Sale From Italy to France, A European Passion - 09 june 2021 /Lot 14 Pierre-Charles TRÉMOLIÈRES Cholet, 1703 - Paris, 1739 Agar et l'ange au désert

  • Pierre-Charles TRÉMOLIÈRES Cholet, 1703 - Paris, 1739 Agar et l'ange au désert Huile sur toile marouflée sur panneau
  • Pierre-Charles TRÉMOLIÈRES Cholet, 1703 - Paris, 1739 Agar et l'ange au désert Huile sur toile marouflée sur panneau
  • Pierre-Charles TRÉMOLIÈRES Cholet, 1703 - Paris, 1739 Agar et l'ange au désert Huile sur toile marouflée sur panneau
Pierre-Charles TRÉMOLIÈRES Cholet, 1703 - Paris, 1739
Agar et l'ange au désert
Huile sur toile marouflée sur panneau
Une ancienne étiquette au verso
(Agrandie d'une bande de 1 cm en partie supérieure et de 2 cm dans le bas)

Hagar and the angel, oil on canvas laid down on panel, by P. Ch. Trémolières
h: 41,50 w: 29 cm

Provenance : Vente anonyme ; Paris, Boisgirard & Associés, 8 avril 2009, n° 110 (comme Ecole française vers 1760) ;
Galerie Terrades, Paris, 2010, n° 2 du catalogue ;
Acquis auprès de celle-ci par l'actuel propriétaire ;
Collection particulière européenne


Commentaire : C'est fort de l'appui d'un puissant protecteur, le comte de Caylus, que Pierre-Charles Trémolières franchit les Alpes en 1728 pour se joindre aux pensionnaires de l'Académie de France à Rome, malgré la place de second obtenue au Grand Prix de 1726. Le peintre originaire de Cholet était arrivé à Paris quelques années auparavant, en 1719, où il se distingua au sein de l'atelier de Jean-Baptiste van Loo et participa au projet du recueil Jullienne aux côtés de François Boucher.
Du séjour romain de Trémolières, nous savons qu'il exécuta pour le roi une copie d'après Guido Reni, 'La Vierge et l'Enfant Jésus apparaissant à saint Paul Ermite et saint Antoine Abbé' (musée de Grenoble) et qu'il montrait un goût particulier pour le dessin de paysages d'après nature, allant, à la belle saison " sans cesse dessiner dans les campagnes1 ". Sur le chemin du retour, en 1734, il s'arrêta 18 mois à Lyon où il reçoit la commande de six tableaux pour les Carmes déchaussés. Il est agréé à l'Académie royale en 1736 puis reçu en 1737, année où il commence à travailler aux merveilleux décors de l'hôtel de Soubise, avant une mort prématurée en 1739, qui explique en partie que ce talentueux artiste soit encore aujourd'hui trop méconnu.
Vigueur de la touche, harmonie du coloris, vibration du paysage caractérisent la petite huile sur toile présentée ici, qui constitue probablement une esquisse pour une composition de plus grandes dimensions, à moins que le peintre n'ait eu ici plaisir à peindre avec légèreté et rapidité ces trois personnages de l'Ancien Testament dans une touche relâchée pour un amateur ou sa propre délectation.
L'épisode représenté est tiré de la Genèse. A la demande de sa femme Sara, Abraham a renvoyé sa servante Agar et le fils qu'il avait eu d'elle, Ismaël. Dans le désert de Bersabée, l'eau vint à leur manquer et le désespoir la gagna, craignant de voir mourir son fils. L'Ange du Seigneur lui apparut alors, l'encourageant : " Debout ! soulève le petit et tiens-le ferme, car j'en ferai une grande nation. " Apercevant un puits, elle put remplir son outre et faire boire Ismaël (Gn 21, 15-19).
Le sujet semble avoir séduit Trémolières qui le représenta à plusieurs reprises, dans un format vertical comme ici. Un tableau signé et daté de 1729, préparé par une sanguine conservée à l'ENSBA (fig. 1), offre un schéma de composition proche de notre toile, avec un cadrage resserré sur les figures, ne laissant deviner qu'une rare végétation et un sol rocheux signifiant le désert qui les entoure. Dans les deux cas, une nuée portant l'Ange enveloppe les personnages, celui -ci désigne du doigt le puits d'où Agar pourra puiser de l'eau pour remplir l'outre renversée à ses pieds. Le coloris vénitien employé ici par Trémolières nous permet de supposer que cette esquisse fut réalisée au cours ou à l'issue du séjour italien du peintre, et peut-être postérieurement à la composition de 1729. Nous retrouvons ici, dans ces coups de pinceaux maîtrisés et virtuoses, le " génie facile " d'un peintre sachant " allier aux grâces de la composition celles du pinceau " reconnu à l'artiste dans son éloge funèbre publié dans le 'Mercure de France'².

