Vente Mobilier, Sculpture & Objets d’Art - 12 juillet 2021 /Lot 30 FAUTEUIL ROYAL D'ÉPOQUE LOUIS XVI Estampille de Georges Jacob Livré au Comte d'Artois en 1778-1779 pour le salon des Bains au Château de Bagatelle

  • FAUTEUIL ROYAL D'ÉPOQUE LOUIS XVI Estampille de Georges Jacob Livré au Comte d'Artois en 1778-1779 pour le salon des Bains au Châtea.
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FAUTEUIL ROYAL D'ÉPOQUE LOUIS XVI Estampille de Georges Jacob
Livré au Comte d'Artois en 1778-1779 pour le salon des Bains au Château de Bagatelle
En bois sculpté et doré, le dossier à motif de feuilles d'acanthe et rais-de-cœur en frise, les supports d'accotoir soulignés d'une frise de perles et chutes de laurier grainé terminé par un dais de raccordement anciennement orné d'une fleur de lys supporté par un balustre feuillagé, la ceinture à décor de rais-de-cœur et feuilles d'acanthe, les pieds fuselés et cannelés surmontés d'une bague de feuillage, garniture de lampas à fond vert, estampillé (...).IACOB, marque au feu du château de Bagatelle sur la traverse droite et marque au feu du garde meuble du comte d'Artois sur la traverse arrière ; modifié en garniture à châssis
H. : 80,5 cm (31 1/2 in.)
l. : 62,5 cm (24 1/2 in.)

Provenance :
Ancienne collection Henri Métais.

A Louis XVI royal giltwood fauteuil, stamped by Georges Jacob, delivered for the Comte d'Artois in 1778-1779 for the salon des Bains at Bagatelle's Castle

Le certificat de bien culturel et de libre circulation n° 184977 sera remis à l'acquéreur

Le salon des bains au château de Bagatelle

Bagatelle fut construit en quelques semaines à l'automne 1777, à la suite d'un pari entre le jeune frère du Roi, le comte d'Artois alors âgé d'à peine
20 ans et sa belle-sœur la reine Marie-Antoinette. Edifié sous la direction de l'architecte François Joseph Bélanger (1744-1818) il était destiné aux fêtes et aux réjouissances. Tandis que le pari de construire cette "folie" en un temps record fut tenu, la décoration intérieure réalisée avec l'aide du dessinateur et ornemaniste Jean-Démosthène Dugourc (1749-1825), l'ameublement et l'aménagement des jardins prirent davantage de temps pour s'achever en 1781. Le salon situé au rez-de-chaussée s'élevait sur les deux étages du bâtiment. Grandiose, il était flanqué de deux petits boudoirs auxquels on accédait par deux portes dissimulées dans les arcades de glaces. Les trois pièces donnaient sur le jardin (voir illustrations sur l'e-catalogue).

Chacun des boudoirs revêtait un décor semblable. L'un d'entre eux, dans lequel se trouvait une baignoire servant également d'ottomane, tenait lieu de pièce des bains. Sa description à elle seule reflète l'enchantement que ce petit espace devait provoquer. Il était orné de toiles d'Hubert Robert (1733-1808) (1) peintre du roi et dessinateur des jardins de sa Majesté, d'un décor arabesque par le peintre Dusseaux représentant "une baigneuse soutenue par des naïades terminées en rinceaux d'ornements, orné d'un camée, vases et autres accessoires", le plafond était peint d'un ciel en trompe l'œil tandis que le sol était recouvert de dalles de marbre blanc et de cabochons de marbre rouge du Languedoc. La cheminée était de marbre vert d'Egypte, flanquée de pilastres. Une sultane se trouvait dans une niche et une banquette lui faisait face dans l'embrasement de la fenêtre. Une porte donnait sur la garde-robe du prince, avec chaise d'affaires en acajou, une encoignure et une table par l'ébéniste Pierre Denizot (maître en 1740 - mort en 1782) (2).

