Une toile ambitieuse et impressionnante de l’artiste Georges Moreau de Tours
 

Georges Moreau dit Moreau de Tours
Georges Moreau dit Moreau de Tours (1848-1901)
La Morphine ou Les Morphinées
Vendu 529 800 €

 

Matthias Ambroselli
Matthias Ambroselli
Spécialiste

Présentée aux enchères chez Artcurial en mars 2018, cette toile intitulée La Morphine ou Les Morphinées, aussi impressionnante qu'ambitieuse rassemble la quasi-totalité des qualités qui nourrissent la désirabilité d'une œuvre. D’abord le sujet, qui est éminemment provocateur et moderne. Il y a l’exposition au Salon de 1886, qui atteste de l’importance du tableau pour le public, la critique et son inventeur.

 

La provenance tracée depuis les origines, et la résonance historique et bibliographique importante sont également des éléments particulièrement séduisants de l’objet. Enfin et surtout, la toile dégage cette manière et ce style atypique, révélant une identité plastique propre affirmée avec force par l’artiste. Cet ensemble de caractéristiques, comme des attributs de cette peinture nous permettent de l'ériger sans équivoque au rang des chefs-d'œuvre de son temps. De façon assez intéressante, le seul élément que l'on pourrait considérer comme manquant a ce tableau s'avère être le plus attendu de tous dans le contexte de marché actuel : entendons-le comme 'l'impératif du grand nom'. Car l'inventeur de cette composition ne fait assurément pas partie de ces artiste-stars que la subjective histoire de l'art a décidé de retenir.

 

Peut-être à raison... Moreau de Tours est un nom qui résonne davantage dans les milieux scientifiques que dans les salons artistiques. Mais Georges Moreau de Tours, élève du réputé Alexandre Cabanel, parviendra tout de même au gré de quelques toiles, dont Les Morphinées indiscutablement, à tirer son épingle du jeu. Il s’émancipe peu à peu du classicisme prolongeant de son maître mais sans jamais le renier complètement. Son art se rapproche davantage du style d'Henri Gervex. Ce dernier fut par ailleurs bouleversé par sa rencontre avec Edouard Manet en 1873. Et l’influence du maître de L’Olympia se dégage sans conteste de notre toile. Notre artiste place ainsi habilement sa peinture à cheval entre un classicisme naturaliste encore dominant et le modernisme impressionniste se manifestant avec autorité dans les années 1880.

 

Avec 529 800 euros, le prix atteint par cette toile aux enchères, large record pour l'artiste, s'entend donc parfaitement. Il constitue également une preuve supplémentaire encourageante de la maturité grandissante du marché et des amateurs dans le détachement progressif - disons le relatif assouplissement - à cet 'impératif du grand nom' souvent immodéré. »

 

 

 

Informations
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Carine Decroi