Vente « Dessins d’écrivains » - 14 février 2012 /Lot 68 LAFORGUE, Jules Caricatures, dont trois présumées de Jean Moréas

  • LAFORGUE, Jules  Caricatures, dont trois présumées de Jean Moréas
LAFORGUE, Jules
Caricatures, dont trois présumées de Jean Moréas
Composition de 4 dessins originaux, illustrant un manuscrit autographe. Encre et plume, 6 x 9 cm sur un f. de 13, 5 x 10, 5 cm, encadrement sous verre.

Un personnage moustachu en haut de forme, la canne sur l'épaule ; un autre personnage moustachu en costume à carreaux portant également une canne, représenté de profil et de dos ; un chanteur la main sur la poitrine, portant chapeau à plume et chaussures à poulaines.
Une identification des deux moustachus avec le poète symboliste Jean Moréas a parfois été proposée, notamment sur la foi d'une ressemblance frappante de la silhouette de gauche avec le profil de Moréas sur la célèbre affiche de Cazals pour le septième Salon des 100 de 1894. Bien que plausible, cette identification n'est pas du tout certaine, selon Jean-Louis Debauve, Laforgue ayant exécuté de nombreux dessins similaires avant sa rencontre avec Moréas.

Une pensée sur " l'éternel féminin ". Le manuscrit est un fragment littéraire qui fut originellement publié de manière posthume par Félix Fénéon dans le numéro 6 de sa Revue anarchiste datée du 1er 15 novembre 1893. Laforgue y développe une idée largement évoquée dans sa pièce en vers Le Concile féerique :
" Elles sont bêtes comme des enfants gâtées, devant qui les gens les plus sérieux et les plus âgés font à l'envi la roue jusqu'au grotesque au moindre de leur caprice idiot depuis des siècles... tout roman, tout opéra, tout drame le leur dit -
elles fatalisent les gens, princes, pages, poètes, et il y a des morts.
Comment voulez-vous après des siècles de ce régime qu'elles nous traitent en frères. "

Jules Laforgue, peintre et critique d'art dans l'âme. Lui qui disait considérer ses tentatives poétiques comme des fantaisies, rêva toujours de devenir critique d'art ou peintre, ce qui lui fut interdit par sa détresse financière et son découragement devant les rigueurs de l'érudition. N'ayant cessé de dessiner depuis l'enfance, il étudia l'esthétique en 1876 auprès de Taine à l'École des Beaux-Arts, et fréquenta l'atelier d'Henri Lehmann où il perfectionna sa technique du dessin et s'initia à la gravure. Il pratiqua surtout la caricature, dont il publia quelques exemples dans la revue La Guêpe. Il fréquenta par ailleurs inlassablement les marchands de tableaux et les musées - en France, et en Allemagne quand il fut lecteur de l'impératrice - et fréquenta les plus grands artistes, se montrant réceptif à l'avant-garde impressionniste et post-impressionniste : il avait rencontré Seurat dans l'atelier de Lehmann, et, quand il fut secrétaire de Charles Ephrussi à la Gazette des beaux-arts, avait fait la connaissance de Degas, Monet, Pissaro, Renoir...

Provenance
Album de Madame Théo Van Rysselberghe, Maria Monnom, épouse du peintre, qui fut la " petite dame " de Gide.

Exposition
- L'UN POUR L'AUTRE, LES ECRIVAINS DESSINENT. Caen, IMEC, Lisbonne, Musée Berardo, Ixelles, Musée communal, janvier 2008-janvier 2009. Reproduction dans la notice n° 14 du catalogue.

Bibliographie
- DESSINS D'ECRIVAINS. Paris, Éditions du Chêne, 2003. Reproduction p. 49.
- FAUCHEREAU (Serge). Peintures et dessins d'écrivains. Paris, Éditions Belfond, 1991. Reproduction p. 92.
- LAFORGUE (Jules). Œuvres complètes. Édition par Maryke de Courten et Jean-Louis Debauve. Lausanne, L'Âge d'homme, 1983-2000. Le dessin est décrit dans le volume II, n° 118 de l'" Œuvre graphique ", et reproduit dans le même volume, pl. XVIII. Le texte est publié dans le volume III, 2000, pp. 1103-1104, n° 9 des " Feuilles volantes ".


Estimation 1 500 - 2 000 €

Vendu 1 913 €
* Les résultats sont affichés frais acheteur et taxes compris. Ils sont générés automatiquement et peuvent subir des modifications.

