Mobilier & Objets d’Art,
en compagnie de Christophe Decarpentrie
 

À l’occasion de la vente Mobilier & Objets d’Art Online, Une collection, marchand d’oubli, miroir d’une passion, le décorateur Christophe Decarpentrie nous livre ses coups de cœur et ses idées de mises en scène des lots de cette collection. Les enchères en ligne débutent le 21 avril et se clôturent le 28 avril à partir de 12h.

 

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Vue d’intérieur par Christophe Decarpentrie 

« Nous sommes heureux d’accueillir Christophe Decarpentrie dont les décors à travers le monde sont l’expression d’une personnalité hors du commun forgé par la musique, le cinéma, et surtout les voyages.

Partageant sa vie entre le Maroc et l’Europe, sa grande maison à Bruxelles, par chance, située en pleine ville, est une ancienne dépendance de l’Abbaye de la Cambre formant trois bâtiments autour d’un jardin.

Il a pensé sa décoration comme on les trouve à la campagne en Méditerranée, tant en Italie qu’en Espagne. Luxueuse et simple à la fois. 

En y plaçant ses meubles et œuvres d’art, il songeait constamment aux noces de Figaro de Mozart. Son salon pourrait être celui du Comte Almaviva.

Rien n’est plus réussi en décoration que lorsqu’elle appelle, par surprise, une petite musique qui la résume. 

La décoration reste un art de la tricherie. Elle est sensée corriger les imperfections.  

Une architecture simple, très essentielle est aussi inspirante qu’une maison d’architecte.

Le décorateur doit pouvoir se saisir d’une baguette magique qui d’un coup fait paraître parfait et charmant ce qui ne l’est pas. »

 

Suivons-le dans ses évocations. 


Isabelle Bresset, Directrice associée, Commissaire-priseur

 

 

 

LA SÉLECTION DE CHRISTOPHE DECARPENTRIE

 

boite

Lot 70 
Boîte à perruque d’époque Régence

Cette boîte à perruque se plaçait dans les entrées ou dans les chambres comme les boites à gants.

Mis à part l’élégance de l’objet, c’est l’histoire ancienne et les habitudes quotidiennes d’une époque que l’on fait rentrer dans la maison.

 

 
 


 

 

auguières

Lot 99
Lot de sept aiguières de style Baroque 

Lot 95
Lot de gaine dans le goût du XVIIIe siècle

Ce lot de sept aiguières à la façon de Venise est à placer pas loin d’une fenêtre pour l’éclat de lumière qu’apportent ces verreries magnifiques. 

 

Sur une longue étagère en hauteur avec une gorge de lumière, illumine le plafond d’une cuisine trop sombre- sans doute (à contrôler) verrerie de Chesnée près de Liège.

 

La mode est aux gaines modernes pour placer des objets. 

 

Une gaine à l’ancienne comme celle-ci a pour moi un charme évident, surtout quand on y présente un photophore en verre, un flambeau, une lanterne… même une sculpture moderne ou ethnique.

 

 

 

 

Trumeau

Lot 28 
Trumeau d’époque Louis XV

Ce trumeau donne de l’élégance à un dressing ou à un vestiaire.  

 

En plus, très pratique !  

 

Très beau bien-sûr au-dessus d’un meuble buffet contemporain aux formes strictes dans une salle à dîner.

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ecole hollandaise

Lot 129 
École hollandaise de la fin du XVIIe siècle

Beaucoup d’émotion devant ce bambin joufflu déguisé en seigneur. 

 

On habillait les très jeunes enfants de robes comme les petites filles. 

 

Le perroquet était un luxe supplémentaire chez les riches marchands des Pays Bas. 

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ecole flamande

Lot 132 
École flamande ou allemande du XVIIIe siècle

&

Lot 136 
Paire de miroirs de style Rococo

Quel effet décoratif que ce tableau !  

Son côté archi symétrique lui donne un coté irréel. 

Très amusant aussi la naïveté et les coloris joyeux. 

