Vente Maîtres anciens & du XIX siècle - 16 juin 2020 /Lot 272 Joseph-Marie BOUTON Cadix, 1765 - Chartres, 1823 Portrait de la reine d'Espagne Marie-Louise de Bourbon-Parme et de son fils l'infant François de Paule dans les jardins d'Aranjuez

  • Joseph-Marie BOUTON Cadix, 1765 - Chartres, 1823 Portrait de la reine d'Espagne Marie-Louise de Bourbon-Parme et de son fils l'infan.
  • Joseph-Marie BOUTON Cadix, 1765 - Chartres, 1823 Portrait de la reine d'Espagne Marie-Louise de Bourbon-Parme et de son fils l'infan.
Joseph-Marie BOUTON Cadix, 1765 - Chartres, 1823
Portrait de la reine d'Espagne Marie-Louise de Bourbon-Parme et de son fils l'infant François de Paule dans les jardins d'Aranjuez
Miniature sur ivoire, deux feuilles
Signé et daté 'Bouton pinx / 1805' à gauche
(Jonction des deux feuilles à 4 cm du bord inférieur)

Dans un important cadre en bronze doré et plaques émaillées, à décor en fronton d'un médaillon aux initiales du modèle, entouré des allégories de la Victoire et de la Paix (petit manque aux orteils et manque une trompette).

Portrait of queen Maria Luisa of Parma and of her son Infante Francisco de Paula, miniature on ivory, signed and dated, by J. M. Bouton
Hauteur : 22,50 Largeur : 15 cm

Provenance : Collections des modèles, Marie-Louise de Bourbon-Parme, reine d'Espagne, puis de son fils François de Paule de Bourbon, infant d'Espagne ;
Par descendance, collection de François d'Assise Marie Ferdinand de Bourbon, roi consort d'Espagne ;
Par descendance, collection d'Isabelle de Bourbon, princesse des Asturies, infante d'Espagne ;
Collection Luis Mariano ;
Collection particulière, Tarbes ;
Acquis auprès de celle-ci par l'actuel propriétaire en 1989 ;
Collection particulière du Sud de la France


Expositions : 'Exposición de la Miniatura-retrato en Espana', Madrid, mai-juin 1916, p. 31, n° 422, repr. coul. pl. XXX

Bibliographie : Joaquín Ezquerra del Bayo, 'Retratos de la familia Téllez-Girón', Madrid, 1934, p. 33
Juan de Contreras y Lopez de Ayala Lozoya, 'Historia del Arte Hispanico', Barcelone, 1949, vol. V, p. 336, fig. 361
Robert Mesuret, 'De Bouton à Goya. Cinq miniaturistes à la cour de Madrid', cat. exp. Toulouse, 1960, p. 24-25 et p. 31, n° LXXIII
Juliette Martin-Bouton, "Guillaume et Joseph Bouton. Miniaturistes européens", in 'Gazette des Beaux-Arts', avril 1962, p. 245 et p. 250, notes 25 et 28
Robert Mesuret, "Tres pintores de camara : Bouton, Bauzil y Goya", in 'Goya', n° 12, 1965-66, p. 13

Commentaire : Cadre, miniature, modèles et provenance ; les qualités de cet objet sont si nombreuses qu'elles nous subjuguent !

Fils du peintre en miniature Guillaume-Gabriel Bouton (1730-1782), Joseph-Marie Bouton fut d'abord formé à Toulouse par son père à l'art de la miniature avant de rejoindre Paris où nous le suivons à diverses adresses entre 1791 et 1799. Nous ne savons à quelle date il rejoint l'Espagne mais il est mentionné à Barcelone en 1802 et en 1804 sa femme et ses enfants le rejoignent à Madrid. Il travaille alors déjà pour la Cour comme peintre en miniature du roi Charles IV. L'ensemble de miniatures réalisées à la cour d'Espagne datent des années 1804-1806, ce que l'on comprend mieux lorsque l'on apprend qu'au moment de son décès en 1823 il était depuis de nombreuses années déjà entreposeur des tabacs en poste à Chartres ; c'est-à-dire qu'il avait interrompu sa carrière de peintre, sans doute à partir de l'invasion de l'Espagne par les troupes napoléoniennes.

Dans les jardins de la résidence royale d'Aranjuez la reine Maria Luisa (1751-1819) est accompagné de son plus jeune fils, l'infant Francisco de Paula (1794-1865). L'Espagne et la France sont restées proches malgré le renversement des Bourbon en France et le contexte lors de la réalisation de notre miniature est celui d'une relation parfaite entre l'Empereur Napoléon et la famille royale. Godoy - si proche de la reine comme l'Histoire le retiendra… - avait signé avec la France le traité de San Ildefonso en 1796 et le sort des deux puissances était depuis lié. L'application stricte de ce traité d'alliance mènera cette même année 1805 à la défaite navale de Trafalgar qui privera la France et l'Espagne de leurs marines. Par effet de domino une des plus grandes tragédies de l'histoire de l'Espagne est déjà en cours et nous nous garderons bien de commenter l'action invasive et destructrice de la France tant celle-ci nous fait honte encore aujourd'hui.

