Sale Rétromobile 2018 - 09 february 2018 /Lot 16 Bugatti Type 57 Cabriolet Vanvooren

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Bugatti Type 57 Cabriolet Vanvooren
Carte grise française
Caisse Vanvooren n° 2940
Moteur n° 546

- Collection Volante
- Caisse Vanvooren du Salon de Paris 1938
- Passionnante histoire
- Restauration de très haut niveau
- Un des chefs d'œuvres de la collection Volante

Longtemps mystérieuse, cette voiture a récemment livré ses secrets après un long travail d'investigation mené par plusieurs historiens Bugatti, ainsi que par son dernier propriétaire qui a entrepris une restauration totale, sans considération de prix. Elle porte la carrosserie du cabriolet type 57C Vanvooren (châssis 57757/moteur 52C) du Salon de Paris d'octobre 1938, qui fut transposée à l'usine vers 1945 sur un châssis type 57 (moteur 546) neuf, en stock depuis juin 1939.

Le châssis 57757/moteur 52C, cabriolet Vanvooren, Salon 1938
La carrosserie de ce véhicule fut construite par les Établissements Vanvooren, rue Pierre Lhomme à Courbevoie, afin d'être exposée du 6 au 16 octobre 1938 sur le stand de ce carrossier au Salon de l'Automobile de Paris, au Grand Palais. Pour cet événement, le châssis 57C numéro 57757/moteur 52C est préparé début août 1938 par Molsheim afin de recevoir la caisse Vanvooren. Cette caisse était prévue à l'origine sur ce même châssis car sur l'une des trois photos de la voiture prises au bois de Boulogne en octobre 1938, on peut lire le logo " 57C " sur l'arrière gauche de la malle. Ces photos ont été publiées dans le numéro de novembre-décembre de la revue Auto-carrosserie. La caisse y est décrite comme " de couleur noir et bleu, capote bleue, et intérieur cuir bleu". En 1938-1939, rares sont les châssis commandés à Bugatti par l'atelier Vanvooren : ce châssis n°57757 est le seul de type 57C qui lui est livré en 1938 pour la réalisation d'un cabriolet. Un autre châssis, n° 57695/moteur 506, sans compresseur, sortira des ateliers Vanvooren à Noël 1938. Les deux châssis avaient été livrés à la carrosserie le 12 août 1938.
La voiture 57757/moteur 52 C est achetée par D'Ieteren, l'agent Bugatti bruxellois, le 30 septembre 1938, la carrosserie cabriolet quatre places lui étant facturée 41 200 francs. Le Salon de Paris ouvre ses portes la semaine suivante. Le 15 novembre 1938, la voiture est enfin livrée à D'Ieteren à Bruxelles pour son client M. Washer, contre la somme de 110 000 francs. Dans tous les documents de l'usine, une seule note mentionne " Washer " comme client du véhicule.
Fort de cette information, nous partons sur sa piste et retrouvons la belle-fille du premier propriétaire Jean Washer, célèbre tennisman belge des années 1920. Elle fait chercher pour nous dans les archives familiales, et son neveu découvre les documents espérés. L'album de famille renferme encore les photos publicitaires du véhicule au bois de Boulogne, envoyées par l'agent bruxellois pour convaincre son client, ainsi qu'une photo datant de l'hiver 1939, avec les plaques belges. Jean Washer pose, à côté de sa nouvelle acquisition, en casquette et gants. Son fils Paul Washer, décédé récemment, avait peu avant tenté de contacter l'usine de Molsheim dans l'espoir d'avoir des nouvelles de la voiture familiale. En effet, le souvenir était encore très présent dans la mémoire de celui qui était un jeune homme de 16 ans lorsque son père avait acheté ce cabriolet. La direction actuelle n'a pas pu lui répondre. Pourtant, la voiture était bien repassée par l'usine vers la fin de la guerre puisque son châssis avait été utilisé pour recevoir le moteur ex-57404 et une carrosserie de cabriolet Gangloff modèle 1939, tandis que la caisse Vanvooren était posée sur un châssis neuf équipé du moteur n°546.

Jean Washer (1894-1972)
Né le 22 août 1894 à Berchem et décédé le 22 mars 1972 à Genève, Jean Washer fait partie d'une famille d'industriels du textile de la région bruxelloise. Il commence à jouer au tennis après la guerre et rejoint le Royal Léopold Club de Bruxelles. Sa meilleure année est 1923 où il termine neuvième joueur mondial. En 1924 il atteint les quarts de finale à Wimbledon et perd contre René Lacoste. L'année suivante il est demi-finaliste à Roland Garros après avoir battu Henri Cochet, mais il perd devant Jean Borotra ! Il est aussi quart de finaliste en 1926. Il remporte huit fois, de 1920 à 1927, les championnats de Belgique individuels en extérieur et sept fois en double, de 1919 à 1925. Il a joué en Coupe Davis entre 1921 et 1927 dans l'équipe de Belgique. En 1922, au Racing Club de Bruxelles, il bat Henri Cochet puis Jean Borotra et, en 1924, il domine René Lacoste au Léopold Club puis Henri Cochet sur la Côte d'Azur. Gaucher au service puissant, il est doué d'un bon smash et d'un coup droit lifté rapide. Sur le plan professionnel, il est responsable du département des fibres synthétiques au sein du groupe UCB (Union Chimique. Belge). En 1928, Jean Washer acquiert un superbe parc à la Drève de la Meute, dans les bois de Waterloo, où se trouve la propriété " le Manoir ". Cette immense demeure anglo-normande date du début du XXe siècle. Après la seconde Guerre Mondiale Jean Washer entraîne son fils Philippe qui deviendra lui aussi un grand champion de tennis. Il se retire alors dans sa villa genevoise jusqu'à son décès en 1972. Mais avant cela, le 10 mai 1940, les Allemands envahissent la Belgique. Le 28 mai le pays capitule et l'armée d'occupation s'installe en Wallonie. Elle prend ses quartiers au " Manoir " et un officier confisque pour son usage personnel le rapide cabriolet 57C. D'autres voitures seront également sorties des nombreux garages de la propriété pour l'usage des occupants. La Bugatti semble partir alors vers l'est avec son officier, puisque nous retrouverons sa trace chez un carrossier au nord de Francfort.

La caisse Vanvooren
Lors de sa restauration récente, au démontage des boiseries et des sièges, la caisse a révélé son numéro de carrosserie. Il est peint au pochoir au revers des sièges, écrit au crayon bleu sur des bois et au crayon de mine sur d'autres pièces. Au total, le numéro de carrosserie Vanvooren 2940 apparaît sur plus de dix pièces de carrosserie. Il est conforme à un numéro châssis de Bugatti habillé en automne 1938, car la caisse 2986 équipe un Coupé 57C Vanvooren de juillet 1939.
L'analyse des éléments de la carrosserie lors de la restauration totale commandée par le collectionneur de la Volante Collection va nous révéler la suite de l'histoire. L'intérieur d'un panneau de porte laisse voir une longue inscription : " Erwin Leun, Karosseriebauer, Giessen. Klein Linden, Dammstrat 14. Deutschland " La ville de Klein Linden se trouve à 400 km à l'est de Waterloo, au nord de Francfort, et l'atelier E. Leun était connu pour les réalisations qu'il effectuait pour le compte de la Wehrmacht durant la guerre. La famille nous a confié que leur atelier avait modifié de nombreuses voitures confisquées entre 1940 et 1944. Sur la Bugatti, la position de la roue de secours a été changée, pour qu'elle soit dissimulée dans la malle plutôt qu'en évidence sur l'aile gauche, ce qui en temps de guerre était plus sécurisant et aussi plus esthétique. Une barre de remorquage a été soudée à l'arrière de la caisse, découpant le bas de la jupe du coffre de quelques cm. Il est possible que cette modification, ainsi que des orifices percés dans les ailes, aient été motivée par l'installation d'une radio. Le nom de Hammerstein apparaît gravé dans le métal des glissières des deux sièges avant. Il pourrait être celui d'un officier allemand de la famille de militaires Von Hammerstein, et être lié au nom de l'un des officiers ayant considéré la voiture comme prise de guerre. Si nous pouvons suivre la voiture de Waterloo à Klein Linden entre 1940 et 1944, il est impossible de déterminer la période précise ou le châssis 57C sera séparé de la caisse Vanvooren.

