Vente « Dessins d’écrivains » - 14 février 2012 /Lot 59 JACOB, Max Scène japonaise avec samouraïs

  • JACOB, Max  Scène japonaise avec samouraïs
JACOB, Max
Scène japonaise avec samouraïs
Dessin original, signé et daté en bas à gauche " Max Jacob 17 ". Gouache et aquarelle, 22 x 28, 5 cm, encadrement sous verre.

Martyrs chrétiens dans le japon d'Edo ? Dans cette scène exotique en costumes, rare dans la production de Max Jacob, est représentée l'exécution de deux condamnés agenouillés par deux samouraïs armés de sabres, dans une atmosphère hivernale paradoxalement apaisante. Cela évoque sans doute les martyrs chrétiens que la loi des shoguns condamnait à mort. De même que la conversion de Max Jacob lui advint en 1914 à la suite d'une vision dans un paysage qu'il venait de peindre, de même le présent dessin pouvait augurer du martyre qui l'attendait à Drancy en 1944.

Max Jacob dessinateur. Max Jacob pratiqua très tôt le dessin et la peinture, et y consacra de longues heures jusqu'à sa mort, travaillant sur le vif et d'après photographies, exécutant aussi bien des paysages naturels ou urbains que des portraits ou autoportraits.
" Quand on fait un tableau, à chaque touche, il change tout entier, il tourne comme un cylindre et c'est presque interminable. Quand il cesse de tourner, c'est qu'il est fini. " (" Le Coq et la perle ", dans Le Cornet à dés, 1917).
Jeune critique au Moniteur des Arts et à la Gazette des beaux-arts, il rencontra Picasso en 1901 et fut un témoin privilégié de l'aventure cubiste, bien qu'il ne fît lui-même que quelques essais dans ce style. Comme il l'écrivait à René Rimbert en mars 1922 :
" Ce n'était pas mon tempérament [...]. Je fais mes œuvres avec le fond de mon ventre et [...] le fond de mon ventre est "opéra-comique". [...] Je suis un homme de l'époque impressionniste par formation [...] "
Il vécut dans la pauvreté, ses livres ayant alors peu de succès, tirant principalement un revenu de la vente de sa production artistique : si, d'une part, il écrivait en 1916 à Tristan Tzara : " Je fais des dessins qui ne se vendent pas. Je crie très fort que j'ai du talent pour me persuader que j'en ai mais je ne le crois pas ", il écrivait d'autre part en 1922 à Francis Poulenc :
" La peinture marche aussi. Je suis en train sur le tard de devenir un vrai peintre... horrible ! Quelque chose entre Corot et Monet - pas modeste. C'est pas de ma faute. "
Max Jacob exposa au Salon des Indépendants dès le début du siècle, puis dans des galeries d'art dans les années 1920. De grands collectionneurs ou relieurs comme Paul Bonet lui demandèrent d'enrichir de dessins originaux leurs exemplaires.

Exposition
- LE BATEAU-LAVOIR ET LA RUCHE : Montmartre et Montparnasse. Tokyo, Kôbe, Shimonoseki, Nara, 29 septembre 1994-12 mars 1995. Reproduction p. 32.
- L'UN POUR L'AUTRE, LES ECRIVAINS DESSINENT. Caen, IMEC, Lisbonne, Musée Berardo, Ixelles, Musée communal, janvier 2008-janvier 2009. Reproduction dans la notice n°23 du catalogue.

Bibliographie
- DESSINS D'ECRIVAIN. Paris, Éditions du Chêne, 2003. Reproduction p. 75.
- FAUCHEREAU (Serge). Peintures et dessins d'écrivains. Paris, Éditions Belfond, 1991. Reproduction p. 120.
- LINARES (Serge). Écrivains artistes. Paris, Citadelles et Mazenod, 2010. Reproduction n° 90 p. 106.


Estimation 3 000 - 4 000 €

Vendu 10 838 €
* Les résultats sont affichés frais acheteur et taxes compris. Ils sont générés automatiquement et peuvent subir des modifications.

