Vente Tableaux et Dessins anciens et du XIX siècle - 27 mars 2015 /Lot 174 Jan Brueghel le Jeune (1601-1678) Junon sollicitant les Enfers

  • Jan Brueghel le Jeune Anvers, 1601 - 1678 Junon sollicitant les Enfers Huile sur cuivre
  • Jan Brueghel le Jeune Anvers, 1601 - 1678 Junon sollicitant les Enfers Huile sur cuivre
  • Jan Brueghel le Jeune Anvers, 1601 - 1678 Junon sollicitant les Enfers Huile sur cuivre
  • Jan Brueghel le Jeune Anvers, 1601 - 1678 Junon sollicitant les Enfers Huile sur cuivre

Jan Brueghel le Jeune Anvers, 1601 - 1678
Junon sollicitant les Enfers
Huile sur cuivre
Porte un monogramme 'P.B' en bas à droite

'JUNO DESCENDS INTO HADES' , OIL ON COPPER, BY J. BRUEGHEL THE YOUNGER
Hauteur : 21 Largeur : 27 cm

Provenance : Vente anonyme ; Paris, Me Etienne Libert, 10 juin 1976, n° 19, une étiquette au verso ;
Acquis à cette occasion par la famille des actuels propriétaires

Commentaire : Tout le chaos des enfers est contenu dans ce petit cuivre récemment redécouvert. Jan Brueghel le Jeune nous plonge dans ce royaume souterrain où nous pouvons contempler un paysage de désolation à perte de vue. Des volutes de fumée noire s'échappent des architectures dévorées par les flammes, les corps des damnés s'enchevêtrent, entrainés vers la fournaise par des êtres monstrueux.

Jan Brueghel s'inscrit ici dans la tradition des maniéristes flamands, de Jérôme Bosch à Herri Met de Bles en passant par son grand-père Pieter Brueghel l'Ancien, dont les scènes de Jugement dernier ou de Tentation de Saint Antoine, situées dans des paysages fantastiques et peuplées de démons et d'étranges et inquiétantes créatures sont une source inépuisable de fascination. Quelques décennies plus tard, la mythologie s'est substituée à l'Evangile et Jan Brueghel illustre un épisode des Métamorphoses d'Ovide. Junon, en colère contre Ino et son époux Athamas qui ont fait preuve d'impiété envers elle, décide de les châtier et se rend aux enfers. Elle " appela les trois Furies, les filles de la Nuit, cette divinité dure et implacable. Elles étaient assises devant la porte du Tartare et peignaient leur chevelure de serpents noirs. Lorsque parmi les ombres de l'obscurité, elles reconnurent Junon, elles se levèrent devant la déesse (1) ". A la demande de la déesse, les Furies frappent Athamas de folie. Pris d'un accès de violence, il massacre son fils devant son épouse.

Nous distinguons sur notre cuivre la déesse Junon à gauche sur son char attelé de paons, le bras levé avec autorité vers les trois Furies drapées de rouge qui semblent effrayées par cette apparition. Le même sujet avait été traité par le père et maître de Jan le Jeune, Jan Brueghel l'Ancien, dans un tableau aujourd'hui conservé à la Gemäldegalerie de Dresde et également réalisé sur un cuivre de petites dimensions (fig. 1). Les paysages infernaux de Jan l'Ancien connurent un grand succès et il en réalisa tout au long de sa carrière, variant les sujets mais conservant ces perspectives infinies où grouillent de multiples figures. Citons notamment Enée et la Sybille aux enfers daté de 1600 et conservé à Budapest au Szépmüvészeti Muzeum ou encore Pluton, Proserpine et Orphée aux enfers du Palazzo Colonna à Rome.

Daté par Klaus Ertz avant 1630, notre merveilleux petit cuivre témoigne de l'apprentissage de Jan le Jeune auprès de son père et s'inscrit dans la grande tradition des paysages infernaux breughéliens. Le peintre a rendu à la perfection cette atmosphère si particulière où l'œil se perd dans une perspective sans fin aux nuances à la fois sombres et rougeoyantes. La fumée forme comme une arche au-dessus de cette inquiétante vallée où l'on distingue des centaines de figures. Cette précision culmine au premier plan avec la description minutieuse de chaque personnage, déesse, humains, animaux ou créatures fantastiques. Sur une surface de quelques centimètres, en proposant une composition aux détails infinis, Jan Brueghel le Jeune parvient à surprendre le spectateur à chaque regard.

1. Ovide, Les Métamorphoses, IV, cité in cat. exp. Breughel - Brueghel. Une famille de peintres flamands vers 1600, Anvers-Lingen, 1998, p. 131

Nous remercions le docteur Klaus Ertz de nous avoir confirmé l'authenticité de ce tableau. Un certificat en date du 14 décembre 2011 sera remis à l'acquéreur.
Estimation 300 000 - 500 000 €



Vendu 671 400 €
* Les résultats sont affichés frais acheteur et taxes compris. Ils sont générés automatiquement et peuvent subir des modifications.