La période trouble de la guerre et les voitures en stock à Bordeaux et Molsheim
Le châssis doit avoir été séparé de sa carrosserie entre 1944 et 1950. Il existe une très forte probabilité que le travail ait été réalisé à l'usine de Molsheim, puisque le pont arrière d'origine N°52C et le cadre semblent avoir été utilisés sur la voiture d'un amateur de Colmar après-guerre. Le châssis actuel de la voiture provient des stocks de châssis neufs ayant été entreposés à Bordeaux en 1940 puis, par ordre de Hans Trippel, rapatriés à Molsheim en 1941. Une vente aux enchères a été organisée cette année-là à l'usine, après que le stock de voitures de Bordeaux ait réintégré Molsheim.
La caisse du châssis n°57757, notre cabriolet Vanvooren ex-Salon de 1938, vient à être posée sur le châssis neuf doté de la mécanique n°546. Il s'agit d'un châssis complet avec moteur, boîte et pont n° 546, stocké à Bordeaux en 1940-1941 puis rapatrié à Molsheim. Son numéro de cadre, 438, montre que le moteur 546 n'a pas été installé dans un châssis lors de son montage en janvier 1939, mais après juin 1939. Les recherches conjointes de plusieurs historiens Bugatti, dont Sandy Leith aux États-Unis, semblent prouver que le châssis d'origine 57757 de notre voiture, cadre numéro 339, toujours doté de son pont numéro 52C, aurait reçu une caisse Gangloff cabriolet quatre-places de 1938-1939 et le moteur ex-57404. Elle serait, depuis, connue sous ce dernier numéro.

La voiture actuelle, châssis et mécanique n°546, caisse ex-57757 cabriolet Vanvooren
Il est très fortement probable qu'au sortir de la guerre, plusieurs type 57 et 57C, réquisitionnés, malmenés ou simplement abîmés par le stockage, soient retournés à l'usine Bugatti pour être remis en état. Les nouveaux clients avaient le choix de restaurer leur châssis ou de déposer leur carrosserie pour bénéficier d'un des châssis neufs de 1939 encore disponibles. C'est sans doute ce qui est arrivé à la caisse de 57757, pour laquelle son propriétaire d'après-guerre a choisi un châssis neuf de type 57. On peut supposer que le moteur 52C était inutilisable car le châssis 57757 fut récupéré par l'usine qui lui installa un moteur de 1936, ex-57404, et une caisse de cabriolet Gangloff quatre-places assez lourde, du dernier modèle 1939.
Après la guerre, nous retrouvons en Autriche le châssis à moteur 546 équipé de la carrosserie Vanvooren. Paul Girardoni, propriétaire d'une importante sucrerie en Autriche, achète l'auto au début des années 1950. Mme Olga Girardoni a confié que son époux avait acheté la voiture en 1951. Elle s'est souvenue avoir reçu la voiture en cadeau de son mari et l'avoir utilisée quotidiennement, et emmenée à plusieurs reprises à l'usine de Molsheim pour entretien. La voiture était alors de couleur verte avec intérieur cuir havane, "couleur pétrole" selon les dires de Mme Girardoni. Elle fut d'abord immatriculée de 1952 à 1954 dans la province de Salzburg, à Saint-Gilgen au bord du lac Wolfgangsee, sous le numéro S 33.696, puis dans celle du Burgenland près de l'usine avec la plaque B 31.133. Les albums de famille de Mme Girardoni renferment de nombreuses photos de la voiture dont plusieurs clichés du tableau de bord : il est bien du modèle 57C avec les quatre petits compteurs à gauche des deux grands qui encadrent le volant, sur un support de bois verni qui était une option sans doute choisie par le carrossier.
En 1965 le véhicule est cédé au grand collectionneur suédois Allan Soderstrom, de Malmö. Au décès de ce dernier, la Bugatti est proposée à la vente par son fils. Elle est acquise en 1996 auprès du négociant Jean-François du Montant par M. Pierre-Alain Bonnigal. Durant sa propriété, la voiture sera repeinte en bleu nuit.
En vente en 2007 par Andreas Haas, la voiture sera acquise en 2014 par son propriétaire actuel qui rêvait d'ajouter cette belle Bugatti au sein de la Volante Collection par l'intermédiaire de Bruno Vendiesse. Notre collectionneur confie la Bugatti à l'atelier de René Grosse pour une restauration totale qui sera étalée sur deux ans, pour un coût supérieur à 300 000 €. La caisse est repeinte dans les coloris Nitrolac deux tons d'origine, bleu et noir. L'intérieur est fabriqué selon les modèles de sièges utilisés par Vanvooren ainsi que les cuirs bleus. L'arrière de la voiture, modifiée pendant la guerre, a retrouvé sa configuration d'origine.
Plus de 4 000 photos ont été prises aux différentes étapes de la restauration et attestent du travail méticuleux réalisé par l'équipe de R. Grosse. Reconnu comme spécialiste de la carrosserie Vanvooren, notre collectionneur a réalisé un vrai travail d'historien. Son musée " Museum Volante ", dédié aux belles carrosseries d'avant-guerre, a comporté jusqu'à huit voitures carrossées par Vanvooren et les techniques de fabrication de l'atelier de Courbevoie n'ont plus de secret pour lui. Personne n'était plus qualifié pour redonner au cabriolet Vanvooren du Salon de Paris 1938 son panache d'origine.

Pierre-Yves Laugier

Les voitures de la collection Volante ont été très soigneusement suivies et conservées mais nous rappelons qu'il s'agit de voitures de musée qui n'ont que peu roulé ces dernières années et qui nécessiteront par conséquent une révision d'usage.



French title
Vanvooren body n° 2940
Engine n° 546

- Volante collection
- 1938 Paris Motor Show Vanvooren body
- Exciting history
- Top level restoration
- One of the Volante Collection masterpieces

Having long been a mystery, this car recently revealed its secrets past after extensive investigative work carried out by various Bugatti historians as well as its current owner, who has carried out a full-scale, no-expense spared restoration. The car sports the Vanvooren Type 57C cabriolet body (chassis 57757/engine 52C) that dates from the Paris Motor Show of October 1938, and was refitted around 1945, at the factory, onto a new Type 57 chassis (engine 546) that had been in stock since June 1939.

