Sale Old Master & 19th  Century Art - 21 march 2018 /Lot 21 Attribué à Antoine Caron Beauvais, 1521 - Paris, 1599 Auguste et la sibylle de Tibur

  • Attribué à Antoine Caron Beauvais, 1521 - Paris, 1599 Auguste et la sibylle de Tibur Huile sur toile
  • Attribué à Antoine Caron Beauvais, 1521 - Paris, 1599 Auguste et la sibylle de Tibur Huile sur toile
Attribué à Antoine Caron Beauvais, 1521 - Paris, 1599
Auguste et la sibylle de Tibur
Huile sur toile
(Restaurations)

Augustus and the Tiburtine Sibyl, oil on canvas, att. to A. Caron
h: 134 w: 174 cm

Provenance : Peut-être collection du cardinal Fesch, Rome ;
Vente anonyme ; Paris, Hôtel George V, 28 juin 1988, n° 16 (comme suiveur d'Antoine Caron) ;
Vente anonyme ; Londres, Sotheby's, 8 juillet 1992, n°43 (comme Antoine Caron)


Expositions : 'Chemins du fantastique du XVIe au XXe siècle', Asnières, Espace Concorde, 1991

Bibliographie : Peut-être 'Catalogue des tableaux composant la galerie de feu son Eminence le Cardinal Fesch', Rome, 1841, p. 59, n° 1316 : " La Sibylle qui montre à Auguste la Vierge et l'enfant Jésus dans une vision. On y trouve aussi d'autres allégories. Petites figures soigneusement terminées "
Luisa Capodieci, "Légitimation prophétique de l'identité du roi : Auguste et la sibylle de Tibur d'Antoine Caron", in Thomas-W. Gaehtgens, Nicole Hochner (dir.), 'L' Image du roi de François Ier à Louis XIV', actes du colloque tenu au Centre allemand d'histoire de l'art, Paris, 2006, p. 155-156, fig. 33

Commentaire : Avec sa représentation d'Auguste et la sibylle de Tibur, Antoine Caron propose une réinterprétation inédite et fascinante de ce thème souvent traité aux XVe et XVIe siècles. La source de cette iconographie est à rechercher principalement dans la 'Légende dorée' de Jacques de Voragine. L'empereur Auguste (63 av. J.-C. - 14 ap. J.-C.) interrogea la sibylle de Tivoli afin de lui demander s'il y aurait quelqu'un de plus grand que lui. Elle lui désigna alors le ciel où était apparue la Vierge à l'Enfant dans un cercle d'or et lui annonça que cet Enfant sera le maître du monde. Auguste fit élever un autel, l'Ara Coeli', sur le lieu de cette apparition.
Les protagonistes de cet événement sont bien identifiables : l'empereur agenouillé devant la sibylle, et derrière eux les officiers de la suite de l'empereur et les compagnes de la prêtresse qui portent des livres. Caron a cependant placé cette scène dans un mystérieux décor qui éveilla toute la curiosité des historiens qui découvrirent et attribuèrent l'important tableau conservé au Louvre dont notre toile est la reprise. A l'arrière-plan, nous distinguons une balustrade sur laquelle sont appuyés de nombreux personnages qui assistent à un tournoi. Différents monuments parsèment cette esplanade ; émanations à la fois de la Rome impériale et du Paris contemporain de l'artiste, ils appartiennent au répertoire de Caron et réapparaissent dans d'autres œuvres. A droite de la composition se trouve une fontaine ornée d'une statue de Cérès qui fait jaillir de l'eau de ses seins, selon les représentations classiques de la source régénératrice. Dénudée sur le tableau du Louvre, elle est ici recouverte d'un pudique drapé. Le motif dominant de cette ambitieuse composition est cet imposant socle sur lequel reposent deux colonnes salomoniques richement sculptées.
La référence au roi de l'Ancien Testament, à la sagesse légendaire, ne doit rien au hasard et sa superposition avec des monuments parisiens vient donner un éclairage politique à notre composition, inscrivant la capitale du royaume de France dans la lignée à la fois de la Rome des empereurs et de Jérusalem. Le roi Charles IX avait par ailleurs pour emblème les deux colonnes jumelées de la Piété et de la Justice, et pour devise 'Pietate et Iustitia' à laquelle fait également référence l'inscription 'PIETA AVGVSTI' visible sur le médaillon suspendu entre ces colonnes dans la version du Louvre. La femme vêtue d'une robe rouge se tenant au centre de la composition dans l'ouverture de la balustrade serait quant à elle une représentation en Artémise de la reine mère Catherine de Médicis.
Cette image à la fois puissante et étrange est devenue un véritable emblème de la peinture à la cour des Valois et son auteur Antoine Caron l'un des principaux artistes de la Renaissance française, proposant un coloris acidulé, une touche précise et délicate et des iconographies toujours plus savantes, distillant de subtils messages politiques en mêlant la fable, l'histoire sainte et la littérature contemporaine.

