Sale Old Master & XIXth  Century Art - 27 march 2019 /Lot 343 Jean-Etienne LIOTARD Genève, 1702 - 1789 Portrait de Sir Everard Fawkener, ancien ambassadeur d'Angleterre auprès de la Sublime Porte à Constantinople

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Jean-Etienne LIOTARD Genève, 1702 - 1789
Portrait de Sir Everard Fawkener, ancien ambassadeur d'Angleterre auprès de la Sublime Porte à Constantinople
Email sur cuivre, de forme ovale
(Petits éclats)

Portrait of Sir Everard Fawkener, enamel on copper, by J. E. Liotard
h: 7,50 w: 6,10 cm

Provenance : Collection particulière, Paris

Commentaire : Petite merveille aux couleurs éclatantes, cet émail récemment redécouvert nous plonge dans l'univers intime de l'un des plus grands artistes du XVIIIe siècle : celui de l'original Jean-Etienne Liotard.
Ce portrait est important à plus d'un titre. Tout d'abord en raison de l'identité du modèle, ensuite par celle de son auteur et enfin par son médium.
Everard Fawkener (1694-1758) fut d'abord un riche marchand anglais de soie et de tissus, actif pendant neuf ans à Alep dans la compagnie familiale du Levant avant d'être nommé ambassadeur à la Sublime Porte. En poste de 1735 à 1746, il ne réside à Constantinople que de décembre 1735 à novembre 1742. A son retour à Londres, il devient secrétaire du duc de Cumberland, troisième fils du roi George II, et épouse une fille naturelle du général Charles Churchill. Impliqué dans le développement de la manufacture de porcelaine de Chelsea qui était placée sous la protection du duc de Cumberland, Fawkener était sensible aux nouveautés techniques. Ami et correspondant de Voltaire qui lui rendit visite à Londres, il était aussi membre de la Society of Dilettanti. Cet homme des Lumières, voyageur ouvert sur le monde et curieux de tout ne pouvait que s'entendre avec l'artiste cosmopolite qu'était Liotard. Ce fut bien le cas puisqu'une solide amitié unissait les deux hommes. Constantinople fut le lieu de leur rencontre. L'ambassadeur réussit à convaincre William Ponsonby et John Montagu, dans les bagages desquels Liotard était venu, de le libérer de son obligation de les suivre dans la suite de leur périple vers l'Egypte. Liotard lui restera éternellement reconnaissant et dessina vers 1738-1740 le magnifique portrait assis de Fawkener (fig.1, Norwich Castle Museum and Art Gallery) dans lequel se lit déjà l'intimité qui unit les deux hommes. Trois autres portraits de Fawkener suivront, certainement tous réalisés en 1754 lors du voyage à Londres de Liotard chez son ami désormais âgé de 60 ans : le premier est un pastel sur vélin le représentant en buste et à l'imitation d'un camée (Victoria & Albert Museum, Londres), le second est l'émail conservé à l'Ashmolean Museum d'Oxford (8 x 6,6 cm, fig. 2) et le dernier est celui que nous présentons aujourd'hui. Contrairement à celui de l'Ashmolean, le nôtre ne porte ni inscription ni dédicace au verso. Pour cette raison, nous pensons qu'il s'agit d'un second exemplaire réalisé par Liotard pour lui-même afin de garder le souvenir de son ami après son départ de Londres.
Liotard tenait en très haute estime la peinture sur émail comme l'atteste son Autoportrait à la barbe et toque moldave de 1748 (collection particulière). Il écrit dans l'introduction à son traité1 à propos de cet autoportrait qu'il s'était " immortalisé " dans l'émail " inaltérable " qui était destiné à " reproduire le passé et l'enchainer au présent ".
Au Salon de l'Académie de Saint-Luc à Paris en 1752, Liotard exposa une miniature à côté du dessin préparatoire au crayon afin de démontrer la difficulté et la prouesse technique de la peinture sur émail.
Si l'ouvrage français de Ferrand était considéré au XVIIIe siècle comme la référence pour l'étude de la peinture sur émail2, il s'agissait d'une technique peu valorisée en France3. Lorsqu'au début des années 1770, un logement fut attribué au Louvre au peintre sur émail Pierre Pasquier aucun autre émailleur ne bénéficiait depuis 1756 d'un tel avantage. Si la miniature sur émail n'était pas prisée à Paris au XVIIIe siècle, elle l'était en revanche à Londres et Genève et c'est dans l'atelier du miniaturiste et émailleur genevois Daniel Gardelle que se forma plusieurs mois Liotard en 1722. Environ trente émaux de Liotard sont aujourd'hui connus mais la redécouverte de ce portrait de Sir Everard Fawkener nous incite à penser que le nombre réalisé dû être plus important.

Nous remercions Monsieur Marcel Röthlisberger de nous avoir aimablement confirmé l'authenticité de cette œuvre d'après photographie (communication orale).

1. Traité des principes et des règles de la peinture, Par Jean-Etienne Liotard, peintre, citoyen de Genève, Genève, 1781.
2. Jacques Philippe Ferrand, L'art du feu ou de peindre en émail, Paris, 1721.
3. Au sujet de la technique de l'émail, voir R. de Plinval de Guillebon, Pierre Adolphe Hall, Miniaturiste suédois, Peintre du Roi et des Enfants de France, Paris, 2000, p. 83-84

Estimation 50 000 - 80 000 €

Sold 63,700 €
* Results are displayed including buyer's fees and taxes. They are generated automatically and can be modified.

