Sale Rétromobile 2018 - 09 february 2018 /Lot 99 1952 Gordini Type 16 Formule 1

  • 1952 Gordini Type 16 Formule 1
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1952 Gordini Type 16 Formule 1
Voiture de compétition
Châssis n° 33

- Offerte par Amédée Gordini à Christian Huet en 1972
- Pilotée par Behra, Trintignant, Schell, Simon, Frère, Bayol, Pilette, Hamilton, Menditeguy, Birger …
- Historique incroyablement documenté et illustré
- Palmarès exceptionnel de 1952 à 1955, 47 participations aux championnats du monde
- Victorieuse du Grand-Prix de France à Reims 1952 avec Behra

C'est le 23 juin 1899 qu'Amédée Gordini nait à Bazzano, petit village blotti entre Bologne et Maranello. D'une famille modeste, il se passionne rapidement pour la mécanique. En 1925, sans avenir en Italie, il décide d'aller à Paris ou ses qualités de mécanicien son appréciées, ce qui lui permet d'acheter une grange à Suresnes pour en faire "son" garage. Naturalisé français, il ne pense qu'à la course automobile et obtient de nombreux succès en modifiant deux Fiat Balilla, deux Simca Cinq et trois Simca Huit avant la seconde guerre mondiale. Avec Simca, il signe un contrat pour participer à certaines courses avec succès, lui permettant d'empocher de bonnes primes et en 1938, il est surnommé "Le Sorcier" par Charles Faroux.
En 1946, il fabrique le premier châssis Gordini pour sa nouvelle monoplace, dans son nouvel atelier, 69/71 Bd Victor, situé en face du Parc des Expositions de la Porte de Versailles à Paris 15e (une plaque commémorative est apposée sur la façade de l'Hôtel Mercure, en face du Salon Rétromobile). Un contrat de "sponsoring" est conclu avec Simca qui appose son nom sur les monoplaces et barquettes Gordini. En 1947, Gordini a déjà son propre bureau d'études, des machines-outils et son atelier de carrosserie. Il emploie entre 45 et 50 personnes et remporte de très nombreuses courses avec Wimille, Sommer, Gonzalez, Trintignant, ou encore Fangio à qui il sera un des premiers à confier un volant au Grand prix de Buenos Aires 1948.
Mais le contrat Simca impose que les moteurs des Gordini soient ressemblants avec ceux des Simca 8. Le beau V12 Gordini est refusé en 1949, tout comme les projets de moteurs à deux arbres à cames en tête. Aux 24 Heures du Mans 1950, le nom de Simca n'apparaît plus sur les Gordini à compresseur, et cette même année le projet de monoplace de Formule 1 Type 16 à moteur à 4 cylindres à double arbre et compresseur est refusé par Simca qui arrête son financement en septembre 1950.

Amédée Gordini est libre de ses projets pour le nouveau Championnat du Monde des Pilotes qui se disputera en Formule 2000cc, dès 1952, ainsi que pour les courses d'endurances. Il décide d'orienter son bureau d'études sur un moteur à 4 cylindres (Type 18) pouvant évoluer en 6 cylindres (Types 20, 22 et 23) et en 8 cylindres (Type 24). Pour le Championnat du Monde 1952, c'est le magnifique 6 cylindres qui est utilisé. Son bloc en aluminium et magnésium dont la fonderie est plus fine que celle des superbes 4 cylindres Ferrari est remarquable. Très sophistiquée, la lubrification passe à l'intérieur des arbres à cames et des axes de culbuteurs (ou linguets), alors que celui de refroidissement passe à travers un des engrenages de la distribution. C'est le châssis Type 16 à suspension à barres de torsion qui est utilisé pour les pilotes Robert Manzon, Jean Behra et le Prince Bira.
La première monoplace Type 16 a le n°31 et apparaît à Pau 1952. Sa première course est le G.P. de Marseille le 27 avril, ou Manzon abandonne. La Gordini Type 16 n°32 fait ses débuts le 18 mai au G.P. de Suisse à Berne ou Behra termine 3e, mais il l'accidente (pont et suspension arrière gauche) le 22 juin au G.P. d'Europe à Spa-Francorchamps. Pour le Grand Prix de France à Reims le 29 juin, Behra préfère, par sécurité, prendre la nouvelle Gordini Type 16 n°33 et laisser la 32 au Prince Bira, Manzon gardant la 31 (la dernière Type 16 aura le n°34 et la Type 16/24 le 35). Cette course s'annonce sous les meilleurs hospices (propos recueilli près d'Amédée Gordini, Robert Aumaitre, Robert Vidue, Libère, Loris (mécaniciens) et Marc Bande (dessinateur et chronométreur occasionnel)).
Le camion Lancia de l'Equipe Gordini, conduit par le fameux Robert Aumaitre, ancien directeur de course de Bugatti avant-guerre dit "Le Grand Robert" et Vidue, dit "Bibiche", transporte les monoplaces 31 et 32, et sur la remorque se trouve l'ancienne monoplace Type 15 n°6 GC pour Maurice Trintignant. Les deux spiders (16 S et 18 S), devant disputer la course Sport à 11 heures avant le Grand Prix, partent par la route vers la Champagne, accompagnés de Jean Behra qui en profite pour rôder la nouvelle monoplace 33 ! La chaleur très élevé est pénible à supporter en cette fin juin, mais le comportement des Gordini depuis le début de la saison, laisse augurer une course passionnante face à la Scuderai Ferrari avec Ascari, Farina et Villoresi et aux Maserati de Schelle, de Graffenried et Landi, ainsi qu'aux HWM de Moss, Macklin et Collins (22 voitures au départ). Le camp Gordini est installé dans le garage St Christophe à Reims. Les mécaniciens sont dirigés par Robert Aumaitre, qui s'occupe personnellement de la monoplace 33 de Jean Behra qui a fait poser son saute-vent réglable. Les essais se déroulent le vendredi et le samedi. Pour obtenir le meilleur refroidissement possible, les grilles de calandre sont déposées sur toutes les Gordini. Après les essais, les Ferrari 500 F2 et les Gordini se partagent les premières lignes: Ascari, Farina et Manzon, suivi de Behra et Villoresi sur la seconde, Bira étant sur la troisième.
Le samedi soir, toute l'Equipe Gordini dîne à Reims dans le restaurant "Le Lido" et le Grand Robert en passant derrière Behra, l'interroge:
- " Est-ce que tout va bien sur la voiture, Jeannot?"
-"Elle marche très bien, mais j'ai l'impression que dans les virages serrés, à Thillois par exemple, le pont émet des grognement!"
- "Ce n'est surement pas bien méchant...Je regarderais ça demain matin. Pour l'instant, n'en parle pas au Patron, cela risquerait de le mettre de mauvaise humeur!"
Et se tournant vers Vidue:
-"Dis-donc, Bibiche, peux-tu me retrouver demain de très bonne heure au garage pour régler la voiture de Jeannot?"
D'un signe de tête, le mécanicien acquiesce...
A cinq heures, le dimanche, ils sont tous les deux à pieds d'œuvre. Le moteur n°31 est mis en marche et dans la fraicheur du petit matin, le Grand Robert part en direction du circuit en réveillant une partie de la ville. L'huile et l'eau atteignent la bonne température, les tours sont bouclés de plus en plus vite...Aucun bruit suspect...
-"Peut-être que Jeannot s'est trompé?"
Il attaque de plus en plus, cherchant des appuis sur l'arrière pour faire travailler le pont, et dans un travers au Thillois, le pont émet une sorte de grognement inquiétant. Robert n'a pas besoin d'en savoir d'avantage; il regagne très rapidement le garage, fait mettre l'arrière sur chandelle et entreprend, avec Vidue, le démontage. Le temps presse...les tambours et les arbres de roues sont déposés. Loris, qui est venu les rejoindre, dépose le nez de pont et le tend à Aumaitre. Celui-ci se rend compte rapidement qu'une cale en bronze d'un des engrenages planétaire s'est anormalement usée, provoquant un jeu trop important. De ce fait, la pointe de cet engrenage frotte par moment sur la coquille en fonte du différentiel.
Les délais sont trop court pour démonter entièrement le pont. Le Grand Robert décide de meuler les extrémités des dents de cet engrenage.