Chassis 57757/engine 52C, cabriolet Vanvooren, Salon 1938
The coachwork on this vehicle was built by the Établissements Vanvooren, rue Pierre Lhomme in Courbevoie, in order to be displayed on the coachbuilder's stand at the Paris Motor Show, held at the Grand Palais between 6 and 16 October 1938. To this end, chassis 57C no. 57757/engine 52C was prepared at Molsheim at the start of August 1938, so that it could be fitted with the Vanvooren coachwork. We know that the body was designed to fit this particular chassis as, on one of the three photos of the car, taken in Bois de Boulogne in October 1938, we can read " 57C " on the left-hand side of the trunk. These photos were published in the November-December issue of the magazine Auto-carrosserie. The body is described as being " black and blue in colour, with a blue hood and blue leather interior ". In 1938-1939, it was rare for the Vanvooren workshop to order chassis from Bugatti - this chassis 57757 was the only Type 57C delivered during 1938 to be made into a cabriolet. Another chassis, n° 57695/engine 506, without supercharger, left the Vanvooren workshop during the 1938 Christmas period. The two chassis had been delivered to the coachbuilder on 12 August 1938.
The car 57757/engine 52C was bought by D'Ieteren, the Bugatti agent from Brussels, on 30 September 1938. He was invoiced 41 200 francs for the four-seater cabriolet. The Paris Motor Show opened its doors the following week. On 15 November 1938, the car was finally delivered to D'Ieteren in Brussels, for his client Mr Washer, who paid 110 000 francs. In all the factory documents there is only mention of " Washer " as the client of the car.
Armed with this information, we set off on our search once more, and track down the daughter-in-law of the first owner, Jean Washer, the famous Belgian tennis player of the 1920s. She retrieved the family archives for us, and her nephew discovered the material we had hoped to find. The family album still contained publicity photographs of the car in Bois de Boulogne, sent by the Brussels agent in an attempt to persuade his client. There was also a photo taken during the winter of 1939, showing Jean Washer, in gloves and helmet, posing next to his new acquisition, which was fitted with Belgian number plates. His recently deceased son, Paul Washer, had, not long before, tried to contact the factory at Molsheim, hoping to find out about the family car. He apparently had strong memories of being 16 years old and his father buying the cabriolet. Unfortunately, he failed to get any answers. What we now know is that the car had been successfully 'recycled' by the factory towards the end of the war : the chassis had been fitted with the engine from 57404 and was used for a 1939 model cabriolet body by Gangloff, and the Vanvooren body was re-fitted to a new chassis with engine n°546.


Jean Washer (1894-1972)
Jean Washer, who was born on 22 August 1894 in Berchem and died on 22 March 1972 in Geneva, came from a family involved in the textile industry in Brussels. He started playing tennis after the war, joining the Royal Léopold Club de Bruxelles. His most successful year came in 1923 when he was ranked 9th worldwide. In 1924 he reached the quarter-finals at Wimbledon and lost to René Lacoste. The following year he was a semi-finalist at Roland Garros, having beaten Henri Cochet, but then lost to Jean Borotra ! He was a quarter-finalist once again in 1926. He won the singles in the Belgian outdoor Championships eight times between 1920 and 1927, and the doubles seven times between 1919 and 1925. He played for the Belgian team in the Davis Cup between 1921 and 1927. In 1922, at the Racing Club de Bruxelles, he beat Henri Cochet followed by Jean Borotra and in 1924, he won against René Lacoste at the Léopold Club and then Henri Cochet on the Côte d'Azur. A left-hander with a powerful serve, he had a good smash and a fast forehand shot. Professionally, he was responsible for the synthetic fibres department in the UCB Group UCB (Union Chimique. Belge). In 1928, Jean Washer acquired a splendid park in Drève de la Meute, Bois de Waterloo, in which the property " le Manoir " was situated. This huge Anglo-Norman residence dated from the early 20th century. After the Second World War, Jean Washer coached his son, who also became a very successful tennis player, and retired to live in his villa in Geneva until his death in 1972. Earlier, however, on 10 May 1940, the Germans invaded Belgium. The country surrendered on 28 May and the occupying forces installed themselves in Wallonia. They set up their quarters in " Le Manoir " and an officer confiscated the fast 57C cabriolet for his own use. Other cars were also extracted from various garages to be used by the occupiers. It appears that the Bugatti then headed east with its officer, as we next come across the car at a coachbuilder north of Frankfurt.

The Vanvooren body
During the car's recent restoration, when the woodwork and seats were dismantled, the coachwork number was revealed. It was stencilled on the back of the seats, in blue crayon on the wood and lead pencil on other parts. In total, the Vanvooren number 2940 appeared on over ten pieces of the coachwork. It conforms to a Bugatti chassis number that was bodied during the autumn of 1938, as number 2986 corresponds to coachwork fitted to a Coupé 57C Vanvooren in July 1939.
Analysis of various parts of the body, carried out during the restoration commissioned by the owner of the Volante Collection, has revealed the rest of the story to us. On the inside of a door panel there is a long inscription : " Erwin Leun, Karosseriebauer, Giessen. Klein Linden, Dammstrat 14. Deutschland " The town of Klein Linden is 400 km east of Waterloo, to the north of Frankfurt, and Leun's workshop is known for the work he carried out for the Wehrmacht during the war. The Leun family told us that their workshop had modified numerous cars that had been confiscated between 1940 and 1944. On the Bugatti, the position of the spare wheel was altered, so that it could be hidden in the trunk rather than be visible on the left wing. During the war, this was deemed to be safer, as well as being an aesthetic improvement. A tow bar was welded on at the back, which involved cutting out a few centimetres at the bottom of the rear bodywork. It is possible that this modification, as well as the holes pierced in the wings were carried out in order to install a radio. The name Hammerstein appears engraved in the metal of the two front seat sliders. This could be the name of a German officer from the military family Von Hammerstein, and be connected to the name of one of the officers who considered the car as loot. Although we can trace the car's journey from Waterloo to Klein Linden as taking place between 1940 and 1944, it is impossible to determine exactly when the chassis 57C was separated from the Vanvooren body.

The turbulent period of the war and the cars in stock in Bordeaux and Molsheim
The chassis must have been separated from its body sometime between 1944 and 1950. There is a strong possibility that the work was carried out in the factory at Molsheim, as the original rear axle N°52C and the frame appear to have been subsequently used on the car of an enthusiast from Colmar, after the war. The car's current chassis came from new stock that had been stored in Bordeaux in 1940, and, by order of Hans Trippel, taken back to Molsheim in 1941. An auction was organised at the factory that year, after the stock of cars from Bordeaux had been returned to Molsheim.
The body from chassis n°57757, our ex-1938 Salon Vanvooren cabriolet, was put on the new chassis equipped with engine n°546. It was a complete chassis with engine, gearbox and axle n° 546, that had been stored in Bordeaux in 1940 - 1941 then taken back to Molsheim. The frame number, 438, shows us that the engine 546 had not been fitted in a chassis when it was assembled in January 1939, but some time after June 1939. The joint research of several Bugatti historians, including Sandy Leith from the US, appears to show that the original chassis 57757 of our car, frame 339, still complete with its axle number 52C, received a Gangloff four-seater cabriolet body from 1938 - 1939 and engine ex-57404. From then, it became known, under this number.

