Sale From Italy to France, A European Passion - 09 june 2021 /Lot 10 Charles-Joseph NATOIRE Nîmes, 1700 - Castel Gandolfo, 1777 La Madeleine pénitente

  • Charles-Joseph NATOIRE Nîmes, 1700 - Castel Gandolfo, 1777 La Madeleine pénitente Huile sur toile
  • Charles-Joseph NATOIRE Nîmes, 1700 - Castel Gandolfo, 1777 La Madeleine pénitente Huile sur toile
  • Charles-Joseph NATOIRE Nîmes, 1700 - Castel Gandolfo, 1777 La Madeleine pénitente Huile sur toile
Charles-Joseph NATOIRE Nîmes, 1700 - Castel Gandolfo, 1777
La Madeleine pénitente
Huile sur toile
Signée et datée 'C. Natoire / 1739' en bas à gauche

The Penitent Magdalen, oil on canvas, signed and dated, by Ch. J. Natoire
h: 66 w: 54,50 cm

Provenance : Peut-être vente de la collection de Claude-Philippe Cayeux, Paris, 11-13 décembre 1769, n° 52 ("La Madeleine pénitente, elle est assise dans un jardin: ce tableau peint par Charles Natoire, sur toile de 23 pouces 6 lignes de haut, sur 19 pouces 9 lignes de large, est de la bonne manière de ce maître") ou vente après-décès de l'artiste, Paris, Hôtel d'Aligre, 14 décembre 1778, n° 36 ("Peint sur toile, haut 24 pouces, large 19. La Madaleine pénitente ; ce tableau, d'une expression convenable au sujet est d'un ton de couleur le plus fin et d'une touche légère") ;
Vente anonyme; Londres, Sotheby's, 12 décembre 2002, n° 194 ;
Chez Didier Aaron, Paris, en 2005 ;
Acquis auprès de ce dernier par l'actuel propriétaire ;
Collection particulière européenne


Bibliographie : Peut-être Ferdinand Boyer, 'Catalogue raisonné de l'oeuvre de Charles Natoire peintre du roi (1700-1777)', Paris, 1949, p. 41, n° 250
Dimitri Salmon, " La Sainte Madeleine de Villeconin, un Natoire de provenance Rotrou de Saudreville ", in 'Bulletin de la Société historique et archéologique de Corbeil, de l'Essone et du Hurepoix', 109, 2003 (2004), n° 73, p. 112-121, repr. fig. 11
Marie-Hélène Didier et Dimitri Salmon, " Un tableau réattribué à Natoire : la 'Sainte Madeleine' de l'église de Villeconin, Essone", in 'Monumental', septembre 2007, p. 93
Susanna Caviglia-Brunel, 'Charles-Joseph Natoire', Paris, 2012, p. 248, mentionné dans la notice du n° P. 59, et p. 291, n° P.108, repr. coul. p. 59


