Vente Bibliothèque littéraire et poétique - 16 octobre 2013 /Lot 109 ALFRED DE VIGNY. L.A.S. A VICTOR HUGO Datée de Maine-Giraud, le jeudi 23 octobre 1849. 3 pp. in-8, à l’encre brune, sur double feuil...

  • ALFRED DE VIGNY. L.A.S. A VICTOR HUGO Datée de Maine-Giraud, le jeudi 23 octobre 1849. 3 pp. in-8, à l’encre brune, sur double feuil...
ALFRED DE VIGNY. L.A.S. A VICTOR HUGO Datée de Maine-Giraud, le jeudi 23 octobre 1849. 3 pp. in-8, à l'encre brune, sur double feuille de papier pelure gaufré « Bath ». Petit cachet de provenance non identifié au bas du verso du second feuillet. Excellent état de conservation. EMOUVANTE ET LONGUE LETTRE DE REMERCIEMENT A SON VIEIL ET GRAND AMI, APRES AVOIR ETE ELU, GRACE A SON INFLUENCE, DIRECTEUR DE L'ACADEMIE FRANÇAISE. Il s'agit sans doute de la dernière lettre de Vigny à Hugo. « Comment pourrais-je penser, mon cher Victor, que cette élection se fût faite sans vous ? Votre main a jeté mon nom dans l'urne du scrutin et je vous reconnais malgré votre silence. Depuis dix huit mois que j'habite cette terre rien ne m'avait fait prévoir ce retour de l'Académie Française, en mon absence, vers mon nom si longtemps oublié en ma présence. Lorsque j'en ai indirectement reçu la nouvelle, j'étais troublé par les plus grandes inquiétudes non seulement pour la santé mais pour la vie de madame de Vigny dont la poitrine attaquée il y a un an, rétablie par un long séjour dans ce beau pays sans hivers, venait de recevoir une nouvelle et profonde atteinte. Ne pouvant ni l'emmener ni la quitter, je craignais d'abord ne pouvoir pas assurer la présidence de l'Académie. Mais aujourd'hui que je suis entièrement rassuré par les médecins qui m'entourent trop souvent, j'ai la certitude de m'asseoir très incessamment au fauteuil nouveau qui m'est réservé. (...) » Le 8 mai 1845, après l'avoir fait attendre pendant de longues années, l'Académie Française admit enfin Vigny sous la coupole, par 20 voix au premier tour, et c'est son vieux complice Hugo, académicien depuis 1841, qui le lui apprend par lettre dès la fin du scrutin. Mais le jour de sa réception, le 25 janvier 1846, son discours certes un peu trop long et qui pouvait paraître prétentieux, lui attira les risées du public et les impertinences que le comte Molé s'amusa à glisser dans sa réponse achevèrent de l'humilier. Cet accueil ironique de l'Académie décida Vigny de plus résider à Paris et de se retirer dans sa fameuse « tour d'ivoire », sur ses terres du Maine-Giraud, près de Blanzac, dans l'Angoumois. C'est dans cette retraite à peu près complète qu'il écrivit ses plus beaux poèmes qui formeront le recueil posthume des Destinées. L'Académie, quant à elle, faisait mine d'oublier ce membre si « sauvage » et de si mauvaise composition ; et elle l'aurait tout à fait oublié sans la persévérance d'une poignée d'amis, au premier rang desquels il faut bien sûr compter Hugo. C'est lui qui fit donc revenir son ami à la mémoire de ses pairs, en le faisant accéder au titre de directeur de l'Académie. EXCEPTIONNEL DOCUMENT REUNISSANT CES DEUX FIGURES MAJEURES DE LA LITTERATURE.
Estimation 6 000 - 8 000 €

Vendu 9 093 €
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Lot 109

ALFRED DE VIGNY. L.A.S. A VICTOR HUGO Datée de Maine-Giraud, le jeudi 23 octobre 1849. 3 pp. in-8, à l’encre brune, sur double feuil...

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ALFRED DE VIGNY. L.A.S. A VICTOR HUGO Datée de Maine-Giraud, le jeudi 23 octobre 1849. 3 pp. in-8, à l'encre brune, sur double feuille de papier pelure gaufré « Bath ». Petit cachet de provenance non identifié au bas du verso du second feuillet. Excellent état de conservation. EMOUVANTE ET LONGUE LETTRE DE REMERCIEMENT A SON VIEIL ET GRAND AMI, APRES AVOIR ETE ELU, GRACE A SON INFLUENCE, DIRECTEUR DE L'ACADEMIE FRANÇAISE. Il s'agit sans doute de la dernière lettre de Vigny à Hugo. « Comment pourrais-je penser, mon cher Victor, que cette élection se fût faite sans vous ? Votre main a jeté mon nom dans l'urne du scrutin et je vous reconnais malgré votre silence. Depuis dix huit mois que j'habite cette terre rien ne m'avait fait prévoir ce retour de l'Académie Française, en mon absence, vers mon nom si longtemps oublié en ma présence. Lorsque j'en ai indirectement reçu la nouvelle, j'étais troublé par les plus grandes inquiétudes non seulement pour la santé mais pour la vie de madame de Vigny dont la poitrine attaquée il y a un an, rétablie par un long séjour dans ce beau pays sans hivers, venait de recevoir une nouvelle et profonde atteinte. Ne pouvant ni l'emmener ni la quitter, je craignais d'abord ne pouvoir pas assurer la présidence de l'Académie. Mais aujourd'hui que je suis entièrement rassuré par les médecins qui m'entourent trop souvent, j'ai la certitude de m'asseoir très incessamment au fauteuil nouveau qui m'est réservé. (...) » Le 8 mai 1845, après l'avoir fait attendre pendant de longues années, l'Académie Française admit enfin Vigny sous la coupole, par 20 voix au premier tour, et c'est son vieux complice Hugo, académicien depuis 1841, qui le lui apprend par lettre dès la fin du scrutin. Mais le jour de sa réception, le 25 janvier 1846, son discours certes un peu trop long et qui pouvait paraître prétentieux, lui attira les risées du public et les impertinences que le comte Molé s'amusa à glisser dans sa réponse achevèrent de l'humilier. Cet accueil ironique de l'Académie décida Vigny de plus résider à Paris et de se retirer dans sa fameuse « tour d'ivoire », sur ses terres du Maine-Giraud, près de Blanzac, dans l'Angoumois. C'est dans cette retraite à peu près complète qu'il écrivit ses plus beaux poèmes qui formeront le recueil posthume des Destinées. L'Académie, quant à elle, faisait mine d'oublier ce membre si « sauvage » et de si mauvaise composition ; et elle l'aurait tout à fait oublié sans la persévérance d'une poignée d'amis, au premier rang desquels il faut bien sûr compter Hugo. C'est lui qui fit donc revenir son ami à la mémoire de ses pairs, en le faisant accéder au titre de directeur de l'Académie. EXCEPTIONNEL DOCUMENT REUNISSANT CES DEUX FIGURES MAJEURES DE LA LITTERATURE.
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Vente : 2398
Date : 16 oct. 2013 14:30

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Bibliothèque littéraire et poétique. Livres et manuscrits des 19e et 20e siècles