Vente Maîtres anciens & du XIX siècle - 09 juin 2021 /Lot 112 François CLOUET Tours, avant 1520 - Paris, 1572 Portrait du roi de France François II

  • François CLOUET Tours, avant 1520 - Paris, 1572 Portrait du roi de France François II Huile sur panneau de chêne parqueté
  • François CLOUET Tours, avant 1520 - Paris, 1572 Portrait du roi de France François II Huile sur panneau de chêne parqueté
  • François CLOUET Tours, avant 1520 - Paris, 1572 Portrait du roi de France François II Huile sur panneau de chêne parqueté
François CLOUET Tours, avant 1520 - Paris, 1572
Portrait du roi de France François II
Huile sur panneau de chêne parqueté
(Restaurations)

Portrait of Francis II, king of France, oil on oak panel, by Fr. Clouet
Hauteur : 31,50 Largeur : 23 cm

Commentaire : Si François II, fils aîné de Henri II et de Catherine de Médicis, a été très régulièrement portraituré étant enfant, son règne trop court n'a pas laissé suffisamment de temps au peintre royal, François Clouet, pour concevoir l'image officielle du nouveau souverain. Aussi, c'est le portrait réalisé en 1558, un an et demi avant son avènement, qui a servi de portrait de sacre. Et c'est la même effigie qui, après la disparition prématurée du jeune roi, est venue compléter les galeries des rois de France. Malgré son jeune âge, le prince, qui allait devenir roi consort d'Écosse par son union avec Marie Stuart, a été reçu dans l'Ordre de Saint-Michel le 18 avril 1558, soit une semaine avant les noces. Ceci permet de dater très précisément le dessin de François Clouet autrefois conservé au Fogg Art Museum, ainsi que sa réplique autographe du Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale de France (fig. 1). Dans les deux " crayons ", le Dauphin ne porte pas le médaillon de l'Ordre, ce qui confirme que l'image est antérieure au mariage et fait vraisemblablement partie de la série de portraits de tous les membres de la famille royale réalisée en vue des célébrations de la prise de Calais en février 1558. Peint peu avant ou peu après l'accession au trône de François II, notre tableau reprend très exactement le dessin préparatoire jusqu'à ses moindres détails, mais le médaillon de l'Ordre est désormais bien présent, suspendu à une chaîne d'or de maille type " palmier ", sobre et très coûteuse car nécessitant un savoir-faire particulier et une grande quantité de métal. On retrouve ce collier plus tard dans les portraits de Charles IX.
Il s'agit de la plus belle version peinte connue de ce portrait et la qualité de son exécution, la plasticité du modelé, la précision du coup de pinceau permettent de l'attribuer au maître lui-même, plutôt qu'à l'un des aides de son atelier.
Clouet représente l'adolescent de presque quatorze ans vêtu d'un collet de maroquin tailladé et tracé de galons d'or, d'une chamarre (manteau) de velours fourrée de lynx et coiffé d'une toque plate à plumet. Étonnamment, son habit ne comporte aucun ornement d'orfèvrerie, exception faite des aiguillettes du lien qui ferme le col. Le ruché de la chemise souligne la pâleur du visage du prince, signe non pas d'une maladie déjà présente, mais d'une haute naissance que partagent tous les Valois. Ses yeux bruns et effilés, comme ceux de son père, sont dirigés vers le spectateur. Les poètes de la cour et les ambassadeurs notent pourtant qu'il ressemble davantage à sa mère, Catherine de Médicis. En revanche, François ne possède pas son amour de l'étude et tient de son père le caractère obstiné et l'attirance pour les jeux belliqueux. Surtout, " il se sait prince " et Clouet, conscient de l'auguste devenir du Dauphin, le représente comme un digne héritier de François Ier dont il portait le nom. L'artiste fait ressortir dans son jeune modèle ce maintien royal inné et cette " gravité naturelle " loués quelques mois à peine plus tard par Girolamo della Rovere dans l'oraison funèbre de François II : " Il vous doit encore souvenir de l'avoir veu arriver à la Couronne accompagné d'une telle gravité naturelle qu'il sembloit de lui estre rien si propre ny mieux séant que de faire le Roy ".

Nous remercions Madame Alexandra Zvereva de nous avoir aimablement confirmé l'authenticité de ce portrait par un examen de visu et pour la rédaction de cette notice.

Estimation 100 000 - 150 000 €

Vendu 130 000 €
* Les résultats sont affichés frais acheteur et taxes compris. Ils sont générés automatiquement et peuvent subir des modifications.