Commentaire : Lauréat du Grand Prix en 1721 après une formation parisienne auprès de Louis Galloche et de François Lemoyne, Charles Joseph Natoire rejoignit en 1723 le palais Mancini en tant que pensionnaire de l'Académie de France à Rome. Au cours de ce séjour, il étudie et dessine d'après nature paysages et antiques, s'intéresse à l'œuvre de Pierre de Cortone et passe quelques temps à Venise. À son retour à Paris en 1729, ces premières années italiennes - il sera nommé par la suite directeur de l'Académie de France à Rome en 1751 et y passera le reste de sa vie - laissent une empreinte sensible dans l'art lyrique et délicat de ce peintre.
Cette Madeleine pénitente datée de 1739 reprend avec quelques variantes une composition de grand format (220 x 154 cm) peinte par Natoire vers 1735 pour la chapelle du château de Saudreville, à Villeconin (Essone), dédiée à la sainte. Commandée par Michel-Chrétien de Rotrou, la toile est aujourd'hui visible dans l'église de Villeconin1. De dimensions plus modestes, notre Madeleine fut probablement exécutée pour un commanditaire ayant vu celle de Villeconin, peut-être pour Claude-Philippe Cayeux dont la vente en 1769 mentionne un tableau qui pourrait être celui-ci. La position de la sainte, assise face au spectateur les mains jointes et les yeux levés vers le ciel, avait déjà été imaginée par Natoire pour représenter 'Agar dans le désert' dans un tableau peint en 1732 pour l'hôtel du duc d'Antin à Paris² (fig. 1) et n'est pas sans rappeler la 'Madeleine pénitente' de Charles Le Brun, conservée au musée du Louvre.
Quelques différences peuvent être observées entre le tableau de Villeconin et celui de notre collectionneur, comme l'apparition de deux angelots dans le ciel, celle d'un Christ sur la croix posée au sol et enfin celle du sein droit de la Madeleine, conférant à la composition une touche de sensualité supplémentaire. C'est avec beaucoup de sensibilité et une grande richesse de détails que Natoire exécute cette Madeleine. L'œil du spectateur passe avec délectation de la végétation à la roche, d'un rayon de lumière aux larmes roulant sur les joues de la sainte, ou encore du ciel rougeoyant au drapé orangé couvrant ses genoux. L'harmonie du coloris est d'une grande subtilité et témoigne de la recherche de beauté qui caractérise l'art de Natoire, " peintre de la grâce3 ".

1. Voir S. Caviglia-Brunel, 'op. cit.', p. 248, n° P. 59.
2. 'Ibid.', p. 212-213, n° P. 25, Paris, musée du Louvre.
3. 'Ibid.', p. 58.

After training in Paris under Louis Galloche and François Lemoyne, Charles Joseph Natoire won the Grand Prix in 1721 and two years later went to Rome as a pensionnaire of the French Academy in the Palazzo Mancini. During his time there, he studied and drew landscapes and antiquities in situ and also became interested in the work of Pietro da Cortona. He also spent some time in Venice. After returning to Paris in 1729, these first years in Italy (Natoire was later appointed director of the French Academy in Rome in 1751 and spent the end of his life there) left a clear mark on the delicate and lyrical art of this painter.
This Penitent Magdalen dated 1739 is a repetition with variants of a larger composition which Natoire had painted around 1735 for the chapel of the château of Saudreville, at Villeconin (Essone), dedicated to this saint. Commissioned by Michel-Chrétien de Rotrou, the larger painting is now in the church of Villeconin1. Our smaller Magdalen was probably made for a patron who had seen the one in Villeconin, perhaps Claude-Philippe Cayeux, whose posthumous sale catalogue of 1769 mentions a painting which could be the one studied here. The saint's position, facing the viewer, her hands together and her eyes raised to heaven, had already been used by Natoire for the figure of Hagar in the Desert for a painting of 1732 in the hôtel particulier of the Duc d'Antin in Paris² (fig. 1) and is reminiscent of Charles Le Brun's Penitent Magdalen now in the Louvre.
A few differences can be noted between the Villeconin painting and our collector's one, such as the presence of two cherubs in the sky, a Christ on the cross lying on the ground, and finally the Magdalen's right breast, which gives the composition an additional touch of sensuality. Natoire has painted this Magdalen with great sensitivity and wealth of detail. The viewer's eye passes with delectation from the vegetation to the rock, from a ray of light to the tears rolling down the saint's cheek, from the reddening sky to the orange toned drapery covering her knees. The harmony of colour is very subtle and confirms the search for beauty that characterises the art of Natoire, who was called the "painter of grace"3.

1. See S. Caviglia-Brunel, 'op. cit.', p. 248, n° P. 59.
2. 'Ibid.', p. 212-213, n° P. 25, Paris, musée du Louvre.
3. 'Ibid.', p. 58.

