Vente Maîtres anciens & du XIX siècle - 16 juin 2020 /Lot 268 Hubert ROBERT Paris, 1733 - 1808 Le mendiant et le perroquet

  • Hubert ROBERT Paris, 1733 - 1808 Le mendiant et le perroquet Huile sur toile
Hubert ROBERT Paris, 1733 - 1808
Le mendiant et le perroquet
Huile sur toile
Signée et datée 'H. ROBERT L'AN 3' en bas à droite

The beggar and the parrot, oil on canvas, signed and dated, by H. Robert
Hauteur : 31 Largeur : 25,50 cm

Provenance : Collection Léon Roux ;
Sa vente ; Paris, Hôtel Drouot, 5 mai 1903, n° 80 ;
Vente anonyme ; Paris, palais Galliera, 9 juin 1964, n° 41 ;
Galerie Pardo, Paris, en 1968 ;
Vente anonyme ; Paris, Hôtel Drouot, Mes Daussy-Ricqlès et Jutheau, 5 avril 1991, n° 56 (adjugé 380.000 francs) ;
Acquis lors de cette vente par l'actuel propriétaire ;
Collection particulière, Paris


Bibliographie : "Beaux objets sur le marché ", in 'L'Œil', décembre 1968, fig. 2
Catherine Boulot, 'Hubert Robert et la Révolution', cat. exp., musée de Valence, 3 avril-28 mai 1989, p. 114 et 116, mentionné dans la notice des n° 35 et 36
'L'Estampille - L'Objet d'art', juin 1991, p. 35
Florence Gétreau, 'Musée Jacquemart-André, peintures et dessins de l'École française', Paris, 2011, p. 215, mentionné dans la notice du n° 62


Commentaire : Dans un jardin, au pied d'un escalier flanqué de deux statues féminines et menant vers un temple rond, un mendiant tenant un chien en laisse tend son chapeau vers un perroquet posé sur la balustrade. Quelques ruines antiques viennent compléter la composition, un fût de colonne sur lequel s'appuie le chien et un bas-relief représentant Léda et le cygne.
Cette énigmatique composition, intitulée 'Le mendiant et le perroquet' ou 'Richesse et pauvreté' fut illustrée à plusieurs reprises par Hubert Robert dans les années 1790, avec un certain nombre de variantes. Une aquarelle ayant appartenu à Jean Cailleux en a apporté la clé. Elle porte en effet l'inscription " Chi chiedi a un ciarlone e come il cieco che demanda al papagallo " (" Qui s'adresse à un bavard est comme l'aveugle qui demande quelque chose au perroquet "). Cette maxime italienne prend tout son sens lorsque l'on replace la réalisation de ces différentes variations autour d'un même thème, la plupart datées des années 1790 (1), dans leur contexte historique.
Après un long et fructueux séjour en Italie, Hubert Robert était rentré à Paris en 1765 et connaissait un grand succès ponctué de nombreuses commandes, notamment royales. Les événements révolutionnaires et la Terreur touchèrent particulièrement le peintre, attaché à l'Ancien Régime, qui fut même arrêté et emprisonné en 1793. Avec l'illustration de ce proverbe, il souligne le manque d'humanité des protagonistes de la Révolution auxquels il était inutile d'adresser la moindre requête, qui passaient leur temps à abreuver le peuple de paroles idéalistes tout en restant sourds à toute prière. Le ressentiment du peintre emprisonné, dont la demande de libération de 1794 était restée sans réponse, s'exprima donc sur la toile. Plusieurs croquis témoignent de ses recherches sur le sujet, dont une étude de chien appuyé sur un fût de colonne qui n'est pas sans rappeler celui de notre composition (Stockholm, Nationalmuseum).
Datée de l'an III, c'est-à-dire de 1794 ou 1795, la version que nous présentons est à mettre en rapport avec celle du musée Jacquemart-André datée de 1796. La figure de l'aveugle est en effet très proche et l'on retrouve à l'arrière-plan le temple circulaire et les grands arbres. L'harmonie de la composition dominée par les verts et les bruns est dans les deux cas élégamment soulignée par les petites touches rouges du manteau du mendiant et du plumage du perroquet. Les motifs rapportés de Rome se mêlent à l'anecdote et à l'actualité vécue par le peintre, conférant à ces compositions une place et une saveur particulières dans l'œuvre prolifique d'Hubert Robert.

Selon le catalogue de la vente de 1991, l'authenticité de ce tableau a été reconnue par Monsieur Joseph Baillio et le Wildenstein Institute.

1. Citons notamment 'Un aveugle demandant l'aumône à deux perroquets' exposé au Salon de 1791 et le tableau de même thème aujourd'hui conservé au musée Jacquemart-André et daté 1796.