1. Caylus, cité dans le cat. exp. 'Trémolières', musée de Cholet, 1973, p. 92.
2. Juillet 1739, p. 1619.


With the support of a powerful patron, the Comte de Caylus, Pierre-Charles Trémolières was able to cross the Alps in 1728 to join the pensionnaires of the French Academy in Rome, despite having only won second place in the Grand Prix of 1726. Originally from Cholet, he had arrived in Paris a few years earlier in 1719 and had excelled in the studio of Jean-Baptiste van Loo, while also participating in the Recueil Jullienne project with François Boucher.
While in Rome, he painted a copy of Guido Reni's Virgin and Child Appearing to St. Paul the Hermit and St. Anthony Abbot (Grenoble museum), for the king. He was also especially interested in drawing landscapes from nature and, during fine weather, "regularly went drawing in the countryside"1. On his way back to Paris in 1734, he spent 18 months in Lyon where he was given a commission to paint six works for the Discalced Carmelites. He became an agréé at the Académie Royale in 1736 and was admitted a full member in 1737, the year he started to work on the magnificent decorations of the Hôtel de Soubise. His premature death two years later partly explains why this talented artist is still too little known today.
Vigour of handling, harmony of palette, vibration in the landscape, are characteristics of the small painting on canvas presented here. It is probably a sketch for a larger composition, unless Trémolières had the pleasure of painting these three figures from the Old Testament lightly and quickly with a free touch for a connoisseur or his own personal enjoyment.
The episode here is taken from the book of Genesis. Abraham's wife Sara asked him to send away the servant Hagar and their son, Ishmael. In the desert of Beersheba, they ran out of water and she was overcome with despair, afraid she would see her son die. The Angel of the Lord appeared to her, encouraging her to "lift the boy up and take him by the hand, for I will make him into a great nation" (Genesis 21, 15-19).
The subject seems to have appealed especially to Trémolières as he painted it several times in a vertical format, like here. A version signed and dated 1729 and prepared by a red chalk drawing at the Ecole des Beaux-Arts (fig.1) shows a compositional arrangement similar to ours, with the figures dominating the scene, only sparse vegetation, and rocky ground representing the desert surrounding them. In both cases, a cloud carrying the angel envelops the figures, while the angel points a finger to the well where Hagar will be able to draw water to fill the overturned gourd at her feet. The Venetian colour used here by Trémolières suggests that this sketch was made during or shortly after the painter's time in Italy, perhaps by reusing the 1729 composition. The painting shows the masterly and virtuoso brushstrokes, the "easy genius" of a painter who "combined the grace of composition with that of the brush", for which Trémolières was praised in his obituary in the Mercure de France2.

1. "sans cesse dessiner dans les campagnes", Caylus, cited in exh. cat. Trémolières, Musée de Cholet, 1973, p. 92
2. July 1739, p. 1619

Estimation 20 000 - 30 000 €

Lot 14

Pierre-Charles TRÉMOLIÈRES Cholet, 1703 - Paris, 1739
Agar et l'ange au désert

Estimation 20,000 - 30,000 € [$]

Pierre-Charles TRÉMOLIÈRES Cholet, 1703 - Paris, 1739
Agar et l'ange au désert
Huile sur toile marouflée sur panneau
Une ancienne étiquette au verso
(Agrandie d'une bande de 1 cm en partie supérieure et de 2 cm dans le bas)

Hagar and the angel, oil on canvas laid down on panel, by P. Ch. Trémolières
h: 41,50 w: 29 cm

Provenance : Vente anonyme ; Paris, Boisgirard & Associés, 8 avril 2009, n° 110 (comme Ecole française vers 1760) ;
Galerie Terrades, Paris, 2010, n° 2 du catalogue ;
Acquis auprès de celle-ci par l'actuel propriétaire ;
Collection particulière européenne