The current car, chassis and engine n°546, body ex-57757 cabriolet Vanvooren
It is extremely likely that at the end of the war, several Type 57 and 57Cs that had been requisitioned, poorly looked after or simply damaged while in storage, would have been returned to the Bugatti factory to be restored. New clients had the choice of getting their chassis restored or having their coachwork fitted to one of the new 1939 chassis that were still available. This is undoubtedly what happened to body number 57757, whose owner after the war chose a new Type 57 chassis. One can suppose that the engine 52C was unusable as chassis 57757 was recovered by the factory and fitted with an engine from 1936, ex-57404, and a fairly heavy four-seater Gangloff cabriolet body, the latest 1939 model.
After the war, we find the chassis with engine 546 fitted with the Vanvooren coachwork, in Austria. Paul Girardoni, owner of a large Austrian sugar refinery, bought the car in the early 1950s, and according to his wife, Olga Girardoni, this transaction took place in 1951. She remembers receiving the car as a present from her husband, and using it daily, as well as taking it to the factory in Molsheim several times to be serviced. At this point, the car was green (Mrs Girardoni recalls it being " petrol-coloured ") with tan leather interior. Between 1952 and 1954 it was registered in Saint-Gilgen on lake Wolfgangsee, in the province of Salzburg, with the number S 33.696, and later in Burgenland, close to the factory, with the number B 31.133. Mrs Girardoni's family albums include numerous photos of the car and include some shots of the dashboard, which show it as being the 57C model - it had four small dials to the left and two larger ones flanking the steering wheel, all set on a lacquered wooden fascia, which would have been an option chosen by the coachbuilder.
In 1965 the car was sold to the great Swedish collector Allan Soderstrom, from Malmo. When he died, the Bugatti was put up for sale by his son, and bought in 1996 through the dealer Jean-François du Montant by M. Pierre-Alain Bonnigal. During his ownership, the car was repainted dark blue.
Offered for sale in 2007 by Andreas Haas, it was bought by the current owner in 2014, through Bruno Vendiesse, to become a highlight of the Volante collection. Our owner entrusted the Bugatti to the workshop of René Grosse for a full-scale two-year restoration that cost in excess of 300 000 €. The coachwork was repainted in the original Nitrolac two-tone colour scheme, blue and black. The interior was fitted with the type of seats that Vanvooren would have used, and upholstered in blue leather. The rear of the car, modified during the war, was restored to its original configuration.
Over 4000 photographs were taken of different stages of the restoration, documenting the meticulous attention to detail taken by the team at Grosse's workshop. A renowned Vanvooren specialist, our collector's approach to this project was as a historian. His Volante Museum, dedicated to fine pre-war motor cars, already included eight cars bodied by Vanvooren, and he was very familiar with the techniques used at the workshop in Courbevoie. There was no-one more qualified to return this 1938 Paris Motor Show Vanvooren cabriolet to its former glory.

Pierre-Yves Laugier


The cars in the Volante collection have been extremely well looked after and conserved. However, it must be stressed that these are museum exhibits that have not been driven much in recent years, and will therefore require a routine inspection and service before use.


Photos © Fotozumbrunn / Unger


Martin Waltz & " The Volante Collection "

Né dans une famille d'amateurs d'art et entrepreneurs dans l'industrie automobile, il n'est pas surprenant que Martin Waltz ait développé dès son plus jeune âge une passion pour les automobiles anciennes. Pendant ses études de médecine, il ne parvenait pas à résister à une limousine Mercedes 220 noire de 1956 à vendre sur le parking de l'université, et commençait ainsi à acheter des automobiles et les entretenir lui-même. Sa passion s'orientait rapidement vers les voitures d'avant-guerre et sa fascination pour Vanvooren prenait naissance lors de la découverte d'une épave d'Hispano-Suiza, en Suisse, dans une arrière-cour. Il faisait l'acquisition de la voiture et se lançait dans une remise en état, surpris par la qualité de la carrosserie. Il s'étonnait également du peu d'informations disponibles sur Vanvooren et commençait ses propres recherches. En l'espace de huit ans, avec l'aide d'autres collectionneurs, de musée, d'historiens et d'archivistes de clubs, il créait un registre et des archives Vanvooren. Au cours de ces démarches, il avait l'occasion de croiser de nombreuses voitures carrossées par Vanvooren. En toute logique, il finissait par en acheter un certain nombre, constituant la plus importante collection du monde consacrée aux voitures de ce carrossier, avec neuf véhicules équipés d'une carrosserie Vanvooren (une voiture hippomobile et huit automobiles), de neuf marques différentes : Panhard & Levassor, Voisin, Alvis, Hispano-Suiza, Bentley, Bugatti, Rolls-Royce, Delahaye et Vanvooren.

Au début des années 2000, Martin Waltz possédait 40 voitures disséminées sur plusieurs sites, au sud de l'Allemagne. Il a commencé à réfléchir à la façon d'exposer sa collection dans le but d'illustrer l'art du style automobile. Finalement, en 2015, il ouvrait un musée abritant 45 voitures dont la moitié dataient de la période d'avant-guerre. Ce musée, dénommé "Volante", a attiré des milliers de visiteurs au cours de ces deux dernières années.

Avec le projet "Volante", Martin Waltz a pu mettre en avant l'intérêt qu'il portait aux savoir-faire anciens. Des années avant que la Fiva lance la "Charte de Turin", il s'attachait déjà à préserver le plus possible les composants et matériaux d'origine de ses voitures. Pour trouver l'équilibre entre le souci de préserver la voiture et celui de la faire rouler, il investissait presque un million d'euros dans la restauration de ses automobiles Vanvooren, n'ayant de cesse de trouver et d'améliorer les techniques permettant de respecter l'état d'origine et la conformité historique. Au fil des ans, il a constitué un réseau de spécialistes pour la préservation de ses voitures, et la qualité de leurs travaux est impressionnante.

Aujourd'hui, son musée attire des évènements qui réclament une surface plus importante. Par conséquent, Martin Waltz a pris la décision difficile de se séparer de sa collection de voitures carrossées par Vanvooren, ce qui va donner à de nouveaux amateurs l'opportunité, après une révision d'usage due à leur condition de voiture de musée, de développer leur propre appréciation de ce carrossier français très particulier. Martin Waltz lui-même va continuer à archiver et répertorier, tout en ayant un projet de livre sur le sujet.



Born into an art-loving family of entrepreneurs involved in the automobile industry, it is no surprise that Martin Waltz developed a love of old cars from a very young age. While studying medicine, he was unable to resist the black 1956 Mercedes-Benz 220 limousine spotted for sale in the university car park, and so began to buy and maintain cars himself. He soon developed a special attachment to pre-war designs, and his particular fascination for Vanvooren began when he discovered the ruins of a Hispano-Suiza in a back yard in Switzerland. He bought the car and began to restore it, astonished by the quality of the coachwork. He was also surprised to discover that there was very little information available about Vanvooren, and started to do his own research. Within eight years, with the help of owners, museums, historians and club archivists, he created a Vanvooren register and archive. During this period, he came into contact with a host of special Vanvooren-bodied cars. It is no surprise that he went on to buy many of them, which is how the biggest collection of cars by this coachbuilder, anywhere in the world, came into existence: 9 vehicles with Vanvooren coachwork (one carriage and eight cars), from 9 different manufacturers: Panhard et Levassor, Voisin, Alvis, Hispano-Suiza, Bentley, Bugatti, Rolls-Royce, Delahaye and Vanvooren.

By the 2000s Waltz owned over 40 cars, kept in different locations in south-west Germany. He began to think about how to display his collection in order to illustrate the art of automotive design. Eventually, in 2015 he opened a museum that housed 45 cars, half of which date from the pre-war period. The exhibition in the museum, called VOLANTE, has attracted thousands of visitors over the last couple of years.

With the VOLANTE project, Waltz was able to showcase his special interest in old craftsmanship. Years before the FIVA launched the Charta of Turin, he worked as a pioneer in preserving as much as possible of the original material and parts of his cars. To provide the balancing act between originality and roadworthiness Waltz invested nearly 1 million euros in restoring his Vanvooren cars, always trying to find and improving the best ways back to originality and historical correctness. Over the years he created a network of specialists for the preservation of his cars, and the quality of their work is impressive.
Today, his museum space is attracting large-scale events that require more room. Consequently, Waltz has taken the difficult decision to part with his collection of Vanvooren-bodied cars, which will provide an opportunity, after a routine inspection and service due to their museum condition, for new owners to develop their own appreciation for this very special French coachbuilder. Waltz himself will continue to manage the archive and register, and has plans to write a book…



Estimation 650 000 - 950 000 €

Lot 16

Bugatti Type 57 Cabriolet Vanvooren

Estimation 650,000 - 950,000 € [$]

Bugatti Type 57 Cabriolet Vanvooren
Carte grise française
Caisse Vanvooren n° 2940
Moteur n° 546

- Collection Volante
- Caisse Vanvooren du Salon de Paris 1938
- Passionnante histoire
- Restauration de très haut niveau
- Un des chefs d'œuvres de la collection Volante

Longtemps mystérieuse, cette voiture a récemment livré ses secrets après un long travail d'investigation mené par plusieurs historiens Bugatti, ainsi que par son dernier propriétaire qui a entrepris une restauration totale, sans considération de prix. Elle porte la carrosserie du cabriolet type 57C Vanvooren (châssis 57757/moteur 52C) du Salon de Paris d'octobre 1938, qui fut transposée à l'usine vers 1945 sur un châssis type 57 (moteur 546) neuf, en stock depuis juin 1939.

