Vente Collection Fernand Lafarge - 27 mars 2019 /Lot 18 Jean-Baptiste CARPEAUX Valenciennes, 1827 - Courbevoie, 1875 Ugolin

  • Jean-Baptiste CARPEAUX Valenciennes, 1827 - Courbevoie, 1875 Ugolin Bronze à patine brun nuancé
  • Jean-Baptiste CARPEAUX Valenciennes, 1827 - Courbevoie, 1875 Ugolin Bronze à patine brun nuancé
  • Jean-Baptiste CARPEAUX Valenciennes, 1827 - Courbevoie, 1875 Ugolin Bronze à patine brun nuancé
  • Jean-Baptiste CARPEAUX Valenciennes, 1827 - Courbevoie, 1875 Ugolin Bronze à patine brun nuancé
Jean-Baptiste CARPEAUX Valenciennes, 1827 - Courbevoie, 1875
Ugolin
Bronze à patine brun nuancé
Chef-modèle de l'atelier
Hauteur : 48 cm (18 3/4 in.)

Ugolino, bronze modèle, brown patina, by J. B. Carpeaux


Provenance : Vente de l'atelier de l'artiste, Paris, Hôtel Drouot, 31 mai, 1er-2 juin 1894, n° 543 ;
Vente anonyme ; Paris, Mes Ader et Picard, palais Galliera, 16 juin 1969, n° 54 ;
Acquis lors de cette vente par Fernand Lafarge

Expositions : 'Sur les traces de Jean-Baptiste Carpeaux', Paris, galeries nationales du Grand Palais, 11 mars - 5 mai 1975, n° 82
'Michel-Ange au siècle de Carpeaux', Valenciennes, musée des Beaux-Arts, 2012, p. 133, et 207, n° 86

Bibliographie : Michel Poletti et Alain Richarme, 'Jean-Baptiste Carpeaux sculpteur, catalogue raisonné de l'œuvre édité', Paris, 2003, p. 72, mentionné dans la notice du n° SA 21

Commentaire : Ugolin est le dernier envoi que Carpeaux fit de la villa Médicis à Rome où il était pensionnaire. Pour ce faire, il décide de se confronter à l'œuvre de Michel-Ange qu'il découvre alors, et annonce un chef-d'œuvre.

Il tire alors de L'Enfer de Dante un sujet propice aux expressions de terribilita : Ugolin, ancien podestat de Pise est condamné à mourir de faim, emmuré dans une tour avec ses deux fils et ses deux petits-fils pour avoir trahi le parti des gibelins en faveur de celui des guelfes.

" Je vis mon propre aspect peint sur quatre visages
Et tordant mes deux poings, me pris à les ronger.
Eux croyant que c'était par besoin de manger
Se levèrent soudain: - Père, de grâce !
Nous en souffrirons moins si tu manges de nous. "

Ce terrible exemple de dévouement filial ne fut pas du goût de l'Institut qui, informé par le directeur de la Villa Médicis, demanda à Carpeaux de modifier son projet. De rage Carpeaux détruisit sa statue... avant de la recoller pour n'y plus renoncer.

A la fin de trois ans de travail Carpeaux achève son œuvre qu'il considère comme la plus aboutie. Pour "exprimer les passions les plus violentes et y attacher la tendresse la plus délicate" Carpeaux mêla à la force de Michel-Ange les modèles séculaires du Laocoon antique et de la Melencolia de Dürer.
En 1861, après son achèvement, Ugolin transforma l'atelier romain de Carpeaux en un salon mondain où vinrent frissonner de terreur M. de Nieuwerkerke, Alexandre Dumas fils, la princesse Rospigliosi, la duchesse de Castiglione... qui promirent tous à l'élève la carrière d'un maître.