Lot 174

Jan Brueghel le Jeune (1601-1678)
Junon sollicitant les Enfers

Vendu 671 400 € [$]

Jan Brueghel le Jeune Anvers, 1601 - 1678
Junon sollicitant les Enfers
Huile sur cuivre
Porte un monogramme 'P.B' en bas à droite

'JUNO DESCENDS INTO HADES' , OIL ON COPPER, BY J. BRUEGHEL THE YOUNGER
Hauteur : 21 Largeur : 27 cm

Provenance : Vente anonyme ; Paris, Me Etienne Libert, 10 juin 1976, n° 19, une étiquette au verso ;
Acquis à cette occasion par la famille des actuels propriétaires

Commentaire : Tout le chaos des enfers est contenu dans ce petit cuivre récemment redécouvert. Jan Brueghel le Jeune nous plonge dans ce royaume souterrain où nous pouvons contempler un paysage de désolation à perte de vue. Des volutes de fumée noire s'échappent des architectures dévorées par les flammes, les corps des damnés s'enchevêtrent, entrainés vers la fournaise par des êtres monstrueux.

Jan Brueghel s'inscrit ici dans la tradition des maniéristes flamands, de Jérôme Bosch à Herri Met de Bles en passant par son grand-père Pieter Brueghel l'Ancien, dont les scènes de Jugement dernier ou de Tentation de Saint Antoine, situées dans des paysages fantastiques et peuplées de démons et d'étranges et inquiétantes créatures sont une source inépuisable de fascination. Quelques décennies plus tard, la mythologie s'est substituée à l'Evangile et Jan Brueghel illustre un épisode des Métamorphoses d'Ovide. Junon, en colère contre Ino et son époux Athamas qui ont fait preuve d'impiété envers elle, décide de les châtier et se rend aux enfers. Elle " appela les trois Furies, les filles de la Nuit, cette divinité dure et implacable. Elles étaient assises devant la porte du Tartare et peignaient leur chevelure de serpents noirs. Lorsque parmi les ombres de l'obscurité, elles reconnurent Junon, elles se levèrent devant la déesse (1) ". A la demande de la déesse, les Furies frappent Athamas de folie. Pris d'un accès de violence, il massacre son fils devant son épouse.

Nous distinguons sur notre cuivre la déesse Junon à gauche sur son char attelé de paons, le bras levé avec autorité vers les trois Furies drapées de rouge qui semblent effrayées par cette apparition. Le même sujet avait été traité par le père et maître de Jan le Jeune, Jan Brueghel l'Ancien, dans un tableau aujourd'hui conservé à la Gemäldegalerie de Dresde et également réalisé sur un cuivre de petites dimensions (fig. 1). Les paysages infernaux de Jan l'Ancien connurent un grand succès et il en réalisa tout au long de sa carrière, variant les sujets mais conservant ces perspectives infinies où grouillent de multiples figures. Citons notamment Enée et la Sybille aux enfers daté de 1600 et conservé à Budapest au Szépmüvészeti Muzeum ou encore Pluton, Proserpine et Orphée aux enfers du Palazzo Colonna à Rome.

Daté par Klaus Ertz avant 1630, notre merveilleux petit cuivre témoigne de l'apprentissage de Jan le Jeune auprès de son père et s'inscrit dans la grande tradition des paysages infernaux breughéliens. Le peintre a rendu à la perfection cette atmosphère si particulière où l'œil se perd dans une perspective sans fin aux nuances à la fois sombres et rougeoyantes. La fumée forme comme une arche au-dessus de cette inquiétante vallée où l'on distingue des centaines de figures. Cette précision culmine au premier plan avec la description minutieuse de chaque personnage, déesse, humains, animaux ou créatures fantastiques. Sur une surface de quelques centimètres, en proposant une composition aux détails infinis, Jan Brueghel le Jeune parvient à surprendre le spectateur à chaque regard.

1. Ovide, Les Métamorphoses, IV, cité in cat. exp. Breughel - Brueghel. Une famille de peintres flamands vers 1600, Anvers-Lingen, 1998, p. 131

Nous remercions le docteur Klaus Ertz de nous avoir confirmé l'authenticité de ce tableau. Un certificat en date du 14 décembre 2011 sera remis à l'acquéreur.
Estimation 300 000 - 500 000 €



Vendu 671 400 €
* Les résultats sont affichés frais acheteur et taxes compris. Ils sont générés automatiquement et peuvent subir des modifications.

Détails de la vente

Vente : 2657
Date : 27 mars 2015 14:30

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mfournier@artcurial.com

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Tableaux et Dessins anciens et du 19e siècle