Vente Mobilier & Objets d’Art - 20 mai 2019 /Lot 38 PAIRE DE COMMODES DE LA FIN DU XVIIIe SIÈCLE Estampille de Jean-Gotlieb Frost

  • PAIRE DE COMMODES DE LA FIN DU XVIIIe SIÈCLE Estampille de Jean-Gotlieb Frost
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PAIRE DE COMMODES DE LA FIN DU XVIIIe SIÈCLE Estampille de Jean-Gotlieb Frost
En acajou et placage d'acajou, ornementation de bronze ciselé et doré, dessus de marbre bleu turquin, le façade ouvrant par trois tiroirs, les pieds fuselés, l'une estampillée J.G.FROST et poinçon de jurande JME sur le montant avant droit, l'autre sur le montant arrière gauche, les deux portant le monogramme de Louis-Philippe d'Orléans sous la Restauration : LPO sous couronne de prince de sang, au pochoir en noir
H. : 94,5 cm (37 1/4 in.)
l. : 130 cm (51 in.)
P. : 56 cm (22 in.)

Jean-Gotlieb Frost, reçu maître en 1785

Provenance :
Collection de Louis-Philippe d'Orléans au Palais Royal de 1821 à 1830.
Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon (1753-1821), duchesse douairière d'Orléans.
Possiblement Louis Jean Marie de Bourbon (1725-1793), duc de Penthièvre, père de la douairière d'Orléans.

Bibliographie :
Art & Décoration, la revue de la maison, Septembre 1978 (reproduites).
A pair of ormolu-mounted and mahogany commodes, stamped by Jean-Gotlieb Frost, late 18th century

A pair of ormolu-mounted and mahagony commodes, stamped by Jean-Gotlieb Frost, late 18th century

Le monogramme figurant sur cette paire de commodes fut apposé sur le mobilier de Louis-Philippe d'Orléans sous la Restauration, et plus précisément après le décès de sa mère, Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon, duchesse douairière d'Orléans, survenu en 1821. Elle avait épousé Louis-Philippe d'Orléans, dit Philippe Égalité, dont elle se sépara officiellement en juillet 1792. Pendant les affres révolutionnaires, elle se retira en Normandie auprès de son père, le duc de Penthièvre mais après la fuite de Louis XVI à Varennes, les deux furent détenus d'abord au château d'Eu, puis aux châteaux d'Anet et de Bizy. Philippe Égalité fut guillotiné le 6 novembre 1793 ; la duchesse connut alors la prison, mais son incarcération au Luxembourg ne dura que jusqu'en 1794, date après laquelle elle trouva refuge dans la pension de Jacques Belhomme, rue de Charonne. Après le coup d'État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797), Marie-Adélaïde est obligée de quitter la France : des longues années d'errances s'ensuivirent, d'abord en Espagne, puis dans les îles Baléares, à Palerme, à Minorque et à Mahon. Revenue en France après la chute de l'Empire, Marie-Adélaïde déploya de grands efforts pour reconstituer la fortune et les biens paternels et acheta l'hôtel de Roquelaure, occupé auparavant par Cambacérès, avec une partie de son ameublement du rez-de-chaussée, que la duchesse douairière d'Orléans compléta par la suite.

À sa mort, son fils Louis-Philippe, alors duc d'Orléans, récupéra l'hôtel dont le mobilier allait servir pour meubler le Palais Royal et le château d'Eu. C'est à ce moment que la marque LPO timbrée par une couronne de prince du sang fut apposée sur nos commodes et il semble vraisemblable de supposer qu'elles faisaient partie des biens de Marie-Adélaïde. L'inventaire après décès de la douairière d'Orléans fait état, en 1821, de cinq commodes "en bois d'acajou de quatre pieds [129,92 cm] à trois tiroirs" avec leurs ornements en bronze et leurs dessus de marbre granit, dont une était prisée trente francs, une autre quarante, une troisième quatre-vingt et les deux dernières cent francs. Étaient ces dernières nos deux commodes ? Hélas, les descriptions de l'inventaire restent assez imprécises pour pouvoir se prononcer avec certitude à ce sujet.