Estimation 80 000 - 120 000 €

Sold 104,000 €
* Results are displayed including buyer's fees and taxes. They are generated automatically and can be modified.

Lot 21

Attribué à Antoine Caron Beauvais, 1521 - Paris, 1599
Auguste et la sibylle de Tibur

Sold 104,000 € [$]

Attribué à Antoine Caron Beauvais, 1521 - Paris, 1599
Auguste et la sibylle de Tibur
Huile sur toile
(Restaurations)

Augustus and the Tiburtine Sibyl, oil on canvas, att. to A. Caron
h: 134 w: 174 cm

Provenance : Peut-être collection du cardinal Fesch, Rome ;
Vente anonyme ; Paris, Hôtel George V, 28 juin 1988, n° 16 (comme suiveur d'Antoine Caron) ;
Vente anonyme ; Londres, Sotheby's, 8 juillet 1992, n°43 (comme Antoine Caron)


Expositions : 'Chemins du fantastique du XVIe au XXe siècle', Asnières, Espace Concorde, 1991

Bibliographie : Peut-être 'Catalogue des tableaux composant la galerie de feu son Eminence le Cardinal Fesch', Rome, 1841, p. 59, n° 1316 : " La Sibylle qui montre à Auguste la Vierge et l'enfant Jésus dans une vision. On y trouve aussi d'autres allégories. Petites figures soigneusement terminées "
Luisa Capodieci, "Légitimation prophétique de l'identité du roi : Auguste et la sibylle de Tibur d'Antoine Caron", in Thomas-W. Gaehtgens, Nicole Hochner (dir.), 'L' Image du roi de François Ier à Louis XIV', actes du colloque tenu au Centre allemand d'histoire de l'art, Paris, 2006, p. 155-156, fig. 33

Commentaire : Avec sa représentation d'Auguste et la sibylle de Tibur, Antoine Caron propose une réinterprétation inédite et fascinante de ce thème souvent traité aux XVe et XVIe siècles. La source de cette iconographie est à rechercher principalement dans la 'Légende dorée' de Jacques de Voragine. L'empereur Auguste (63 av. J.-C. - 14 ap. J.-C.) interrogea la sibylle de Tivoli afin de lui demander s'il y aurait quelqu'un de plus grand que lui. Elle lui désigna alors le ciel où était apparue la Vierge à l'Enfant dans un cercle d'or et lui annonça que cet Enfant sera le maître du monde. Auguste fit élever un autel, l'Ara Coeli', sur le lieu de cette apparition.
Les protagonistes de cet événement sont bien identifiables : l'empereur agenouillé devant la sibylle, et derrière eux les officiers de la suite de l'empereur et les compagnes de la prêtresse qui portent des livres. Caron a cependant placé cette scène dans un mystérieux décor qui éveilla toute la curiosité des historiens qui découvrirent et attribuèrent l'important tableau conservé au Louvre dont notre toile est la reprise. A l'arrière-plan, nous distinguons une balustrade sur laquelle sont appuyés de nombreux personnages qui assistent à un tournoi. Différents monuments parsèment cette esplanade ; émanations à la fois de la Rome impériale et du Paris contemporain de l'artiste, ils appartiennent au répertoire de Caron et réapparaissent dans d'autres œuvres. A droite de la composition se trouve une fontaine ornée d'une statue de Cérès qui fait jaillir de l'eau de ses seins, selon les représentations classiques de la source régénératrice. Dénudée sur le tableau du Louvre, elle est ici recouverte d'un pudique drapé. Le motif dominant de cette ambitieuse composition est cet imposant socle sur lequel reposent deux colonnes salomoniques richement sculptées.
La référence au roi de l'Ancien Testament, à la sagesse légendaire, ne doit rien au hasard et sa superposition avec des monuments parisiens vient donner un éclairage politique à notre composition, inscrivant la capitale du royaume de France dans la lignée à la fois de la Rome des empereurs et de Jérusalem. Le roi Charles IX avait par ailleurs pour emblème les deux colonnes jumelées de la Piété et de la Justice, et pour devise 'Pietate et Iustitia' à laquelle fait également référence l'inscription 'PIETA AVGVSTI' visible sur le médaillon suspendu entre ces colonnes dans la version du Louvre. La femme vêtue d'une robe rouge se tenant au centre de la composition dans l'ouverture de la balustrade serait quant à elle une représentation en Artémise de la reine mère Catherine de Médicis.
Cette image à la fois puissante et étrange est devenue un véritable emblème de la peinture à la cour des Valois et son auteur Antoine Caron l'un des principaux artistes de la Renaissance française, proposant un coloris acidulé, une touche précise et délicate et des iconographies toujours plus savantes, distillant de subtils messages politiques en mêlant la fable, l'histoire sainte et la littérature contemporaine.

Estimation 80 000 - 120 000 €

Sold 104,000 €
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Sale: 3254
Date: 21 mar. 2018 19:00
Auctioneer: Matthieu Fournier

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Old Master & 19th Century Art