Lot 59

JACOB, Max
Scène japonaise avec samouraïs

Vendu 10 838 € [$]

JACOB, Max
Scène japonaise avec samouraïs
Dessin original, signé et daté en bas à gauche " Max Jacob 17 ". Gouache et aquarelle, 22 x 28, 5 cm, encadrement sous verre.

Martyrs chrétiens dans le japon d'Edo ? Dans cette scène exotique en costumes, rare dans la production de Max Jacob, est représentée l'exécution de deux condamnés agenouillés par deux samouraïs armés de sabres, dans une atmosphère hivernale paradoxalement apaisante. Cela évoque sans doute les martyrs chrétiens que la loi des shoguns condamnait à mort. De même que la conversion de Max Jacob lui advint en 1914 à la suite d'une vision dans un paysage qu'il venait de peindre, de même le présent dessin pouvait augurer du martyre qui l'attendait à Drancy en 1944.

Max Jacob dessinateur. Max Jacob pratiqua très tôt le dessin et la peinture, et y consacra de longues heures jusqu'à sa mort, travaillant sur le vif et d'après photographies, exécutant aussi bien des paysages naturels ou urbains que des portraits ou autoportraits.
" Quand on fait un tableau, à chaque touche, il change tout entier, il tourne comme un cylindre et c'est presque interminable. Quand il cesse de tourner, c'est qu'il est fini. " (" Le Coq et la perle ", dans Le Cornet à dés, 1917).
Jeune critique au Moniteur des Arts et à la Gazette des beaux-arts, il rencontra Picasso en 1901 et fut un témoin privilégié de l'aventure cubiste, bien qu'il ne fît lui-même que quelques essais dans ce style. Comme il l'écrivait à René Rimbert en mars 1922 :
" Ce n'était pas mon tempérament [...]. Je fais mes œuvres avec le fond de mon ventre et [...] le fond de mon ventre est "opéra-comique". [...] Je suis un homme de l'époque impressionniste par formation [...] "
Il vécut dans la pauvreté, ses livres ayant alors peu de succès, tirant principalement un revenu de la vente de sa production artistique : si, d'une part, il écrivait en 1916 à Tristan Tzara : " Je fais des dessins qui ne se vendent pas. Je crie très fort que j'ai du talent pour me persuader que j'en ai mais je ne le crois pas ", il écrivait d'autre part en 1922 à Francis Poulenc :
" La peinture marche aussi. Je suis en train sur le tard de devenir un vrai peintre... horrible ! Quelque chose entre Corot et Monet - pas modeste. C'est pas de ma faute. "
Max Jacob exposa au Salon des Indépendants dès le début du siècle, puis dans des galeries d'art dans les années 1920. De grands collectionneurs ou relieurs comme Paul Bonet lui demandèrent d'enrichir de dessins originaux leurs exemplaires.

Exposition
- LE BATEAU-LAVOIR ET LA RUCHE : Montmartre et Montparnasse. Tokyo, Kôbe, Shimonoseki, Nara, 29 septembre 1994-12 mars 1995. Reproduction p. 32.
- L'UN POUR L'AUTRE, LES ECRIVAINS DESSINENT. Caen, IMEC, Lisbonne, Musée Berardo, Ixelles, Musée communal, janvier 2008-janvier 2009. Reproduction dans la notice n°23 du catalogue.

Bibliographie
- DESSINS D'ECRIVAIN. Paris, Éditions du Chêne, 2003. Reproduction p. 75.
- FAUCHEREAU (Serge). Peintures et dessins d'écrivains. Paris, Éditions Belfond, 1991. Reproduction p. 120.
- LINARES (Serge). Écrivains artistes. Paris, Citadelles et Mazenod, 2010. Reproduction n° 90 p. 106.


Estimation 3 000 - 4 000 €

Vendu 10 838 €
* Les résultats sont affichés frais acheteur et taxes compris. Ils sont générés automatiquement et peuvent subir des modifications.

Détails de la vente

Vente : 2129
Date : 14 févr. 2012 14:30

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« Dessins d’écrivains » Collection Pierre et Franca Belfond