Sale Books & Manuscripts - 22 september 2020 /Lot 11 CHAPSAL (Madeleine)] Importante correspondance adressée à Madeleine Chapsal.

  • CHAPSAL (Madeleine)]  Importante correspondance adressée à Madeleine Chapsal.
CHAPSAL (Madeleine)]
Importante correspondance adressée à Madeleine Chapsal.
155 lettres et documents autographes (quelques-uns dactylographiés), divers papiers, divers formats, des enveloppes conservées.

Important ensemble de 155 lettres, cartes, billets autographes, et lettres dactylographiées, la plupart signés, adressés à Madeleine Chapsal (à de rares exceptions près).
Madeleine Chapsal, née à Paris en 1925, est une écrivaine de langue française, auteure de très nombreux ouvrages de registre varié. Elle fut aussi journaliste et participa notamment à la création de L'Express aux côtés de son époux, Jean-Jacques Servan-Schreiber, et de Françoise Giroud. Elle travailla au journal de 1953 à 1978, et y rencontra de nombreuses personnalités du monde littéraire, intellectuel et politique.
Cette correspondance rassemble des écrivains, cinéastes, artistes, journalistes, amis… On y voit les écrivains remercier la journaliste pour la qualité de ses articles ou entretiens publiés, pour la plupart, dans l'Express, soulignant la justesse de son analyse ou de la transcription des propos échangés. Les amis et collaborateurs, quant à eux disent leur attachement à l'écrivaine et le plaisir qu'ils ont, non seulement à la lire, mais aussi à être en sa compagnie. Quels que soient ses rapports avec ses interlocuteurs, ils expriment pratiquement tous le désir de la revoir.
Parmi les nombreux correspondants, signalons plus particulièrement ces lettres :

BATAILLE (Georges). 4 L. A. S. dont une de Fontenay-le-Comte, Vendée, s. d. Georges Bataille conserve un excellent souvenir de la journée passée en compagnie de Chapsal à Orléans, et est d'accord pour organiser un nouveau rendez-vous. " Quel [sic] que soit la gêne que j'éprouve à relire un texte aussi désordonné, j'ai aussi une sorte d'exigence et elle est si essentiellement contraire au désordre de ce texte. "
Le 23 mars 1961, une " Rencontre avec Georges Bataille " paraît dans L'Express.

BOSCO (Henri). S. l. n. d., se dit content : " Vous avez vu juste, donné les bonnes citations. Que peut-on demander de plus ? "

BRETON (André). Paris, 5 avril 1963. " […] Je n'ai aucune rectification à apporter au texte de l'entretien littéraire que nous avons eu et vous prie donc d'en disposer à votre guise. "

BUTOR (Michel). Paris, 18 mars [1958 ?]. Il remercie Chapsal de lui avoir envoyé le texte. " J'y ai apporté quelques corrections de détail. Je crois qu'il vaudrait mieux de supprimer le passage où il est question de Françoise Sagan. " Il annonce que le Génie du lieu paraîtra dans les premiers jours de mai.

COURNOT (Michel). 18 lettres autographes ou dactylographiées signées, mêlant relation professionnelle, évocation de ses ouvrages et de ses films, mais aussi leur relation personnelle.
Il écrit un scénario sur le thème du divorce, fait des repérages, se documente, " mais je fonctionne pour la première fois au whisky c'est d'avoir fréquenté des bourgeoises de ta catégorie le goût des grandeurs tu vois ça d'ici […]. " Il remercie Chapsal pour la critique élogieuse de son livre, un " papier "ultra-extra" dirait Henry Miller. Le seul ennui c'est que ce papier est tellement plus pénétrant que le livre, que les lecteurs […] vont se sentir volés. "
Dans un style enjoué il évoque une lettre d'amour envoyée par Chapsal de Suède. " Faire l'amour trente fois par jour ou rien " écrit-il. Il ajoute " je t'embrasse partout. " Il qualifie le livre de Chapsal de " parfait […]. Tout est réussi. " Il s'agit sans doute du livre Quinze écrivains : entretiens. Cournot mentionne Mauriac (un " con inguérissable ") et Céline. Cournot, quant à lui, n'est pas parvenu à écrire et s'inquiète de l'approche de son quarantième anniversaire. Il termine en disant " j'embrasse ta trombine d'outlaw néo-mexicain d'Auteuil connaissant par cœur Maine de Biran. " Ailleurs : " Tu m'emmerdes, tu m'emmerdes, tu m'emmerdes. Je ne peux pas te toucher, je n'ose même pas songer à toi. " Il exprime son désir pour Madeleine Chapsal tout en l'accusant de faire de lui " un primaire-réac-obsédé-sexuel ". Il évoque le roman Les Ambassadeurs que Chapsal ne semble pas avoir apprécié, puis un article publié dans Le Monde concernant la nécessaire insoumission dans la Guerre d'Algérie.