Le châssis 57757/moteur 52C, cabriolet Vanvooren, Salon 1938
La carrosserie de ce véhicule fut construite par les Établissements Vanvooren, rue Pierre Lhomme à Courbevoie, afin d'être exposée du 6 au 16 octobre 1938 sur le stand de ce carrossier au Salon de l'Automobile de Paris, au Grand Palais. Pour cet événement, le châssis 57C numéro 57757/moteur 52C est préparé début août 1938 par Molsheim afin de recevoir la caisse Vanvooren. Cette caisse était prévue à l'origine sur ce même châssis car sur l'une des trois photos de la voiture prises au bois de Boulogne en octobre 1938, on peut lire le logo " 57C " sur l'arrière gauche de la malle. Ces photos ont été publiées dans le numéro de novembre-décembre de la revue Auto-carrosserie. La caisse y est décrite comme " de couleur noir et bleu, capote bleue, et intérieur cuir bleu". En 1938-1939, rares sont les châssis commandés à Bugatti par l'atelier Vanvooren : ce châssis n°57757 est le seul de type 57C qui lui est livré en 1938 pour la réalisation d'un cabriolet. Un autre châssis, n° 57695/moteur 506, sans compresseur, sortira des ateliers Vanvooren à Noël 1938. Les deux châssis avaient été livrés à la carrosserie le 12 août 1938.
La voiture 57757/moteur 52 C est achetée par D'Ieteren, l'agent Bugatti bruxellois, le 30 septembre 1938, la carrosserie cabriolet quatre places lui étant facturée 41 200 francs. Le Salon de Paris ouvre ses portes la semaine suivante. Le 15 novembre 1938, la voiture est enfin livrée à D'Ieteren à Bruxelles pour son client M. Washer, contre la somme de 110 000 francs. Dans tous les documents de l'usine, une seule note mentionne " Washer " comme client du véhicule.
Fort de cette information, nous partons sur sa piste et retrouvons la belle-fille du premier propriétaire Jean Washer, célèbre tennisman belge des années 1920. Elle fait chercher pour nous dans les archives familiales, et son neveu découvre les documents espérés. L'album de famille renferme encore les photos publicitaires du véhicule au bois de Boulogne, envoyées par l'agent bruxellois pour convaincre son client, ainsi qu'une photo datant de l'hiver 1939, avec les plaques belges. Jean Washer pose, à côté de sa nouvelle acquisition, en casquette et gants. Son fils Paul Washer, décédé récemment, avait peu avant tenté de contacter l'usine de Molsheim dans l'espoir d'avoir des nouvelles de la voiture familiale. En effet, le souvenir était encore très présent dans la mémoire de celui qui était un jeune homme de 16 ans lorsque son père avait acheté ce cabriolet. La direction actuelle n'a pas pu lui répondre. Pourtant, la voiture était bien repassée par l'usine vers la fin de la guerre puisque son châssis avait été utilisé pour recevoir le moteur ex-57404 et une carrosserie de cabriolet Gangloff modèle 1939, tandis que la caisse Vanvooren était posée sur un châssis neuf équipé du moteur n°546.

Jean Washer (1894-1972)
Né le 22 août 1894 à Berchem et décédé le 22 mars 1972 à Genève, Jean Washer fait partie d'une famille d'industriels du textile de la région bruxelloise. Il commence à jouer au tennis après la guerre et rejoint le Royal Léopold Club de Bruxelles. Sa meilleure année est 1923 où il termine neuvième joueur mondial. En 1924 il atteint les quarts de finale à Wimbledon et perd contre René Lacoste. L'année suivante il est demi-finaliste à Roland Garros après avoir battu Henri Cochet, mais il perd devant Jean Borotra ! Il est aussi quart de finaliste en 1926. Il remporte huit fois, de 1920 à 1927, les championnats de Belgique individuels en extérieur et sept fois en double, de 1919 à 1925. Il a joué en Coupe Davis entre 1921 et 1927 dans l'équipe de Belgique. En 1922, au Racing Club de Bruxelles, il bat Henri Cochet puis Jean Borotra et, en 1924, il domine René Lacoste au Léopold Club puis Henri Cochet sur la Côte d'Azur. Gaucher au service puissant, il est doué d'un bon smash et d'un coup droit lifté rapide. Sur le plan professionnel, il est responsable du département des fibres synthétiques au sein du groupe UCB (Union Chimique. Belge). En 1928, Jean Washer acquiert un superbe parc à la Drève de la Meute, dans les bois de Waterloo, où se trouve la propriété " le Manoir ". Cette immense demeure anglo-normande date du début du XXe siècle. Après la seconde Guerre Mondiale Jean Washer entraîne son fils Philippe qui deviendra lui aussi un grand champion de tennis. Il se retire alors dans sa villa genevoise jusqu'à son décès en 1972. Mais avant cela, le 10 mai 1940, les Allemands envahissent la Belgique. Le 28 mai le pays capitule et l'armée d'occupation s'installe en Wallonie. Elle prend ses quartiers au " Manoir " et un officier confisque pour son usage personnel le rapide cabriolet 57C. D'autres voitures seront également sorties des nombreux garages de la propriété pour l'usage des occupants. La Bugatti semble partir alors vers l'est avec son officier, puisque nous retrouverons sa trace chez un carrossier au nord de Francfort.

La caisse Vanvooren
Lors de sa restauration récente, au démontage des boiseries et des sièges, la caisse a révélé son numéro de carrosserie. Il est peint au pochoir au revers des sièges, écrit au crayon bleu sur des bois et au crayon de mine sur d'autres pièces. Au total, le numéro de carrosserie Vanvooren 2940 apparaît sur plus de dix pièces de carrosserie. Il est conforme à un numéro châssis de Bugatti habillé en automne 1938, car la caisse 2986 équipe un Coupé 57C Vanvooren de juillet 1939.
L'analyse des éléments de la carrosserie lors de la restauration totale commandée par le collectionneur de la Volante Collection va nous révéler la suite de l'histoire. L'intérieur d'un panneau de porte laisse voir une longue inscription : " Erwin Leun, Karosseriebauer, Giessen. Klein Linden, Dammstrat 14. Deutschland " La ville de Klein Linden se trouve à 400 km à l'est de Waterloo, au nord de Francfort, et l'atelier E. Leun était connu pour les réalisations qu'il effectuait pour le compte de la Wehrmacht durant la guerre. La famille nous a confié que leur atelier avait modifié de nombreuses voitures confisquées entre 1940 et 1944. Sur la Bugatti, la position de la roue de secours a été changée, pour qu'elle soit dissimulée dans la malle plutôt qu'en évidence sur l'aile gauche, ce qui en temps de guerre était plus sécurisant et aussi plus esthétique. Une barre de remorquage a été soudée à l'arrière de la caisse, découpant le bas de la jupe du coffre de quelques cm. Il est possible que cette modification, ainsi que des orifices percés dans les ailes, aient été motivée par l'installation d'une radio. Le nom de Hammerstein apparaît gravé dans le métal des glissières des deux sièges avant. Il pourrait être celui d'un officier allemand de la famille de militaires Von Hammerstein, et être lié au nom de l'un des officiers ayant considéré la voiture comme prise de guerre. Si nous pouvons suivre la voiture de Waterloo à Klein Linden entre 1940 et 1944, il est impossible de déterminer la période précise ou le châssis 57C sera séparé de la caisse Vanvooren.