-"Allez, on remonte le tout...Ne dites rien à Behra, car il risquerait de perdre confiance dans sa voiture. Et pas un mot au Patron, il piquerait encore une colère!"
Lorsque dans la matinée; Jean Behra arrive dans le garage, son premier souci est de demander à Robert Aumaitre des nouvelles sur la santé de sa Gordini.
-"J'y ai rapidement jeté un coup d'oeil", répond-il, "tout est au point".
Quelques instants avant 15 heures, les moteurs, boîtes et ponts sont mis en température. L'eau et l'huile sont à 80° et 90° sur la Gordini de Manzon et à 80° et 100° sur celle de Behra qui est très concentré avant le départ. Il range sa monoplace avec malice, légèrement de biais sur la deuxième ligne, derrière la Ferrari d'Ascari. "Moteur". Presque en même temps, les moteurs se mettent à rugir...5"...3"...1"...Le drapeau national est abaissé par Charles Faroux. Behra bondit pour se porter à la droite d'Ascari et Manzon qui a passé Farina. Au premier passage, Behra est en tête avec quarante mètre d'avance. Le public applaudi...Le Patron, le chronomètre à la main, note le temps tour par tour de ses trois pilotes. Le Grand Robert, passe le panneau d'affichage à Behra. Dans le 3e tour, Ascari se rapproche et double Behra, qui reprend la tête un peu plus loin. Le même chassé-croisé se reproduit au tour suivant. Au 5e passage, la Gordini de tête (avec ses 150cv), augmente la cadence que la Ferrari (165cv) ne peut suivre, surtout en vitesse de pointe. Behra tourne en 2'31", puis au 10e tour, en 2'30"5/10e. Ascari se contente de suivre à une cinquantaine de mètres. Au 13e tour, le Niçois bat le record en 2'30"3/10e, à la moyenne de 172,400km/h. Un tour plus tard, Ascari perd tout espoir, fataliste et confronté à un début d'insolation, il s'arrête et offre son volant à Villoresi qui a abandonné au 5e tour. Les temps de Behra se situent entre 2'31" et 2'32" et il a 15" d'avance sur la Ferrari de Farina, maintenant à sa poursuite. Robert Aumaitre, sur ordre du "Sorcier", lui fait augmenter la cadence, qui passe en 2'29" puis 2'28" 7/10e. Bira est 4e, après l'abandon de Manzon, juste avant la fin de la deuxième heure. Le temps qui sépare maintenant la Gordini de tête, de la Ferrari est de 50".
Après 2h45" de course, à 15" de l'arrivée, Behra voit une Ferrari se rapprocher dans ses rétroviseurs. En passant devant le stand 3, il interroge d'un geste Amédée Gordini, qui demande à Aumaitre de panneauter "Ascari à 2 T". Il n'y a donc aucun danger, et Behra laisse passer Ascari, qui a repris le volant de sa Ferrari et qui en profite, avec les réservoirs quasiment vide, pour reprendre le record du tour en 2'28"2/10e. Le Patron fait transmette l'information à Behra en lui demandant de ne pas chercher à reprendre ce record et d'assurer la victoire, ce qu'il confirme au tour suivant avec Farina à 1'. Deux tour, puis plus qu'un...Amédée Gordini, Robert Aumaitre et Robert Manzon sont sur la droite de la piste, après la ligne d'arrivée. Le Patron scrute le bout de la longue ligne droite qui précède l'arrivée, pour voir apparaitre un point bleu...L'angoisse et la tension nerveuse son immenses, tout comme l'est l'explosion de joie qui salue la Gordini de Jean Behra lorsqu'elle franchit, à 18 heures, la ligne sous le drapeau à damier de Charles Faroux. C'est le délire dans le public qui envahit la piste, la Marseillaise retenti et les larmes d'émotion apparaissent. Gordini est la seule marque à défendre les couleurs de la France dans le Championnat du Monde, avec des moyens financier très limité, il réussit un exploit chaque semaine en alignant ses voitures dans une ou plusieurs courses. La victoire n'en est que plus éclatante. La première place de Behra et les quatrièmes places de Bira et Loyer (en Sport) se traduisent par un gain de 810.000F, ce qui ne représente même pas la moitié des salaires du mois (1.726.744F). Les pilotes seront payés une autre fois...
Le lendemain, la victoire de Gordini fait la Une de tous les journaux et les télégrammes de félicitations affluent du monde entier Bd Victor. Ce jour, l'Atelier est en plein travail, car il faut préparer les voitures et les moteurs pour le G.P. de l'ACF à Rouen, le week-end prochain, pour obtenir des primes de départ et d'arrivée. Amédée Gordini réussit à tenir ce rythme infernal, avec une autre grande victoire en F1 à Pau 1954, année des Freins à disque sur les Gordini. Mais en 1955, après le terrible accident des 24 Heures du Mans, les courses sont interdites en France, ce qui coupe les revenus de l'Equipe. Gordini ne licencie personne et court principalement à l'étranger. Il présente cependant sa nouvelle Formule 1 à 8 cylindres et à flux aérodynamique interne, que C. Faroux appelle "wind-car". L'argent manque pour faire évoluer cette monoplace face à la concurrence incarner par Mercedes, Ferrari et Maserati. A l'automne 1956, Gordini signe un contrat d'études et réalisation mécanique avec Renault et en juin 1957, il prend la décision d'arrêter son écurie de course. C'est aussi le début d'une très longue histoire en course jusqu'à la F1 avec Renault.
La Gordini châssis 33 a eu une très longue et belle carrière, avec d'autres victoires aux Sables d'Olonne 1953 avec Behra et à Cadours 1953 avec Trintignant. Puis après 70 courses, elle est louée à Duncan Hamilton pour disputer le Daily Express Trophy à Silverstone le 7 mai 1955. Le jeudi entre 15h10' et 16h20', c'est la première séance d'essais. Le temps est sec avec un vent violent de 80km/h. Manzon, Pollet et Hamilton forment l'Equipe Gordini. Avec des pneus de 700X16, Hamilton fait 7 tours dont le meilleur en 2'. Puis il refait 5 tours et s'arrête pour mettre des pneus de 650X16. Repart, fait 2 tours et sort très violemment à Copse Corner. Le pilote est indemne, mais les quatre éléments de suspension gauche, tout comme le pont, sont tordu. Ce fut son dernier engagement...mais pas la fin de sa vie.