Lot 112

François CLOUET Tours, avant 1520 - Paris, 1572
Portrait du roi de France François II

Vendu 130 000 € [$]

François CLOUET Tours, avant 1520 - Paris, 1572
Portrait du roi de France François II
Huile sur panneau de chêne parqueté
(Restaurations)

Portrait of Francis II, king of France, oil on oak panel, by Fr. Clouet
Hauteur : 31,50 Largeur : 23 cm

Commentaire : Si François II, fils aîné de Henri II et de Catherine de Médicis, a été très régulièrement portraituré étant enfant, son règne trop court n'a pas laissé suffisamment de temps au peintre royal, François Clouet, pour concevoir l'image officielle du nouveau souverain. Aussi, c'est le portrait réalisé en 1558, un an et demi avant son avènement, qui a servi de portrait de sacre. Et c'est la même effigie qui, après la disparition prématurée du jeune roi, est venue compléter les galeries des rois de France. Malgré son jeune âge, le prince, qui allait devenir roi consort d'Écosse par son union avec Marie Stuart, a été reçu dans l'Ordre de Saint-Michel le 18 avril 1558, soit une semaine avant les noces. Ceci permet de dater très précisément le dessin de François Clouet autrefois conservé au Fogg Art Museum, ainsi que sa réplique autographe du Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale de France (fig. 1). Dans les deux " crayons ", le Dauphin ne porte pas le médaillon de l'Ordre, ce qui confirme que l'image est antérieure au mariage et fait vraisemblablement partie de la série de portraits de tous les membres de la famille royale réalisée en vue des célébrations de la prise de Calais en février 1558. Peint peu avant ou peu après l'accession au trône de François II, notre tableau reprend très exactement le dessin préparatoire jusqu'à ses moindres détails, mais le médaillon de l'Ordre est désormais bien présent, suspendu à une chaîne d'or de maille type " palmier ", sobre et très coûteuse car nécessitant un savoir-faire particulier et une grande quantité de métal. On retrouve ce collier plus tard dans les portraits de Charles IX.
Il s'agit de la plus belle version peinte connue de ce portrait et la qualité de son exécution, la plasticité du modelé, la précision du coup de pinceau permettent de l'attribuer au maître lui-même, plutôt qu'à l'un des aides de son atelier.
Clouet représente l'adolescent de presque quatorze ans vêtu d'un collet de maroquin tailladé et tracé de galons d'or, d'une chamarre (manteau) de velours fourrée de lynx et coiffé d'une toque plate à plumet. Étonnamment, son habit ne comporte aucun ornement d'orfèvrerie, exception faite des aiguillettes du lien qui ferme le col. Le ruché de la chemise souligne la pâleur du visage du prince, signe non pas d'une maladie déjà présente, mais d'une haute naissance que partagent tous les Valois. Ses yeux bruns et effilés, comme ceux de son père, sont dirigés vers le spectateur. Les poètes de la cour et les ambassadeurs notent pourtant qu'il ressemble davantage à sa mère, Catherine de Médicis. En revanche, François ne possède pas son amour de l'étude et tient de son père le caractère obstiné et l'attirance pour les jeux belliqueux. Surtout, " il se sait prince " et Clouet, conscient de l'auguste devenir du Dauphin, le représente comme un digne héritier de François Ier dont il portait le nom. L'artiste fait ressortir dans son jeune modèle ce maintien royal inné et cette " gravité naturelle " loués quelques mois à peine plus tard par Girolamo della Rovere dans l'oraison funèbre de François II : " Il vous doit encore souvenir de l'avoir veu arriver à la Couronne accompagné d'une telle gravité naturelle qu'il sembloit de lui estre rien si propre ny mieux séant que de faire le Roy ".

Nous remercions Madame Alexandra Zvereva de nous avoir aimablement confirmé l'authenticité de ce portrait par un examen de visu et pour la rédaction de cette notice.

Estimation 100 000 - 150 000 €

Vendu 130 000 €
* Les résultats sont affichés frais acheteur et taxes compris. Ils sont générés automatiquement et peuvent subir des modifications.

Détails de la vente

Vente : 4066
Date : 09 juin 2021 15:00
Commissaire-priseur : Matthieu Fournier

Contact

Matthieu Fournier
Tél. +33 1 42 99 20 26
mfournier@artcurial.com

Ordres d’Achat & Enchères par Téléphone

Kristina Vrzests
Tél. +33 1 42 99 20 51
Fax +33 1 42 99 20 60
bids@artcurial.com

Conditions Générales d’Achat

Maîtres anciens & du XIXe siècle