Le présent fauteuil est le seul connu à ce jour d'un ensemble de quatre dont on retrouve la trace dans le mémoire du menuisier Georges Jacob (maître en 1765 - mort en 1814), signé le 9 juin 1781 par le valet de chambre tapissier, concierge du Garde meuble du comte d'Artois, Pierre-Thomas Jubault (1742-1837), donneur d'ordre des commandes, qui nous renseigne sur les livraisons du menuisier à Bagatelle jusqu'à cette date (3).

Situés dans le boudoir "quatre fauteuils du model carré les accotoirs en bateau entaillés dans les montants, les pieds portant consolles qui sont singuliers et bien renversés, les pieds tournés en graine et profilés de moulures, à 30l….120l". Le mémoire des ouvrages exécutés par le sculpteur Jean-Baptiste Rode (1735-1799) en 1778-1799 décrit préci-sément les ornements (4): "avoir sculpté quatre fauteuils dont le détaille d'un suit….avoir fait sur lassemblage et sur le dossier qui est feuille refendu et feuille daux a costé creusé, avant corps d'architecture aux dessus du bas de pieds, de plus entrelacs de bande sur un petit balustre dessous la consolle des feuilles refendu, au dessus une large case dans lequel est placé une fleur de lis, et de chaque costé des piastres et au dessus un culot de feuille refendu et renversé, de chaque costé de la consolle dix pouces de perleslune contre lautre, et de faces sur la consolle neuf pouces de paquet de feuilles de laurier, sur la teste de l'accottoir une feuille refendu, bateau faisant joue, aux raccord du montant un tref de feuille refendu sur le raccord avec la joue, ayant au bas des montants que porte le petit …, un petit socle d'architecture, chaque bas de pieds à graines est composé de dix cannelures droittes des feuilles refendu dessus et dans la gorge des feuilles daux plate bande fond caré, talon renversé taillé en feuille refendu en plate bande, avoir passé toutes les moulures à la main. Pour prit de la sculpture d'un fauteuil 140l, le tout prit de la sculpture de quatre fauteuils ensemble la somme de 560l".

La complexité de la description et le prix près de cinq fois plus élevé que celui de la menuiserie témoignent de la richesse de la sculpture. A cela s'ajoutait la garniture d'un gros de Tour vert anglais enrichi de passementerie fournie par Fizelier dont les factures s'élevaient à un montant astronomique (5), s'accordant parfaitement avec la préciosité des arabesques constituant le décor.

Un fauteuil remarquable, à l'image des commandes pour le comte d'Artois

Ce siège est l'un des rares témoignages du luxe qui régnait dans chacun des appartements et résidences du jeune comte d'Artois relevant d'une originalité, d'une richesse et d'un raffinement extrêmes. En témoignent les sièges qui ornèrent les cabinets turcs de ses appartements de Versailles ou du Palais du temple.

Celui-ci est particulièrement remarquable par ses proportions architecturées avec son assise très basse, la variété et la finesse de ses ornements sculptés. On retrouve le même foisonnement et la même délicatesse de sculpture sur la suite de sièges livrés pour le salon attenant, exécutés par Jean-Baptiste Boulard (maître en 1755- mort en 1799), également sculptés par Jean-Baptiste Rode et dorés par Aubert, peintre, doreur et vernisseur du roi, dont une marquise est conservée au Mobilier National (GMT11560) (6). Ils sont munis d'un même type de support d'accotoir incurvé, orné d'une chute de feuillage inscrite dans une réserve entaillée ainsi que le siège commandé le 12 juillet 1784 par le garde meuble du comte d'Artois pour l'usage du roi Louis XVI en prévision de sa prochaine visite à Bagatelle ainsi que l'exigeait l'étiquette (7).

Autre élément exceptionnel, ce siège garde la trace de la fleur de lys qui se trouvait sculptée sur chaque dé de raccordement situé à l'amortissement du support d'accotoir. Ce symbole royal fut détruit pendant la Révolution pour marquer la fin du régime comme ce fut le cas très vraisemblablement pour le siège d'apparat de Louis XVI.

Destin de Bagatelle

Le mobilier de Bagatelle fut saisi en 1793 au même titre que celui de tous les émigrés. À ce jour nous ne possédons aucune information précise quant à sa dispersion hormis que "Le 23 juillet 1793, la municipalité était invitée à nommer des commissaires pour assister au récolement et estimation des effets mobiliers qui se trouvaient dans la maison de Bagatelle; elle désignait Jean-Claude Sabat, officier municipal, et Jean-Louis Delaizement pour assister à cette opération qui devait avoir lieu le vendredi 26 juillet 1793 (8).