A placer bien au milieu d’un mur ou au fond d’un couloir. 

 

Fabuleuse paire de miroirs… placée au-dessus de deux portes banales leur octroyant de la noblesse.

 

Les bois dorés sont un incroyable apport de lumière entourant une porte ou un grand tableau est une solution plus classique.

 

 

 

miroirs

Lot 82 
Paire de miroirs de style Rocaille

Sublimes côte à côte face aux fenêtres dans une salle à dîner… Un charme vieille province française « Grand Maulnes ».

 

Je les mettrais dans une maison de campagne. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

BIOGRAPHIE DE CHRISTOPHE DECARPENTRIE

Christophe Decarpentrie
Christophe Decarpentrie

 

Christophe Decarpentrie est né à Anvers.

Le milieu maternel est celui du grand négoce avec les pays exotiques : un grand-père propriétaire de plantations de fruits et fondateur d’une compagnie de bateaux frigos pour les transporter.

 

Le milieu paternel est militaire et discret.

On y est amoureux de la musique.

 

La mère de Christophe va lui inculquer un amour immodéré pour sa ville d’Anvers et les fastes de l’époque du peintre Rubens.

Elle le conduira tout petit dans les ateliers de peintres. 

C’est ainsi qu’il sera amené par une femme peintre Yetta Nyssens, ancienne élève de Marie Laurencin, à apprécier la beauté simple d’une branche échouée sur la plage ou d’un caillou au formes harmonieuses.

Après les jésuites et la faculté de droit, il bifurquera vers l’art et particulièrement vers l’art du spectacle.

 

Il suivra les cours à Anvers de Mary Prijot (fondatrice de la célèbre école de mode d’Anvers) dans la section théâtre et cinéma et ensuite à Paris les mêmes cours aux Arts Décoratifs de la rue D’Ulm.

 

Il construira plus tard ses chantiers en se déplaçant avec une caméra imaginaire à l’œil, il aimera la succession des pièces, les perspectives, le tout s’emboitant comme un puzzle créant une sensation de bonheur.

 

C’est jouissif de faire équipe avec des gens qu’on ne connaissait pas auparavant, de les interroger, de tenter de rentrer dans leurs rêves, de deviner comment ils comptent vivre ce nouveau décor de vie qu’on élabore ensemble.

 

On aimera le charme d’une maison plus que son architecture.

Une mauvaise architecture est même un challenge: la décoration doit corriger les erreurs.

Il y a un véritable sport, passionnant !

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Vue d’intérieur par Christophe Decarpentrie

Il faut toujours essayer d’être intemporel, ne pas se laisser entrainer par les modes qui passent, garder en tête que la mode d’aujourd’hui est le démodé de demain.

 

Christophe Decarpentrie va voyager énormément.

Très jeune il quitte chaque été le foyer familial pour couvrir les routes avec un sac à dos…vers le Midi, vers la Croatie, vers la Grèce… Rien n’est plus beau que les iles grecques, son eau pure et bleue, ses rochers sculptés par le vent.

 

On y remonte à l’origine du monde.

Mykonos y est alors à ses débuts.

 

Il n’y a rien sur les plages même pas une gargotte pour y boire un jus de fruit… mais sa prédilection ira à Galaxidion dans le golfe du Péloponnèse, à l’horizon les falaises où se cachent les temples de Delphes, les petites plages désertes et la mythique oliveraie d’Itéa datant de l’antiquité. Ensuite, toujours avec son sac à dos ce sera la grande aventure…traverser l’Europe et l’Asie à pied et en stop et arriver à Delhi pour découvrir la magie de l’Inde.

 

Un séjour qui va durer 6 mois et où il ira de Ashram en Ashram, curieux des différents mouvements religieux et philosophiques.

 

Il y aura Katmandou, ou les Rolling Stones y sont en même temps que lui…et Goa, encore déserte, sans hôtels.

Au retour il se sent changé, il est un autre homme.

Il se lancera dans la décoration intérieure un peu par hasard.

Il y est amené de manière naturelle.