J'ai fait la connaissance d'Amédée Gordini, en 1968, à l'époque des V8. Puis je l'ai revu de nombreuses fois dans son atelier ou lors d'interminables soirées, dans le restaurant chez Suzanne, à Suresnes, qui se terminaient par un Championnat du Monde de Belote, presque chaque week-end, avec Jean Todt, Jean-pierre Jabouille, Jean-Paul Behra, Stéphane Collaro etc. En 1970, toute l'activité du Bd Victor a été transférée à Viry-Chatillon, dans la nouvelle usine d'Amédée Gordini et dans l'atelier du Bd Victor, restait énormément de "ferraille" et pièces mécaniques fabuleuses qui ne demandaient qu'à raconter leur vie... A la fin de 1971, les amis de belote d'Amédée, m'ont demandé de réaliser au 1/10e, une maquette de la Gordini châssis n° 33 victorieuse à Reims (c'était mon métier à cette époque), dans le plus grand secret, pour lui offrir le 29 juin 1972. Je suis donc allé de très nombreuses fois fouiller parmi ce trésor de pièces et tirer divers plans des monoplaces Type 16. En juin 1972, la remise de la maquette fut une énorme surprise et une grande joie pour Gordini, qui m'a demandé comment j'avais pu faire pour reproduire cette Gordini avec autant de précision. Je lui ai répondu que j'avais recherché toutes les pièces dans l'Atelier d'en Haut et qu'il y avait encore la plupart des éléments pour remonter les deux monoplaces Type 16 (les 31 et 33). Alors il m'a répondu: " puisque tu penses qu'il est encore possible d'assembler les deux voitures, tu n'as qu'à les prendre ! " Ce que je fis, bien entendu.
De 1975 à 1979, Amédée Gordini m'a demandé de classer toutes ses archives, photos, coupures de presses et plans, avant de me les offrir, ne voulant garder que des classeurs résumant l'histoire de l'Equipe Gordini, que j'avais réalisés pour lui.
Après son décès le 29 mai 1979, j'ai écrit un livre sur l'Equipe Gordini que j'ai édité en 1984 et présenté à la Tour Eiffel, en présence de Fangio et des membres de l'Equipe Gordini. Auparavant, j'avais proposé ce livre en souscription à Rétromobile 1984, sur le stand " Editions Chritian Huet " avec la Gordini 33 sans carrosserie, que j'avais restaurée personnellement dans un box à Paris. Pour un autre projet, je m'en suis séparé en 1987 auprès d'Hervé Ogliastro qui s'en est défait en 2008 auprès d'un autre grand collectionneur français, lequel souhaite aujourd'hui la transmettre à un autre grand amateur éclairé et passionné.
Gordini a participé à près de 700 courses et en a gagné beaucoup. Sur les 33 châssis fabriqués par Gordini, 14 sont dans le Grand Musée National Schlumpf et dans le Musée de La Rochetaillée à Lyon. Dans les 15 restantes, il ne reste que deux Formule 1 dans des collections privées, dont celle proposée à la vente, équipée d'un moteur de 2,5 litres Type 23 de Formule 1 refait par Pierre Lamoureux avec en plus un moteur de 2 litres Type 20 de Formule 2.

Christian Huet 2017

Palmarès établit par Christian Huet

1952
Configuration Championnat du Monde de Formule 2

- 29-06 : Grand Prix de France à Reims
N°4 Jean Behra 1er

- 06-07 : Grand Prix de France et de l'A.C.F. à Rouen
N°4 Jean Behra 7e

- 13-07 : Grand Prix de France aux Sables d'Olonne
N°4 Jean Behra NP (accident aux essais)

- 07-09 : Grand Prix d'Italie à Monza
N°4 Maurice Trintignant AB (soupapes)

- 14-09 : Grand Prix de Modène
N° 24 Maurice Trintignant AB

1953
- 18-01 : Grand Prix d'Argentine à Buenos Aires
N°32 Carlos Menditeguy AB (boîte)

- 01-02 : Grand Prix de Buenos Aires
N°32 Carlos Menditeguy AB (freins)

- 06-04 : Grand Prix de Pau
N°20 Maurice Trintignant AB (arbre de roue)

- 03-05 : Grand Prix de Bordeaux
N°20 Maurice Trintignant AB (pont)

- 09-05 : Daily Express Trophy à Silverstone
o N°4 Harry Schell 7e de la 2e Eliminatoire
o N°4 Maurice Trintignant AB dans la Finale

- 24-05 : 23e Grand Prix des Frontières à Chimay
N°2 Maurice Trintignant 1er

- 07-06 : Grand Prix de Hollande à Zandvoort
N°20 Harry Schell AB

- 21-06 : Grand Prix de Belgique à Spa-Francorchamps
N°16 Jean Behra AB (moteur)

- 28-06 : Grand Prix de Rouen
N° Maurice Trintignant AB (moteur)

- 05-07 : Grand Prix de l'A.C.F. à Reims
N° 4 Maurice Trintignant AB

- 18-07 : Grand Prix d'Angleterre à Silverstone
N°29 Maurice Trintignant AB (pont)

- 26-07 : Grand Prix d'Aix Les Bains
N°2 Maurice Trintignant AB dans la 1ère Manche

- 02-08 : Grand Prix d'Allemagne au Nürburgring
N°9 Jean Behra AB (boîte)

- 09-08 : Grand Prix des Sables d'Olonne
o N°4 Maurice Trintignant 12e de la 1ère Manche
1er de la 2ème Manche
8e
- 23-08 : Grand Prix de Suisse à Berne
N°8 Maurice Trintignant AB (boîte)

- 30-08 : Grand Prix de Cadours
o N°36 Maurice Trintignant 1er de la 1ère Eliminatoire
1er de la Finale
- 13-09 : Grand Prix d'Italie à Monza
N°36 Maurice Trintignant 5e

- 20-09 : Grand Prix de Modène
N°20 Maurice Trintignant 4e

1954
Configuration Championnat du Monde de Formule 1
- 17-01 : Grand Prix d'Argentine à Buenos Aires
N°18 Jean Behra AB (disqualifié)

- 31-01 : Grand Prix de Buenos Aires
N°22 Roger Loyer AB (embrayage)

- 19-04 : Grand Prix de Pau
N°4 Elie Bayol 4e

- 09-05 : Grand Prix de Bordeaux
N°4 Elie Bayol 5e

- 15-05 : Daily Express Trophy à Silverstone
o N°28 André Simon 5e de la 2e Eliminatoire
3 de la Finale
- 23-05 : Grand Prix de Bari
N°10 André Simon AB

- 06-06 : Grand Prix de Rome
N°26 André Simon / Jean Behra 4e

- 20-06 : Grand Prix de Belgique à Spa-Francorchamps
N°12 Jean Behra AB (barre de torsion)

- 04-07 : Grand Prix de l'A.C.F. à Reims
N°24 Jean Behra 6e

- 11-07 : Grand Prix de Rouen
N°4 Clemar Bucci AB (volant moteur)

- 17-07 : Grand Prix d'Angleterre à Silverstone
N°18 Clemar Bucci AB (sortie de route)

- 25-07 : Grand Prix de Caen
N°4 Clemar Bucci AB (vilebrequin)

- 01-08 : Grand Prix d'Europe au Nürburgring
N°10 Paul Frère AB (fusée)

- 15-08 : Grand Prix de Pescara
N°2 Clemar Bucci 6e (abandon mais classé)

- 22-08 : Grand Prix de Suisse à Berne
N°12 Clemar Bucci AB (alimentation)

- 05-09 : Grand Prix d'Italie à Monza
N°46 Clemar Bucci AB (alimentation)

- 12-09 : Circuit International de Cadours
N°2 André Pilette 2e de la 1ère Eliminatoire
2e de la Finale
- 19-09 : Grand Prix de Berlin à l'Avus
N°17 André Pilette 4e

- 02-10 : Daily Telegraph Trophy à Aintree
o N°17 André Pilette 5e de la course de Formule 1
4e de la course de Formule Libre

- 24-10 : Grand Prix d'Espagne à Pedralbes
o N°48 Jacques Pollet AB (bielles)

1955
- 16-01 : Grand Prix d'Argentine à Buenos Aires
N°40 Pablo Birger AB

- 30-01 : Grand Prix de Buenos Aires
N°40 Pablo Birger 12e de la 1ère Manche
11e de la 2e Manche
12e du classement général
- 11-04 : Grand Prix de Pau
N°32 Jacques Pollet 11 (abandon)

