Vente Maîtres anciens & du XIX siècle - 13 novembre 2019 /Lot 44 Antonio TEMPESTA Florence, 1555 - Rome, 1630 La réconciliation de Jacob et Esaü

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Antonio TEMPESTA Florence, 1555 - Rome, 1630
La réconciliation de Jacob et Esaü
Albâtre doublé d'une ardoise, de forme cintrée en partie supérieure
(Cassures restaurées, petits manques et restaurations anciennes)

Dans un cadre en bois sculpté et doré, travail romain du XVIIIe siècle

The Meeting of Esau and Jacob, alabaster doubled with slate, by A. Tempesta

Hauteur : 64,50 Largeur : 49 cm

Provenance : Collection Robert Concha, industriel portugais installé à Paris au début du XXe siècle, mécène de l'Opéra Garnier, propriétaire d'un château dans les Yvelines ;
Resté dans sa famille jusqu'à une date récente


Commentaire : L'intérêt porté aux pierres comme support précieux pour les peintres (marbres, agates, lapis lazuli etc.) prend son essor sous le règne des Médicis. La manufacture de l'Opificio delle pietre dure à Florence, créée en 1588 par Ferdinand Ier, a un rôle déterminant pour leur diffusion. Les peintres Ludovico Cigoli, Francesco Ligozzi, Giovanni Bilivert ou Jacopo Ligozzi l'utilisent régulièrement, réalisant de véritables objets d'art mêlant hasards de la nature et talent artistique.

Élève de Giovanni Stradano puis de Santi di Tito, Tempesta fut très célèbre de son vivant, apprécié pour sa virtuosité quelle que soit la technique employée. Sa production comprend des fresques, des portraits, des cycles de gravures, ou encore des peintures sur supports précieux (marbre, lapis-lazuli, dendrite, albâtre…). Malgré tout le talent démontré par l'artiste à grande échelle en travaillant à la Loggia du Pape Grégoire XIII au Vatican, ainsi qu'à la décoration de plusieurs palais fastueux comme la villa Farnese de Caprarola, les collectionneurs sont plus particulièrement attirés par ses miniatures peintes sur pierre. Recevant des commandes de mécènes prestigieux, ses œuvres rejoignent les collections de Côme II de Médicis, Rodolphe II (son inventaire fait état entre 1607 et 1611 de deux scènes de chasses, aujourd'hui au Kunsthistorisches Museum de Vienne), puis au XVIIe siècle celles des principaux monarques tels Louis XIV.

Antonio Tempesta joue sur les formes aléatoires dessinées par les veines de son support pour faire naître le décor de ses compositions. Ici, il anime son sujet à l'aide de nuées et de montagnes élaborées à partir des volutes de l'albâtre retravaillées à cet effet. Le goût de l'artiste pour les scènes de bataille et de chasse est perceptible à travers le soin apporté au traitement des animaux domestiques et exotiques ainsi qu'à celui des soldats. La culture du maniérisme tardif, dans laquelle il a été formé, se retrouve dans les figures dansantes des femmes et de l'enfant au premier plan.

Deux épisodes successifs, tirés de l'histoire de Jacob, sont ici représentés. En bas à gauche, la lutte de Jacob et l'ange (Genèse, 32 : 25-33), qui survient alors qu'il chemine accompagné de la caravane de ses femmes, enfants, serviteurs et troupeaux. Au centre, on discerne la réconciliation de Jacob avec son frère Esaü (Genèse 33 : 1-17) alors accompagné de ses quatre cents soldats. Jacob se prosterne sept fois avant qu'Esaü ne l'étreigne, scellant leur réconciliation vingt ans après que le cadet ait subtilisé le droit d'ainesse à son jumeau. Au sommet de la composition, Dieu le père veille entouré d'angelots.

Notre peinture peut être mise en rapport avec un groupe d'œuvres similaires, la plupart relatives à l'Ancien Testament. 'Le Passage de la Mer Rouge', lui aussi sur albâtre, signé de Tempesta et cintré, est de plus grand format (90 x 70 cm, Collection Giulini, voir cat. exp. 'Pietra Dipinta, Tesori nascoti del '500 e del '600 da una collezione privata milanese', Milan, 2000, n°48, repr. p. 92). Ce dernier a été rapproché d'un ensemble de six œuvres décrites par Bocchi et Cinelli dans la collection Niccolini à Florence en 1677. De ces six pièces, on ne connaît le sujet que de quatre d'entre elles : Pharaon englouti, Moïse fait jaillir l'eau du rocher, Jacob et Laban se séparent, La victoire des Hébreux sur les Assyriens.

Estimation 60 000 - 80 000 €

Vendu 85 800 €
* Les résultats sont affichés frais acheteur et taxes compris. Ils sont générés automatiquement et peuvent subir des modifications.