Estimation 50 000 - 80 000 €

Lot 10

Charles-Joseph NATOIRE Nîmes, 1700 - Castel Gandolfo, 1777
La Madeleine pénitente

Estimation 50,000 - 80,000 € [$]

Charles-Joseph NATOIRE Nîmes, 1700 - Castel Gandolfo, 1777
La Madeleine pénitente
Huile sur toile
Signée et datée 'C. Natoire / 1739' en bas à gauche

The Penitent Magdalen, oil on canvas, signed and dated, by Ch. J. Natoire
h: 66 w: 54,50 cm

Provenance : Peut-être vente de la collection de Claude-Philippe Cayeux, Paris, 11-13 décembre 1769, n° 52 ("La Madeleine pénitente, elle est assise dans un jardin: ce tableau peint par Charles Natoire, sur toile de 23 pouces 6 lignes de haut, sur 19 pouces 9 lignes de large, est de la bonne manière de ce maître") ou vente après-décès de l'artiste, Paris, Hôtel d'Aligre, 14 décembre 1778, n° 36 ("Peint sur toile, haut 24 pouces, large 19. La Madaleine pénitente ; ce tableau, d'une expression convenable au sujet est d'un ton de couleur le plus fin et d'une touche légère") ;
Vente anonyme; Londres, Sotheby's, 12 décembre 2002, n° 194 ;
Chez Didier Aaron, Paris, en 2005 ;
Acquis auprès de ce dernier par l'actuel propriétaire ;
Collection particulière européenne


Bibliographie : Peut-être Ferdinand Boyer, 'Catalogue raisonné de l'oeuvre de Charles Natoire peintre du roi (1700-1777)', Paris, 1949, p. 41, n° 250
Dimitri Salmon, " La Sainte Madeleine de Villeconin, un Natoire de provenance Rotrou de Saudreville ", in 'Bulletin de la Société historique et archéologique de Corbeil, de l'Essone et du Hurepoix', 109, 2003 (2004), n° 73, p. 112-121, repr. fig. 11
Marie-Hélène Didier et Dimitri Salmon, " Un tableau réattribué à Natoire : la 'Sainte Madeleine' de l'église de Villeconin, Essone", in 'Monumental', septembre 2007, p. 93
Susanna Caviglia-Brunel, 'Charles-Joseph Natoire', Paris, 2012, p. 248, mentionné dans la notice du n° P. 59, et p. 291, n° P.108, repr. coul. p. 59


Commentaire : Lauréat du Grand Prix en 1721 après une formation parisienne auprès de Louis Galloche et de François Lemoyne, Charles Joseph Natoire rejoignit en 1723 le palais Mancini en tant que pensionnaire de l'Académie de France à Rome. Au cours de ce séjour, il étudie et dessine d'après nature paysages et antiques, s'intéresse à l'œuvre de Pierre de Cortone et passe quelques temps à Venise. À son retour à Paris en 1729, ces premières années italiennes - il sera nommé par la suite directeur de l'Académie de France à Rome en 1751 et y passera le reste de sa vie - laissent une empreinte sensible dans l'art lyrique et délicat de ce peintre.
Cette Madeleine pénitente datée de 1739 reprend avec quelques variantes une composition de grand format (220 x 154 cm) peinte par Natoire vers 1735 pour la chapelle du château de Saudreville, à Villeconin (Essone), dédiée à la sainte. Commandée par Michel-Chrétien de Rotrou, la toile est aujourd'hui visible dans l'église de Villeconin1. De dimensions plus modestes, notre Madeleine fut probablement exécutée pour un commanditaire ayant vu celle de Villeconin, peut-être pour Claude-Philippe Cayeux dont la vente en 1769 mentionne un tableau qui pourrait être celui-ci. La position de la sainte, assise face au spectateur les mains jointes et les yeux levés vers le ciel, avait déjà été imaginée par Natoire pour représenter 'Agar dans le désert' dans un tableau peint en 1732 pour l'hôtel du duc d'Antin à Paris² (fig. 1) et n'est pas sans rappeler la 'Madeleine pénitente' de Charles Le Brun, conservée au musée du Louvre.
Quelques différences peuvent être observées entre le tableau de Villeconin et celui de notre collectionneur, comme l'apparition de deux angelots dans le ciel, celle d'un Christ sur la croix posée au sol et enfin celle du sein droit de la Madeleine, conférant à la composition une touche de sensualité supplémentaire. C'est avec beaucoup de sensibilité et une grande richesse de détails que Natoire exécute cette Madeleine. L'œil du spectateur passe avec délectation de la végétation à la roche, d'un rayon de lumière aux larmes roulant sur les joues de la sainte, ou encore du ciel rougeoyant au drapé orangé couvrant ses genoux. L'harmonie du coloris est d'une grande subtilité et témoigne de la recherche de beauté qui caractérise l'art de Natoire, " peintre de la grâce3 ".

