Vente Collection Fernand Lafarge - 27 mars 2019 /Lot 5 Champagne, premier quart du XVIe siècle Vierge de Pitié

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Champagne, premier quart du XVIe siècle
Vierge de Pitié
Groupe sculpté en fort relief, dos ébauché ; sculpture taillée dans un bloc monolithe en pierre calcaire
Présence d'une mince terrasse sur laquelle est présenté un écusson armorié, traces de polychromie et de dorure
Porte un numéro d'inventaire '801 A5995' à l'encre rouge sur le côté
(Restauration : bras droit du Christ, petits accidents, dont éclat dans le voile de la Vierge)

Pietà, limestone sculpture, Champagne, 1st quarter of the 16th Century
Hauteur : 89 Largeur : 63 Profondeur : 29 cm

Provenance : Collection Fernand Lafarge

Bibliographie : en rapport
William H. Forsyth, 'The Pieta in French Late Gothic sculpture : regional variations', New York, Metropolitan Museum of Art, 1995, p. 45-89


Commentaire : " J'étais courbé d'affliction comme une mère en pleurs " (Saint Jérôme, Psaumes aux Hébreux 51).

Encadré par une ample coiffe, le visage menu de la Vierge affligée concentre toute la tension narrative de cette magnifique représentation de Pietà : Marie porte sur les genoux le corps arque-bouté de son Fils à peine descendu de la Croix, dont la plaie sanguinolente au flan fait échos aux larmes coulant sur les joues de sa mère.
L'iconographie de la Vierge de Pitié s'est largement diffusée dans la sculpture de la fin du Moyen-Age pour répondre au besoin d'humanisation de la figure divine. Bien que présentant un certain nombre d'analogies avec les Piétas bourguignonnes, ce groupe à la forme pyramidale correspond au canon artistique qui se diffuse en Champagne dans la première partie du XVIe siècle (illustré par la Pietà de l'église Saint-Etienne de Bar-sur-Seine): tête penchée vers le Christ, main droite posée sur son cœur en signe d'affliction, la Vierge soutient, malgré sa gracile silhouette, le corps du Christ sur ses genoux dont l'assise est augmentée par un dynamique drapé. La face tournée vers le fidèle, le Christ laisse tomber son bras droit raidi le long de la jambe de sa Mère, son corps transi dessinant ainsi un arc irrégulier entourant les genoux de Marie. Cette iconographie présente une charge émotive et un sens du détail très élevés : la contrition se manifeste par la présence de larmes peintes, les sourcils froncés et la petite bouche à l'inflexion descendante. Un soin particulier est donné aux détails vestimentaires, à l'instar du bouton fermant délicatement le corsage, des plissures du double voile ou du soulier à bout ovalaire dépassant de la robe.
Comme pour faire écho au groupe iconographique très répandu en Champagne du Christ aux liens, la Vierge est assise sur un tertre bordé par le crâne d'Adam, rappel du Mont Golgotha.
La grande qualité d'exécution est visible dans la finesse des visages, des mains et des pieds. L'harmonie des volumes, le contraste entre le corps figé du Christ et les mouvements ondoyants des vêtements de la Vierge, la délicatesse des détails anatomiques et des vêtements donnés par des traces d'outils très précis témoignent de l'importance de cette œuvre.
Probablement originellement adossée à une paroi et placée en hauteur - situation qui met en valeur l'écusson armorié sculpté et l'inscription disparue située sur la base guillochée-, la sculpture manifeste la dévotion particulière dédiée à la Vierge par un commanditaire influent.

"I was curved in affliction like a mother in tears" (St. Jerome, Psalms to the Hebrews 51). Framed by a simple headdress, the small face of the suffering Virgin concentrates all the narrative tension of this magnificent depiction of the Pietà: Mary is holding the bent body of her Son just after being taken down from the Cross, the bloody wound in the side echoing the tears flowing on his mother's cheeks.
The iconography of the Virgin of Pity was widespread in late Medieval sculpture as a response to the need to give greater humanity to the divine figure. Although this group bears a certain number of similarities with Pietàs from Burgundy, with its pyramidal form it corresponds to the artistic canon that circulated in Champagne during early the 16th century (illustrated by the Pietà of the church of Saint-Etienne in Bar-sur-Seine): the head leaning towards Christ, her right hand resting on her heart as a sign of affliction. Despite her graceful silhouette, the Virgin is holding Christ's body on her knees and on a dynamic drapery increasing the support. His face turned towards worshippers, Christ's stiffened right arm falls along his Mother's leg, his numbed body thus forming an irregular arc surrounding Mary's legs. This iconography shows great emotional force and feeling for detail: contrition is expressed in the painted tears, the frowning eyebrows and the small downturned mouth. Particular care is given to the details of costume such as the button delicately closing the bodice, the folds of the double veil and the slipper with an oval end that is visible beneath the dress.
As if to echo the common iconographic group in Champagne of Christ with Bound Hands, the Virgin is sitting on a mound on which Adam's skull is visible, recalling Mount Golgotha.
The great quality of execution is visible in the delicacy of the faces, the hands and the feet. The harmony of volumes, the contrast between Christ's static body and the undulating movements of the Virgin's clothing, the delicacy of anatomical detail and cloth, shown by the traces of highly precise tools show the quality of this work.
Probably originally placed against a wall and high up - a location that emphasized the coat of arms on the shield and the inscription that has disappeared from the guilloched base, the sculpture indicates the specific devotion to the Virgin of a wealthy patron.