Lot 68

LAFORGUE, Jules
Caricatures, dont trois présumées de Jean Moréas

Vendu 1 913 € [$]

LAFORGUE, Jules
Caricatures, dont trois présumées de Jean Moréas
Composition de 4 dessins originaux, illustrant un manuscrit autographe. Encre et plume, 6 x 9 cm sur un f. de 13, 5 x 10, 5 cm, encadrement sous verre.

Un personnage moustachu en haut de forme, la canne sur l'épaule ; un autre personnage moustachu en costume à carreaux portant également une canne, représenté de profil et de dos ; un chanteur la main sur la poitrine, portant chapeau à plume et chaussures à poulaines.
Une identification des deux moustachus avec le poète symboliste Jean Moréas a parfois été proposée, notamment sur la foi d'une ressemblance frappante de la silhouette de gauche avec le profil de Moréas sur la célèbre affiche de Cazals pour le septième Salon des 100 de 1894. Bien que plausible, cette identification n'est pas du tout certaine, selon Jean-Louis Debauve, Laforgue ayant exécuté de nombreux dessins similaires avant sa rencontre avec Moréas.

Une pensée sur " l'éternel féminin ". Le manuscrit est un fragment littéraire qui fut originellement publié de manière posthume par Félix Fénéon dans le numéro 6 de sa Revue anarchiste datée du 1er 15 novembre 1893. Laforgue y développe une idée largement évoquée dans sa pièce en vers Le Concile féerique :
" Elles sont bêtes comme des enfants gâtées, devant qui les gens les plus sérieux et les plus âgés font à l'envi la roue jusqu'au grotesque au moindre de leur caprice idiot depuis des siècles... tout roman, tout opéra, tout drame le leur dit -
elles fatalisent les gens, princes, pages, poètes, et il y a des morts.
Comment voulez-vous après des siècles de ce régime qu'elles nous traitent en frères. "

Jules Laforgue, peintre et critique d'art dans l'âme. Lui qui disait considérer ses tentatives poétiques comme des fantaisies, rêva toujours de devenir critique d'art ou peintre, ce qui lui fut interdit par sa détresse financière et son découragement devant les rigueurs de l'érudition. N'ayant cessé de dessiner depuis l'enfance, il étudia l'esthétique en 1876 auprès de Taine à l'École des Beaux-Arts, et fréquenta l'atelier d'Henri Lehmann où il perfectionna sa technique du dessin et s'initia à la gravure. Il pratiqua surtout la caricature, dont il publia quelques exemples dans la revue La Guêpe. Il fréquenta par ailleurs inlassablement les marchands de tableaux et les musées - en France, et en Allemagne quand il fut lecteur de l'impératrice - et fréquenta les plus grands artistes, se montrant réceptif à l'avant-garde impressionniste et post-impressionniste : il avait rencontré Seurat dans l'atelier de Lehmann, et, quand il fut secrétaire de Charles Ephrussi à la Gazette des beaux-arts, avait fait la connaissance de Degas, Monet, Pissaro, Renoir...

Provenance
Album de Madame Théo Van Rysselberghe, Maria Monnom, épouse du peintre, qui fut la " petite dame " de Gide.

Exposition
- L'UN POUR L'AUTRE, LES ECRIVAINS DESSINENT. Caen, IMEC, Lisbonne, Musée Berardo, Ixelles, Musée communal, janvier 2008-janvier 2009. Reproduction dans la notice n° 14 du catalogue.

Bibliographie
- DESSINS D'ECRIVAINS. Paris, Éditions du Chêne, 2003. Reproduction p. 49.
- FAUCHEREAU (Serge). Peintures et dessins d'écrivains. Paris, Éditions Belfond, 1991. Reproduction p. 92.
- LAFORGUE (Jules). Œuvres complètes. Édition par Maryke de Courten et Jean-Louis Debauve. Lausanne, L'Âge d'homme, 1983-2000. Le dessin est décrit dans le volume II, n° 118 de l'" Œuvre graphique ", et reproduit dans le même volume, pl. XVIII. Le texte est publié dans le volume III, 2000, pp. 1103-1104, n° 9 des " Feuilles volantes ".


Estimation 1 500 - 2 000 €

Vendu 1 913 €
* Les résultats sont affichés frais acheteur et taxes compris. Ils sont générés automatiquement et peuvent subir des modifications.

Détails de la vente

Vente : 2129
Date : 14 févr. 2012 14:30

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« Dessins d’écrivains » Collection Pierre et Franca Belfond