Vente Livres et Manuscrits - 15 décembre 2010 /Lot 42 COLETTE BELLE CORRESPONDANCE A SON AMI LEOPOLD MARCHAND, VERS 1928

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COLETTEBELLE CORRESPONDANCE A SON AMI LEOPOLD MARCHAND, VERS 1928
15 l.a.s., 27 p., en général format in-4 sur son papier bleu (deux sur papier vert), certaines à en-tête "La Treille Muscate", d'autres rue de Beaujolais" ou "Claridge Champs Elysées". Plusieurs ont une trace de scotch dans le coin supérieur gauche. 2 enveloppes conservées. Signées Colette. Quelques-unes adressées à l'épouse de Léopold, Misz Hertz, dont elle deviendra également très proche. Mot de Duvernois et lettre d'Emile Fabre jointes.
Léopold Marchand (1888-1952) fut un des amis les plus proches de Colette. Il collabora à l'adaptation théâtrale de "Chéri" en 1921 et de "La Vagabonde" en 1923, pour la représentation desquelles il tint lui-même un rôle ou créa la mise en scène. Il est lui-même auteur d'une quarantaine de pièces, dont Colette rendit fidèlement compte dans ses critiques dramatiques (réunies dans La Jumelle noire).
- S.d., 2. p. Colette a une "grosse grippe, température et mal partout", sans quoi elle serait allé voir son Léo, qui est tombé : "Quand j'ai vu le turquoise - salle de bains 1890 du th.Antoine et le tapis à petits dessins concassés, j'ai manqué me casse rla figure ou n'importe quoi dans l'escalier. Si je n'avais pas eu des sandales plates, je me démolissais. Mais j'aurais bien voulu qu'un autre que toi se sacrifiât !"
- S.d., 2 p. "Pardonne-moi de partir lundi, et de ne pas attendre ta générale comme je le voudrais de tout mon cœur, mais je viens déjà de rogner, de vendredi ) lundi, trois jours complets sur mes pauvres vacances…"
- S.d., 2 p. A propos d'autographes : "Voici quelques autographes de 'basse époque', mais si tu gardes les lettres des 'gens de théâtre', peut-être celles-ci t'amuseront-elles ?"
- S.d., 2 p., enveloppe [1922 ?]. "Je t'écris vite sans égards ni gentillesse, parce que j'ai mille travaux, tant littéraires que maternels, je m'occupe de son trousseau, de son lycée où j'ai passé l'après-midi." Parle des pièces en cours, des décors. "Maurice voulait (pas bête !) une scène presque gaie, et où l'on pouvait rire parfois…"
- S.d., 1 p. "Il paraît que tu rentres, je n'irai donc pas là-bas. Trop cher, -- et trop peu de temps à moi… Ma Misz doit être pareille à l'aurore et à une pamplemousse ! Embrasse-là comme je t'aime… Ecris-moi, tu sais bien que tes lettres sont une réjouissance publique".
- S.d., 1 p. A propos d'une lettre d'Emile Fabre, l'administrateur de la Comédie française (jointe) : "Voici la lettre de Fabre. Et bou, et ba, et la petite baronne, comme dit Louis Aragon…"
- S.d., 3 p., Misz Léopold. "Où es-tu ? Louis, assurément, de ce pays-ci." Poétique description du temps clément dont elle profite ("une pluie traversée de soleil a tout enchanté pendant trois quarts d'heure et les parfums de la terre ont perdu toute mesure… depuis la onzième fois depuis onze ans, je te crie à tue-tête que l'été ici fait pâlir les autres étés. Viendras-tu ? [à la Treille Muscate]… Si tu viens, je te soignerai bien…".
- S.d., 2 p., enveloppe [1928]. A propos d'une carte de visite de Duvernois qui les invite à une générale (jointe) : "qu'est-ce qu'on répond à ça ?... Je vais quitter l'enchantement provençal, qui succédait si bien à l'enchantement breton…"
- S.d., 2 p. : "Mon petit Léo… tu es un être obtus, brouillon, et acrimonieux… Venir à Costaérès… Tu as beau vouloir me dégoûter de ce lieu médiéval, j'aimerai bien y aller. Mais je dépens d'un mot de rappel, car si je peux, je vais au f… dans le commerce de luxe. C'est pas une vie…."
- S.d., 1 p. "J'ai le galuchat !... Je te remercie, et je t'attends, munie par le Loup de cent mille sylvestiades. T'es-tu bien baigné ? Est-ce que Misz nage ?".
- S.d., 2 p. Emouvante lettre de deuil, suite à un décès (la mort de l'épouse de Léopold, en 1942 ?). "Je veux dire que la paix commence enfin pour un être qui a eu tant de peine à s'échapper. Tu peux m'envier, moi qui ne l'ai vue que fraiche, rose comme une rose, colorée par son automne. C'est cette image-là que je garde d'elle… détends-toi, tout est maintenant tranquille en elle qui n'a cessé de se défendre contre un repos qu'elle ne voulait pas…"
- S.d., 2 p. Elle a froid et Maurice "met un chandail sans le moindre humour, et moi une palatine ou quelque autre colifichet… Qui c'est-il qui avait raison de ne pas s'emballerpour le truc de la légion d'honneur ?..."
- Vers le 6 juin 1928 (cachet), 1 p., enveloppe. "Qu'est-ce que tu fais donc, mon petti Léo ? J'aimerais bien te voir…"
- S.d. [1928], 2 p., enveloppe timbrée. "Cher monpetitleo [sic]… On me disait hier qu'Emmy Lynn a assisté - de loin - à cet accident affreux de l'avion, est-ce vrai ? Je n'ai pas son adresse, veux-tu être assez gentil savoir qu'avant de connaître les détails de l'accident, j'ai pensé 'Et Emmy Lynn ?'… Je travaille la tête basse. Et je suis en retard."
- S.d., 2 p. "J'ai oublié de te dire que si des fois tu persistais dans l'intention de baptiser ta pièce 'Tu m'accuseras toujours…' ou de n'importe quel autre titre à points de suspension, voire d'exclamation, je me verrais forcée de sévir. Tu n'as pas de titre pour ta pièce ; je n'en ai pas pour mon roman…".