DELBO (Charlotte). 14 février 1966. Contente de l'article écrit par Chapsal. " Votre lettre m'avait fait infiniment plaisir, mais votre article provoque une vive réaction chez mes amis qui préparent une pétition […]. Leur motif ? "Charlotte était déjà insupportable, maintenant qu'est-ce que ça va être". "

DUCREUX (Gérard). Correspondance amoureuse de 13 lettres autographes ou dactylographiées signées. " Mais quand je ne suis pas là pour te prendre dans mes bras ça me fait très mal de te faire mal. " Et il explique : " Tu es ce que j'aimerai être. Ou ce qui me manque. Et tu es si naturellement en moi que tu me donnes la quiétude (… qui t'inquiète.) " Il ajoute " je t'embrasse dix mille fois de suite et j'espère que tu dis Encore. […] Je t'aime tant que tu ne me quittes pas. "
Cependant les choses ne vont pas si bien. En 1976 : " Quand un homme rend sa clé mais veut dépasser la situation et viens chez une femme, est-ce bien qu'elle le provoque une fois sur un canapé, une fois dans l'ascenseur, une fois dans la voiture ? […] Dis à ton impatience que la violence engendre la violence. Et qu'elle n'a eu que ce qu'elle méritait : une baffe. " Une lettre (ou minute) de Chapsal en réponse : " Merci aussi pour la "baffe", reçue au courrier tout à l'heure et qui a achevé de me rendre mes esprits, si besoin était encore. " En septembre 1977 Chapsal semble souhaiter une séparation que Ducreux ne veut pas. " Il y a des tas de choses en moi qui ne seraient pas sans toi. Elles comptent. Je les aime. Elles poussent, j'aurais plutôt envie de les arroser que de les mutiler. " Leur relation semble générer de la souffrance. " Je ne sais pas ce qui se passe : en ce moment, tu me laboures et tu me laisses retourné comme la terre, face au ciel. " " Si ! je pense à toi beaucoup. Mais le problème n'est pas de penser à toi, seulement c'est aussi de penser à toi comme tu le veux. "

DUHAMEL-GALLIMARD (Colette). Correspondance amicale de 8 L. A . S. " J'ai beaucoup aimé La Princesse de Clèves, mais je crains que tu ne te fasses quelques illusions sur mon compte - je me sens loin du personnage parfait et pur de la princesse. "

FOUCAULT (Michel). 2 L. A. S. " Je pensais le moment venu de faire comprendre à un public un peu large, ce qui se passe réellement, au delà des polémiques concrètes. Mais je m'y suis mal pris. "
Le 17 mai [1966]. Michel Foucault a publié cette année-là son ouvrage Les Mots et les choses qui eut un grand retentissement et a accordé un entretien à Madeleine Chapsal publié le 15 mai dans la Quinzaine littéraire, n° 5) " François Bott m'a montré, l'autre jour, votre article. Il m'a paru merveilleux. "

GARY (Romain). 4 juin 1975. Il est content de l'article écrit par CHapsal. " Je suis certes heureux du succès mais j'ai horreur de la gueule que la critique me fait depuis 30 ans : cassant, glacial, méprisant, dur… "

GOMBROWICZ (Witold). 4 L. A. S. Évoque les rencontres avec les Le Clézio et mentionne Rita Labrosse (qu'il épousera trois ans plus tard). Il est très satisfait de l'article " intelligent et souple ", mais a pensé : " non sans mélancolie, que maintenant que je trouve des personnes prêtes à m'aider, à m'appuyer, je suis déjà bon à rien et déjà peut-être assez éloigné de la vie… "