- 07-05 : Daily Express Trophy à Silverstone
N°14 Adrian Hamilton NP (accident aux essais)




Competition car
Chassis n° 33

- Offered by Amédée Gordini to Christian Huet in 1972
- Driven by Behra, Trintignant, Schell, Simon, Frère, Bayol, Pilette, Hamilton, Menditeguy, Birger…
- Incredible documented history
- Outstanding racing provenance between 1952 and 1955, 47 World Championship participations
- Winner of the French Grand-Prix in Reims in 1952 with Behra

Amédée Gordini was freed from his other commitments in time for the 1952 Drivers' World Championship, contested in Formula 2000cc, and also for sports car endurance races. He decided to put his design team to work on a 4-cylinder engine (Type 18) that could be developed into a 6-cylinder (Types 20, 22 and 23), and an 8-cylinder version (Type 24). The 6-cylinder format was used in the 1952 World Championship. Remarkably, the aluminium and magnesium block was constructed using thinner metal than the 4-cylinder Ferrari engine. It was highly sophisticated, with lubrication passing through the overhead camshafts. The Type 16 chassis with torsion bars was selected for the drivers Robert Manzon, Jean Behra and Prince Bira.
No.31 was the first Type 16 single-seater to make its appearance at Pau in 1952. The first race for this car was the Marseille GP on 27 April, driven by Manzon and ending in a retirement. The Gordini Type 16 no.32 made its debut on 18 May at the Swiss Grand Prix in Bern, where Behra finished 3rd. At the next race, in the European GP, at Spa-Francorchamps, on 22 June, Behra had an accident that caused damage to the axle and left rear suspension. For reasons of safety, he chose to drive the new Gordini Type 16 no.33 the following weekend in the French GP at Reims on 29 June, leaving Prince Bira to pilot no.32. Manzon stayed with no.31 (the last Type 16 was no.34 and the Type 16/24 was no. 35). This race was auguring well, according to Amédée Gordini, Robert Aumaitre, Robert Vidue, Libère, Loris (mechanics) and Marc Bande (designer and occasional timekeeper). The Gordini team's Lancia truck was driven by the famous Robert Aumaitre, former race director for Bugatti, who was known as " Le Grand Robert ", and Vidue, nicknamed " Bibiche ". They transported the single-seaters 31 and 32, and the old Type 15 single-seater no.6 GC for Maurice Trintignant was on the trailer. The two spiders (16S and 18S), competing in the Sports race 11 hours before the Grand Prix, set off on the road towards Champagne, accompanied by Jean Behra, who took the opportunity to try out his new car no.33 ! The heat at the end of June that year was stifling, but the Gordinis had been behaving well and it promised to be an exciting race. The twenty-two cars on the grid included Scuderia Ferrari with Ascari, Farina and Villoresi, the Maserati of Schelle, de Graffenried and Landi, and the HWM of Moss, Macklin and Collins. The Gordini camp established itself in the St Christophe Garage in Reims. The mechanics were managed by Robert Aumaitre, who was personally responsible for the single-seater number 33 to be driven by Behra who had decided to have an adjustable wind deflector fitted. Testing took place on the Friday and Saturday. To aid with cooling, the front grilles were removed from all the Gordini. After qualifying, the Ferrari 500 F2s and the Gordinis were at the front : Ascari, Farina and Manzon on the front row, Behra and Villoresi on the second row and Bira on the third row.
On Saturday evening, the Gordini team met for dinner in " Le Lido " restaurant in Reims. As he passing behind Behra, Le Grand Robert asked him :
-" Is everything OK with the car, Jeannot ? "
-" It's going very well, but in the tight corners, I think there's a groaning noise coming from the differential ! "
-" I don't think it can be anything serious...I'll look at it in the morning. For now, don't mention anything to Le Patron, as it might put him in a bad mood ! "
And turning to Vidue :
-" So Bibiche, can you meet me at the garage really early tomorrow, so we can have a look at Jeannot's car ? "
With a nod of the head, the mechanic agreed...
By 5am on the Sunday, they were both hard at work. Engine no 31 was started up and in the fresh early morning air, le Grand Robert set off to the circuit, waking up part of the town. Once there, he got the oil and water up to the correct temperature, and he started to lap a little faster....no suspicious noises...
-" Perhaps Jeannot was mistaken ? "
He continued to push the car faster, trying to lean on the back to make the rear axle work harder and then going through Thillois, the differential emitted a disconcerting groan. Robert didn't need to know anything else. He went straight back to the garage, jacked up the car and, with Vidue, began dismantling.
Time was short...the drums and drive shafts were removed. Loris, who had come to join them, removed the nose of the differential and handed it to Aumaitre. He quickly realised that a bronze tooth on the gearing was unusually worn, causing too much play. At times, the tip of this gear must be rubbing on the metal case of the differential.
There wasn't enough time to take the whole differential out. Le Grand Robert decided to grind the ends of the gear teeth.
-" Right, let's put it all back together...Don't say anything to Behra, as he may lose confidence in the car. And not a word to le Patron, he'll get angry again ! "
When Jean Behra arrived at the garage later that morning, his first thought was to ask Robert Aumaitre about his Gordini.
-" I had a quick look at it,' he replied, " everything is fine. "
A few moments before 15 pm, the engines, gearboxes and differentials were warmed up. The water and oil was at 80° and 90° on Manzon's Gordini and 80° and 100° on Behra's, who was extremely focused before the start. With a sense of mischief, he positioned his single-seater at a slight angle on the second row, behind Ascari's Ferrari. " Engines ! ". At the same moment, engines started roaring...5"...3"...1"… and the flag was lowered by Charles Faroux. Behra shot to the right of Ascari and Manzon who had passed Farina. At the end of the first lap, Behra was in the lead by 40 metres. The crowds cheered...Le Patron, stopwatch in hand, noted the times, lap by lap, for all three drivers. Le Grand Robert put out the board for Behra. On the third lap, Ascari caught up and overtook Behra, who took the lead again a little further on. The same thing happened again the following lap. In the 5th lap, the leading Gordini (with its 150 bhp) increased its pace and the Ferrari (165 bhp) was unable to match it, particularly its top speed. Behra lapped in 2'31", and on the 10th lap, in 2'30"5/10th. Ascari had to put up with following some 50 metres behind. On the 13th lap, the driver from Nice achieved the fastest lap of 2'30"3/10th, at an average pace of 172,400km/h. Ascari gave up hope the next time round and, suffering from the start of sunstroke, he came in and handed the car over to Villoresi, who had retired in the 5th lap. Behra was lapping between 2'31" and 2'32" with an advantage of 15 seconds on the Ferrari of Farina, who was now giving chase. Robert Aumaitre, on the orders of the " Sorcerer " told him to pick up the pace, and his lap times went down to 2'29" then 2'28" 7/10th. Manzon had retired just before the end of the second hour and Bira was now running in 4th. There was a gap of 50 seconds between the leading Gordini and the Ferrari. Two hours and forty-five minutes into the race, 15 seconds from the start line, Behra spotted a Ferrari in his mirror. As he went past stand 3, he queried this with a gesture to Amédée Gordini, who told Aumaitre to put a board out with " Ascari à 2 T " (Ascari 2 laps down). As he was not under threat, Behra let Ascari past. The Ferrari driver was back in his car and, profiting from an almost empty fuel tank, he set the fastest lap of 2'28"2/10th. This information was commmunicated to Behra by Le Patron who told him not to try and beat this time, but to make sure he won, which he confirmed he would do, on the next lap, with Farina one minute behind. Two laps to go, then one...Amédée Gordini, Robert Aumaitre and Robert Manzon were standing to the right of the track just passed the finish line. Le Patron scrutinised the end of the long straight before the finish, looking for a touch of blue...Tension was running high and was broken by a loud burst of cheering as the Gordini of Jean Behra passed Charles Faroux' chequered flag on the finish line, at 18.00. The crowd, delirious, invaded the track, the Marseilleise started up and there were tears of emotion. Gordini was the only marque in the World Championship to represent France. It was a feat, with such a limited budget, just to line up cars in one or more races every week. This victory couldn't have been more brilliant. Behra's first place and the fourth places of Bira, and Loyer in the Sports race, earned them 810,000F, which paid less than half the month's wages (1.726.744F). The drivers would have to be paid another time...
The following day, the Gordini victory made the front page of all the papers and congratulatory telegrams arrived at Bd Victor from around the world. The workshop was already at work, however, preparing cars and their engines for the ACF GP at Rouen the following weekend, wanting to give themselves the greatest chance of success.
Amédée Gordini succeeded in maintaining this hellish rhythm, and secured another great F1 victory at Pau in 1954, the year of disc brakes for Gordini. But in 1955, after the terrible accident in the Le Mans 24 Hours, there was no racing in France, and this cut revenue for the team. Gordini kept on his team, and focused on racing abroad. He also presented his new 8-cylinder Formula 1 car, with an internal aerodynamic flow, that C.Faroux called the " wind-car ". Sadly there wasn't a big enough budget to develop this single-seater in the face of competition from Mercedes, Ferrari and Maserati. In the autumn of 1956, Gordini signed a contract to develop and build engines for Renault, and in June 1957 he decided to wind up his racing team. This proved to be the start of a very long involvement in racing through to F1 with Renault. The Gordini chassis 33 enjoyed a long and glorious career, securing other victories at the Sables d'Olonne 1953 with Behra and at Cadours 1953 with Trintignant. Then, after 70 races, the car was lent to Duncan Hamilton to compete in the Daily Express Trophy at Silverstone on 7 May 1955. The first test session took place on the Thursday between 15h10 and 16.20. The weather was dry but there were winds of over 80km/h. Manzon, Pollet and Hamilton formed the Equipe Gordini. With 700X16 tyres, Hamilton went out for 7 laps, the quickest being 2'. He did another five laps then had 650X16 tyres put on. He went out again and after two laps, shot off the track suddenly at Copse Corner. The driver was unscathed, but the four sections of the left-hand suspension, and the axle, were bent. This was the car's last race...but not the end of its life.
I first got to know Amédée Gordini in 1968, during the V8 era. I met up with him again numerous times, in his workshop, or during long evenings, in the restaurant chez Suzanne in Suresnes, which ended nearly every week-end with a Belote World Championship, involving Jean Todt, Jean-Pierre Jabouille, Jean-Paul Behra, Stéphane Collaro etc. In 1970, the activity at Bd Victor was transferred to Amédée Gordini's new factory in Viry-Chatillon. The workshop at Bd Victor remained full of " scrap metal " and an amazing array of mechanical parts that all had stories to tell... At the end of 1971, the Belote-playing friends of Amédée asked me to make - in secret - a 1:10 scale model of the Reims-winning chassis 33 Gordini (this was my profession at the time), to be presented to him on 29 June 1972. And so, I made many trips to rifle through this hoard of spare parts and draw up various designs of the Type 16 single-seater. In June 1972, the gift of the model came as a huge surprise. Gordini was overjoyed, and asked me how I had been able to build the model so accurately. I told him that I had searched through all the parts in his old workshop, and discovered that there were most of elements there to rebuild the two Type 16 single-seaters (nos. 31 and 33). He replied: " If you think it's still possible to assemble the two cars, all you have to do is take them ! ". And, of course, that is what I did.
Between 1975 and 1979, Amédée Gordini asked me to organise his archives, photos, press cuttings and plans, which he then offered to me. He only wanted to keep the folders that summarized the history of the Gordini team. After he died on 29 May 1979, I wrote a book on l'Equipe Gordini, that I published in 1984 and launched at the Eiffel Tower, in the presence of Fangio and members of the Gordini team. I had previously offered this book, by subscription, at Retromobile 1984, on the " Editions Christian Huet " stand, alongside the Gordini 33, without a body, that I had built myself in a lock-up garage in Paris. To work on a different project, I sold this chassis in 1987 to Hervé Ogliastro, who passed it on to another great French collector, who today, would like to see it go to another passionate and dedicated enthusiast.
Gordini took part in nearly 700 races, and won many of these. Of the 33 chassis built by Gordini, 14 are in the Schlumpf National museum and the museum at La Rochetaillée in Lyon. Of the 15 remaining, there are only two Formula 1 cars in private hands, including the one presented here, which is equipped with a 2.5-litre Type 23 Formula 1 engine rebuilt by Pierre Lamoureux, and also comes with a 2-litre Type 20 Formula 2 engine.