Estimation 4 000 - 5 000 €

Vendu 5 100 €
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Lot 42

COLETTE
BELLE CORRESPONDANCE A SON AMI LEOPOLD MARCHAND, VERS 1928

Vendu 5 100 € [$]

COLETTEBELLE CORRESPONDANCE A SON AMI LEOPOLD MARCHAND, VERS 1928
15 l.a.s., 27 p., en général format in-4 sur son papier bleu (deux sur papier vert), certaines à en-tête "La Treille Muscate", d'autres rue de Beaujolais" ou "Claridge Champs Elysées". Plusieurs ont une trace de scotch dans le coin supérieur gauche. 2 enveloppes conservées. Signées Colette. Quelques-unes adressées à l'épouse de Léopold, Misz Hertz, dont elle deviendra également très proche. Mot de Duvernois et lettre d'Emile Fabre jointes.
Léopold Marchand (1888-1952) fut un des amis les plus proches de Colette. Il collabora à l'adaptation théâtrale de "Chéri" en 1921 et de "La Vagabonde" en 1923, pour la représentation desquelles il tint lui-même un rôle ou créa la mise en scène. Il est lui-même auteur d'une quarantaine de pièces, dont Colette rendit fidèlement compte dans ses critiques dramatiques (réunies dans La Jumelle noire).
- S.d., 2. p. Colette a une "grosse grippe, température et mal partout", sans quoi elle serait allé voir son Léo, qui est tombé : "Quand j'ai vu le turquoise - salle de bains 1890 du th.Antoine et le tapis à petits dessins concassés, j'ai manqué me casse rla figure ou n'importe quoi dans l'escalier. Si je n'avais pas eu des sandales plates, je me démolissais. Mais j'aurais bien voulu qu'un autre que toi se sacrifiât !"
- S.d., 2 p. "Pardonne-moi de partir lundi, et de ne pas attendre ta générale comme je le voudrais de tout mon cœur, mais je viens déjà de rogner, de vendredi ) lundi, trois jours complets sur mes pauvres vacances…"
- S.d., 2 p. A propos d'autographes : "Voici quelques autographes de 'basse époque', mais si tu gardes les lettres des 'gens de théâtre', peut-être celles-ci t'amuseront-elles ?"
- S.d., 2 p., enveloppe [1922 ?]. "Je t'écris vite sans égards ni gentillesse, parce que j'ai mille travaux, tant littéraires que maternels, je m'occupe de son trousseau, de son lycée où j'ai passé l'après-midi." Parle des pièces en cours, des décors. "Maurice voulait (pas bête !) une scène presque gaie, et où l'on pouvait rire parfois…"
- S.d., 1 p. "Il paraît que tu rentres, je n'irai donc pas là-bas. Trop cher, -- et trop peu de temps à moi… Ma Misz doit être pareille à l'aurore et à une pamplemousse ! Embrasse-là comme je t'aime… Ecris-moi, tu sais bien que tes lettres sont une réjouissance publique".
- S.d., 1 p. A propos d'une lettre d'Emile Fabre, l'administrateur de la Comédie française (jointe) : "Voici la lettre de Fabre. Et bou, et ba, et la petite baronne, comme dit Louis Aragon…"