Considérée d'un point de vue stylistique, notre paire de commodes appartient au néoclassicisme de la fin du XVIIIe siècle et évoquent par leur aspect général très architecturé la production de David Roentgen. En effet, après son installation à Paris, Roentgen s'assura la collaboration de son compatriote Jean-Gotlieb Frost (1746-1814), arrivé à Paris en 1782, lorsqu'il avait célébré son mariage dans la chapelle de l'ambassade de Suède. Frost fut reçu maître le 14 décembre 1785. Il développa l'activité d'ébénisterie de Roentgen, dans un magasin à l'enseigne de La Ville de Neuwied, installé rue de Grenelle-Saint-Honoré. Lors de sa propre installation, il publia une réclame ainsi conçue : "Le sieur Frost, successeur du sieur David Roentgen, ébéniste mécanicien du Roi et de la Reine, tient à présent, rue Croix-des-Petits-Champs, le grand magasin d'ébénisterie que ce dernier avoit ci-devant rue de Grenelle Saint-Honoré, et continue de vendre des meubles très recherchés par leur forme et leur poli". Frost, qui imitait les modèles de Roentgen, employait des collaborateurs de nationalité allemande, notamment le maître ébéniste Richter, et se fournissait en bronzes principalement auprès de Ravrio, qu'il faisait dorer par Rémond, Martin et Jubert. Il devint fournisseur des Menus-Plaisirs et de la Ville de Paris et livra le marquis de Clermont-Amboise, la vicomtesse de Talleyrand, le baron de Staël, etc. Sous la Révolution son commerce périclita et fit définitivement faillite le 34 décembre 1791. Donc, nécessairement, nos commodes furent exécutées avant cette date, voire avant 1789. Frost devint fonctionnaire et à son décès, survenu le 8 juillet 1814, il était employé à la Préfecture de police, dans le bureau des passeports.


Estimation 20 000 - 30 000 €

Vendu 23 400 €
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Lot 38

PAIRE DE COMMODES DE LA FIN DU XVIIIe SIÈCLE Estampille de Jean-Gotlieb Frost

Vendu 23 400 € [$]

PAIRE DE COMMODES DE LA FIN DU XVIIIe SIÈCLE Estampille de Jean-Gotlieb Frost
En acajou et placage d'acajou, ornementation de bronze ciselé et doré, dessus de marbre bleu turquin, le façade ouvrant par trois tiroirs, les pieds fuselés, l'une estampillée J.G.FROST et poinçon de jurande JME sur le montant avant droit, l'autre sur le montant arrière gauche, les deux portant le monogramme de Louis-Philippe d'Orléans sous la Restauration : LPO sous couronne de prince de sang, au pochoir en noir
H. : 94,5 cm (37 1/4 in.)
l. : 130 cm (51 in.)
P. : 56 cm (22 in.)

Jean-Gotlieb Frost, reçu maître en 1785

Provenance :
Collection de Louis-Philippe d'Orléans au Palais Royal de 1821 à 1830.
Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon (1753-1821), duchesse douairière d'Orléans.
Possiblement Louis Jean Marie de Bourbon (1725-1793), duc de Penthièvre, père de la douairière d'Orléans.

Bibliographie :
Art & Décoration, la revue de la maison, Septembre 1978 (reproduites).
A pair of ormolu-mounted and mahogany commodes, stamped by Jean-Gotlieb Frost, late 18th century

A pair of ormolu-mounted and mahagony commodes, stamped by Jean-Gotlieb Frost, late 18th century