Christian Huet 2017

Palmarès according to Christian Huet research

1952
Configuration Championnat du Monde de Formule 2

- 29-06 : Grand Prix de France à Reims
N°4 Jean Behra 1er

- 06-07 : Grand Prix de France et de l'A.C.F. à Rouen
N°4 Jean Behra 7e

- 13-07 : Grand Prix de France aux Sables d'Olonne
N°4 Jean Behra NP (accident aux essais)

- 07-09 : Grand Prix d'Italie à Monza
N°4 Maurice Trintignant AB (soupapes)

- 14-09 : Grand Prix de Modène
N° 24 Maurice Trintignant AB

1953
- 18-01 : Grand Prix d'Argentine à Buenos Aires
N°32 Carlos Menditeguy AB (boîte)

- 01-02 : Grand Prix de Buenos Aires
N°32 Carlos Menditeguy AB (freins)

- 06-04 : Grand Prix de Pau
N°20 Maurice Trintignant AB (arbre de roue)

- 03-05 : Grand Prix de Bordeaux
N°20 Maurice Trintignant AB (pont)

- 09-05 : Daily Express Trophy à Silverstone
o N°4 Harry Schell 7e de la 2e Eliminatoire
o N°4 Maurice Trintignant AB dans la Finale

- 24-05 : 23e Grand Prix des Frontières à Chimay
N°2 Maurice Trintignant 1er

- 07-06 : Grand Prix de Hollande à Zandvoort
N°20 Harry Schell AB

- 21-06 : Grand Prix de Belgique à Spa-Francorchamps
N°16 Jean Behra AB (moteur)

- 28-06 : Grand Prix de Rouen
N° Maurice Trintignant AB (moteur)

- 05-07 : Grand Prix de l'A.C.F. à Reims
N° 4 Maurice Trintignant AB

- 18-07 : Grand Prix d'Angleterre à Silverstone
N°29 Maurice Trintignant AB (pont)

- 26-07 : Grand Prix d'Aix Les Bains
N°2 Maurice Trintignant AB dans la 1ère Manche

- 02-08 : Grand Prix d'Allemagne au Nürburgring
N°9 Jean Behra AB (boîte)

- 09-08 : Grand Prix des Sables d'Olonne
o N°4 Maurice Trintignant 12e de la 1ère Manche
1er de la 2ème Manche
8e
- 23-08 : Grand Prix de Suisse à Berne
N°8 Maurice Trintignant AB (boîte)

- 30-08 : Grand Prix de Cadours
o N°36 Maurice Trintignant 1er de la 1ère Eliminatoire
1er de la Finale
- 13-09 : Grand Prix d'Italie à Monza
N°36 Maurice Trintignant 5e

- 20-09 : Grand Prix de Modène
N°20 Maurice Trintignant 4e

1954
Configuration Championnat du Monde de Formule 1
- 17-01 : Grand Prix d'Argentine à Buenos Aires
N°18 Jean Behra AB (disqualifié)

