

Provenance :
Famille aristocratique européenne


Cette table présente une multitude de jeux à la mode à la fin du XVIIIème siècle et pourrait en constituer une encyclopédie. Deux d'entre eux présentent un intérêt historique puisque le jeu de la Reine qui jusque récemment était daté de la fin du XIXème siècle y trouve un antériorité d'environ un siècle et le jeu de Go qui paraît être le premier du genre en Europe. Citons le Pair et Impair, le Nain Jaune, la Roue de Fortune, l'Assaut, le Trou-Madame,le Cochonnet, le Loup, la Marelle, le Renard, le Berger, les Palets, le Loto-Dauphin, etc..
Témoignage par la richesse et la variété des jeux qu'elle présente, Nicole de Reynies fit figurer cette table et plusieurs de ses jeux dans le premier tome de son ouvrage, le Mobilier Domestique paru en 1987.

François et Bernard-François Vaugeois

Vaugeois est le tabletier à la mode à la fin du XVIIIème siècle. Sa boutique semble être un des hauts lieux de distraction sous Louis XVI (1). La baronne d'Oberkirch dans ses Mémoires sur la cour de Louis XVI et sur la société française avant 1789 mentionne son passage le 25 juin 1784 au Singe Vert, tabletier en vogue de la rue des Arcis (…). Le 17 février 1786 elle fait de l'endroit, où il y a toujours foule de beau monde, son but de promenade. Le fameux Alexandre-Balthazar-Laurent Grimod de la Reynière et Jean-François Coste dans leur Almanach des gourmands: servant de guide dans les moyens de faire excellente chere… Paris, chez Maradan, 1803-1812, le citent comme le premier tabletier de Paris et conseillent le lieu aux gourmets pour y trouver toutes sortes de petits objets ménagers et ustensiles ingénieux (4).

Le tabletier est celui qui a " L'art de faire toutes sortes de pièces délicates au tour et autres menus ouvrages en ivoire, écaille et bois précieux tels que jeux de trictrac, dames, échecs, tabatières, peignes… ". Les statuts de la corporation ont été renouvelés par une ordonnance de septembre 1741 : la communauté comprend dès lors les " maîtres et marchands peigniers, tablettiers, tourneurs, mouleurs, piqueurs, faiseurs et compositeurs de bois d'éventails, marquetteurs, tourneurs et tailleurs d'images d'yvoire et enjoliveurs de leurs ouvrages ". Ils ont le droit de fabriquer des bois d'éventail, des jeux, des dés, des croix, des tabatières, des peignes d'ivoire, d'écaille ou de buis. L'édit royal de 1776 les réunit aux luthiers et aux éventaillistes.

François Vaugeois est installé aux Halles, 176 rue des Arcis dans le quartier où sont réunis les artisans de cette corporation. Son enseigne au Singe Vert est curieusement similaire à celle de son confrère Martin Guillaume Biennais le Singe violet, qui lui a ouvert boutique près des Tuileries. Alors que Biennais devient fournisseur officiel du Premier Consul devenu Empereur, notamment pour les pièces d'orfèvrerie, Vaugeois jouit d'une riche et prestigieuse clientèle.

Attesté à partir de 1778, il laisse sa place à son fils Bernard-François qui lui succède en décembre 1793. Le 15 janvier 1797 ce dernier annonçait que connu depuis longtemps dans sa partie (…) Il renouvelle son magasin tant pour l'agrément extérieur que pour les marchandises (… ) et prévient les personnes qui l'honoreraient de leur confiance que tant en ébénisterie qu'en ouvrage de tour et fait à la main, on trouvera chez lui les objets les mieux traités et du plus nouveau goût. Il continue à tenir assortiment de tous les jeux de société et d'enfants, ustensiles en dépendant (…). Vaugeois produira essentiellement des jeux et tables à jeux sous l'Empire. Cité dans les Almanachs du Commerce à Fils ainé à partir de 1811, il fit faillite le 22 avril 1814 et mourut vers 1818 ; sa veuve continua à diriger l'entreprise jusqu'en 1824. (5)

Parmi les tables à jeux exécutées par Vaugeois à rapprocher, bien que beaucoup plus simples, citons :
- Vente à Paris, galerie Charpentier, 1938, illustrée dans Jean de Nicolay, L'art et la Manière des maîtres ébénistes français du XVIIIème siècle, Paris, Guy Le Prat, 1956, p. 479 fig. A.
- Vente à Paris, Palais Galliéra, Ader, le 23 mai 1975, lot 112
- Vente à Monaco, Sotheby's Parke Bernet, le 26 juin 1983, provenant des collections de Joachim Murat, roi de Naples, illustrée dans Denise Ledoux-Lebard, Le Mobilier Français du XIXème siècle, Editions de l'Amateur, Paris 1989, p. 611.
- Vente à Paris, hôtel Drouot, décembre 1989, lot 174
- Vente à Paris, hôtel Drouot, Ader Picard, le 19 décembre 1990, lot 98

Signalons des tables à jeux présentant des combinaisons semblables, exécutées par d'autres artisans :
- Table à jeux par Martin-Guillaume Biennais, vente à Paris, Palais Galliéra, Poulain Le Fur, le 30 novembre 1976, lot 249
- Table à jeux par Martin-Guillaume Biennais, vente à Paris, hôtel Drouot, le 4 décembre 1987, lot 83
- Table à jeux par le marchand Antoine Nicolas Lesage, actif à partir de 1821, rue Grange Batelière, n°2, vente à Paris, hôtel Drouot, Loudmer, le 30 juin 1993, lot 16



(1) Natacha Coquery, L'hôtel aristocratique, le marché du luxe à Paris au XVIIIème siècle, Paris, 1998, p 83 et 98.
(2) Baronne d'Oberkirch, Mémoires…p.127.
(3) Baronne d'Oberkirch, Mémoires…p. 209.
(4) Grimod de la Reynières, Almanach….p. 275.
(5) Denise Ledoux-Lebard, Le Mobilier Français du XIXème siècle, Editions de l'Amateur, Paris 1989, p. 610.




Estimation 20 000 - 30 000 €

Vendu 19 126 €
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Détails de la vente

Vente : 2091
Date : 14 déc. 2011 14:30

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Mobilier et objets d'art