La période trouble de la guerre et les voitures en stock à Bordeaux et Molsheim
Le châssis doit avoir été séparé de sa carrosserie entre 1944 et 1950. Il existe une très forte probabilité que le travail ait été réalisé à l'usine de Molsheim, puisque le pont arrière d'origine N°52C et le cadre semblent avoir été utilisés sur la voiture d'un amateur de Colmar après-guerre. Le châssis actuel de la voiture provient des stocks de châssis neufs ayant été entreposés à Bordeaux en 1940 puis, par ordre de Hans Trippel, rapatriés à Molsheim en 1941. Une vente aux enchères a été organisée cette année-là à l'usine, après que le stock de voitures de Bordeaux ait réintégré Molsheim.
La caisse du châssis n°57757, notre cabriolet Vanvooren ex-Salon de 1938, vient à être posée sur le châssis neuf doté de la mécanique n°546. Il s'agit d'un châssis complet avec moteur, boîte et pont n° 546, stocké à Bordeaux en 1940-1941 puis rapatrié à Molsheim. Son numéro de cadre, 438, montre que le moteur 546 n'a pas été installé dans un châssis lors de son montage en janvier 1939, mais après juin 1939. Les recherches conjointes de plusieurs historiens Bugatti, dont Sandy Leith aux États-Unis, semblent prouver que le châssis d'origine 57757 de notre voiture, cadre numéro 339, toujours doté de son pont numéro 52C, aurait reçu une caisse Gangloff cabriolet quatre-places de 1938-1939 et le moteur ex-57404. Elle serait, depuis, connue sous ce dernier numéro.

La voiture actuelle, châssis et mécanique n°546, caisse ex-57757 cabriolet Vanvooren
Il est très fortement probable qu'au sortir de la guerre, plusieurs type 57 et 57C, réquisitionnés, malmenés ou simplement abîmés par le stockage, soient retournés à l'usine Bugatti pour être remis en état. Les nouveaux clients avaient le choix de restaurer leur châssis ou de déposer leur carrosserie pour bénéficier d'un des châssis neufs de 1939 encore disponibles. C'est sans doute ce qui est arrivé à la caisse de 57757, pour laquelle son propriétaire d'après-guerre a choisi un châssis neuf de type 57. On peut supposer que le moteur 52C était inutilisable car le châssis 57757 fut récupéré par l'usine qui lui installa un moteur de 1936, ex-57404, et une caisse de cabriolet Gangloff quatre-places assez lourde, du dernier modèle 1939.
Après la guerre, nous retrouvons en Autriche le châssis à moteur 546 équipé de la carrosserie Vanvooren. Paul Girardoni, propriétaire d'une importante sucrerie en Autriche, achète l'auto au début des années 1950. Mme Olga Girardoni a confié que son époux avait acheté la voiture en 1951. Elle s'est souvenue avoir reçu la voiture en cadeau de son mari et l'avoir utilisée quotidiennement, et emmenée à plusieurs reprises à l'usine de Molsheim pour entretien. La voiture était alors de couleur verte avec intérieur cuir havane, "couleur pétrole" selon les dires de Mme Girardoni. Elle fut d'abord immatriculée de 1952 à 1954 dans la province de Salzburg, à Saint-Gilgen au bord du lac Wolfgangsee, sous le numéro S 33.696, puis dans celle du Burgenland près de l'usine avec la plaque B 31.133. Les albums de famille de Mme Girardoni renferment de nombreuses photos de la voiture dont plusieurs clichés du tableau de bord : il est bien du modèle 57C avec les quatre petits compteurs à gauche des deux grands qui encadrent le volant, sur un support de bois verni qui était une option sans doute choisie par le carrossier.
En 1965 le véhicule est cédé au grand collectionneur suédois Allan Soderstrom, de Malmö. Au décès de ce dernier, la Bugatti est proposée à la vente par son fils. Elle est acquise en 1996 auprès du négociant Jean-François du Montant par M. Pierre-Alain Bonnigal. Durant sa propriété, la voiture sera repeinte en bleu nuit.
En vente en 2007 par Andreas Haas, la voiture sera acquise en 2014 par son propriétaire actuel qui rêvait d'ajouter cette belle Bugatti au sein de la Volante Collection par l'intermédiaire de Bruno Vendiesse. Notre collectionneur confie la Bugatti à l'atelier de René Grosse pour une restauration totale qui sera étalée sur deux ans, pour un coût supérieur à 300 000 €. La caisse est repeinte dans les coloris Nitrolac deux tons d'origine, bleu et noir. L'intérieur est fabriqué selon les modèles de sièges utilisés par Vanvooren ainsi que les cuirs bleus. L'arrière de la voiture, modifiée pendant la guerre, a retrouvé sa configuration d'origine.
Plus de 4 000 photos ont été prises aux différentes étapes de la restauration et attestent du travail méticuleux réalisé par l'équipe de R. Grosse. Reconnu comme spécialiste de la carrosserie Vanvooren, notre collectionneur a réalisé un vrai travail d'historien. Son musée " Museum Volante ", dédié aux belles carrosseries d'avant-guerre, a comporté jusqu'à huit voitures carrossées par Vanvooren et les techniques de fabrication de l'atelier de Courbevoie n'ont plus de secret pour lui. Personne n'était plus qualifié pour redonner au cabriolet Vanvooren du Salon de Paris 1938 son panache d'origine.

Pierre-Yves Laugier

Les voitures de la collection Volante ont été très soigneusement suivies et conservées mais nous rappelons qu'il s'agit de voitures de musée qui n'ont que peu roulé ces dernières années et qui nécessiteront par conséquent une révision d'usage.



French title
Vanvooren body n° 2940
Engine n° 546

- Volante collection
- 1938 Paris Motor Show Vanvooren body
- Exciting history
- Top level restoration
- One of the Volante Collection masterpieces

Having long been a mystery, this car recently revealed its secrets past after extensive investigative work carried out by various Bugatti historians as well as its current owner, who has carried out a full-scale, no-expense spared restoration. The car sports the Vanvooren Type 57C cabriolet body (chassis 57757/engine 52C) that dates from the Paris Motor Show of October 1938, and was refitted around 1945, at the factory, onto a new Type 57 chassis (engine 546) that had been in stock since June 1939.