- 31-01 : Grand Prix de Buenos Aires
N°22 Roger Loyer AB (embrayage)

- 19-04 : Grand Prix de Pau
N°4 Elie Bayol 4e

- 09-05 : Grand Prix de Bordeaux
N°4 Elie Bayol 5e

- 15-05 : Daily Express Trophy à Silverstone
o N°28 André Simon 5e de la 2e Eliminatoire
3 de la Finale
- 23-05 : Grand Prix de Bari
N°10 André Simon AB

- 06-06 : Grand Prix de Rome
N°26 André Simon / Jean Behra 4e

- 20-06 : Grand Prix de Belgique à Spa-Francorchamps
N°12 Jean Behra AB (barre de torsion)

- 04-07 : Grand Prix de l'A.C.F. à Reims
N°24 Jean Behra 6e

- 11-07 : Grand Prix de Rouen
N°4 Clemar Bucci AB (volant moteur)

- 17-07 : Grand Prix d'Angleterre à Silverstone
N°18 Clemar Bucci AB (sortie de route)

- 25-07 : Grand Prix de Caen
N°4 Clemar Bucci AB (vilebrequin)

- 01-08 : Grand Prix d'Europe au Nürburgring
N°10 Paul Frère AB (fusée)

- 15-08 : Grand Prix de Pescara
N°2 Clemar Bucci 6e (abandon mais classé)

- 22-08 : Grand Prix de Suisse à Berne
N°12 Clemar Bucci AB (alimentation)

- 05-09 : Grand Prix d'Italie à Monza
N°46 Clemar Bucci AB (alimentation)

- 12-09 : Circuit International de Cadours
N°2 André Pilette 2e de la 1ère Eliminatoire
2e de la Finale
- 19-09 : Grand Prix de Berlin à l'Avus
N°17 André Pilette 4e

- 02-10 : Daily Telegraph Trophy à Aintree
o N°17 André Pilette 5e de la course de Formule 1
4e de la course de Formule Libre

- 24-10 : Grand Prix d'Espagne à Pedralbes
o N°48 Jacques Pollet AB (bielles)

1955
- 16-01 : Grand Prix d'Argentine à Buenos Aires
N°40 Pablo Birger AB

- 30-01 : Grand Prix de Buenos Aires
N°40 Pablo Birger 12e de la 1ère Manche
11e de la 2e Manche
12e du classement général
- 11-04 : Grand Prix de Pau
N°32 Jacques Pollet 11 (abandon)

- 07-05 : Daily Express Trophy à Silverstone
N°14 Adrian Hamilton NP (accident aux essais)





Estimation 900 000 - 1 400 000 €

Lot 99

1952 Gordini Type 16 Formule 1

Estimation 900,000 - 1,400,000 € [$]

1952 Gordini Type 16 Formule 1
Voiture de compétition
Châssis n° 33

- Offerte par Amédée Gordini à Christian Huet en 1972
- Pilotée par Behra, Trintignant, Schell, Simon, Frère, Bayol, Pilette, Hamilton, Menditeguy, Birger …
- Historique incroyablement documenté et illustré
- Palmarès exceptionnel de 1952 à 1955, 47 participations aux championnats du monde
- Victorieuse du Grand-Prix de France à Reims 1952 avec Behra

C'est le 23 juin 1899 qu'Amédée Gordini nait à Bazzano, petit village blotti entre Bologne et Maranello. D'une famille modeste, il se passionne rapidement pour la mécanique. En 1925, sans avenir en Italie, il décide d'aller à Paris ou ses qualités de mécanicien son appréciées, ce qui lui permet d'acheter une grange à Suresnes pour en faire "son" garage. Naturalisé français, il ne pense qu'à la course automobile et obtient de nombreux succès en modifiant deux Fiat Balilla, deux Simca Cinq et trois Simca Huit avant la seconde guerre mondiale. Avec Simca, il signe un contrat pour participer à certaines courses avec succès, lui permettant d'empocher de bonnes primes et en 1938, il est surnommé "Le Sorcier" par Charles Faroux.
En 1946, il fabrique le premier châssis Gordini pour sa nouvelle monoplace, dans son nouvel atelier, 69/71 Bd Victor, situé en face du Parc des Expositions de la Porte de Versailles à Paris 15e (une plaque commémorative est apposée sur la façade de l'Hôtel Mercure, en face du Salon Rétromobile). Un contrat de "sponsoring" est conclu avec Simca qui appose son nom sur les monoplaces et barquettes Gordini. En 1947, Gordini a déjà son propre bureau d'études, des machines-outils et son atelier de carrosserie. Il emploie entre 45 et 50 personnes et remporte de très nombreuses courses avec Wimille, Sommer, Gonzalez, Trintignant, ou encore Fangio à qui il sera un des premiers à confier un volant au Grand prix de Buenos Aires 1948.
Mais le contrat Simca impose que les moteurs des Gordini soient ressemblants avec ceux des Simca 8. Le beau V12 Gordini est refusé en 1949, tout comme les projets de moteurs à deux arbres à cames en tête. Aux 24 Heures du Mans 1950, le nom de Simca n'apparaît plus sur les Gordini à compresseur, et cette même année le projet de monoplace de Formule 1 Type 16 à moteur à 4 cylindres à double arbre et compresseur est refusé par Simca qui arrête son financement en septembre 1950.