GREEN (Julien). S. l., 22 juin 1964.
Il remercie Chapsal de son article : " J'ai admiré, non ce que j'ai dit, certes, mais l'exactitude avec laquelle vous l'avez noté et aussi le choix que vous avez fait dans toutes les réponses à vos questions. "

JABÈS (Edmond). 15 mai 1963. La publication de l'article de MC dans l'Express a déclenché une énorme vague de sympathie envers Edmond Jabès. " C'est une nouvelle confirmation de la confiance et du prestige dont jouit votre journal et surtout, en ce qui me concerne particulièrement, du très vif intérêt que votre propre public a pour tout ce que vous écrivez. […] Vous m'avez donné l'occasion de faire pour vos lecteur - dont certains sont devenus les miens - le point sur ma dernière œuvre et dissiper quelques malentendus. Vous m'avez rendu un grand service. "

LIMBOUR (Georges). 2 L. A. S. Une très belle lettre - véritable morceau de littérature : " Il y a un sujet dont je n'ai pas pensé à vous parler et qui me tient fort à cœur cependant : c'est l'auto-stop, dont j'ai un peu fait le symbole de la vie. " Limbour n'est malheureusement jamais parvenu à faire de l'auto-stop lui-même, mais il prend régulièrement des passagers à bord de son automobile et aime les écouter. Paris, 30 mai 1963, magnifique lettre, d'une écriture limpide et dont le contenu étonne : " Quelques amis m'ont signalé que la photo illustrant votre interview était celle d'une autre personne. J'en avais eu moi-même le soupçon, en lisant L'Express […], mais se connaît-on si bien soi-même ? Se reconnaîtrait-on si vite si l'on se rencontrait dans la rue ? "

MALRAUX (Florence). Correspondance amicale de 7 lettres autographes ou dactylographiées signées. Elle évoque les films d'Alain Resnais, notamment la prise de vues pour la séquence américaine de L'An 01 de Gébé (réalisé par Jacques Doillon) et La Guerre est finie (1966). À la fin de la lettre, une phrase fait allusion à la relation (platonique ?) entre Madeleine Chapsal et Jacques Lacan : " J'ai entendu dire beaucoup de bien de J. L. par les Saever [Jeannette Seaver et son mari] (particulièrement de son humour ?) "
Dans une carte postale du samedi 19 (s. d., 1972), elle détaille ses projets en cours pour le cinéma : " Des repérages proustiens pour Losey et des recherches de documents pour la Guerre d'Espagne de Semprun. " Joseph Losey projeta une adaptation de la Recherche (scénario d'Harold Pinter) qui ne vit jamais le jour. En 1974, Alain Renais et Jorge Semprún publient un livre intitulé Repérage dans lequel figurent les photos de repérages des films de Resnais.

MONTHERLANT (Henry de). Il a apprécié l'article que Chapsal lui a consacré et y apporte deux corrections.

ROBBE-GRILLET (Alain). 3 L. A. S. 24 juillet 1961, à propos de l' " interviou " : " J'aimerais aussi que vous rajoutiez un petit mot concernant le livre (scénario, dialogue et photos, présenté comme un "ciné-roman") qui paraîtra en septembre aux Éditions de Minuit, juste après la sortie du film [L'Année dernière à Marienbad]. "
Lundi midi [1968 ?]. À propos du Haut comité pour la défense et l'expansion de la langue française, auquel il participa de 1966 à 1968. Il fournit à Chapsal quantité d'éléments (désormais absents) pour éclairer l'historique de ce Comité et sa mise à la porte. Le 1er avril 1968, paraît un long entretien de Robbe-Grillet avec, entre autres Madeleine Chaspal, dans lequel il répond : " J'ai fait partie de la Commission des programmes de télévision. Il faut qu'il y ait un représentant de l'avant-garde partout. Au Haut Comité pour la défense de la langue française, j'y suis aussi. On nous met là comme otages. À la télévision, rien ne pouvait passer sans l'accord unanime des dix membres du Comité. C'était une responsabilité extraordinaire, et en plus une fumisterie noire... "

Liste complète des correspondants sur demande. Voir également le lot 23.

Rares défauts d'usage.