Chassis 57757/engine 52C, cabriolet Vanvooren, Salon 1938
The coachwork on this vehicle was built by the Établissements Vanvooren, rue Pierre Lhomme in Courbevoie, in order to be displayed on the coachbuilder's stand at the Paris Motor Show, held at the Grand Palais between 6 and 16 October 1938. To this end, chassis 57C no. 57757/engine 52C was prepared at Molsheim at the start of August 1938, so that it could be fitted with the Vanvooren coachwork. We know that the body was designed to fit this particular chassis as, on one of the three photos of the car, taken in Bois de Boulogne in October 1938, we can read " 57C " on the left-hand side of the trunk. These photos were published in the November-December issue of the magazine Auto-carrosserie. The body is described as being " black and blue in colour, with a blue hood and blue leather interior ". In 1938-1939, it was rare for the Vanvooren workshop to order chassis from Bugatti - this chassis 57757 was the only Type 57C delivered during 1938 to be made into a cabriolet. Another chassis, n° 57695/engine 506, without supercharger, left the Vanvooren workshop during the 1938 Christmas period. The two chassis had been delivered to the coachbuilder on 12 August 1938.
The car 57757/engine 52C was bought by D'Ieteren, the Bugatti agent from Brussels, on 30 September 1938. He was invoiced 41 200 francs for the four-seater cabriolet. The Paris Motor Show opened its doors the following week. On 15 November 1938, the car was finally delivered to D'Ieteren in Brussels, for his client Mr Washer, who paid 110 000 francs. In all the factory documents there is only mention of " Washer " as the client of the car.
Armed with this information, we set off on our search once more, and track down the daughter-in-law of the first owner, Jean Washer, the famous Belgian tennis player of the 1920s. She retrieved the family archives for us, and her nephew discovered the material we had hoped to find. The family album still contained publicity photographs of the car in Bois de Boulogne, sent by the Brussels agent in an attempt to persuade his client. There was also a photo taken during the winter of 1939, showing Jean Washer, in gloves and helmet, posing next to his new acquisition, which was fitted with Belgian number plates. His recently deceased son, Paul Washer, had, not long before, tried to contact the factory at Molsheim, hoping to find out about the family car. He apparently had strong memories of being 16 years old and his father buying the cabriolet. Unfortunately, he failed to get any answers. What we now know is that the car had been successfully 'recycled' by the factory towards the end of the war : the chassis had been fitted with the engine from 57404 and was used for a 1939 model cabriolet body by Gangloff, and the Vanvooren body was re-fitted to a new chassis with engine n°546.


Jean Washer (1894-1972)
Jean Washer, who was born on 22 August 1894 in Berchem and died on 22 March 1972 in Geneva, came from a family involved in the textile industry in Brussels. He started playing tennis after the war, joining the Royal Léopold Club de Bruxelles. His most successful year came in 1923 when he was ranked 9th worldwide. In 1924 he reached the quarter-finals at Wimbledon and lost to René Lacoste. The following year he was a semi-finalist at Roland Garros, having beaten Henri Cochet, but then lost to Jean Borotra ! He was a quarter-finalist once again in 1926. He won the singles in the Belgian outdoor Championships eight times between 1920 and 1927, and the doubles seven times between 1919 and 1925. He played for the Belgian team in the Davis Cup between 1921 and 1927. In 1922, at the Racing Club de Bruxelles, he beat Henri Cochet followed by Jean Borotra and in 1924, he won against René Lacoste at the Léopold Club and then Henri Cochet on the Côte d'Azur. A left-hander with a powerful serve, he had a good smash and a fast forehand shot. Professionally, he was responsible for the synthetic fibres department in the UCB Group UCB (Union Chimique. Belge). In 1928, Jean Washer acquired a splendid park in Drève de la Meute, Bois de Waterloo, in which the property " le Manoir " was situated. This huge Anglo-Norman residence dated from the early 20th century. After the Second World War, Jean Washer coached his son, who also became a very successful tennis player, and retired to live in his villa in Geneva until his death in 1972. Earlier, however, on 10 May 1940, the Germans invaded Belgium. The country surrendered on 28 May and the occupying forces installed themselves in Wallonia. They set up their quarters in " Le Manoir " and an officer confiscated the fast 57C cabriolet for his own use. Other cars were also extracted from various garages to be used by the occupiers. It appears that the Bugatti then headed east with its officer, as we next come across the car at a coachbuilder north of Frankfurt.

The Vanvooren body
During the car's recent restoration, when the woodwork and seats were dismantled, the coachwork number was revealed. It was stencilled on the back of the seats, in blue crayon on the wood and lead pencil on other parts. In total, the Vanvooren number 2940 appeared on over ten pieces of the coachwork. It conforms to a Bugatti chassis number that was bodied during the autumn of 1938, as number 2986 corresponds to coachwork fitted to a Coupé 57C Vanvooren in July 1939.
Analysis of various parts of the body, carried out during the restoration commissioned by the owner of the Volante Collection, has revealed the rest of the story to us. On the inside of a door panel there is a long inscription : " Erwin Leun, Karosseriebauer, Giessen. Klein Linden, Dammstrat 14. Deutschland " The town of Klein Linden is 400 km east of Waterloo, to the north of Frankfurt, and Leun's workshop is known for the work he carried out for the Wehrmacht during the war. The Leun family told us that their workshop had modified numerous cars that had been confiscated between 1940 and 1944. On the Bugatti, the position of the spare wheel was altered, so that it could be hidden in the trunk rather than be visible on the left wing. During the war, this was deemed to be safer, as well as being an aesthetic improvement. A tow bar was welded on at the back, which involved cutting out a few centimetres at the bottom of the rear bodywork. It is possible that this modification, as well as the holes pierced in the wings were carried out in order to install a radio. The name Hammerstein appears engraved in the metal of the two front seat sliders. This could be the name of a German officer from the military family Von Hammerstein, and be connected to the name of one of the officers who considered the car as loot. Although we can trace the car's journey from Waterloo to Klein Linden as taking place between 1940 and 1944, it is impossible to determine exactly when the chassis 57C was separated from the Vanvooren body.

The turbulent period of the war and the cars in stock in Bordeaux and Molsheim
The chassis must have been separated from its body sometime between 1944 and 1950. There is a strong possibility that the work was carried out in the factory at Molsheim, as the original rear axle N°52C and the frame appear to have been subsequently used on the car of an enthusiast from Colmar, after the war. The car's current chassis came from new stock that had been stored in Bordeaux in 1940, and, by order of Hans Trippel, taken back to Molsheim in 1941. An auction was organised at the factory that year, after the stock of cars from Bordeaux had been returned to Molsheim.
The body from chassis n°57757, our ex-1938 Salon Vanvooren cabriolet, was put on the new chassis equipped with engine n°546. It was a complete chassis with engine, gearbox and axle n° 546, that had been stored in Bordeaux in 1940 - 1941 then taken back to Molsheim. The frame number, 438, shows us that the engine 546 had not been fitted in a chassis when it was assembled in January 1939, but some time after June 1939. The joint research of several Bugatti historians, including Sandy Leith from the US, appears to show that the original chassis 57757 of our car, frame 339, still complete with its axle number 52C, received a Gangloff four-seater cabriolet body from 1938 - 1939 and engine ex-57404. From then, it became known, under this number.