Amédée Gordini est libre de ses projets pour le nouveau Championnat du Monde des Pilotes qui se disputera en Formule 2000cc, dès 1952, ainsi que pour les courses d'endurances. Il décide d'orienter son bureau d'études sur un moteur à 4 cylindres (Type 18) pouvant évoluer en 6 cylindres (Types 20, 22 et 23) et en 8 cylindres (Type 24). Pour le Championnat du Monde 1952, c'est le magnifique 6 cylindres qui est utilisé. Son bloc en aluminium et magnésium dont la fonderie est plus fine que celle des superbes 4 cylindres Ferrari est remarquable. Très sophistiquée, la lubrification passe à l'intérieur des arbres à cames et des axes de culbuteurs (ou linguets), alors que celui de refroidissement passe à travers un des engrenages de la distribution. C'est le châssis Type 16 à suspension à barres de torsion qui est utilisé pour les pilotes Robert Manzon, Jean Behra et le Prince Bira.
La première monoplace Type 16 a le n°31 et apparaît à Pau 1952. Sa première course est le G.P. de Marseille le 27 avril, ou Manzon abandonne. La Gordini Type 16 n°32 fait ses débuts le 18 mai au G.P. de Suisse à Berne ou Behra termine 3e, mais il l'accidente (pont et suspension arrière gauche) le 22 juin au G.P. d'Europe à Spa-Francorchamps. Pour le Grand Prix de France à Reims le 29 juin, Behra préfère, par sécurité, prendre la nouvelle Gordini Type 16 n°33 et laisser la 32 au Prince Bira, Manzon gardant la 31 (la dernière Type 16 aura le n°34 et la Type 16/24 le 35). Cette course s'annonce sous les meilleurs hospices (propos recueilli près d'Amédée Gordini, Robert Aumaitre, Robert Vidue, Libère, Loris (mécaniciens) et Marc Bande (dessinateur et chronométreur occasionnel)).
Le camion Lancia de l'Equipe Gordini, conduit par le fameux Robert Aumaitre, ancien directeur de course de Bugatti avant-guerre dit "Le Grand Robert" et Vidue, dit "Bibiche", transporte les monoplaces 31 et 32, et sur la remorque se trouve l'ancienne monoplace Type 15 n°6 GC pour Maurice Trintignant. Les deux spiders (16 S et 18 S), devant disputer la course Sport à 11 heures avant le Grand Prix, partent par la route vers la Champagne, accompagnés de Jean Behra qui en profite pour rôder la nouvelle monoplace 33 ! La chaleur très élevé est pénible à supporter en cette fin juin, mais le comportement des Gordini depuis le début de la saison, laisse augurer une course passionnante face à la Scuderai Ferrari avec Ascari, Farina et Villoresi et aux Maserati de Schelle, de Graffenried et Landi, ainsi qu'aux HWM de Moss, Macklin et Collins (22 voitures au départ). Le camp Gordini est installé dans le garage St Christophe à Reims. Les mécaniciens sont dirigés par Robert Aumaitre, qui s'occupe personnellement de la monoplace 33 de Jean Behra qui a fait poser son saute-vent réglable. Les essais se déroulent le vendredi et le samedi. Pour obtenir le meilleur refroidissement possible, les grilles de calandre sont déposées sur toutes les Gordini. Après les essais, les Ferrari 500 F2 et les Gordini se partagent les premières lignes: Ascari, Farina et Manzon, suivi de Behra et Villoresi sur la seconde, Bira étant sur la troisième.
Le samedi soir, toute l'Equipe Gordini dîne à Reims dans le restaurant "Le Lido" et le Grand Robert en passant derrière Behra, l'interroge:
- " Est-ce que tout va bien sur la voiture, Jeannot?"
-"Elle marche très bien, mais j'ai l'impression que dans les virages serrés, à Thillois par exemple, le pont émet des grognement!"
- "Ce n'est surement pas bien méchant...Je regarderais ça demain matin. Pour l'instant, n'en parle pas au Patron, cela risquerait de le mettre de mauvaise humeur!"
Et se tournant vers Vidue:
-"Dis-donc, Bibiche, peux-tu me retrouver demain de très bonne heure au garage pour régler la voiture de Jeannot?"
D'un signe de tête, le mécanicien acquiesce...
A cinq heures, le dimanche, ils sont tous les deux à pieds d'œuvre. Le moteur n°31 est mis en marche et dans la fraicheur du petit matin, le Grand Robert part en direction du circuit en réveillant une partie de la ville. L'huile et l'eau atteignent la bonne température, les tours sont bouclés de plus en plus vite...Aucun bruit suspect...
-"Peut-être que Jeannot s'est trompé?"
Il attaque de plus en plus, cherchant des appuis sur l'arrière pour faire travailler le pont, et dans un travers au Thillois, le pont émet une sorte de grognement inquiétant. Robert n'a pas besoin d'en savoir d'avantage; il regagne très rapidement le garage, fait mettre l'arrière sur chandelle et entreprend, avec Vidue, le démontage. Le temps presse...les tambours et les arbres de roues sont déposés. Loris, qui est venu les rejoindre, dépose le nez de pont et le tend à Aumaitre. Celui-ci se rend compte rapidement qu'une cale en bronze d'un des engrenages planétaire s'est anormalement usée, provoquant un jeu trop important. De ce fait, la pointe de cet engrenage frotte par moment sur la coquille en fonte du différentiel.
Les délais sont trop court pour démonter entièrement le pont. Le Grand Robert décide de meuler les extrémités des dents de cet engrenage.

-"Allez, on remonte le tout...Ne dites rien à Behra, car il risquerait de perdre confiance dans sa voiture. Et pas un mot au Patron, il piquerait encore une colère!"
Lorsque dans la matinée; Jean Behra arrive dans le garage, son premier souci est de demander à Robert Aumaitre des nouvelles sur la santé de sa Gordini.
-"J'y ai rapidement jeté un coup d'oeil", répond-il, "tout est au point".
Quelques instants avant 15 heures, les moteurs, boîtes et ponts sont mis en température. L'eau et l'huile sont à 80° et 90° sur la Gordini de Manzon et à 80° et 100° sur celle de Behra qui est très concentré avant le départ. Il range sa monoplace avec malice, légèrement de biais sur la deuxième ligne, derrière la Ferrari d'Ascari. "Moteur". Presque en même temps, les moteurs se mettent à rugir...5"...3"...1"...Le drapeau national est abaissé par Charles Faroux. Behra bondit pour se porter à la droite d'Ascari et Manzon qui a passé Farina. Au premier passage, Behra est en tête avec quarante mètre d'avance. Le public applaudi...Le Patron, le chronomètre à la main, note le temps tour par tour de ses trois pilotes. Le Grand Robert, passe le panneau d'affichage à Behra. Dans le 3e tour, Ascari se rapproche et double Behra, qui reprend la tête un peu plus loin. Le même chassé-croisé se reproduit au tour suivant. Au 5e passage, la Gordini de tête (avec ses 150cv), augmente la cadence que la Ferrari (165cv) ne peut suivre, surtout en vitesse de pointe. Behra tourne en 2'31", puis au 10e tour, en 2'30"5/10e. Ascari se contente de suivre à une cinquantaine de mètres. Au 13e tour, le Niçois bat le record en 2'30"3/10e, à la moyenne de 172,400km/h. Un tour plus tard, Ascari perd tout espoir, fataliste et confronté à un début d'insolation, il s'arrête et offre son volant à Villoresi qui a abandonné au 5e tour. Les temps de Behra se situent entre 2'31" et 2'32" et il a 15" d'avance sur la Ferrari de Farina, maintenant à sa poursuite. Robert Aumaitre, sur ordre du "Sorcier", lui fait augmenter la cadence, qui passe en 2'29" puis 2'28" 7/10e. Bira est 4e, après l'abandon de Manzon, juste avant la fin de la deuxième heure. Le temps qui sépare maintenant la Gordini de tête, de la Ferrari est de 50".
Après 2h45" de course, à 15" de l'arrivée, Behra voit une Ferrari se rapprocher dans ses rétroviseurs. En passant devant le stand 3, il interroge d'un geste Amédée Gordini, qui demande à Aumaitre de panneauter "Ascari à 2 T". Il n'y a donc aucun danger, et Behra laisse passer Ascari, qui a repris le volant de sa Ferrari et qui en profite, avec les réservoirs quasiment vide, pour reprendre le record du tour en 2'28"2/10e. Le Patron fait transmette l'information à Behra en lui demandant de ne pas chercher à reprendre ce record et d'assurer la victoire, ce qu'il confirme au tour suivant avec Farina à 1'. Deux tour, puis plus qu'un...Amédée Gordini, Robert Aumaitre et Robert Manzon sont sur la droite de la piste, après la ligne d'arrivée. Le Patron scrute le bout de la longue ligne droite qui précède l'arrivée, pour voir apparaitre un point bleu...L'angoisse et la tension nerveuse son immenses, tout comme l'est l'explosion de joie qui salue la Gordini de Jean Behra lorsqu'elle franchit, à 18 heures, la ligne sous le drapeau à damier de Charles Faroux. C'est le délire dans le public qui envahit la piste, la Marseillaise retenti et les larmes d'émotion apparaissent. Gordini est la seule marque à défendre les couleurs de la France dans le Championnat du Monde, avec des moyens financier très limité, il réussit un exploit chaque semaine en alignant ses voitures dans une ou plusieurs courses. La victoire n'en est que plus éclatante. La première place de Behra et les quatrièmes places de Bira et Loyer (en Sport) se traduisent par un gain de 810.000F, ce qui ne représente même pas la moitié des salaires du mois (1.726.744F). Les pilotes seront payés une autre fois...
Le lendemain, la victoire de Gordini fait la Une de tous les journaux et les télégrammes de félicitations affluent du monde entier Bd Victor. Ce jour, l'Atelier est en plein travail, car il faut préparer les voitures et les moteurs pour le G.P. de l'ACF à Rouen, le week-end prochain, pour obtenir des primes de départ et d'arrivée. Amédée Gordini réussit à tenir ce rythme infernal, avec une autre grande victoire en F1 à Pau 1954, année des Freins à disque sur les Gordini. Mais en 1955, après le terrible accident des 24 Heures du Mans, les courses sont interdites en France, ce qui coupe les revenus de l'Equipe. Gordini ne licencie personne et court principalement à l'étranger. Il présente cependant sa nouvelle Formule 1 à 8 cylindres et à flux aérodynamique interne, que C. Faroux appelle "wind-car". L'argent manque pour faire évoluer cette monoplace face à la concurrence incarner par Mercedes, Ferrari et Maserati. A l'automne 1956, Gordini signe un contrat d'études et réalisation mécanique avec Renault et en juin 1957, il prend la décision d'arrêter son écurie de course. C'est aussi le début d'une très longue histoire en course jusqu'à la F1 avec Renault.
La Gordini châssis 33 a eu une très longue et belle carrière, avec d'autres victoires aux Sables d'Olonne 1953 avec Behra et à Cadours 1953 avec Trintignant. Puis après 70 courses, elle est louée à Duncan Hamilton pour disputer le Daily Express Trophy à Silverstone le 7 mai 1955. Le jeudi entre 15h10' et 16h20', c'est la première séance d'essais. Le temps est sec avec un vent violent de 80km/h. Manzon, Pollet et Hamilton forment l'Equipe Gordini. Avec des pneus de 700X16, Hamilton fait 7 tours dont le meilleur en 2'. Puis il refait 5 tours et s'arrête pour mettre des pneus de 650X16. Repart, fait 2 tours et sort très violemment à Copse Corner. Le pilote est indemne, mais les quatre éléments de suspension gauche, tout comme le pont, sont tordu. Ce fut son dernier engagement...mais pas la fin de sa vie.