Les rares pièces aujourd'hui connues provenant de Bagatelle sont conservées dans des musées à travers le monde (9) ou des collections privées (10). Certaines réapparaissent parfois sur le marché (11) et font revivre la magie du lieu comme ce fut le cas avec l'extraordinaire mobilier qui orna la chambre à coucher du prince, vendue dans nos salles le
22 juillet 2020.

(1) Conservées au Metropolitan Museum de New York
(2) J.L. Gaillemin, D. Alcouffe, C. Baulez, et al. "La Folie d'Artois", 1988
(3) A.N. R1 264.
(4) idem
(5) A.N. R1 367 "Situation par aperçu des dépenses, depuis janvier 1779 jusqu'au 1er juillet 1780. Sommes dues aux fournisseurs".
(6) J.J. Gautier et al., "Sièges en Société, histoire du siège du Roi soleil à Marianne", Gourcuff, 2017, p. 65, fig. 43.
(7) Vente Christie's Londres, le 23 juin 1999, lot 30.
(8) Bulletin de la Commission municipale historique et artistique de Neuilly-sur-Seine, 1904, p. 69.
(9) Un fauteuil conservé à Waddesdon Manor, in Ulrich Leben, "an armchair and a folding screen for the comte d'Artois at Bagatelle", "the Journal of Furniture History society", vol. XLIII, 2007, p. 127-141.
(10) Suite de six chaises, vente à Paris, Hôtel Drouot, étude Binoche, le 6 mars 2000, lot 89.
(11) Coffre de la chambre à coucher du comte d'Artois, Christie's New York, le 18 mai 2006, lot 771.


Estimation 100 000 - 150 000 €



Vendu 117 000 €
* Les résultats sont affichés frais acheteur et taxes compris. Ils sont générés automatiquement et peuvent subir des modifications.

Lot 30

FAUTEUIL ROYAL D'ÉPOQUE LOUIS XVI Estampille de Georges Jacob
Livré au Comte d'Artois en 1778-1779 pour le salon des Bains au Château de Bagatelle

Vendu 117 000 € [$]

FAUTEUIL ROYAL D'ÉPOQUE LOUIS XVI Estampille de Georges Jacob
Livré au Comte d'Artois en 1778-1779 pour le salon des Bains au Château de Bagatelle
En bois sculpté et doré, le dossier à motif de feuilles d'acanthe et rais-de-cœur en frise, les supports d'accotoir soulignés d'une frise de perles et chutes de laurier grainé terminé par un dais de raccordement anciennement orné d'une fleur de lys supporté par un balustre feuillagé, la ceinture à décor de rais-de-cœur et feuilles d'acanthe, les pieds fuselés et cannelés surmontés d'une bague de feuillage, garniture de lampas à fond vert, estampillé (...).IACOB, marque au feu du château de Bagatelle sur la traverse droite et marque au feu du garde meuble du comte d'Artois sur la traverse arrière ; modifié en garniture à châssis
H. : 80,5 cm (31 1/2 in.)
l. : 62,5 cm (24 1/2 in.)

Provenance :
Ancienne collection Henri Métais.

A Louis XVI royal giltwood fauteuil, stamped by Georges Jacob, delivered for the Comte d'Artois in 1778-1779 for the salon des Bains at Bagatelle's Castle

Le certificat de bien culturel et de libre circulation n° 184977 sera remis à l'acquéreur

Le salon des bains au château de Bagatelle

Bagatelle fut construit en quelques semaines à l'automne 1777, à la suite d'un pari entre le jeune frère du Roi, le comte d'Artois alors âgé d'à peine
20 ans et sa belle-sœur la reine Marie-Antoinette. Edifié sous la direction de l'architecte François Joseph Bélanger (1744-1818) il était destiné aux fêtes et aux réjouissances. Tandis que le pari de construire cette "folie" en un temps record fut tenu, la décoration intérieure réalisée avec l'aide du dessinateur et ornemaniste Jean-Démosthène Dugourc (1749-1825), l'ameublement et l'aménagement des jardins prirent davantage de temps pour s'achever en 1781. Le salon situé au rez-de-chaussée s'élevait sur les deux étages du bâtiment. Grandiose, il était flanqué de deux petits boudoirs auxquels on accédait par deux portes dissimulées dans les arcades de glaces. Les trois pièces donnaient sur le jardin (voir illustrations sur l'e-catalogue).