The current car, chassis and engine n°546, body ex-57757 cabriolet Vanvooren
It is extremely likely that at the end of the war, several Type 57 and 57Cs that had been requisitioned, poorly looked after or simply damaged while in storage, would have been returned to the Bugatti factory to be restored. New clients had the choice of getting their chassis restored or having their coachwork fitted to one of the new 1939 chassis that were still available. This is undoubtedly what happened to body number 57757, whose owner after the war chose a new Type 57 chassis. One can suppose that the engine 52C was unusable as chassis 57757 was recovered by the factory and fitted with an engine from 1936, ex-57404, and a fairly heavy four-seater Gangloff cabriolet body, the latest 1939 model.
After the war, we find the chassis with engine 546 fitted with the Vanvooren coachwork, in Austria. Paul Girardoni, owner of a large Austrian sugar refinery, bought the car in the early 1950s, and according to his wife, Olga Girardoni, this transaction took place in 1951. She remembers receiving the car as a present from her husband, and using it daily, as well as taking it to the factory in Molsheim several times to be serviced. At this point, the car was green (Mrs Girardoni recalls it being " petrol-coloured ") with tan leather interior. Between 1952 and 1954 it was registered in Saint-Gilgen on lake Wolfgangsee, in the province of Salzburg, with the number S 33.696, and later in Burgenland, close to the factory, with the number B 31.133. Mrs Girardoni's family albums include numerous photos of the car and include some shots of the dashboard, which show it as being the 57C model - it had four small dials to the left and two larger ones flanking the steering wheel, all set on a lacquered wooden fascia, which would have been an option chosen by the coachbuilder.
In 1965 the car was sold to the great Swedish collector Allan Soderstrom, from Malmo. When he died, the Bugatti was put up for sale by his son, and bought in 1996 through the dealer Jean-François du Montant by M. Pierre-Alain Bonnigal. During his ownership, the car was repainted dark blue.
Offered for sale in 2007 by Andreas Haas, it was bought by the current owner in 2014, through Bruno Vendiesse, to become a highlight of the Volante collection. Our owner entrusted the Bugatti to the workshop of René Grosse for a full-scale two-year restoration that cost in excess of 300 000 €. The coachwork was repainted in the original Nitrolac two-tone colour scheme, blue and black. The interior was fitted with the type of seats that Vanvooren would have used, and upholstered in blue leather. The rear of the car, modified during the war, was restored to its original configuration.
Over 4000 photographs were taken of different stages of the restoration, documenting the meticulous attention to detail taken by the team at Grosse's workshop. A renowned Vanvooren specialist, our collector's approach to this project was as a historian. His Volante Museum, dedicated to fine pre-war motor cars, already included eight cars bodied by Vanvooren, and he was very familiar with the techniques used at the workshop in Courbevoie. There was no-one more qualified to return this 1938 Paris Motor Show Vanvooren cabriolet to its former glory.

Pierre-Yves Laugier


The cars in the Volante collection have been extremely well looked after and conserved. However, it must be stressed that these are museum exhibits that have not been driven much in recent years, and will therefore require a routine inspection and service before use.


Photos © Fotozumbrunn / Unger


Martin Waltz & " The Volante Collection "

Né dans une famille d'amateurs d'art et entrepreneurs dans l'industrie automobile, il n'est pas surprenant que Martin Waltz ait développé dès son plus jeune âge une passion pour les automobiles anciennes. Pendant ses études de médecine, il ne parvenait pas à résister à une limousine Mercedes 220 noire de 1956 à vendre sur le parking de l'université, et commençait ainsi à acheter des automobiles et les entretenir lui-même. Sa passion s'orientait rapidement vers les voitures d'avant-guerre et sa fascination pour Vanvooren prenait naissance lors de la découverte d'une épave d'Hispano-Suiza, en Suisse, dans une arrière-cour. Il faisait l'acquisition de la voiture et se lançait dans une remise en état, surpris par la qualité de la carrosserie. Il s'étonnait également du peu d'informations disponibles sur Vanvooren et commençait ses propres recherches. En l'espace de huit ans, avec l'aide d'autres collectionneurs, de musée, d'historiens et d'archivistes de clubs, il créait un registre et des archives Vanvooren. Au cours de ces démarches, il avait l'occasion de croiser de nombreuses voitures carrossées par Vanvooren. En toute logique, il finissait par en acheter un certain nombre, constituant la plus importante collection du monde consacrée aux voitures de ce carrossier, avec neuf véhicules équipés d'une carrosserie Vanvooren (une voiture hippomobile et huit automobiles), de neuf marques différentes : Panhard & Levassor, Voisin, Alvis, Hispano-Suiza, Bentley, Bugatti, Rolls-Royce, Delahaye et Vanvooren.

Au début des années 2000, Martin Waltz possédait 40 voitures disséminées sur plusieurs sites, au sud de l'Allemagne. Il a commencé à réfléchir à la façon d'exposer sa collection dans le but d'illustrer l'art du style automobile. Finalement, en 2015, il ouvrait un musée abritant 45 voitures dont la moitié dataient de la période d'avant-guerre. Ce musée, dénommé "Volante", a attiré des milliers de visiteurs au cours de ces deux dernières années.

Avec le projet "Volante", Martin Waltz a pu mettre en avant l'intérêt qu'il portait aux savoir-faire anciens. Des années avant que la Fiva lance la "Charte de Turin", il s'attachait déjà à préserver le plus possible les composants et matériaux d'origine de ses voitures. Pour trouver l'équilibre entre le souci de préserver la voiture et celui de la faire rouler, il investissait presque un million d'euros dans la restauration de ses automobiles Vanvooren, n'ayant de cesse de trouver et d'améliorer les techniques permettant de respecter l'état d'origine et la conformité historique. Au fil des ans, il a constitué un réseau de spécialistes pour la préservation de ses voitures, et la qualité de leurs travaux est impressionnante.

Aujourd'hui, son musée attire des évènements qui réclament une surface plus importante. Par conséquent, Martin Waltz a pris la décision difficile de se séparer de sa collection de voitures carrossées par Vanvooren, ce qui va donner à de nouveaux amateurs l'opportunité, après une révision d'usage due à leur condition de voiture de musée, de développer leur propre appréciation de ce carrossier français très particulier. Martin Waltz lui-même va continuer à archiver et répertorier, tout en ayant un projet de livre sur le sujet.



Born into an art-loving family of entrepreneurs involved in the automobile industry, it is no surprise that Martin Waltz developed a love of old cars from a very young age. While studying medicine, he was unable to resist the black 1956 Mercedes-Benz 220 limousine spotted for sale in the university car park, and so began to buy and maintain cars himself. He soon developed a special attachment to pre-war designs, and his particular fascination for Vanvooren began when he discovered the ruins of a Hispano-Suiza in a back yard in Switzerland. He bought the car and began to restore it, astonished by the quality of the coachwork. He was also surprised to discover that there was very little information available about Vanvooren, and started to do his own research. Within eight years, with the help of owners, museums, historians and club archivists, he created a Vanvooren register and archive. During this period, he came into contact with a host of special Vanvooren-bodied cars. It is no surprise that he went on to buy many of them, which is how the biggest collection of cars by this coachbuilder, anywhere in the world, came into existence: 9 vehicles with Vanvooren coachwork (one carriage and eight cars), from 9 different manufacturers: Panhard et Levassor, Voisin, Alvis, Hispano-Suiza, Bentley, Bugatti, Rolls-Royce, Delahaye and Vanvooren.

By the 2000s Waltz owned over 40 cars, kept in different locations in south-west Germany. He began to think about how to display his collection in order to illustrate the art of automotive design. Eventually, in 2015 he opened a museum that housed 45 cars, half of which date from the pre-war period. The exhibition in the museum, called VOLANTE, has attracted thousands of visitors over the last couple of years.

With the VOLANTE project, Waltz was able to showcase his special interest in old craftsmanship. Years before the FIVA launched the Charta of Turin, he worked as a pioneer in preserving as much as possible of the original material and parts of his cars. To provide the balancing act between originality and roadworthiness Waltz invested nearly 1 million euros in restoring his Vanvooren cars, always trying to find and improving the best ways back to originality and historical correctness. Over the years he created a network of specialists for the preservation of his cars, and the quality of their work is impressive.
Today, his museum space is attracting large-scale events that require more room. Consequently, Waltz has taken the difficult decision to part with his collection of Vanvooren-bodied cars, which will provide an opportunity, after a routine inspection and service due to their museum condition, for new owners to develop their own appreciation for this very special French coachbuilder. Waltz himself will continue to manage the archive and register, and has plans to write a book…



Estimation 650 000 - 950 000 €

Sale’s details

Sale: 3279
Location: Salon Rétromobile - Hall 2.1 Parc des expositions Porte de Versailles 75015 Paris
Date: 09 feb. 2018 14:00
Auctioneer: Hervé Poulain

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