" Papa possédait une belle épreuve en bronze de l'Ugolin. J'aimais ce magnifique groupe que j'avais connu durant toute ma jeunesse. Lorsque je vis dans le catalogue de la vente de 1969 la mise en vente du modèle original de ce bronze ; je décidais de l'acquérir. (…) C'est en rentrant d'Auvergne que nous nous sommes arrêtés à Paris. Je stationnais devant Galliera, G. dormait dans la voiture et j'achetais le bronze ; je ne l'ai jamais regretté. " (Fernand Lafarge).


Ugolino is the final sculpture sent by Carpeaux from the Villa Medici in Rome to Paris while he was a resident there. To create it, he decided to confront the work of Michelangelo which he was discovering at the time and it foretells a masterpiece.

He then took from Dante's Inferno a subject that was conducive to expressions of terribilità: Ugolino, the former Podestà of Pisa was condemned to die of hunger, walled into a tower with his two sons and his two grandsons for betraying the Ghibellines in favour of the Guelphs.

"I saw
Upon four faces my own very aspect,
Both of my hands in agony I bit;
And, thinking that I did it from desire
Of eating, on a sudden they uprose,
And said they: 'Father, much less pain 'twill give us
If thou do eat of us;"

This terrible example of filial devotion was not to the taste of the Institut which, informed by the Director of the Villa Medici, asked Carpeaux to change his project. In a rage, Carpeaux destroyed his sculpture…before sticking the pieces back together and from then on he never gave up on it.

After years of effort, Carpeaux finished his work which he considered to be the most complete of his career. To "express the most violent passions and associate the most delicate tenderness with it", Carpeaux combined the force of Michelangelo with the secular models of the ancient Laocoon and Dürer's Melencolia.
In 1861, after it was finished, Ugolino transformed Carpeaux's studio in Rome into a fashionable salon to which M. de Nieuwerkerke, the younger Alexandre Dumas, the princess Rospigliosi, the Duchess de Castiglione all came to shiver with terror…and they all promised the student the career of a master.

"Daddy owned a lovely cast in bronze of Ugolino. I loved this magnificent group that I knew during my youth. When I saw the original of this bronze in the auction catalogue of 1969; I decided to acquire it (…) it was while we were returning from Auvergne that we stopped in Paris. I parked in front of Galliera, G. was sleeping in the car and I bought the bronze; I have never regretted it." (Fernand Lafarge).


Estimation 100 000 - 150 000 €

Lot 18

Jean-Baptiste CARPEAUX Valenciennes, 1827 - Courbevoie, 1875
Ugolin

Estimation 100 000 - 150 000 € [$]

Jean-Baptiste CARPEAUX Valenciennes, 1827 - Courbevoie, 1875
Ugolin
Bronze à patine brun nuancé
Chef-modèle de l'atelier
Hauteur : 48 cm (18 3/4 in.)

Ugolino, bronze modèle, brown patina, by J. B. Carpeaux


Provenance : Vente de l'atelier de l'artiste, Paris, Hôtel Drouot, 31 mai, 1er-2 juin 1894, n° 543 ;
Vente anonyme ; Paris, Mes Ader et Picard, palais Galliera, 16 juin 1969, n° 54 ;
Acquis lors de cette vente par Fernand Lafarge

Expositions : 'Sur les traces de Jean-Baptiste Carpeaux', Paris, galeries nationales du Grand Palais, 11 mars - 5 mai 1975, n° 82
'Michel-Ange au siècle de Carpeaux', Valenciennes, musée des Beaux-Arts, 2012, p. 133, et 207, n° 86

Bibliographie : Michel Poletti et Alain Richarme, 'Jean-Baptiste Carpeaux sculpteur, catalogue raisonné de l'œuvre édité', Paris, 2003, p. 72, mentionné dans la notice du n° SA 21

Commentaire : Ugolin est le dernier envoi que Carpeaux fit de la villa Médicis à Rome où il était pensionnaire. Pour ce faire, il décide de se confronter à l'œuvre de Michel-Ange qu'il découvre alors, et annonce un chef-d'œuvre.

Il tire alors de L'Enfer de Dante un sujet propice aux expressions de terribilita : Ugolin, ancien podestat de Pise est condamné à mourir de faim, emmuré dans une tour avec ses deux fils et ses deux petits-fils pour avoir trahi le parti des gibelins en faveur de celui des guelfes.