Estimation 600 - 800 €

Sold 3,640 €
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Lot 11

CHAPSAL (Madeleine)]
Importante correspondance adressée à Madeleine Chapsal.

Sold 3,640 € [$]

CHAPSAL (Madeleine)]
Importante correspondance adressée à Madeleine Chapsal.
155 lettres et documents autographes (quelques-uns dactylographiés), divers papiers, divers formats, des enveloppes conservées.

Important ensemble de 155 lettres, cartes, billets autographes, et lettres dactylographiées, la plupart signés, adressés à Madeleine Chapsal (à de rares exceptions près).
Madeleine Chapsal, née à Paris en 1925, est une écrivaine de langue française, auteure de très nombreux ouvrages de registre varié. Elle fut aussi journaliste et participa notamment à la création de L'Express aux côtés de son époux, Jean-Jacques Servan-Schreiber, et de Françoise Giroud. Elle travailla au journal de 1953 à 1978, et y rencontra de nombreuses personnalités du monde littéraire, intellectuel et politique.
Cette correspondance rassemble des écrivains, cinéastes, artistes, journalistes, amis… On y voit les écrivains remercier la journaliste pour la qualité de ses articles ou entretiens publiés, pour la plupart, dans l'Express, soulignant la justesse de son analyse ou de la transcription des propos échangés. Les amis et collaborateurs, quant à eux disent leur attachement à l'écrivaine et le plaisir qu'ils ont, non seulement à la lire, mais aussi à être en sa compagnie. Quels que soient ses rapports avec ses interlocuteurs, ils expriment pratiquement tous le désir de la revoir.
Parmi les nombreux correspondants, signalons plus particulièrement ces lettres :

BATAILLE (Georges). 4 L. A. S. dont une de Fontenay-le-Comte, Vendée, s. d. Georges Bataille conserve un excellent souvenir de la journée passée en compagnie de Chapsal à Orléans, et est d'accord pour organiser un nouveau rendez-vous. " Quel [sic] que soit la gêne que j'éprouve à relire un texte aussi désordonné, j'ai aussi une sorte d'exigence et elle est si essentiellement contraire au désordre de ce texte. "
Le 23 mars 1961, une " Rencontre avec Georges Bataille " paraît dans L'Express.

BOSCO (Henri). S. l. n. d., se dit content : " Vous avez vu juste, donné les bonnes citations. Que peut-on demander de plus ? "

BRETON (André). Paris, 5 avril 1963. " […] Je n'ai aucune rectification à apporter au texte de l'entretien littéraire que nous avons eu et vous prie donc d'en disposer à votre guise. "

BUTOR (Michel). Paris, 18 mars [1958 ?]. Il remercie Chapsal de lui avoir envoyé le texte. " J'y ai apporté quelques corrections de détail. Je crois qu'il vaudrait mieux de supprimer le passage où il est question de Françoise Sagan. " Il annonce que le Génie du lieu paraîtra dans les premiers jours de mai.

COURNOT (Michel). 18 lettres autographes ou dactylographiées signées, mêlant relation professionnelle, évocation de ses ouvrages et de ses films, mais aussi leur relation personnelle.
Il écrit un scénario sur le thème du divorce, fait des repérages, se documente, " mais je fonctionne pour la première fois au whisky c'est d'avoir fréquenté des bourgeoises de ta catégorie le goût des grandeurs tu vois ça d'ici […]. " Il remercie Chapsal pour la critique élogieuse de son livre, un " papier "ultra-extra" dirait Henry Miller. Le seul ennui c'est que ce papier est tellement plus pénétrant que le livre, que les lecteurs […] vont se sentir volés. "
Dans un style enjoué il évoque une lettre d'amour envoyée par Chapsal de Suède. " Faire l'amour trente fois par jour ou rien " écrit-il. Il ajoute " je t'embrasse partout. " Il qualifie le livre de Chapsal de " parfait […]. Tout est réussi. " Il s'agit sans doute du livre Quinze écrivains : entretiens. Cournot mentionne Mauriac (un " con inguérissable ") et Céline. Cournot, quant à lui, n'est pas parvenu à écrire et s'inquiète de l'approche de son quarantième anniversaire. Il termine en disant " j'embrasse ta trombine d'outlaw néo-mexicain d'Auteuil connaissant par cœur Maine de Biran. " Ailleurs : " Tu m'emmerdes, tu m'emmerdes, tu m'emmerdes. Je ne peux pas te toucher, je n'ose même pas songer à toi. " Il exprime son désir pour Madeleine Chapsal tout en l'accusant de faire de lui " un primaire-réac-obsédé-sexuel ". Il évoque le roman Les Ambassadeurs que Chapsal ne semble pas avoir apprécié, puis un article publié dans Le Monde concernant la nécessaire insoumission dans la Guerre d'Algérie.