1. Voir S. Caviglia-Brunel, 'op. cit.', p. 248, n° P. 59.
2. 'Ibid.', p. 212-213, n° P. 25, Paris, musée du Louvre.
3. 'Ibid.', p. 58.

After training in Paris under Louis Galloche and François Lemoyne, Charles Joseph Natoire won the Grand Prix in 1721 and two years later went to Rome as a pensionnaire of the French Academy in the Palazzo Mancini. During his time there, he studied and drew landscapes and antiquities in situ and also became interested in the work of Pietro da Cortona. He also spent some time in Venice. After returning to Paris in 1729, these first years in Italy (Natoire was later appointed director of the French Academy in Rome in 1751 and spent the end of his life there) left a clear mark on the delicate and lyrical art of this painter.
This Penitent Magdalen dated 1739 is a repetition with variants of a larger composition which Natoire had painted around 1735 for the chapel of the château of Saudreville, at Villeconin (Essone), dedicated to this saint. Commissioned by Michel-Chrétien de Rotrou, the larger painting is now in the church of Villeconin1. Our smaller Magdalen was probably made for a patron who had seen the one in Villeconin, perhaps Claude-Philippe Cayeux, whose posthumous sale catalogue of 1769 mentions a painting which could be the one studied here. The saint's position, facing the viewer, her hands together and her eyes raised to heaven, had already been used by Natoire for the figure of Hagar in the Desert for a painting of 1732 in the hôtel particulier of the Duc d'Antin in Paris² (fig. 1) and is reminiscent of Charles Le Brun's Penitent Magdalen now in the Louvre.
A few differences can be noted between the Villeconin painting and our collector's one, such as the presence of two cherubs in the sky, a Christ on the cross lying on the ground, and finally the Magdalen's right breast, which gives the composition an additional touch of sensuality. Natoire has painted this Magdalen with great sensitivity and wealth of detail. The viewer's eye passes with delectation from the vegetation to the rock, from a ray of light to the tears rolling down the saint's cheek, from the reddening sky to the orange toned drapery covering her knees. The harmony of colour is very subtle and confirms the search for beauty that characterises the art of Natoire, who was called the "painter of grace"3.

1. See S. Caviglia-Brunel, 'op. cit.', p. 248, n° P. 59.
2. 'Ibid.', p. 212-213, n° P. 25, Paris, musée du Louvre.
3. 'Ibid.', p. 58.

Estimation 50 000 - 80 000 €

Sale’s details

Sale: 4129
Date: 09 jun. 2021 14:30
Auctioneer: Matthieu Fournier

Contact

Matthieu Fournier
Phone +33 1 42 99 20 26
mfournier@artcurial.com

Purchase Orders & Auctions by Phone

Kristina Vrzests
Phone +33 1 42 99 20 51
Fax +33 1 42 99 20 60
bids@artcurial.com

Conditions of Purchase

From Italy to France, a European Passion