Notre miniature illustre donc les derniers moments de paix avant la guerre, avant la destruction de l'Espagne. Le regard affirmé de la reine illustre sa personnalité forte que le déférent pinceau de Bouton respecte bien plus que le génie de l'indomptable Goya (fig.1). L'affection que la mère porte à son enfant lui est rendue par le regard de Francisco de Paula, âgé de 11 ans, et dont les traits ressemblent " étrangement " à ceux de l'amant de sa mère. Vivant suffisamment longtemps pour se faire traiter de bâtard par l'ensemble des familles royales d'Europe, le dernier des quinze enfants de la reine est bien innocent de tout sur notre miniature ornée d'un cadre époustouflant.

Lors de son accession au trône d'Espagne en 1759, le roi Charles III fait démonter la manufacture qu'il avait fait installer à Naples à Capodimonte à partir de 1740. De gigantesques cargaisons arrivent de Naples avec plus de 50 ouvriers spécialisés et très vite la manufacture installée dans les jardins du palais de Buen Retiro se met à produire des porcelaines tendres (d'où son surnom de " la China "), des tapisseries, des verreries mais aussi des bronzes dorés. Notre cadre qui porte le chiffre de la reine Maria Luisa dans un médaillon émaillé, tout comme l'important surtout de table offert par Charles IV à Napoléon lors de l'entrevue de Bayonne en 1808, témoignent de la grande maitrise de cette manufacture dans la réalisation de pièces en bronze doré. Ce centre unique de production de produits manufacturés de luxe disparaitra à la fin de la guerre d'Espagne quand les Anglais le détruiront en 1812 lors des combats à l'entrée de la capitale.

Lot composé de matériaux organiques en provenance d'espèces en voie de disparition, des restrictions quant à l'importation ou l'exportation peuvent s'appliquer ou un certificat CITES peut être nécessaire. Pour une sortie de l'UE, un CITES de ré-export peut être nécessaire, celui-ci étant à la charge du futur acquéreur.
Tout lot contenant un élément en ivoire ou palissandre, quelle que soit sa date d'exécution ou son certificat d'origine, ne pourra être importé aux Etats-Unis, au regard de la législation qui y est appliquée.

Information to buyers:

Lot made of organic materials from endangered species, import or export restrictions may apply, a CITES certificate may be required. Each country has its own lawmaking about it. Any potential buyer must check before bidding, if he is entitled to import this lot within his country of residence. For an exit from the UE, a CITES re-export may be necessary, it will be charged to the future buyer.
Any lot which includes one element in ivory or rosewood cannot be imported in the United States as its legislation bans its trade whatever its dating may be.

Estimation 40 000 - 60 000 €

Lot 272

Joseph-Marie BOUTON Cadix, 1765 - Chartres, 1823
Portrait de la reine d'Espagne Marie-Louise de Bourbon-Parme et de son fils l'infant François de Paule dans les jardins d'Aranjuez

Estimation 40 000 - 60 000 € [$]

Joseph-Marie BOUTON Cadix, 1765 - Chartres, 1823
Portrait de la reine d'Espagne Marie-Louise de Bourbon-Parme et de son fils l'infant François de Paule dans les jardins d'Aranjuez
Miniature sur ivoire, deux feuilles
Signé et daté 'Bouton pinx / 1805' à gauche
(Jonction des deux feuilles à 4 cm du bord inférieur)

Dans un important cadre en bronze doré et plaques émaillées, à décor en fronton d'un médaillon aux initiales du modèle, entouré des allégories de la Victoire et de la Paix (petit manque aux orteils et manque une trompette).

Portrait of queen Maria Luisa of Parma and of her son Infante Francisco de Paula, miniature on ivory, signed and dated, by J. M. Bouton
Hauteur : 22,50 Largeur : 15 cm

Provenance : Collections des modèles, Marie-Louise de Bourbon-Parme, reine d'Espagne, puis de son fils François de Paule de Bourbon, infant d'Espagne ;
Par descendance, collection de François d'Assise Marie Ferdinand de Bourbon, roi consort d'Espagne ;
Par descendance, collection d'Isabelle de Bourbon, princesse des Asturies, infante d'Espagne ;
Collection Luis Mariano ;
Collection particulière, Tarbes ;
Acquis auprès de celle-ci par l'actuel propriétaire en 1989 ;
Collection particulière du Sud de la France


Expositions : 'Exposición de la Miniatura-retrato en Espana', Madrid, mai-juin 1916, p. 31, n° 422, repr. coul. pl. XXX

Bibliographie : Joaquín Ezquerra del Bayo, 'Retratos de la familia Téllez-Girón', Madrid, 1934, p. 33
Juan de Contreras y Lopez de Ayala Lozoya, 'Historia del Arte Hispanico', Barcelone, 1949, vol. V, p. 336, fig. 361
Robert Mesuret, 'De Bouton à Goya. Cinq miniaturistes à la cour de Madrid', cat. exp. Toulouse, 1960, p. 24-25 et p. 31, n° LXXIII
Juliette Martin-Bouton, "Guillaume et Joseph Bouton. Miniaturistes européens", in 'Gazette des Beaux-Arts', avril 1962, p. 245 et p. 250, notes 25 et 28
Robert Mesuret, "Tres pintores de camara : Bouton, Bauzil y Goya", in 'Goya', n° 12, 1965-66, p. 13

Commentaire : Cadre, miniature, modèles et provenance ; les qualités de cet objet sont si nombreuses qu'elles nous subjuguent !

