Le choix de
  Frédéric Harnisch
 

Depuis quelques mois, la maison de vente a accueilli un nouveau directeur au sein du département Livres & Manuscrits : Frédéric Harnisch. Spécialiste expérimenté dans le domaine des livres rares et précieux, ce dernier nous livre ses coups de cœur de la prochaine vente de son département. Elle sera dédiée à la Collection Max & Béatrice Cointreau et comporte plusieurs trésors que Frédéric Harnisch nous fait partager :

 

book
Antonio de Guevara
Le Favory de Court, contenant plusieurs advertisseme[n]s & bonnes doctrines, pour les favoris des Princes, & autres seigneurs & gentilsho[m]mes qui hantent la cour. Nouvellement traduict d'Espaignol en Françoys par maistre Jaques de Rochemore.
Lyon, Guillaume Rouillé, 1556
Estimation : 6 000 - 8 000 €

Lots 6, 15, 69 et 76
« La bibliothèque Max et Béatrice Cointreau s'articule autour de la figure de Rabelais, contemporain de François 1er. Le roi revient des campagnes d'Italie frappé par l’essor artistique qu’il y a découvert, et bien décidé à faire vivre à la France sa propre Renaissance. À la suite de Jean Grolier, son trésorier, par ailleurs grand bibliophile, la production française de reliures s’enrichit des décors inspirés de ce qu’il a vu lors de ses séjours transalpins, notamment le décor à la cire.

 

Le décor d’entrelacs (qui existe sous une forme vide), est ici mis en couleurs grâce à ce mélange de pigments, de cire d'abeille et de miel. La technique est assez simple, la réalisation parfois imparfaite, mais il se dégage de ces jeux de couleurs quelque chose de chaleureux et d'émouvant. La mise en profondeur du motif me plaît tout autant : les arabesques se superposent et s'entremêlent, suggérant un relief des plus décoratifs. »
 

 

 

 

 

book
Jean de La Fontaine
Fables choisies.
Paris, chez l'auteur puis Durand, Prault, Deslauriers, 1765-1775
Estimation : 3 000 - 4 000 €

Lot 73
« En France, pas un écolier n’échappe à la tradition d’apprendre par cœur, de réciter et d’illustrer une fable de La Fontaine. J’ai toujours plaisir à feuilleter les éditions anciennes des Fables, à chercher l’illustration de celles que j’ai moi-même apprises, et parfois, à en découvrir une que je ne connaissais pas.

 

L’édition des Fables qui constitue le lot 73 est très agréablement illustrée de gravures sur cuivre par Fessard, d’après les artistes du temps. Ces images, dans le style champêtre typique du 18ème siècle, montrent de jolis animaux installés dans de beaux paysages. Impossible de ne pas être séduit par le charme de la mise en scène ! Le texte, lui aussi gravé sur cuivre, tend à reproduire l’écriture calligraphiée de l’époque, et contribue au raffinement de l’ensemble. Cette édition d’un classique français remplit entièrement, pour moi, le contrat du livre illustré : texte et image se coordonnent à la perfection, pour notre plus grand ravissement. »

 

 

book
Jean Tixier de Ravisy
De Memorabilibus et claris mulieribus : aliquot diversorum scriptorum opera.
Paris, Simon de Colines, 1521
Estimation : 600 - 800 €

Lots 2, 6, 7, 8, 10, 12, 14, 18, 19, 21, 22, 23, 30, 31, 36, 37, 41, 42, 47, 51, 52, 53, 62, 67, 81, 82, 106, 153, 158, 159, 165, 166 et 171
« Les marques d’imprimeurs, très bien représentées dans cette collection, sont particulièrement intéressantes et inventives à cette époque. On peut les ranger en deux catégories : allégoriques ou illustrant le nom de l’imprimeur.

 

Sébastien Gryphe (lots 2, 31, 42, 81, 153), par exemple, choisit comme emblème le griffon, alors que Galliot du Pré (lots 10, 21, 30, 106, 166) joue sur l’homophonie de son nom, et orne ses productions d'un navire au-dessus duquel flotte la devise « vogue la galée ». Gilles Corrozet (lots 36, 41) joue lui aussi sur les sonorités de son patronyme, et fait fleurir sur un cœur une rose aux nombreux pétales. Robert Granjon (lots 37, 158, 159) modifie le motif du caducée, en enroulant un serpent et une branche autour d'un grand jonc...

 

D'autres imprimeurs se tournent vers l'allégorie, comme Jean Froben (lots 51, 52, 53), qui s'approprie également le caducée, ou les Marnef (lots 18, 19, 67), qui adoptent l'image d'un pélican nourrissant ses petits. Sur la marque de Robert Estienne (lots 6, 7, 8, 12, 14, 22, 23, 47, 82), imprimeur royal de François 1er, un homme élague les branches basses d'un olivier.

 

Mais ma préférence va sans hésitation à la marque de l'imprimeur Simon de Colines (62, 165, 171), qui montre deux lapins soutenant des anneaux aux initiales SDC, tandis qu'un troisième s’engouffre dans un terrier et qu’un dernier émerge de derrière un tronc d'arbre. Les adorables rongeurs m'évoquent ceux qui se tiennent aux pieds de la Dame à la licorne sur la célèbre tapisserie. »

 

 

 

Informations


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Exposition à Paris
6 décembre, de 11h à 19h
7 décembre, de 11h à 18h
8 décembre, de 14h à 18h
 

Vente à Paris
10 Décembre - 14h30
 

Contact vente
Juliette Audet
Tél. +33 1 42 99 16 58

 

 

Contact actualités
Carine Decroi