DELBO (Charlotte). 14 février 1966. Contente de l'article écrit par Chapsal. " Votre lettre m'avait fait infiniment plaisir, mais votre article provoque une vive réaction chez mes amis qui préparent une pétition […]. Leur motif ? "Charlotte était déjà insupportable, maintenant qu'est-ce que ça va être". "

DUCREUX (Gérard). Correspondance amoureuse de 13 lettres autographes ou dactylographiées signées. " Mais quand je ne suis pas là pour te prendre dans mes bras ça me fait très mal de te faire mal. " Et il explique : " Tu es ce que j'aimerai être. Ou ce qui me manque. Et tu es si naturellement en moi que tu me donnes la quiétude (… qui t'inquiète.) " Il ajoute " je t'embrasse dix mille fois de suite et j'espère que tu dis Encore. […] Je t'aime tant que tu ne me quittes pas. "
Cependant les choses ne vont pas si bien. En 1976 : " Quand un homme rend sa clé mais veut dépasser la situation et viens chez une femme, est-ce bien qu'elle le provoque une fois sur un canapé, une fois dans l'ascenseur, une fois dans la voiture ? […] Dis à ton impatience que la violence engendre la violence. Et qu'elle n'a eu que ce qu'elle méritait : une baffe. " Une lettre (ou minute) de Chapsal en réponse : " Merci aussi pour la "baffe", reçue au courrier tout à l'heure et qui a achevé de me rendre mes esprits, si besoin était encore. " En septembre 1977 Chapsal semble souhaiter une séparation que Ducreux ne veut pas. " Il y a des tas de choses en moi qui ne seraient pas sans toi. Elles comptent. Je les aime. Elles poussent, j'aurais plutôt envie de les arroser que de les mutiler. " Leur relation semble générer de la souffrance. " Je ne sais pas ce qui se passe : en ce moment, tu me laboures et tu me laisses retourné comme la terre, face au ciel. " " Si ! je pense à toi beaucoup. Mais le problème n'est pas de penser à toi, seulement c'est aussi de penser à toi comme tu le veux. "

DUHAMEL-GALLIMARD (Colette). Correspondance amicale de 8 L. A . S. " J'ai beaucoup aimé La Princesse de Clèves, mais je crains que tu ne te fasses quelques illusions sur mon compte - je me sens loin du personnage parfait et pur de la princesse. "

FOUCAULT (Michel). 2 L. A. S. " Je pensais le moment venu de faire comprendre à un public un peu large, ce qui se passe réellement, au delà des polémiques concrètes. Mais je m'y suis mal pris. "
Le 17 mai [1966]. Michel Foucault a publié cette année-là son ouvrage Les Mots et les choses qui eut un grand retentissement et a accordé un entretien à Madeleine Chapsal publié le 15 mai dans la Quinzaine littéraire, n° 5) " François Bott m'a montré, l'autre jour, votre article. Il m'a paru merveilleux. "

GARY (Romain). 4 juin 1975. Il est content de l'article écrit par CHapsal. " Je suis certes heureux du succès mais j'ai horreur de la gueule que la critique me fait depuis 30 ans : cassant, glacial, méprisant, dur… "

GOMBROWICZ (Witold). 4 L. A. S. Évoque les rencontres avec les Le Clézio et mentionne Rita Labrosse (qu'il épousera trois ans plus tard). Il est très satisfait de l'article " intelligent et souple ", mais a pensé : " non sans mélancolie, que maintenant que je trouve des personnes prêtes à m'aider, à m'appuyer, je suis déjà bon à rien et déjà peut-être assez éloigné de la vie… "

