≪ (…) Il est impossible de voir rien à la fois de plus ardent et de plus chaste. ≫

Paul Claudel, 1951

Camille Claudel
Camille Claudel

Cet ensemble propose 20 œuvres inédites dont un bronze, L’Abandon, fondu par Blot du vivant de l’artiste. L’Abandon, une des œuvres majeures de l’artiste, a été éditée en 1905 et trouve son origine dans l’œuvre intitulée Sakountala. Sculpture emblématique de Camille Claudel, Sakountala présente une composition magistrale sur un thème qui fait écho à la liaison amoureuse que l’artiste entretient avec Auguste Rodin. La genèse du modèle débute en 1886 avec des esquisses en terre cuite alors que la jeune artiste est récemment entrée dans l’atelier du maitre. Elle trouve la composition finale en 1888 et présente le plâtre grandeur nature au Salon des Artistes Français ou elle est récompensée d’une mention honorable.

 

Le thème est issu d’un texte du poète hindou Kalidasa qui relate les retrouvailles de Sakountala et de son époux au Nirvana, après une séparation provoquée par un enchantement. Mais c’est avant tout le sujet du couple, très présent dans l’œuvre de Rodin à cette période, qui exprime l’osmose dans laquelle travaillent les deux artistes.

 

Sakountala présente des analogies avec Le Baiser (vers 1882), L’Éternel Printemps (vers 1884) ou L’Éternelle Idole (1890) de Rodin. Cependant, le groupe contient déjà indéniablement le langage personnel de la jeune femme comme l’a souligné son frère Paul Claudel L’Abandon est une version proche du marbre tiré du plâtre original conçu par Camille Claudel.

Camille Claudel - L’Abandon
Camille Claudel
L'Abandon 1886-1905
épreuve en bronze à patine brune n°18

 

L’épreuve présentée ici possède une provenance particulièrement intéressante. Elle a été acquise par le neveu de l’artiste, Jacques de Massary, et son épouse Cécile, née Moreau-Nelaton, lorsque ceux-ci sont de tout jeunes maries. Ils effectuent cette acquisition certainement auprès d’Eugene Blot, fondeur et marchand de Camille Claudel, à la fin de l’année 1922 ou avant le 7 janvier 1923. C’est à cette date qu’Etienne-Moreau Nelaton (1859-1927) note dans son journal être allé chez sa fille et son gendre ≪ pour voir le bronze de Camille Claudel qu’ils ont acheté et qui fait très bien dans leur salle a manger ≫. L’œuvre est conservée dans cet appartement jusqu’au décès de Cécile de Massary en 1977, et est restée dans sa descendance depuis lors.

 

Informations
Après Andromède par Auguste Rodin, vendue 3.7 millions d’euros Rodin en 2017 par Artcurial, c’est Camille Claudel qui sera mise en lumière par la maison de vente le 27 novembre prochain en collaboration avec le cabinet d’expertise Sculpture & Collection, Alexandre Lacroix et Eve Turbat. 20 œuvres originales provenant de la famille de l’artiste : bronzes, terres-cuites, plâtres mais également des œuvres inédites et préparatoires aux créations les plus célèbres de Camille Claudel. Parmi elles, deux esquisses en terre cuite de Sakountala, réalisées en 1886 et préparant la version finale en bronze de l’œuvre, appelée L’Abandon.

 

Exposition : les 24, 25, 26 et 27 novembre
Vente aux enchères : Lundi 27 novembre 2017 - 19h, consulter la vente

 

Contact Actualités
Carine Decroi
cdecroi@artcurial.com