Commentaire : C'est fort de l'appui d'un puissant protecteur, le comte de Caylus, que Pierre-Charles Trémolières franchit les Alpes en 1728 pour se joindre aux pensionnaires de l'Académie de France à Rome, malgré la place de second obtenue au Grand Prix de 1726. Le peintre originaire de Cholet était arrivé à Paris quelques années auparavant, en 1719, où il se distingua au sein de l'atelier de Jean-Baptiste van Loo et participa au projet du recueil Jullienne aux côtés de François Boucher.
Du séjour romain de Trémolières, nous savons qu'il exécuta pour le roi une copie d'après Guido Reni, 'La Vierge et l'Enfant Jésus apparaissant à saint Paul Ermite et saint Antoine Abbé' (musée de Grenoble) et qu'il montrait un goût particulier pour le dessin de paysages d'après nature, allant, à la belle saison " sans cesse dessiner dans les campagnes1 ". Sur le chemin du retour, en 1734, il s'arrêta 18 mois à Lyon où il reçoit la commande de six tableaux pour les Carmes déchaussés. Il est agréé à l'Académie royale en 1736 puis reçu en 1737, année où il commence à travailler aux merveilleux décors de l'hôtel de Soubise, avant une mort prématurée en 1739, qui explique en partie que ce talentueux artiste soit encore aujourd'hui trop méconnu.
Vigueur de la touche, harmonie du coloris, vibration du paysage caractérisent la petite huile sur toile présentée ici, qui constitue probablement une esquisse pour une composition de plus grandes dimensions, à moins que le peintre n'ait eu ici plaisir à peindre avec légèreté et rapidité ces trois personnages de l'Ancien Testament dans une touche relâchée pour un amateur ou sa propre délectation.
L'épisode représenté est tiré de la Genèse. A la demande de sa femme Sara, Abraham a renvoyé sa servante Agar et le fils qu'il avait eu d'elle, Ismaël. Dans le désert de Bersabée, l'eau vint à leur manquer et le désespoir la gagna, craignant de voir mourir son fils. L'Ange du Seigneur lui apparut alors, l'encourageant : " Debout ! soulève le petit et tiens-le ferme, car j'en ferai une grande nation. " Apercevant un puits, elle put remplir son outre et faire boire Ismaël (Gn 21, 15-19).
Le sujet semble avoir séduit Trémolières qui le représenta à plusieurs reprises, dans un format vertical comme ici. Un tableau signé et daté de 1729, préparé par une sanguine conservée à l'ENSBA (fig. 1), offre un schéma de composition proche de notre toile, avec un cadrage resserré sur les figures, ne laissant deviner qu'une rare végétation et un sol rocheux signifiant le désert qui les entoure. Dans les deux cas, une nuée portant l'Ange enveloppe les personnages, celui -ci désigne du doigt le puits d'où Agar pourra puiser de l'eau pour remplir l'outre renversée à ses pieds. Le coloris vénitien employé ici par Trémolières nous permet de supposer que cette esquisse fut réalisée au cours ou à l'issue du séjour italien du peintre, et peut-être postérieurement à la composition de 1729. Nous retrouvons ici, dans ces coups de pinceaux maîtrisés et virtuoses, le " génie facile " d'un peintre sachant " allier aux grâces de la composition celles du pinceau " reconnu à l'artiste dans son éloge funèbre publié dans le 'Mercure de France'².

1. Caylus, cité dans le cat. exp. 'Trémolières', musée de Cholet, 1973, p. 92.
2. Juillet 1739, p. 1619.


With the support of a powerful patron, the Comte de Caylus, Pierre-Charles Trémolières was able to cross the Alps in 1728 to join the pensionnaires of the French Academy in Rome, despite having only won second place in the Grand Prix of 1726. Originally from Cholet, he had arrived in Paris a few years earlier in 1719 and had excelled in the studio of Jean-Baptiste van Loo, while also participating in the Recueil Jullienne project with François Boucher.
While in Rome, he painted a copy of Guido Reni's Virgin and Child Appearing to St. Paul the Hermit and St. Anthony Abbot (Grenoble museum), for the king. He was also especially interested in drawing landscapes from nature and, during fine weather, "regularly went drawing in the countryside"1. On his way back to Paris in 1734, he spent 18 months in Lyon where he was given a commission to paint six works for the Discalced Carmelites. He became an agréé at the Académie Royale in 1736 and was admitted a full member in 1737, the year he started to work on the magnificent decorations of the Hôtel de Soubise. His premature death two years later partly explains why this talented artist is still too little known today.
Vigour of handling, harmony of palette, vibration in the landscape, are characteristics of the small painting on canvas presented here. It is probably a sketch for a larger composition, unless Trémolières had the pleasure of painting these three figures from the Old Testament lightly and quickly with a free touch for a connoisseur or his own personal enjoyment.
The episode here is taken from the book of Genesis. Abraham's wife Sara asked him to send away the servant Hagar and their son, Ishmael. In the desert of Beersheba, they ran out of water and she was overcome with despair, afraid she would see her son die. The Angel of the Lord appeared to her, encouraging her to "lift the boy up and take him by the hand, for I will make him into a great nation" (Genesis 21, 15-19).
The subject seems to have appealed especially to Trémolières as he painted it several times in a vertical format, like here. A version signed and dated 1729 and prepared by a red chalk drawing at the Ecole des Beaux-Arts (fig.1) shows a compositional arrangement similar to ours, with the figures dominating the scene, only sparse vegetation, and rocky ground representing the desert surrounding them. In both cases, a cloud carrying the angel envelops the figures, while the angel points a finger to the well where Hagar will be able to draw water to fill the overturned gourd at her feet. The Venetian colour used here by Trémolières suggests that this sketch was made during or shortly after the painter's time in Italy, perhaps by reusing the 1729 composition. The painting shows the masterly and virtuoso brushstrokes, the "easy genius" of a painter who "combined the grace of composition with that of the brush", for which Trémolières was praised in his obituary in the Mercure de France2.

1. "sans cesse dessiner dans les campagnes", Caylus, cited in exh. cat. Trémolières, Musée de Cholet, 1973, p. 92
2. July 1739, p. 1619

Estimation 20 000 - 30 000 €

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Sale: 4129
Date: 09 jun. 2021 14:30
Auctioneer: Matthieu Fournier

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