GREEN (Julien). S. l., 22 juin 1964.
Il remercie Chapsal de son article : " J'ai admiré, non ce que j'ai dit, certes, mais l'exactitude avec laquelle vous l'avez noté et aussi le choix que vous avez fait dans toutes les réponses à vos questions. "

JABÈS (Edmond). 15 mai 1963. La publication de l'article de MC dans l'Express a déclenché une énorme vague de sympathie envers Edmond Jabès. " C'est une nouvelle confirmation de la confiance et du prestige dont jouit votre journal et surtout, en ce qui me concerne particulièrement, du très vif intérêt que votre propre public a pour tout ce que vous écrivez. […] Vous m'avez donné l'occasion de faire pour vos lecteur - dont certains sont devenus les miens - le point sur ma dernière œuvre et dissiper quelques malentendus. Vous m'avez rendu un grand service. "

LIMBOUR (Georges). 2 L. A. S. Une très belle lettre - véritable morceau de littérature : " Il y a un sujet dont je n'ai pas pensé à vous parler et qui me tient fort à cœur cependant : c'est l'auto-stop, dont j'ai un peu fait le symbole de la vie. " Limbour n'est malheureusement jamais parvenu à faire de l'auto-stop lui-même, mais il prend régulièrement des passagers à bord de son automobile et aime les écouter. Paris, 30 mai 1963, magnifique lettre, d'une écriture limpide et dont le contenu étonne : " Quelques amis m'ont signalé que la photo illustrant votre interview était celle d'une autre personne. J'en avais eu moi-même le soupçon, en lisant L'Express […], mais se connaît-on si bien soi-même ? Se reconnaîtrait-on si vite si l'on se rencontrait dans la rue ? "

MALRAUX (Florence). Correspondance amicale de 7 lettres autographes ou dactylographiées signées. Elle évoque les films d'Alain Resnais, notamment la prise de vues pour la séquence américaine de L'An 01 de Gébé (réalisé par Jacques Doillon) et La Guerre est finie (1966). À la fin de la lettre, une phrase fait allusion à la relation (platonique ?) entre Madeleine Chapsal et Jacques Lacan : " J'ai entendu dire beaucoup de bien de J. L. par les Saever [Jeannette Seaver et son mari] (particulièrement de son humour ?) "
Dans une carte postale du samedi 19 (s. d., 1972), elle détaille ses projets en cours pour le cinéma : " Des repérages proustiens pour Losey et des recherches de documents pour la Guerre d'Espagne de Semprun. " Joseph Losey projeta une adaptation de la Recherche (scénario d'Harold Pinter) qui ne vit jamais le jour. En 1974, Alain Renais et Jorge Semprún publient un livre intitulé Repérage dans lequel figurent les photos de repérages des films de Resnais.

MONTHERLANT (Henry de). Il a apprécié l'article que Chapsal lui a consacré et y apporte deux corrections.

ROBBE-GRILLET (Alain). 3 L. A. S. 24 juillet 1961, à propos de l' " interviou " : " J'aimerais aussi que vous rajoutiez un petit mot concernant le livre (scénario, dialogue et photos, présenté comme un "ciné-roman") qui paraîtra en septembre aux Éditions de Minuit, juste après la sortie du film [L'Année dernière à Marienbad]. "
Lundi midi [1968 ?]. À propos du Haut comité pour la défense et l'expansion de la langue française, auquel il participa de 1966 à 1968. Il fournit à Chapsal quantité d'éléments (désormais absents) pour éclairer l'historique de ce Comité et sa mise à la porte. Le 1er avril 1968, paraît un long entretien de Robbe-Grillet avec, entre autres Madeleine Chaspal, dans lequel il répond : " J'ai fait partie de la Commission des programmes de télévision. Il faut qu'il y ait un représentant de l'avant-garde partout. Au Haut Comité pour la défense de la langue française, j'y suis aussi. On nous met là comme otages. À la télévision, rien ne pouvait passer sans l'accord unanime des dix membres du Comité. C'était une responsabilité extraordinaire, et en plus une fumisterie noire... "

Liste complète des correspondants sur demande. Voir également le lot 23.

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Sale: 4033
Date: 22 sep. 2020 14:30
Auctioneers: Stéphane Aubert, Hervé Poulain

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