Vente Maîtres anciens & du XIX siècle - 16 juin 2020 /Lot 280 Gabriel RABIGOT Paris, vers 1753 - Orléans, 1834 L'Ecole gratuite de dessin de la ville d'Orléans

  • Gabriel RABIGOT Paris, vers 1753 - Orléans, 1834 L'Ecole gratuite de dessin de la ville d'Orléans Huile sur toile (Toile d'origine)
Gabriel RABIGOT Paris, vers 1753 - Orléans, 1834
L'Ecole gratuite de dessin de la ville d'Orléans
Huile sur toile (Toile d'origine)
Annotée 'intérieur de l'Ecolle de dessin par/ M. Rabigot,
professeur a l'Ecolle gratuite / de la ville d'orleans' sur le châssis au verso

The drawing school of Orleans, oil on canvas, by G. Rabigot
Hauteur : 34 Largeur : 42,50 cm

Provenance : Probablement vente de la collection d'un "amateur de Nantes", Paris, Hôtel Drouot, Me Pillet, 6 avril 1860, n° 89 : "Atelier de l'artiste qui s'y est représenté debout derrière un de ses élèves et lui donnant des conseils. "

Commentaire : Élève de Lépicié, Gabriel Rabigot est reçu à l'Académie royale en 1778. Ce peintre est surtout connu pour ses vues topographiques d'Orléans et de sa région, dont quelques exemples sont conservés au musée des Beaux-Arts de cette même ville. Il ne participe qu'une seule fois au Salon, en 1812, en exposant deux portraits. Ses œuvres témoignent de son intérêt pour la peinture hollandaise du XVIIe siècle. En 1814, il est nommé professeur-adjoint de l'école municipale de dessin d'Orléans sur la recommandation du comte de Bizemont, fonction qu'il semble avoir occupée jusqu'à sa mort en 1834.

Notre œuvre possède une valeur documentaire rare car elle offre un témoignage de l'enseignement dispensé dans les écoles gratuites de dessin qui voient le jour au début du XIXe siècle dans les principales villes françaises. En effet, ce tableau constitue une évocation fidèle d'un cours dirigé par Rabigot à Orléans : le maître s'est lui-même représenté debout, désignant un buste et un moulage de pied posés sur une sellette, que cinq élèves, assis sur des tabourets, s'attachent à reproduire sous différents angles, prenant appui sur leurs cartons à dessins. Une lampe à huile dite quinquet constitue la principale source de lumière. Un système de poulie permet aux apprentis artistes de régler la hauteur du lustre afin de ménager des effets de clair-obscur. La description précise des objets, comme les petits débris de gomme et de papier aux pieds des élèves, révèlent le souci du détail du peintre, qui pratique un réalisme méticuleux.

Jusqu'à la fin du XIXe siècle, la base de l'enseignement du dessin repose sur la copie d'œuvres, comme le prouvent les moulages d'après l'Antique disposés contre le mur de gauche et sur les étagères, destinés à servir de modèles aux élèves. Ces derniers commencent habituellement par copier des gravures, avant de dessiner d'après la bosse, puis d'après le modèle vivant.
Rabigot applique les préceptes dispensés dans ses propres cours en réalisant cette vue d'intérieur dont la perspective est parfaitement maîtrisée, le point de fuite légèrement décentré se situant juste au-dessus de son autoportrait. L'apparente rigueur de la composition est tempérée par une gamme de coloris fine et harmonieuse où dominent les gris verts et les bruns chauds.

Notre œuvre s'inscrit dans la vogue des vues d'atelier d'artistes qui se développe au début du XIXe siècle. On retrouve des exemples de cette pratique dans des représentations de l'atelier de David réalisées par Léon-Matthieu Cochereau (musée du Louvre) ou par Jean-Henri Cless (musée Carnavalet). L'importance accordée à la répartition diffuse de la lumière et au motif de la fenêtre évoque aussi les vues d'intérieurs prisées à la même époque par les romantiques allemands : Friedrich notamment, se plaît à décrire des espaces mesurables et concrets, souvent habités par des personnages mélancoliques contemplant par la fenêtre un extérieur qui nous échappe.