Chacun des boudoirs revêtait un décor semblable. L'un d'entre eux, dans lequel se trouvait une baignoire servant également d'ottomane, tenait lieu de pièce des bains. Sa description à elle seule reflète l'enchantement que ce petit espace devait provoquer. Il était orné de toiles d'Hubert Robert (1733-1808) (1) peintre du roi et dessinateur des jardins de sa Majesté, d'un décor arabesque par le peintre Dusseaux représentant "une baigneuse soutenue par des naïades terminées en rinceaux d'ornements, orné d'un camée, vases et autres accessoires", le plafond était peint d'un ciel en trompe l'œil tandis que le sol était recouvert de dalles de marbre blanc et de cabochons de marbre rouge du Languedoc. La cheminée était de marbre vert d'Egypte, flanquée de pilastres. Une sultane se trouvait dans une niche et une banquette lui faisait face dans l'embrasement de la fenêtre. Une porte donnait sur la garde-robe du prince, avec chaise d'affaires en acajou, une encoignure et une table par l'ébéniste Pierre Denizot (maître en 1740 - mort en 1782) (2).

Le présent fauteuil est le seul connu à ce jour d'un ensemble de quatre dont on retrouve la trace dans le mémoire du menuisier Georges Jacob (maître en 1765 - mort en 1814), signé le 9 juin 1781 par le valet de chambre tapissier, concierge du Garde meuble du comte d'Artois, Pierre-Thomas Jubault (1742-1837), donneur d'ordre des commandes, qui nous renseigne sur les livraisons du menuisier à Bagatelle jusqu'à cette date (3).

Situés dans le boudoir "quatre fauteuils du model carré les accotoirs en bateau entaillés dans les montants, les pieds portant consolles qui sont singuliers et bien renversés, les pieds tournés en graine et profilés de moulures, à 30l….120l". Le mémoire des ouvrages exécutés par le sculpteur Jean-Baptiste Rode (1735-1799) en 1778-1799 décrit préci-sément les ornements (4): "avoir sculpté quatre fauteuils dont le détaille d'un suit….avoir fait sur lassemblage et sur le dossier qui est feuille refendu et feuille daux a costé creusé, avant corps d'architecture aux dessus du bas de pieds, de plus entrelacs de bande sur un petit balustre dessous la consolle des feuilles refendu, au dessus une large case dans lequel est placé une fleur de lis, et de chaque costé des piastres et au dessus un culot de feuille refendu et renversé, de chaque costé de la consolle dix pouces de perleslune contre lautre, et de faces sur la consolle neuf pouces de paquet de feuilles de laurier, sur la teste de l'accottoir une feuille refendu, bateau faisant joue, aux raccord du montant un tref de feuille refendu sur le raccord avec la joue, ayant au bas des montants que porte le petit …, un petit socle d'architecture, chaque bas de pieds à graines est composé de dix cannelures droittes des feuilles refendu dessus et dans la gorge des feuilles daux plate bande fond caré, talon renversé taillé en feuille refendu en plate bande, avoir passé toutes les moulures à la main. Pour prit de la sculpture d'un fauteuil 140l, le tout prit de la sculpture de quatre fauteuils ensemble la somme de 560l".

La complexité de la description et le prix près de cinq fois plus élevé que celui de la menuiserie témoignent de la richesse de la sculpture. A cela s'ajoutait la garniture d'un gros de Tour vert anglais enrichi de passementerie fournie par Fizelier dont les factures s'élevaient à un montant astronomique (5), s'accordant parfaitement avec la préciosité des arabesques constituant le décor.