Estimation 15 000 - 20 000 €

Lot 5

Champagne, premier quart du XVIe siècle
Vierge de Pitié

Estimation 15 000 - 20 000 € [$]

Champagne, premier quart du XVIe siècle
Vierge de Pitié
Groupe sculpté en fort relief, dos ébauché ; sculpture taillée dans un bloc monolithe en pierre calcaire
Présence d'une mince terrasse sur laquelle est présenté un écusson armorié, traces de polychromie et de dorure
Porte un numéro d'inventaire '801 A5995' à l'encre rouge sur le côté
(Restauration : bras droit du Christ, petits accidents, dont éclat dans le voile de la Vierge)

Pietà, limestone sculpture, Champagne, 1st quarter of the 16th Century
Hauteur : 89 Largeur : 63 Profondeur : 29 cm

Provenance : Collection Fernand Lafarge

Bibliographie : en rapport
William H. Forsyth, 'The Pieta in French Late Gothic sculpture : regional variations', New York, Metropolitan Museum of Art, 1995, p. 45-89


Commentaire : " J'étais courbé d'affliction comme une mère en pleurs " (Saint Jérôme, Psaumes aux Hébreux 51).

Encadré par une ample coiffe, le visage menu de la Vierge affligée concentre toute la tension narrative de cette magnifique représentation de Pietà : Marie porte sur les genoux le corps arque-bouté de son Fils à peine descendu de la Croix, dont la plaie sanguinolente au flan fait échos aux larmes coulant sur les joues de sa mère.
L'iconographie de la Vierge de Pitié s'est largement diffusée dans la sculpture de la fin du Moyen-Age pour répondre au besoin d'humanisation de la figure divine. Bien que présentant un certain nombre d'analogies avec les Piétas bourguignonnes, ce groupe à la forme pyramidale correspond au canon artistique qui se diffuse en Champagne dans la première partie du XVIe siècle (illustré par la Pietà de l'église Saint-Etienne de Bar-sur-Seine): tête penchée vers le Christ, main droite posée sur son cœur en signe d'affliction, la Vierge soutient, malgré sa gracile silhouette, le corps du Christ sur ses genoux dont l'assise est augmentée par un dynamique drapé. La face tournée vers le fidèle, le Christ laisse tomber son bras droit raidi le long de la jambe de sa Mère, son corps transi dessinant ainsi un arc irrégulier entourant les genoux de Marie. Cette iconographie présente une charge émotive et un sens du détail très élevés : la contrition se manifeste par la présence de larmes peintes, les sourcils froncés et la petite bouche à l'inflexion descendante. Un soin particulier est donné aux détails vestimentaires, à l'instar du bouton fermant délicatement le corsage, des plissures du double voile ou du soulier à bout ovalaire dépassant de la robe.
Comme pour faire écho au groupe iconographique très répandu en Champagne du Christ aux liens, la Vierge est assise sur un tertre bordé par le crâne d'Adam, rappel du Mont Golgotha.
La grande qualité d'exécution est visible dans la finesse des visages, des mains et des pieds. L'harmonie des volumes, le contraste entre le corps figé du Christ et les mouvements ondoyants des vêtements de la Vierge, la délicatesse des détails anatomiques et des vêtements donnés par des traces d'outils très précis témoignent de l'importance de cette œuvre.
Probablement originellement adossée à une paroi et placée en hauteur - situation qui met en valeur l'écusson armorié sculpté et l'inscription disparue située sur la base guillochée-, la sculpture manifeste la dévotion particulière dédiée à la Vierge par un commanditaire influent.

"I was curved in affliction like a mother in tears" (St. Jerome, Psalms to the Hebrews 51). Framed by a simple headdress, the small face of the suffering Virgin concentrates all the narrative tension of this magnificent depiction of the Pietà: Mary is holding the bent body of her Son just after being taken down from the Cross, the bloody wound in the side echoing the tears flowing on his mother's cheeks.
The iconography of the Virgin of Pity was widespread in late Medieval sculpture as a response to the need to give greater humanity to the divine figure. Although this group bears a certain number of similarities with Pietàs from Burgundy, with its pyramidal form it corresponds to the artistic canon that circulated in Champagne during early the 16th century (illustrated by the Pietà of the church of Saint-Etienne in Bar-sur-Seine): the head leaning towards Christ, her right hand resting on her heart as a sign of affliction. Despite her graceful silhouette, the Virgin is holding Christ's body on her knees and on a dynamic drapery increasing the support. His face turned towards worshippers, Christ's stiffened right arm falls along his Mother's leg, his numbed body thus forming an irregular arc surrounding Mary's legs. This iconography shows great emotional force and feeling for detail: contrition is expressed in the painted tears, the frowning eyebrows and the small downturned mouth. Particular care is given to the details of costume such as the button delicately closing the bodice, the folds of the double veil and the slipper with an oval end that is visible beneath the dress.
As if to echo the common iconographic group in Champagne of Christ with Bound Hands, the Virgin is sitting on a mound on which Adam's skull is visible, recalling Mount Golgotha.
The great quality of execution is visible in the delicacy of the faces, the hands and the feet. The harmony of volumes, the contrast between Christ's static body and the undulating movements of the Virgin's clothing, the delicacy of anatomical detail and cloth, shown by the traces of highly precise tools show the quality of this work.
Probably originally placed against a wall and high up - a location that emphasized the coat of arms on the shield and the inscription that has disappeared from the guilloched base, the sculpture indicates the specific devotion to the Virgin of a wealthy patron.


Estimation 15 000 - 20 000 €

Détails de la vente

Vente : 3945
Date : 27 mars 2019 17:00
Commissaire-priseur : Matthieu Fournier

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Matthieu Fournier
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mfournier@artcurial.com

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Collection Fernand Lafarge : Un hommage à la sculpture