Un client voit ses maquettes de théâtre, trainant au sol contre les murs et lui demande de l’aider pour sa maison.

Ainsi va la vie…

 

Une amie plus grande voyageuse que lui encore, l’amènera à Ibiza, ile paradisiaque. 

Il acceptera des chantiers à New York dans les années 70. 

Puis ce sera le Mexique et Carees, créé par Yan Franco Brignoni et Jimmy Goldschmidt.

Sa fille Isabelle y a la plus belle plage privée du monde.

Tout le monde et beau et exquis à Careyes.

C’est une amie américaine Barbara qui y est Hermes, son guide, ouvrant les portes des sublimes palapas.

Un monde d’architectures imaginaires défiant la logique et ne pensant que couleur et beauté.

 

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Vue d’intérieur par Christophe Decarpentrie

Christophe Decarpentrie fera beaucoup de maisons privées mêlant le plaisir de la création à celui de rencontrer des gens.

Les grandes maisons lui plaisent, les châteaux aussi, il les rend habitables pour notre siècle et surtout confortables. 

Il a la chance d’avoir trouvé des collaborateurs remarquables qui le complètent par leur rigueur. 

 

Il y a quelques challenges. 

Georges de Jonckheere, le grand marchand d’Art, lui propose en 2000 de créer le Biennale au Carrousel du Louvre.

Il décide d’entrainer le public dans ses souterrains dans une antique cité romaine toute blanche, le Lutèce d’autrefois. Une ville pleine de lumière avec des Arcs de Triomphe et un Forum blanc lui aussi. 

Les médias lui font une ovation. 

 

Les maisons privées restent sa préférence mais il créera un hôtel de charme attenant au Golf du Zoute pour son vieil ami de classe Léopold Lippens.

Un autre ami lui demande un autre hôtel de charme en Suisse.

Ce sera « Le Crans » à Crans Montana.

Un projet voluptueux, chaque chambre devra évoquer une montagne dans le monde. l’Himalaya, le Rocheuses, le Haut Atlas etc… Les artisans du bois sont en Suisse des experts.

Le Crans aura des boiseries et des plafonds en bois, des balustrades en bois sculptés. 

On se donne dans le bois à cœur joie.

C’est une réussite.

 

Et la vie change de cap. 

Ce sera vers le Maroc et la ville au sud du haut Atlas. 

Taroudant, ceinte d’une haute muraille de 7km. 

Il achète une maison encastrée dans cette muraille. 

On oublie la magie Mille et une Nuit de Marrakech. 

On exaltera la beauté rude et africaine du style berbère, les maisons en pisé. 

Les murs seront toujours terre, la décoration peu chargée, les jardins magiques sous les palmiers et les bougainvilliers. 

C’est la vie qui prime, la vie au soleil et à l’ombre. 

Un mobilier hors mode en Europe, le Louis XIII y trouvera une nouvelle jeunesse. 

Il est simple et essentiel. 

Les bois sont beaux et chaleureux. 

« Se déplacer et déplacer sa vie est primordial pour garder la forme et se donner une nouvelle jeunesse. 

On finit par trouver la pluie aussi merveilleuse que le soleil. 

Les jours de pluie on pense au paysan heureux dans ses champs. 

On pense aussi à son jardin où les arbres et les plantes chantent leur bonheur. 

 

La relativité des choses devient évidente et cette attitude porte à accomplir son métier avec allégresse. 

Quand après une longue carrière, on se sent adolescent et même enfant, je crois qu’on a vraiment réussi sa vie. »

 

 

Informations
Exposition d’une sélection d’objets à Paris

21 avril, de 11h à 18h
22 avril, de 11h à 18h
23 avril, de 11h à 18h
26 avril, de 11h à 18h
27 avril, de 11h à 18h
28 avril, de 11h à 12h


 
Vente en ligne sur artcurial.com 
Consulter le Catalogue
Du 21 au 28 avril 2021 – 12h 

 

Contact vente 
Charlotte Norton