Estimation 30 000 - 40 000 €

Lot 268

Hubert ROBERT Paris, 1733 - 1808
Le mendiant et le perroquet

Estimation 30 000 - 40 000 € [$]

Hubert ROBERT Paris, 1733 - 1808
Le mendiant et le perroquet
Huile sur toile
Signée et datée 'H. ROBERT L'AN 3' en bas à droite

The beggar and the parrot, oil on canvas, signed and dated, by H. Robert
Hauteur : 31 Largeur : 25,50 cm

Provenance : Collection Léon Roux ;
Sa vente ; Paris, Hôtel Drouot, 5 mai 1903, n° 80 ;
Vente anonyme ; Paris, palais Galliera, 9 juin 1964, n° 41 ;
Galerie Pardo, Paris, en 1968 ;
Vente anonyme ; Paris, Hôtel Drouot, Mes Daussy-Ricqlès et Jutheau, 5 avril 1991, n° 56 (adjugé 380.000 francs) ;
Acquis lors de cette vente par l'actuel propriétaire ;
Collection particulière, Paris


Bibliographie : "Beaux objets sur le marché ", in 'L'Œil', décembre 1968, fig. 2
Catherine Boulot, 'Hubert Robert et la Révolution', cat. exp., musée de Valence, 3 avril-28 mai 1989, p. 114 et 116, mentionné dans la notice des n° 35 et 36
'L'Estampille - L'Objet d'art', juin 1991, p. 35
Florence Gétreau, 'Musée Jacquemart-André, peintures et dessins de l'École française', Paris, 2011, p. 215, mentionné dans la notice du n° 62


Commentaire : Dans un jardin, au pied d'un escalier flanqué de deux statues féminines et menant vers un temple rond, un mendiant tenant un chien en laisse tend son chapeau vers un perroquet posé sur la balustrade. Quelques ruines antiques viennent compléter la composition, un fût de colonne sur lequel s'appuie le chien et un bas-relief représentant Léda et le cygne.
Cette énigmatique composition, intitulée 'Le mendiant et le perroquet' ou 'Richesse et pauvreté' fut illustrée à plusieurs reprises par Hubert Robert dans les années 1790, avec un certain nombre de variantes. Une aquarelle ayant appartenu à Jean Cailleux en a apporté la clé. Elle porte en effet l'inscription " Chi chiedi a un ciarlone e come il cieco che demanda al papagallo " (" Qui s'adresse à un bavard est comme l'aveugle qui demande quelque chose au perroquet "). Cette maxime italienne prend tout son sens lorsque l'on replace la réalisation de ces différentes variations autour d'un même thème, la plupart datées des années 1790 (1), dans leur contexte historique.
Après un long et fructueux séjour en Italie, Hubert Robert était rentré à Paris en 1765 et connaissait un grand succès ponctué de nombreuses commandes, notamment royales. Les événements révolutionnaires et la Terreur touchèrent particulièrement le peintre, attaché à l'Ancien Régime, qui fut même arrêté et emprisonné en 1793. Avec l'illustration de ce proverbe, il souligne le manque d'humanité des protagonistes de la Révolution auxquels il était inutile d'adresser la moindre requête, qui passaient leur temps à abreuver le peuple de paroles idéalistes tout en restant sourds à toute prière. Le ressentiment du peintre emprisonné, dont la demande de libération de 1794 était restée sans réponse, s'exprima donc sur la toile. Plusieurs croquis témoignent de ses recherches sur le sujet, dont une étude de chien appuyé sur un fût de colonne qui n'est pas sans rappeler celui de notre composition (Stockholm, Nationalmuseum).
Datée de l'an III, c'est-à-dire de 1794 ou 1795, la version que nous présentons est à mettre en rapport avec celle du musée Jacquemart-André datée de 1796. La figure de l'aveugle est en effet très proche et l'on retrouve à l'arrière-plan le temple circulaire et les grands arbres. L'harmonie de la composition dominée par les verts et les bruns est dans les deux cas élégamment soulignée par les petites touches rouges du manteau du mendiant et du plumage du perroquet. Les motifs rapportés de Rome se mêlent à l'anecdote et à l'actualité vécue par le peintre, conférant à ces compositions une place et une saveur particulières dans l'œuvre prolifique d'Hubert Robert.

Selon le catalogue de la vente de 1991, l'authenticité de ce tableau a été reconnue par Monsieur Joseph Baillio et le Wildenstein Institute.

1. Citons notamment 'Un aveugle demandant l'aumône à deux perroquets' exposé au Salon de 1791 et le tableau de même thème aujourd'hui conservé au musée Jacquemart-André et daté 1796.

Estimation 30 000 - 40 000 €

Détails de la vente

Vente : 3979
Date : 16 juin 2020 17:00
Commissaire-priseur : Matthieu Fournier

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Matthieu Fournier
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mfournier@artcurial.com

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Maîtres anciens & du XIXe siècle