Vente Mobilier & Objets d’Art - 20 mai 2019 /Lot 22 PAIRE DE VASES, TRAVAIL ITALIEN D'ÉPOQUE NÉOCLASSIQUE, FIN DU XVIIIe-DÉBUT DU XIXe SIÈCLE

  • PAIRE DE VASES, TRAVAIL ITALIEN D'ÉPOQUE NÉOCLASSIQUE, FIN DU XVIIIe-DÉBUT DU XIXe SIÈCLE
  • PAIRE DE VASES, TRAVAIL ITALIEN D'ÉPOQUE NÉOCLASSIQUE, FIN DU XVIIIe-DÉBUT DU XIXe SIÈCLE
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PAIRE DE VASES, TRAVAIL ITALIEN D'ÉPOQUE NÉOCLASSIQUE, FIN DU XVIIIe-DÉBUT DU XIXe SIÈCLE
En porphyre sculpté, de forme balustre, le couvercle amovible surmonté d'une prise à décor de gland stylisé, la panse à décor de masques de satyre flanquée d'anses à décor de serpents enlacés, reposant sur un piédouche et un socle à section carrée ; petits accidents, restaurations
H. : 100 cm (39 1/4 in.)

Provenance :
Propriété dans les Pouilles, dès la fin des années 1970.
Puis par descendance jusqu'au propriétaire actuel.

Bibliographie comparative :
D. del Bufalo, Porphyry, Red Imperial Porphyry Power and Religion, Allemandi & Co, Turin, 2012, p. 156, fig. V 128a.

A pair of Italian Neoclassical porphyry covered vases, late 18th-early 19th century

Chacun de ces vases à couvercle muni d'une prise en forme de gland présente un corps allongé, évoquant la silhouette d'une amphore, souligné à la base d'un registre de feuilles d'eau et monté sur un piédouche mouluré. Deux anses en forme de doubles serpents entrelacés et surélevés, prenant appui sur la lèvre évasée, encadrent une tête de mascaron barbu sculptée en haut relief, pour compléter leur décor.
On connaît une autre paire de vases en porphyre rouge d'Egypte de dimensions identiques et dont le décor est similaire à quelques détails près de celui de la nôtre (Sotheby's, Londres, 7 juillet 2009, lot 60), actuellement dans le commerce de l'art anglais. Malgré leur exécution tardive, datant de l'époque néoclassique comme en témoigne la frise de feuilles d'eau, les mascarons ornant ces quatre vases évoquent les modèles du Maniérisme italien, voire du style auriculaire en vogue surtout en Europe du Nord à la fin du
XVIe siècle et pendant les premières années du XVIIe siècle, véhiculés par des artistes tels Cornelis Floris, Cornelis Bos, etc.
Les motifs figurant sur cette suite de vases trouvent ainsi leur inspiration dans quelques gravures de Stefano della Bella (1610-1664), réunies sous le titre de "Raccolta di Vasi diversi" publiées vers
1650-1656, aussi dans une autre gravure représentant une tête de mascaron attribuée au même auteur (fig. 1-2).
On retrouve également une forme très similaire de vase parmi les gravures d'ornement d'Agostino Mitelli (1609-1660), ainsi que plusieurs figures de mascarons dont une n'est pas sans rappeler celles de nos pièces (fig. 3-4).
Dès le milieu du règne de
Louis XV et à l'orée du néoclassicisme, qui se fit ressentir partout en Europe dans les années 1750-1760, l'engouement pour les différents motifs à l'antique, tels mascarons et serpents, connut un important regain d'intérêt, comme on le constate sur une paire de vases en porphyre de l'ancienne collection Hubert de Givenchy (Christie's, Monaco, 4 décembre 1993, lot 18, puis Sotheby's,
New York, 18 octobre 2011, lot 727),
réalisée vers 1760, sur deux autres aussi en porphyre, de la Wallace Collection (1) (inv. F. 355 et F357-7) exécutés avant 1766, et sur lesquels les têtes grotesques et les serpents en bronze doré furent ciselés par Robert-Joseph Auguste
(1723-1805), ou bien sur deux gravures, l'une plus ancienne, par François-Joseph Saly (1717-1776), et une autre par Joseph-Marie Vien (1716-1809), publiée en 1760 dans sa "Suite de Vases composée dans le Goût de l'Antique" (fig. 5-6).
Pierre prestigieuse, associée à la naissance des empereurs romains, le porphyre était extrait pendant l'Antiquité des carrières d'Egypte et façonné en grande partie sur place, pour la réalisation d'éléments d'architecture, tels colonnes, rotae, etc., pour les palais et les forums impériaux. Très dure et d'une belle couleur pourpre, cette pierre était à l'origine réservée aux effigies des empereurs et devint aussitôt un symbole du pouvoir politique ou religieux. L'extraction du porphyre fut arrêtée en Egypte après la chute de l'empire Romain et transforma cette pierre dans un matériau aussi rare qu'exceptionnel, synonyme du luxe et du prestige. Les anciennes colonnes servirent à tailler des objets d'un grand raffinement, destinés dès le XVIe siècle aux princes et aux collectionneurs. Les XVIIe et XVIIIe siècles ne démentirent pas cet engouement pour le porphyre, notamment pour les vases, dont plusieurs appartenaient à Louis XIV, ou furent collectionnés plus tard par les amateurs éclairés tels Blondel de Gagny, le duc d'Aumont, etc.