Lot 343

Jean-Etienne LIOTARD Genève, 1702 - 1789
Portrait de Sir Everard Fawkener, ancien ambassadeur d'Angleterre auprès de la Sublime Porte à Constantinople

Sold 63,700 € [$]

Jean-Etienne LIOTARD Genève, 1702 - 1789
Portrait de Sir Everard Fawkener, ancien ambassadeur d'Angleterre auprès de la Sublime Porte à Constantinople
Email sur cuivre, de forme ovale
(Petits éclats)

Portrait of Sir Everard Fawkener, enamel on copper, by J. E. Liotard
h: 7,50 w: 6,10 cm

Provenance : Collection particulière, Paris

Commentaire : Petite merveille aux couleurs éclatantes, cet émail récemment redécouvert nous plonge dans l'univers intime de l'un des plus grands artistes du XVIIIe siècle : celui de l'original Jean-Etienne Liotard.
Ce portrait est important à plus d'un titre. Tout d'abord en raison de l'identité du modèle, ensuite par celle de son auteur et enfin par son médium.
Everard Fawkener (1694-1758) fut d'abord un riche marchand anglais de soie et de tissus, actif pendant neuf ans à Alep dans la compagnie familiale du Levant avant d'être nommé ambassadeur à la Sublime Porte. En poste de 1735 à 1746, il ne réside à Constantinople que de décembre 1735 à novembre 1742. A son retour à Londres, il devient secrétaire du duc de Cumberland, troisième fils du roi George II, et épouse une fille naturelle du général Charles Churchill. Impliqué dans le développement de la manufacture de porcelaine de Chelsea qui était placée sous la protection du duc de Cumberland, Fawkener était sensible aux nouveautés techniques. Ami et correspondant de Voltaire qui lui rendit visite à Londres, il était aussi membre de la Society of Dilettanti. Cet homme des Lumières, voyageur ouvert sur le monde et curieux de tout ne pouvait que s'entendre avec l'artiste cosmopolite qu'était Liotard. Ce fut bien le cas puisqu'une solide amitié unissait les deux hommes. Constantinople fut le lieu de leur rencontre. L'ambassadeur réussit à convaincre William Ponsonby et John Montagu, dans les bagages desquels Liotard était venu, de le libérer de son obligation de les suivre dans la suite de leur périple vers l'Egypte. Liotard lui restera éternellement reconnaissant et dessina vers 1738-1740 le magnifique portrait assis de Fawkener (fig.1, Norwich Castle Museum and Art Gallery) dans lequel se lit déjà l'intimité qui unit les deux hommes. Trois autres portraits de Fawkener suivront, certainement tous réalisés en 1754 lors du voyage à Londres de Liotard chez son ami désormais âgé de 60 ans : le premier est un pastel sur vélin le représentant en buste et à l'imitation d'un camée (Victoria & Albert Museum, Londres), le second est l'émail conservé à l'Ashmolean Museum d'Oxford (8 x 6,6 cm, fig. 2) et le dernier est celui que nous présentons aujourd'hui. Contrairement à celui de l'Ashmolean, le nôtre ne porte ni inscription ni dédicace au verso. Pour cette raison, nous pensons qu'il s'agit d'un second exemplaire réalisé par Liotard pour lui-même afin de garder le souvenir de son ami après son départ de Londres.
Liotard tenait en très haute estime la peinture sur émail comme l'atteste son Autoportrait à la barbe et toque moldave de 1748 (collection particulière). Il écrit dans l'introduction à son traité1 à propos de cet autoportrait qu'il s'était " immortalisé " dans l'émail " inaltérable " qui était destiné à " reproduire le passé et l'enchainer au présent ".
Au Salon de l'Académie de Saint-Luc à Paris en 1752, Liotard exposa une miniature à côté du dessin préparatoire au crayon afin de démontrer la difficulté et la prouesse technique de la peinture sur émail.
Si l'ouvrage français de Ferrand était considéré au XVIIIe siècle comme la référence pour l'étude de la peinture sur émail2, il s'agissait d'une technique peu valorisée en France3. Lorsqu'au début des années 1770, un logement fut attribué au Louvre au peintre sur émail Pierre Pasquier aucun autre émailleur ne bénéficiait depuis 1756 d'un tel avantage. Si la miniature sur émail n'était pas prisée à Paris au XVIIIe siècle, elle l'était en revanche à Londres et Genève et c'est dans l'atelier du miniaturiste et émailleur genevois Daniel Gardelle que se forma plusieurs mois Liotard en 1722. Environ trente émaux de Liotard sont aujourd'hui connus mais la redécouverte de ce portrait de Sir Everard Fawkener nous incite à penser que le nombre réalisé dû être plus important.

Nous remercions Monsieur Marcel Röthlisberger de nous avoir aimablement confirmé l'authenticité de cette œuvre d'après photographie (communication orale).

1. Traité des principes et des règles de la peinture, Par Jean-Etienne Liotard, peintre, citoyen de Genève, Genève, 1781.
2. Jacques Philippe Ferrand, L'art du feu ou de peindre en émail, Paris, 1721.
3. Au sujet de la technique de l'émail, voir R. de Plinval de Guillebon, Pierre Adolphe Hall, Miniaturiste suédois, Peintre du Roi et des Enfants de France, Paris, 2000, p. 83-84

Estimation 50 000 - 80 000 €

Sold 63,700 €
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Sale: 3857
Date: 27 mar. 2019 19:00
Auctioneer: Matthieu Fournier

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