Vente Collection Fernand Lafarge - 27 mars 2019 /Lot 2 Champagne méridionale, vers 1525-1530 La Vierge à l'Enfant

  • Champagne méridionale, vers 1525-1530  La Vierge à l'Enfant Sculpture en fort relief en pierre calcaire polychromée et dorée, dos éb..
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Champagne méridionale, vers 1525-1530
La Vierge à l'Enfant
Sculpture en fort relief en pierre calcaire polychromée et dorée, dos ébauché
Hauteur : 113 cm (44 1/2 in.)
(Quelques accidents en partie inférieure et au niveau de l'étoffe sous le Christ, accident et reprise sur le haut de la tête de la Vierge, pied droit de la Vierge manquant, décapage du visage du Christ)

The Virgin and Child, polychrome and gilted limestone sculpture, Southern Champagne, ca 1525-1530


Provenance : Collection Jeanson ;
Vente anonyme ; Paris, Hôtel Drouot, Me Libert, 4 juin 1964, n° 40 ;
Collection Fernand Lafarge

Bibliographie : Véronique Boucherat, " Nicolas Halin et le Prétendu atelier de Saint-Léger " in Jean-René Gaborit et Geneviève Bresc-Bautier (dir.), 'Le Beau XVIe - Chefs-d'œuvre de la sculpture en Champagne', cat. exp., Troyes, 2009, p. 241, cité note 23

Bibliographie en rapport :
Raymond Koechlin et Jean-Joseph Marquet de Vasselot, 'La Sculpture à Troyes et dans la Champagne méridionale au seizième siècle', Coulommiers, 1900, p. 205-212
Paul Leprieur, 'La Sculpture en Champagne', Paris, 1901, t.1, p. 407-416
Nicole Hany, " Les Vierges de l'atelier dit de " Saint-Léger " ou un nouveau regard jeté sur la sculpture troyenne ", in 'Vie en Champagne. Numéro spécial, Regards sur l'école troyenne de sculpture du XVIe siècle', n°309, avril 1981, p. 20-30
Heinz Hermann Arnhold, 'Die Skulptur in Troyes und in der südlichen Champagne zwischen 1480 und 1540 : stilkritische Beobachtungen zum Meister von Chaource und seinem Umkreis', thèse de doctorat, Université de Fribourg, 1992
Véronique Boucherat, 'L'Art en Champagne à la fin du Moyen-Age, Productions locales et modèles étrangers (v.1485-v.1535)', Rennes, 2006, p. 251-256
Jean-René Gaborit, Geneviève Bresc-Bautier, 'Le Beau XVIe - Chefs-d'œuvre de la sculpture en Champagne', cat. exp. , Troyes, 2009, p. 49, notice 11, p.251, notice 13, p. 252 et Véronique Boucherat, " Les traductions de la dévotion mariale ", p. 65-74
Marion Boudon-Machuel, 'Des âmes drapées de pierre - Sculpture en Champagne', Rennes, 2017, p. 183, p. 244, p. 273 et 280


Commentaire : Cette magnifique Vierge à l'Enfant dont le niveau de raffinement force l'admiration constitue un remarquable exemplaire de la statuaire champenoise du premier tiers du XVIe siècle.
Par sa qualité, son style et sa composition, elle s'apparente aux œuvres anciennement regroupées sous l'appellation de " l'atelier de Saint Léger " (appellation donnée par Koechlin et Marquet de Vasselot dans la première étude générale sur le sujet au début du XXe siècle). Cette dénomination ayant été remise en cause, les recherches récentes ont réattribué les œuvres du groupe aux suiveurs de l'un des seuls sculpteurs champenois identifiés de la période, Nicolas Halins (voir V. Boucherat, cat. exp. 2009, p. 177-178).
A l'instar de la Vierge du Breuil (musée national d'Ecouen, n°inv.E.Cl.11662), notre sculpture présente des analogies saisissantes avec la Vierge du groupe de la Visitation de l'église de Saint-Jean-au-Marché de Troyes, reconnu comme l'un des fleurons de la sculpture champenoise : le traitement du visage (visage de forme ovale, yeux en amandes, bouche menue et petit menton, front bombé encadré par des mèches de cheveux stylisées tombant en ondulations en de longues mèches sur les épaules), la préciosité et le niveau de détails des éléments vestimentaires valorisés par une rare polychromie (coiffe à bandeau emperlée, manches bouffantes à crevasses, ceinture se terminant en deux rubans lâches et symétriques, patenôtre …) contribuent à doter cette œuvre d'un grand naturalisme. Joueur, l'Enfant Jésus se dresse sur l'arceau d'un lange et tend le bras droit vers le bâton fleuri que tient délicatement la Vierge. Ce détail iconographique inspiré de l'œuvre de l'église de Picarreau (Jura) et repris pour d'autres exemplaires du groupe est enrichi par la présence d'une grive posée sur le dessus du bouquet. L'oiseau picore la grappe de raisin que lui avance l'Enfant Jésus. Tout attentif à sa sustentation, il en néglige le hochet (ou bien est -ce un sceptre ?) qu'il porte de la main gauche.
Sous ses airs anecdotiques, légers et divertissants, cette Vierge à l'Enfant n'en diffuse pas moins un message d'une grande portée spirituelle. L'association de tous les attributs fait en effet référence à l'Eucharistie et à la Passion du Fils de Dieu, tout en rappelant le rôle initial de cette œuvre magistralement achevée : elle est un support de dévotion pour les fidèles.