" Je vis mon propre aspect peint sur quatre visages
Et tordant mes deux poings, me pris à les ronger.
Eux croyant que c'était par besoin de manger
Se levèrent soudain: - Père, de grâce !
Nous en souffrirons moins si tu manges de nous. "

Ce terrible exemple de dévouement filial ne fut pas du goût de l'Institut qui, informé par le directeur de la Villa Médicis, demanda à Carpeaux de modifier son projet. De rage Carpeaux détruisit sa statue... avant de la recoller pour n'y plus renoncer.

A la fin de trois ans de travail Carpeaux achève son œuvre qu'il considère comme la plus aboutie. Pour "exprimer les passions les plus violentes et y attacher la tendresse la plus délicate" Carpeaux mêla à la force de Michel-Ange les modèles séculaires du Laocoon antique et de la Melencolia de Dürer.
En 1861, après son achèvement, Ugolin transforma l'atelier romain de Carpeaux en un salon mondain où vinrent frissonner de terreur M. de Nieuwerkerke, Alexandre Dumas fils, la princesse Rospigliosi, la duchesse de Castiglione... qui promirent tous à l'élève la carrière d'un maître.

" Papa possédait une belle épreuve en bronze de l'Ugolin. J'aimais ce magnifique groupe que j'avais connu durant toute ma jeunesse. Lorsque je vis dans le catalogue de la vente de 1969 la mise en vente du modèle original de ce bronze ; je décidais de l'acquérir. (…) C'est en rentrant d'Auvergne que nous nous sommes arrêtés à Paris. Je stationnais devant Galliera, G. dormait dans la voiture et j'achetais le bronze ; je ne l'ai jamais regretté. " (Fernand Lafarge).


Ugolino is the final sculpture sent by Carpeaux from the Villa Medici in Rome to Paris while he was a resident there. To create it, he decided to confront the work of Michelangelo which he was discovering at the time and it foretells a masterpiece.

He then took from Dante's Inferno a subject that was conducive to expressions of terribilità: Ugolino, the former Podestà of Pisa was condemned to die of hunger, walled into a tower with his two sons and his two grandsons for betraying the Ghibellines in favour of the Guelphs.

"I saw
Upon four faces my own very aspect,
Both of my hands in agony I bit;
And, thinking that I did it from desire
Of eating, on a sudden they uprose,
And said they: 'Father, much less pain 'twill give us
If thou do eat of us;"

This terrible example of filial devotion was not to the taste of the Institut which, informed by the Director of the Villa Medici, asked Carpeaux to change his project. In a rage, Carpeaux destroyed his sculpture…before sticking the pieces back together and from then on he never gave up on it.

After years of effort, Carpeaux finished his work which he considered to be the most complete of his career. To "express the most violent passions and associate the most delicate tenderness with it", Carpeaux combined the force of Michelangelo with the secular models of the ancient Laocoon and Dürer's Melencolia.
In 1861, after it was finished, Ugolino transformed Carpeaux's studio in Rome into a fashionable salon to which M. de Nieuwerkerke, the younger Alexandre Dumas, the princess Rospigliosi, the Duchess de Castiglione all came to shiver with terror…and they all promised the student the career of a master.

"Daddy owned a lovely cast in bronze of Ugolino. I loved this magnificent group that I knew during my youth. When I saw the original of this bronze in the auction catalogue of 1969; I decided to acquire it (…) it was while we were returning from Auvergne that we stopped in Paris. I parked in front of Galliera, G. was sleeping in the car and I bought the bronze; I have never regretted it." (Fernand Lafarge).


Estimation 100 000 - 150 000 €

Détails de la vente

Vente : 3945
Date : 27 mars 2019 17:00
Commissaire-priseur : Matthieu Fournier

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Matthieu Fournier
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mfournier@artcurial.com

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Collection Fernand Lafarge : Un hommage à la sculpture