Estimation 6 000 - 8 000 €

Lot 280

Gabriel RABIGOT Paris, vers 1753 - Orléans, 1834
L'Ecole gratuite de dessin de la ville d'Orléans

Estimation 6 000 - 8 000 € [$]

Gabriel RABIGOT Paris, vers 1753 - Orléans, 1834
L'Ecole gratuite de dessin de la ville d'Orléans
Huile sur toile (Toile d'origine)
Annotée 'intérieur de l'Ecolle de dessin par/ M. Rabigot,
professeur a l'Ecolle gratuite / de la ville d'orleans' sur le châssis au verso

The drawing school of Orleans, oil on canvas, by G. Rabigot
Hauteur : 34 Largeur : 42,50 cm

Provenance : Probablement vente de la collection d'un "amateur de Nantes", Paris, Hôtel Drouot, Me Pillet, 6 avril 1860, n° 89 : "Atelier de l'artiste qui s'y est représenté debout derrière un de ses élèves et lui donnant des conseils. "

Commentaire : Élève de Lépicié, Gabriel Rabigot est reçu à l'Académie royale en 1778. Ce peintre est surtout connu pour ses vues topographiques d'Orléans et de sa région, dont quelques exemples sont conservés au musée des Beaux-Arts de cette même ville. Il ne participe qu'une seule fois au Salon, en 1812, en exposant deux portraits. Ses œuvres témoignent de son intérêt pour la peinture hollandaise du XVIIe siècle. En 1814, il est nommé professeur-adjoint de l'école municipale de dessin d'Orléans sur la recommandation du comte de Bizemont, fonction qu'il semble avoir occupée jusqu'à sa mort en 1834.

Notre œuvre possède une valeur documentaire rare car elle offre un témoignage de l'enseignement dispensé dans les écoles gratuites de dessin qui voient le jour au début du XIXe siècle dans les principales villes françaises. En effet, ce tableau constitue une évocation fidèle d'un cours dirigé par Rabigot à Orléans : le maître s'est lui-même représenté debout, désignant un buste et un moulage de pied posés sur une sellette, que cinq élèves, assis sur des tabourets, s'attachent à reproduire sous différents angles, prenant appui sur leurs cartons à dessins. Une lampe à huile dite quinquet constitue la principale source de lumière. Un système de poulie permet aux apprentis artistes de régler la hauteur du lustre afin de ménager des effets de clair-obscur. La description précise des objets, comme les petits débris de gomme et de papier aux pieds des élèves, révèlent le souci du détail du peintre, qui pratique un réalisme méticuleux.

Jusqu'à la fin du XIXe siècle, la base de l'enseignement du dessin repose sur la copie d'œuvres, comme le prouvent les moulages d'après l'Antique disposés contre le mur de gauche et sur les étagères, destinés à servir de modèles aux élèves. Ces derniers commencent habituellement par copier des gravures, avant de dessiner d'après la bosse, puis d'après le modèle vivant.
Rabigot applique les préceptes dispensés dans ses propres cours en réalisant cette vue d'intérieur dont la perspective est parfaitement maîtrisée, le point de fuite légèrement décentré se situant juste au-dessus de son autoportrait. L'apparente rigueur de la composition est tempérée par une gamme de coloris fine et harmonieuse où dominent les gris verts et les bruns chauds.

Notre œuvre s'inscrit dans la vogue des vues d'atelier d'artistes qui se développe au début du XIXe siècle. On retrouve des exemples de cette pratique dans des représentations de l'atelier de David réalisées par Léon-Matthieu Cochereau (musée du Louvre) ou par Jean-Henri Cless (musée Carnavalet). L'importance accordée à la répartition diffuse de la lumière et au motif de la fenêtre évoque aussi les vues d'intérieurs prisées à la même époque par les romantiques allemands : Friedrich notamment, se plaît à décrire des espaces mesurables et concrets, souvent habités par des personnages mélancoliques contemplant par la fenêtre un extérieur qui nous échappe.

Estimation 6 000 - 8 000 €

Détails de la vente

Vente : 3979
Date : 16 juin 2020 17:00
Commissaire-priseur : Matthieu Fournier

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