« C’est l’histoire commune et singulière d’une famille, la mienne, désunie sous le patronyme du plus célèbre d’entre nous : Mathieu-Saint-Laurent. »

Marianne Vic

vicTrop ou pas assez, on passe sa vie à courir après quelque chose qui n’existe plus ou n’a jamais eu lieu. C’est la lecture de La Promesse de l’aube qui m’a fait dire à mes fils adolescents qu’ils avaient le droit d’aimer ailleurs, loin de leur mère. Ont-ils senti à quel point je souhaitais qu’ils vivent leur vie, tout en n’ayant qu’un désir, celui de les serrer à jamais contre mon cœur ?

Ils ont fini par y arriver.

En ce qui me concerne, ce fut plus compliqué. Il aura fallu que ma mère meure pour dépasser une mécanique dont les origines remontent à 1913.

Les enfants de ma famille, sur trois générations, ont été des enfants non désirés. Il ne fallait pas espérer qu’ils devinssent des adultes épanouis.

Au commencement, il y eut le viol. Le viol de Marianne, l’arrière-grand-mère.

De cette tragédie naquit une famille dysfonctionnelle, mue par une honte insue, transmise de génération en génération, dont la toxicité s’accrut avec le temps et l’ampleur du secret.

Pourtant, rien de ce qui est humain n’est honteux.

Ce temps a passé et morts sont ceux qui l’ont connu. En retraçant le romain familial, je voudrais que grâce leur soient rendue : Marianne, Lucienne, Yves et Brigitte. Et tenter d’ouvrir l’intime à l’universel : en chacun de nous gît une légende, s’y côtoient figures terrifiantes ou héroïques. Cette arborescence prend racine au-delà de notre conception. Parfois, il est possible d’en faire quelque chose, de s’en défaire pour épargner ceux qui nous succèdent.

C’est l’histoire commune et singulière d’une famille, la mienne, désunie sous le patronyme du plus célèbre d’entre nous : Mathieu-Saint-Laurent.

Extraits.

 

 

Informations
Rien de ce qui est humain n’est honteux, par Marianne Vic, aux éditions Fayard.
Rencontre-Signature jeudi 8 mars de 19h à 21h à la Librairie d’Art Artcurial.

 

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Carine Decroi