Fils du peintre en miniature Guillaume-Gabriel Bouton (1730-1782), Joseph-Marie Bouton fut d'abord formé à Toulouse par son père à l'art de la miniature avant de rejoindre Paris où nous le suivons à diverses adresses entre 1791 et 1799. Nous ne savons à quelle date il rejoint l'Espagne mais il est mentionné à Barcelone en 1802 et en 1804 sa femme et ses enfants le rejoignent à Madrid. Il travaille alors déjà pour la Cour comme peintre en miniature du roi Charles IV. L'ensemble de miniatures réalisées à la cour d'Espagne datent des années 1804-1806, ce que l'on comprend mieux lorsque l'on apprend qu'au moment de son décès en 1823 il était depuis de nombreuses années déjà entreposeur des tabacs en poste à Chartres ; c'est-à-dire qu'il avait interrompu sa carrière de peintre, sans doute à partir de l'invasion de l'Espagne par les troupes napoléoniennes.

Dans les jardins de la résidence royale d'Aranjuez la reine Maria Luisa (1751-1819) est accompagné de son plus jeune fils, l'infant Francisco de Paula (1794-1865). L'Espagne et la France sont restées proches malgré le renversement des Bourbon en France et le contexte lors de la réalisation de notre miniature est celui d'une relation parfaite entre l'Empereur Napoléon et la famille royale. Godoy - si proche de la reine comme l'Histoire le retiendra… - avait signé avec la France le traité de San Ildefonso en 1796 et le sort des deux puissances était depuis lié. L'application stricte de ce traité d'alliance mènera cette même année 1805 à la défaite navale de Trafalgar qui privera la France et l'Espagne de leurs marines. Par effet de domino une des plus grandes tragédies de l'histoire de l'Espagne est déjà en cours et nous nous garderons bien de commenter l'action invasive et destructrice de la France tant celle-ci nous fait honte encore aujourd'hui.

Notre miniature illustre donc les derniers moments de paix avant la guerre, avant la destruction de l'Espagne. Le regard affirmé de la reine illustre sa personnalité forte que le déférent pinceau de Bouton respecte bien plus que le génie de l'indomptable Goya (fig.1). L'affection que la mère porte à son enfant lui est rendue par le regard de Francisco de Paula, âgé de 11 ans, et dont les traits ressemblent " étrangement " à ceux de l'amant de sa mère. Vivant suffisamment longtemps pour se faire traiter de bâtard par l'ensemble des familles royales d'Europe, le dernier des quinze enfants de la reine est bien innocent de tout sur notre miniature ornée d'un cadre époustouflant.

Lors de son accession au trône d'Espagne en 1759, le roi Charles III fait démonter la manufacture qu'il avait fait installer à Naples à Capodimonte à partir de 1740. De gigantesques cargaisons arrivent de Naples avec plus de 50 ouvriers spécialisés et très vite la manufacture installée dans les jardins du palais de Buen Retiro se met à produire des porcelaines tendres (d'où son surnom de " la China "), des tapisseries, des verreries mais aussi des bronzes dorés. Notre cadre qui porte le chiffre de la reine Maria Luisa dans un médaillon émaillé, tout comme l'important surtout de table offert par Charles IV à Napoléon lors de l'entrevue de Bayonne en 1808, témoignent de la grande maitrise de cette manufacture dans la réalisation de pièces en bronze doré. Ce centre unique de production de produits manufacturés de luxe disparaitra à la fin de la guerre d'Espagne quand les Anglais le détruiront en 1812 lors des combats à l'entrée de la capitale.

Lot composé de matériaux organiques en provenance d'espèces en voie de disparition, des restrictions quant à l'importation ou l'exportation peuvent s'appliquer ou un certificat CITES peut être nécessaire. Pour une sortie de l'UE, un CITES de ré-export peut être nécessaire, celui-ci étant à la charge du futur acquéreur.
Tout lot contenant un élément en ivoire ou palissandre, quelle que soit sa date d'exécution ou son certificat d'origine, ne pourra être importé aux Etats-Unis, au regard de la législation qui y est appliquée.

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Lot made of organic materials from endangered species, import or export restrictions may apply, a CITES certificate may be required. Each country has its own lawmaking about it. Any potential buyer must check before bidding, if he is entitled to import this lot within his country of residence. For an exit from the UE, a CITES re-export may be necessary, it will be charged to the future buyer.
Any lot which includes one element in ivory or rosewood cannot be imported in the United States as its legislation bans its trade whatever its dating may be.

Estimation 40 000 - 60 000 €

Détails de la vente

Vente : 3979
Date : 16 juin 2020 17:00
Commissaire-priseur : Matthieu Fournier

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mfournier@artcurial.com

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Maîtres anciens & du XIXe siècle