- S.d., 3 p., Misz Léopold. "Où es-tu ? Louis, assurément, de ce pays-ci." Poétique description du temps clément dont elle profite ("une pluie traversée de soleil a tout enchanté pendant trois quarts d'heure et les parfums de la terre ont perdu toute mesure… depuis la onzième fois depuis onze ans, je te crie à tue-tête que l'été ici fait pâlir les autres étés. Viendras-tu ? [à la Treille Muscate]… Si tu viens, je te soignerai bien…".
- S.d., 2 p., enveloppe [1928]. A propos d'une carte de visite de Duvernois qui les invite à une générale (jointe) : "qu'est-ce qu'on répond à ça ?... Je vais quitter l'enchantement provençal, qui succédait si bien à l'enchantement breton…"
- S.d., 2 p. : "Mon petit Léo… tu es un être obtus, brouillon, et acrimonieux… Venir à Costaérès… Tu as beau vouloir me dégoûter de ce lieu médiéval, j'aimerai bien y aller. Mais je dépens d'un mot de rappel, car si je peux, je vais au f… dans le commerce de luxe. C'est pas une vie…."
- S.d., 1 p. "J'ai le galuchat !... Je te remercie, et je t'attends, munie par le Loup de cent mille sylvestiades. T'es-tu bien baigné ? Est-ce que Misz nage ?".
- S.d., 2 p. Emouvante lettre de deuil, suite à un décès (la mort de l'épouse de Léopold, en 1942 ?). "Je veux dire que la paix commence enfin pour un être qui a eu tant de peine à s'échapper. Tu peux m'envier, moi qui ne l'ai vue que fraiche, rose comme une rose, colorée par son automne. C'est cette image-là que je garde d'elle… détends-toi, tout est maintenant tranquille en elle qui n'a cessé de se défendre contre un repos qu'elle ne voulait pas…"
- S.d., 2 p. Elle a froid et Maurice "met un chandail sans le moindre humour, et moi une palatine ou quelque autre colifichet… Qui c'est-il qui avait raison de ne pas s'emballerpour le truc de la légion d'honneur ?..."
- Vers le 6 juin 1928 (cachet), 1 p., enveloppe. "Qu'est-ce que tu fais donc, mon petti Léo ? J'aimerais bien te voir…"
- S.d. [1928], 2 p., enveloppe timbrée. "Cher monpetitleo [sic]… On me disait hier qu'Emmy Lynn a assisté - de loin - à cet accident affreux de l'avion, est-ce vrai ? Je n'ai pas son adresse, veux-tu être assez gentil savoir qu'avant de connaître les détails de l'accident, j'ai pensé 'Et Emmy Lynn ?'… Je travaille la tête basse. Et je suis en retard."
- S.d., 2 p. "J'ai oublié de te dire que si des fois tu persistais dans l'intention de baptiser ta pièce 'Tu m'accuseras toujours…' ou de n'importe quel autre titre à points de suspension, voire d'exclamation, je me verrais forcée de sévir. Tu n'as pas de titre pour ta pièce ; je n'en ai pas pour mon roman…".

Estimation 4 000 - 5 000 €

Vendu 5 100 €
* Les résultats sont affichés frais acheteur et taxes compris. Ils sont générés automatiquement et peuvent subir des modifications.

Détails de la vente

Vente : 1886
Date : 14 déc. 2010 14:30

Contact

Benoît Puttemans
Tél.
bputtemans@artcurial.com

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