Lot 44

Antonio TEMPESTA Florence, 1555 - Rome, 1630
La réconciliation de Jacob et Esaü

Vendu 85 800 € [$]

Antonio TEMPESTA Florence, 1555 - Rome, 1630
La réconciliation de Jacob et Esaü
Albâtre doublé d'une ardoise, de forme cintrée en partie supérieure
(Cassures restaurées, petits manques et restaurations anciennes)

Dans un cadre en bois sculpté et doré, travail romain du XVIIIe siècle

The Meeting of Esau and Jacob, alabaster doubled with slate, by A. Tempesta

Hauteur : 64,50 Largeur : 49 cm

Provenance : Collection Robert Concha, industriel portugais installé à Paris au début du XXe siècle, mécène de l'Opéra Garnier, propriétaire d'un château dans les Yvelines ;
Resté dans sa famille jusqu'à une date récente


Commentaire : L'intérêt porté aux pierres comme support précieux pour les peintres (marbres, agates, lapis lazuli etc.) prend son essor sous le règne des Médicis. La manufacture de l'Opificio delle pietre dure à Florence, créée en 1588 par Ferdinand Ier, a un rôle déterminant pour leur diffusion. Les peintres Ludovico Cigoli, Francesco Ligozzi, Giovanni Bilivert ou Jacopo Ligozzi l'utilisent régulièrement, réalisant de véritables objets d'art mêlant hasards de la nature et talent artistique.

Élève de Giovanni Stradano puis de Santi di Tito, Tempesta fut très célèbre de son vivant, apprécié pour sa virtuosité quelle que soit la technique employée. Sa production comprend des fresques, des portraits, des cycles de gravures, ou encore des peintures sur supports précieux (marbre, lapis-lazuli, dendrite, albâtre…). Malgré tout le talent démontré par l'artiste à grande échelle en travaillant à la Loggia du Pape Grégoire XIII au Vatican, ainsi qu'à la décoration de plusieurs palais fastueux comme la villa Farnese de Caprarola, les collectionneurs sont plus particulièrement attirés par ses miniatures peintes sur pierre. Recevant des commandes de mécènes prestigieux, ses œuvres rejoignent les collections de Côme II de Médicis, Rodolphe II (son inventaire fait état entre 1607 et 1611 de deux scènes de chasses, aujourd'hui au Kunsthistorisches Museum de Vienne), puis au XVIIe siècle celles des principaux monarques tels Louis XIV.

Antonio Tempesta joue sur les formes aléatoires dessinées par les veines de son support pour faire naître le décor de ses compositions. Ici, il anime son sujet à l'aide de nuées et de montagnes élaborées à partir des volutes de l'albâtre retravaillées à cet effet. Le goût de l'artiste pour les scènes de bataille et de chasse est perceptible à travers le soin apporté au traitement des animaux domestiques et exotiques ainsi qu'à celui des soldats. La culture du maniérisme tardif, dans laquelle il a été formé, se retrouve dans les figures dansantes des femmes et de l'enfant au premier plan.

Deux épisodes successifs, tirés de l'histoire de Jacob, sont ici représentés. En bas à gauche, la lutte de Jacob et l'ange (Genèse, 32 : 25-33), qui survient alors qu'il chemine accompagné de la caravane de ses femmes, enfants, serviteurs et troupeaux. Au centre, on discerne la réconciliation de Jacob avec son frère Esaü (Genèse 33 : 1-17) alors accompagné de ses quatre cents soldats. Jacob se prosterne sept fois avant qu'Esaü ne l'étreigne, scellant leur réconciliation vingt ans après que le cadet ait subtilisé le droit d'ainesse à son jumeau. Au sommet de la composition, Dieu le père veille entouré d'angelots.

Notre peinture peut être mise en rapport avec un groupe d'œuvres similaires, la plupart relatives à l'Ancien Testament. 'Le Passage de la Mer Rouge', lui aussi sur albâtre, signé de Tempesta et cintré, est de plus grand format (90 x 70 cm, Collection Giulini, voir cat. exp. 'Pietra Dipinta, Tesori nascoti del '500 e del '600 da una collezione privata milanese', Milan, 2000, n°48, repr. p. 92). Ce dernier a été rapproché d'un ensemble de six œuvres décrites par Bocchi et Cinelli dans la collection Niccolini à Florence en 1677. De ces six pièces, on ne connaît le sujet que de quatre d'entre elles : Pharaon englouti, Moïse fait jaillir l'eau du rocher, Jacob et Laban se séparent, La victoire des Hébreux sur les Assyriens.

Estimation 60 000 - 80 000 €

Vendu 85 800 €
* Les résultats sont affichés frais acheteur et taxes compris. Ils sont générés automatiquement et peuvent subir des modifications.

Détails de la vente

Vente : 3949
Date : 13 nov. 2019 18:00
Commissaire-priseur : Matthieu Fournier

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