Le monogramme figurant sur cette paire de commodes fut apposé sur le mobilier de Louis-Philippe d'Orléans sous la Restauration, et plus précisément après le décès de sa mère, Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon, duchesse douairière d'Orléans, survenu en 1821. Elle avait épousé Louis-Philippe d'Orléans, dit Philippe Égalité, dont elle se sépara officiellement en juillet 1792. Pendant les affres révolutionnaires, elle se retira en Normandie auprès de son père, le duc de Penthièvre mais après la fuite de Louis XVI à Varennes, les deux furent détenus d'abord au château d'Eu, puis aux châteaux d'Anet et de Bizy. Philippe Égalité fut guillotiné le 6 novembre 1793 ; la duchesse connut alors la prison, mais son incarcération au Luxembourg ne dura que jusqu'en 1794, date après laquelle elle trouva refuge dans la pension de Jacques Belhomme, rue de Charonne. Après le coup d'État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797), Marie-Adélaïde est obligée de quitter la France : des longues années d'errances s'ensuivirent, d'abord en Espagne, puis dans les îles Baléares, à Palerme, à Minorque et à Mahon. Revenue en France après la chute de l'Empire, Marie-Adélaïde déploya de grands efforts pour reconstituer la fortune et les biens paternels et acheta l'hôtel de Roquelaure, occupé auparavant par Cambacérès, avec une partie de son ameublement du rez-de-chaussée, que la duchesse douairière d'Orléans compléta par la suite.

À sa mort, son fils Louis-Philippe, alors duc d'Orléans, récupéra l'hôtel dont le mobilier allait servir pour meubler le Palais Royal et le château d'Eu. C'est à ce moment que la marque LPO timbrée par une couronne de prince du sang fut apposée sur nos commodes et il semble vraisemblable de supposer qu'elles faisaient partie des biens de Marie-Adélaïde. L'inventaire après décès de la douairière d'Orléans fait état, en 1821, de cinq commodes "en bois d'acajou de quatre pieds [129,92 cm] à trois tiroirs" avec leurs ornements en bronze et leurs dessus de marbre granit, dont une était prisée trente francs, une autre quarante, une troisième quatre-vingt et les deux dernières cent francs. Étaient ces dernières nos deux commodes ? Hélas, les descriptions de l'inventaire restent assez imprécises pour pouvoir se prononcer avec certitude à ce sujet.

Considérée d'un point de vue stylistique, notre paire de commodes appartient au néoclassicisme de la fin du XVIIIe siècle et évoquent par leur aspect général très architecturé la production de David Roentgen. En effet, après son installation à Paris, Roentgen s'assura la collaboration de son compatriote Jean-Gotlieb Frost (1746-1814), arrivé à Paris en 1782, lorsqu'il avait célébré son mariage dans la chapelle de l'ambassade de Suède. Frost fut reçu maître le 14 décembre 1785. Il développa l'activité d'ébénisterie de Roentgen, dans un magasin à l'enseigne de La Ville de Neuwied, installé rue de Grenelle-Saint-Honoré. Lors de sa propre installation, il publia une réclame ainsi conçue : "Le sieur Frost, successeur du sieur David Roentgen, ébéniste mécanicien du Roi et de la Reine, tient à présent, rue Croix-des-Petits-Champs, le grand magasin d'ébénisterie que ce dernier avoit ci-devant rue de Grenelle Saint-Honoré, et continue de vendre des meubles très recherchés par leur forme et leur poli". Frost, qui imitait les modèles de Roentgen, employait des collaborateurs de nationalité allemande, notamment le maître ébéniste Richter, et se fournissait en bronzes principalement auprès de Ravrio, qu'il faisait dorer par Rémond, Martin et Jubert. Il devint fournisseur des Menus-Plaisirs et de la Ville de Paris et livra le marquis de Clermont-Amboise, la vicomtesse de Talleyrand, le baron de Staël, etc. Sous la Révolution son commerce périclita et fit définitivement faillite le 34 décembre 1791. Donc, nécessairement, nos commodes furent exécutées avant cette date, voire avant 1789. Frost devint fonctionnaire et à son décès, survenu le 8 juillet 1814, il était employé à la Préfecture de police, dans le bureau des passeports.


Estimation 20 000 - 30 000 €

Vendu 23 400 €
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Détails de la vente

Vente : 3872
Date : 20 mai 2019 19:00
Commissaire-priseur : Isabelle Bresset

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cnorton@artcurial.com

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