This magnificent Virgin and Child, which is so refined as to be admirable, is a remarkable example of sculpture produced in Champagne during the first third of the 16th century.
Its quality, style and composition link it to the sculptures that were formerly grouped under the name "Saint Léger workshop" (a name given by par Koechlin and Marquet de Vasselot in the first general study of the subject published in the early 20th century). This name has been questioned and recent research has reattributed works from the group to followers of one of the only sculptors working in Champagne during the period to have been identified, Nicolas Halins (see V. Boucherat, exh. cat. 2009, p. 177-178).
Like the Virgin of Breuil (Musée National du Chateau d'Ecouen, n°inv.E.Cl.11662) our sculpture bears striking similarities to the Virgin of the group of the Visitation in the church of Saint-Jean-au-Marché in Troyes (fig. 1), one of the gems of sculpture of the Champagne school: the treatment of the face (oval face, almond shaped eyes, small mouth and little chin, curved forehead framed by locks of stylized hair falling in waves of long locks on the shoulders), the refinement and great detail of the clothing stressed by rare polychrome (the head with a pearly headband, puff sleeves with crevices, a belt ending with two loose symmetrical ribbons, a paternoster…) make this work appear very naturalistic. The playful Christ Child is leaning against the curve of swaddling clothes, reaching his right arm towards the flowered baton held delicately by the Virgin. This iconographic detail inspired by sculpture in the church of Picarreau (Jura) and repeated in other examples of the group is enriched by the presence of a thrush sitting on top of the bouquet. The bird is pecking at the bunch of grapes the Child holds towards it. Very attentive to feeding the bird, He neglects the rattle (or is it a sceptre?) in His left hand.
With its light, anecdotal, and entertaining airs, this Virgin and Child nevertheless communicates a message of great spiritual weight. The association of all the attributes in fact refer to the Eucharist and the Passion of the Son of God, while recalling the initial role of this magnificently finished work: it is a support for devotion by the faithful.


Estimation 80 000 - 120 000 €

Lot 2

Champagne méridionale, vers 1525-1530
La Vierge à l'Enfant

Estimation 80 000 - 120 000 € [$]

Champagne méridionale, vers 1525-1530
La Vierge à l'Enfant
Sculpture en fort relief en pierre calcaire polychromée et dorée, dos ébauché
Hauteur : 113 cm (44 1/2 in.)
(Quelques accidents en partie inférieure et au niveau de l'étoffe sous le Christ, accident et reprise sur le haut de la tête de la Vierge, pied droit de la Vierge manquant, décapage du visage du Christ)

The Virgin and Child, polychrome and gilted limestone sculpture, Southern Champagne, ca 1525-1530


Provenance : Collection Jeanson ;
Vente anonyme ; Paris, Hôtel Drouot, Me Libert, 4 juin 1964, n° 40 ;
Collection Fernand Lafarge

Bibliographie : Véronique Boucherat, " Nicolas Halin et le Prétendu atelier de Saint-Léger " in Jean-René Gaborit et Geneviève Bresc-Bautier (dir.), 'Le Beau XVIe - Chefs-d'œuvre de la sculpture en Champagne', cat. exp., Troyes, 2009, p. 241, cité note 23

Bibliographie en rapport :
Raymond Koechlin et Jean-Joseph Marquet de Vasselot, 'La Sculpture à Troyes et dans la Champagne méridionale au seizième siècle', Coulommiers, 1900, p. 205-212
Paul Leprieur, 'La Sculpture en Champagne', Paris, 1901, t.1, p. 407-416
Nicole Hany, " Les Vierges de l'atelier dit de " Saint-Léger " ou un nouveau regard jeté sur la sculpture troyenne ", in 'Vie en Champagne. Numéro spécial, Regards sur l'école troyenne de sculpture du XVIe siècle', n°309, avril 1981, p. 20-30
Heinz Hermann Arnhold, 'Die Skulptur in Troyes und in der südlichen Champagne zwischen 1480 und 1540 : stilkritische Beobachtungen zum Meister von Chaource und seinem Umkreis', thèse de doctorat, Université de Fribourg, 1992
Véronique Boucherat, 'L'Art en Champagne à la fin du Moyen-Age, Productions locales et modèles étrangers (v.1485-v.1535)', Rennes, 2006, p. 251-256
Jean-René Gaborit, Geneviève Bresc-Bautier, 'Le Beau XVIe - Chefs-d'œuvre de la sculpture en Champagne', cat. exp. , Troyes, 2009, p. 49, notice 11, p.251, notice 13, p. 252 et Véronique Boucherat, " Les traductions de la dévotion mariale ", p. 65-74
Marion Boudon-Machuel, 'Des âmes drapées de pierre - Sculpture en Champagne', Rennes, 2017, p. 183, p. 244, p. 273 et 280