Un fauteuil remarquable, à l'image des commandes pour le comte d'Artois

Ce siège est l'un des rares témoignages du luxe qui régnait dans chacun des appartements et résidences du jeune comte d'Artois relevant d'une originalité, d'une richesse et d'un raffinement extrêmes. En témoignent les sièges qui ornèrent les cabinets turcs de ses appartements de Versailles ou du Palais du temple.

Celui-ci est particulièrement remarquable par ses proportions architecturées avec son assise très basse, la variété et la finesse de ses ornements sculptés. On retrouve le même foisonnement et la même délicatesse de sculpture sur la suite de sièges livrés pour le salon attenant, exécutés par Jean-Baptiste Boulard (maître en 1755- mort en 1799), également sculptés par Jean-Baptiste Rode et dorés par Aubert, peintre, doreur et vernisseur du roi, dont une marquise est conservée au Mobilier National (GMT11560) (6). Ils sont munis d'un même type de support d'accotoir incurvé, orné d'une chute de feuillage inscrite dans une réserve entaillée ainsi que le siège commandé le 12 juillet 1784 par le garde meuble du comte d'Artois pour l'usage du roi Louis XVI en prévision de sa prochaine visite à Bagatelle ainsi que l'exigeait l'étiquette (7).

Autre élément exceptionnel, ce siège garde la trace de la fleur de lys qui se trouvait sculptée sur chaque dé de raccordement situé à l'amortissement du support d'accotoir. Ce symbole royal fut détruit pendant la Révolution pour marquer la fin du régime comme ce fut le cas très vraisemblablement pour le siège d'apparat de Louis XVI.

Destin de Bagatelle

Le mobilier de Bagatelle fut saisi en 1793 au même titre que celui de tous les émigrés. À ce jour nous ne possédons aucune information précise quant à sa dispersion hormis que "Le 23 juillet 1793, la municipalité était invitée à nommer des commissaires pour assister au récolement et estimation des effets mobiliers qui se trouvaient dans la maison de Bagatelle; elle désignait Jean-Claude Sabat, officier municipal, et Jean-Louis Delaizement pour assister à cette opération qui devait avoir lieu le vendredi 26 juillet 1793 (8).

Les rares pièces aujourd'hui connues provenant de Bagatelle sont conservées dans des musées à travers le monde (9) ou des collections privées (10). Certaines réapparaissent parfois sur le marché (11) et font revivre la magie du lieu comme ce fut le cas avec l'extraordinaire mobilier qui orna la chambre à coucher du prince, vendue dans nos salles le
22 juillet 2020.

(1) Conservées au Metropolitan Museum de New York
(2) J.L. Gaillemin, D. Alcouffe, C. Baulez, et al. "La Folie d'Artois", 1988
(3) A.N. R1 264.
(4) idem
(5) A.N. R1 367 "Situation par aperçu des dépenses, depuis janvier 1779 jusqu'au 1er juillet 1780. Sommes dues aux fournisseurs".
(6) J.J. Gautier et al., "Sièges en Société, histoire du siège du Roi soleil à Marianne", Gourcuff, 2017, p. 65, fig. 43.
(7) Vente Christie's Londres, le 23 juin 1999, lot 30.
(8) Bulletin de la Commission municipale historique et artistique de Neuilly-sur-Seine, 1904, p. 69.
(9) Un fauteuil conservé à Waddesdon Manor, in Ulrich Leben, "an armchair and a folding screen for the comte d'Artois at Bagatelle", "the Journal of Furniture History society", vol. XLIII, 2007, p. 127-141.
(10) Suite de six chaises, vente à Paris, Hôtel Drouot, étude Binoche, le 6 mars 2000, lot 89.
(11) Coffre de la chambre à coucher du comte d'Artois, Christie's New York, le 18 mai 2006, lot 771.


Estimation 100 000 - 150 000 €



Vendu 117 000 €
* Les résultats sont affichés frais acheteur et taxes compris. Ils sont générés automatiquement et peuvent subir des modifications.

Détails de la vente

Vente : 4079
Date : 12 juill. 2021 18:00
Commissaire-priseur : Isabelle Bresset

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Laura Pierre
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lpierre@artcurial.com

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Conditions Générales d’Achat

Mobilier, Sculpture & Objets d'Art