(1) Peter Hughes, "The Wallace collection. Catalogue of Furniture", t. III, cat. 283 et 287, p.1378-1380 et 1386-1389.


Estimation 40 000 - 60 000 €

Lot 22

PAIRE DE VASES, TRAVAIL ITALIEN D'ÉPOQUE NÉOCLASSIQUE, FIN DU XVIIIe-DÉBUT DU XIXe SIÈCLE

Estimation 40 000 - 60 000 € [$]

PAIRE DE VASES, TRAVAIL ITALIEN D'ÉPOQUE NÉOCLASSIQUE, FIN DU XVIIIe-DÉBUT DU XIXe SIÈCLE
En porphyre sculpté, de forme balustre, le couvercle amovible surmonté d'une prise à décor de gland stylisé, la panse à décor de masques de satyre flanquée d'anses à décor de serpents enlacés, reposant sur un piédouche et un socle à section carrée ; petits accidents, restaurations
H. : 100 cm (39 1/4 in.)

Provenance :
Propriété dans les Pouilles, dès la fin des années 1970.
Puis par descendance jusqu'au propriétaire actuel.

Bibliographie comparative :
D. del Bufalo, Porphyry, Red Imperial Porphyry Power and Religion, Allemandi & Co, Turin, 2012, p. 156, fig. V 128a.

A pair of Italian Neoclassical porphyry covered vases, late 18th-early 19th century

Chacun de ces vases à couvercle muni d'une prise en forme de gland présente un corps allongé, évoquant la silhouette d'une amphore, souligné à la base d'un registre de feuilles d'eau et monté sur un piédouche mouluré. Deux anses en forme de doubles serpents entrelacés et surélevés, prenant appui sur la lèvre évasée, encadrent une tête de mascaron barbu sculptée en haut relief, pour compléter leur décor.
On connaît une autre paire de vases en porphyre rouge d'Egypte de dimensions identiques et dont le décor est similaire à quelques détails près de celui de la nôtre (Sotheby's, Londres, 7 juillet 2009, lot 60), actuellement dans le commerce de l'art anglais. Malgré leur exécution tardive, datant de l'époque néoclassique comme en témoigne la frise de feuilles d'eau, les mascarons ornant ces quatre vases évoquent les modèles du Maniérisme italien, voire du style auriculaire en vogue surtout en Europe du Nord à la fin du
XVIe siècle et pendant les premières années du XVIIe siècle, véhiculés par des artistes tels Cornelis Floris, Cornelis Bos, etc.
Les motifs figurant sur cette suite de vases trouvent ainsi leur inspiration dans quelques gravures de Stefano della Bella (1610-1664), réunies sous le titre de "Raccolta di Vasi diversi" publiées vers
1650-1656, aussi dans une autre gravure représentant une tête de mascaron attribuée au même auteur (fig. 1-2).
On retrouve également une forme très similaire de vase parmi les gravures d'ornement d'Agostino Mitelli (1609-1660), ainsi que plusieurs figures de mascarons dont une n'est pas sans rappeler celles de nos pièces (fig. 3-4).
Dès le milieu du règne de
Louis XV et à l'orée du néoclassicisme, qui se fit ressentir partout en Europe dans les années 1750-1760, l'engouement pour les différents motifs à l'antique, tels mascarons et serpents, connut un important regain d'intérêt, comme on le constate sur une paire de vases en porphyre de l'ancienne collection Hubert de Givenchy (Christie's, Monaco, 4 décembre 1993, lot 18, puis Sotheby's,
New York, 18 octobre 2011, lot 727),
réalisée vers 1760, sur deux autres aussi en porphyre, de la Wallace Collection (1) (inv. F. 355 et F357-7) exécutés avant 1766, et sur lesquels les têtes grotesques et les serpents en bronze doré furent ciselés par Robert-Joseph Auguste
(1723-1805), ou bien sur deux gravures, l'une plus ancienne, par François-Joseph Saly (1717-1776), et une autre par Joseph-Marie Vien (1716-1809), publiée en 1760 dans sa "Suite de Vases composée dans le Goût de l'Antique" (fig. 5-6).
Pierre prestigieuse, associée à la naissance des empereurs romains, le porphyre était extrait pendant l'Antiquité des carrières d'Egypte et façonné en grande partie sur place, pour la réalisation d'éléments d'architecture, tels colonnes, rotae, etc., pour les palais et les forums impériaux. Très dure et d'une belle couleur pourpre, cette pierre était à l'origine réservée aux effigies des empereurs et devint aussitôt un symbole du pouvoir politique ou religieux. L'extraction du porphyre fut arrêtée en Egypte après la chute de l'empire Romain et transforma cette pierre dans un matériau aussi rare qu'exceptionnel, synonyme du luxe et du prestige. Les anciennes colonnes servirent à tailler des objets d'un grand raffinement, destinés dès le XVIe siècle aux princes et aux collectionneurs. Les XVIIe et XVIIIe siècles ne démentirent pas cet engouement pour le porphyre, notamment pour les vases, dont plusieurs appartenaient à Louis XIV, ou furent collectionnés plus tard par les amateurs éclairés tels Blondel de Gagny, le duc d'Aumont, etc.

(1) Peter Hughes, "The Wallace collection. Catalogue of Furniture", t. III, cat. 283 et 287, p.1378-1380 et 1386-1389.


Estimation 40 000 - 60 000 €

Détails de la vente

Vente : 3872
Date : 20 mai 2019 19:00
Commissaire-priseur : Isabelle Bresset

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cnorton@artcurial.com

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