Commentaire : Cette magnifique Vierge à l'Enfant dont le niveau de raffinement force l'admiration constitue un remarquable exemplaire de la statuaire champenoise du premier tiers du XVIe siècle.
Par sa qualité, son style et sa composition, elle s'apparente aux œuvres anciennement regroupées sous l'appellation de " l'atelier de Saint Léger " (appellation donnée par Koechlin et Marquet de Vasselot dans la première étude générale sur le sujet au début du XXe siècle). Cette dénomination ayant été remise en cause, les recherches récentes ont réattribué les œuvres du groupe aux suiveurs de l'un des seuls sculpteurs champenois identifiés de la période, Nicolas Halins (voir V. Boucherat, cat. exp. 2009, p. 177-178).
A l'instar de la Vierge du Breuil (musée national d'Ecouen, n°inv.E.Cl.11662), notre sculpture présente des analogies saisissantes avec la Vierge du groupe de la Visitation de l'église de Saint-Jean-au-Marché de Troyes, reconnu comme l'un des fleurons de la sculpture champenoise : le traitement du visage (visage de forme ovale, yeux en amandes, bouche menue et petit menton, front bombé encadré par des mèches de cheveux stylisées tombant en ondulations en de longues mèches sur les épaules), la préciosité et le niveau de détails des éléments vestimentaires valorisés par une rare polychromie (coiffe à bandeau emperlée, manches bouffantes à crevasses, ceinture se terminant en deux rubans lâches et symétriques, patenôtre …) contribuent à doter cette œuvre d'un grand naturalisme. Joueur, l'Enfant Jésus se dresse sur l'arceau d'un lange et tend le bras droit vers le bâton fleuri que tient délicatement la Vierge. Ce détail iconographique inspiré de l'œuvre de l'église de Picarreau (Jura) et repris pour d'autres exemplaires du groupe est enrichi par la présence d'une grive posée sur le dessus du bouquet. L'oiseau picore la grappe de raisin que lui avance l'Enfant Jésus. Tout attentif à sa sustentation, il en néglige le hochet (ou bien est -ce un sceptre ?) qu'il porte de la main gauche.
Sous ses airs anecdotiques, légers et divertissants, cette Vierge à l'Enfant n'en diffuse pas moins un message d'une grande portée spirituelle. L'association de tous les attributs fait en effet référence à l'Eucharistie et à la Passion du Fils de Dieu, tout en rappelant le rôle initial de cette œuvre magistralement achevée : elle est un support de dévotion pour les fidèles.


This magnificent Virgin and Child, which is so refined as to be admirable, is a remarkable example of sculpture produced in Champagne during the first third of the 16th century.
Its quality, style and composition link it to the sculptures that were formerly grouped under the name "Saint Léger workshop" (a name given by par Koechlin and Marquet de Vasselot in the first general study of the subject published in the early 20th century). This name has been questioned and recent research has reattributed works from the group to followers of one of the only sculptors working in Champagne during the period to have been identified, Nicolas Halins (see V. Boucherat, exh. cat. 2009, p. 177-178).
Like the Virgin of Breuil (Musée National du Chateau d'Ecouen, n°inv.E.Cl.11662) our sculpture bears striking similarities to the Virgin of the group of the Visitation in the church of Saint-Jean-au-Marché in Troyes (fig. 1), one of the gems of sculpture of the Champagne school: the treatment of the face (oval face, almond shaped eyes, small mouth and little chin, curved forehead framed by locks of stylized hair falling in waves of long locks on the shoulders), the refinement and great detail of the clothing stressed by rare polychrome (the head with a pearly headband, puff sleeves with crevices, a belt ending with two loose symmetrical ribbons, a paternoster…) make this work appear very naturalistic. The playful Christ Child is leaning against the curve of swaddling clothes, reaching his right arm towards the flowered baton held delicately by the Virgin. This iconographic detail inspired by sculpture in the church of Picarreau (Jura) and repeated in other examples of the group is enriched by the presence of a thrush sitting on top of the bouquet. The bird is pecking at the bunch of grapes the Child holds towards it. Very attentive to feeding the bird, He neglects the rattle (or is it a sceptre?) in His left hand.
With its light, anecdotal, and entertaining airs, this Virgin and Child nevertheless communicates a message of great spiritual weight. The association of all the attributes in fact refer to the Eucharist and the Passion of the Son of God, while recalling the initial role of this magnificently finished work: it is a support for devotion by the faithful.


Estimation 80 000 - 120 000 €

Détails de la vente

Vente : 3945
Date : 27 mars 2019 17:00
Commissaire-priseur : Matthieu Fournier

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Matthieu Fournier
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Collection Fernand Lafarge : Un hommage à la sculpture