J'ai fait la connaissance d'Amédée Gordini, en 1968, à l'époque des V8. Puis je l'ai revu de nombreuses fois dans son atelier ou lors d'interminables soirées, dans le restaurant chez Suzanne, à Suresnes, qui se terminaient par un Championnat du Monde de Belote, presque chaque week-end, avec Jean Todt, Jean-pierre Jabouille, Jean-Paul Behra, Stéphane Collaro etc. En 1970, toute l'activité du Bd Victor a été transférée à Viry-Chatillon, dans la nouvelle usine d'Amédée Gordini et dans l'atelier du Bd Victor, restait énormément de "ferraille" et pièces mécaniques fabuleuses qui ne demandaient qu'à raconter leur vie... A la fin de 1971, les amis de belote d'Amédée, m'ont demandé de réaliser au 1/10e, une maquette de la Gordini châssis n° 33 victorieuse à Reims (c'était mon métier à cette époque), dans le plus grand secret, pour lui offrir le 29 juin 1972. Je suis donc allé de très nombreuses fois fouiller parmi ce trésor de pièces et tirer divers plans des monoplaces Type 16. En juin 1972, la remise de la maquette fut une énorme surprise et une grande joie pour Gordini, qui m'a demandé comment j'avais pu faire pour reproduire cette Gordini avec autant de précision. Je lui ai répondu que j'avais recherché toutes les pièces dans l'Atelier d'en Haut et qu'il y avait encore la plupart des éléments pour remonter les deux monoplaces Type 16 (les 31 et 33). Alors il m'a répondu: " puisque tu penses qu'il est encore possible d'assembler les deux voitures, tu n'as qu'à les prendre ! " Ce que je fis, bien entendu.
De 1975 à 1979, Amédée Gordini m'a demandé de classer toutes ses archives, photos, coupures de presses et plans, avant de me les offrir, ne voulant garder que des classeurs résumant l'histoire de l'Equipe Gordini, que j'avais réalisés pour lui.
Après son décès le 29 mai 1979, j'ai écrit un livre sur l'Equipe Gordini que j'ai édité en 1984 et présenté à la Tour Eiffel, en présence de Fangio et des membres de l'Equipe Gordini. Auparavant, j'avais proposé ce livre en souscription à Rétromobile 1984, sur le stand " Editions Chritian Huet " avec la Gordini 33 sans carrosserie, que j'avais restaurée personnellement dans un box à Paris. Pour un autre projet, je m'en suis séparé en 1987 auprès d'Hervé Ogliastro qui s'en est défait en 2008 auprès d'un autre grand collectionneur français, lequel souhaite aujourd'hui la transmettre à un autre grand amateur éclairé et passionné.
Gordini a participé à près de 700 courses et en a gagné beaucoup. Sur les 33 châssis fabriqués par Gordini, 14 sont dans le Grand Musée National Schlumpf et dans le Musée de La Rochetaillée à Lyon. Dans les 15 restantes, il ne reste que deux Formule 1 dans des collections privées, dont celle proposée à la vente, équipée d'un moteur de 2,5 litres Type 23 de Formule 1 refait par Pierre Lamoureux avec en plus un moteur de 2 litres Type 20 de Formule 2.

Christian Huet 2017

Palmarès établit par Christian Huet

1952
Configuration Championnat du Monde de Formule 2

- 29-06 : Grand Prix de France à Reims
N°4 Jean Behra 1er

- 06-07 : Grand Prix de France et de l'A.C.F. à Rouen
N°4 Jean Behra 7e

- 13-07 : Grand Prix de France aux Sables d'Olonne
N°4 Jean Behra NP (accident aux essais)

- 07-09 : Grand Prix d'Italie à Monza
N°4 Maurice Trintignant AB (soupapes)

- 14-09 : Grand Prix de Modène
N° 24 Maurice Trintignant AB

1953
- 18-01 : Grand Prix d'Argentine à Buenos Aires
N°32 Carlos Menditeguy AB (boîte)

- 01-02 : Grand Prix de Buenos Aires
N°32 Carlos Menditeguy AB (freins)

- 06-04 : Grand Prix de Pau
N°20 Maurice Trintignant AB (arbre de roue)

- 03-05 : Grand Prix de Bordeaux
N°20 Maurice Trintignant AB (pont)

- 09-05 : Daily Express Trophy à Silverstone
o N°4 Harry Schell 7e de la 2e Eliminatoire
o N°4 Maurice Trintignant AB dans la Finale

- 24-05 : 23e Grand Prix des Frontières à Chimay
N°2 Maurice Trintignant 1er

- 07-06 : Grand Prix de Hollande à Zandvoort
N°20 Harry Schell AB

- 21-06 : Grand Prix de Belgique à Spa-Francorchamps
N°16 Jean Behra AB (moteur)

- 28-06 : Grand Prix de Rouen
N° Maurice Trintignant AB (moteur)

- 05-07 : Grand Prix de l'A.C.F. à Reims
N° 4 Maurice Trintignant AB

- 18-07 : Grand Prix d'Angleterre à Silverstone
N°29 Maurice Trintignant AB (pont)

- 26-07 : Grand Prix d'Aix Les Bains
N°2 Maurice Trintignant AB dans la 1ère Manche

- 02-08 : Grand Prix d'Allemagne au Nürburgring
N°9 Jean Behra AB (boîte)

- 09-08 : Grand Prix des Sables d'Olonne
o N°4 Maurice Trintignant 12e de la 1ère Manche
1er de la 2ème Manche
8e
- 23-08 : Grand Prix de Suisse à Berne
N°8 Maurice Trintignant AB (boîte)

- 30-08 : Grand Prix de Cadours
o N°36 Maurice Trintignant 1er de la 1ère Eliminatoire
1er de la Finale
- 13-09 : Grand Prix d'Italie à Monza
N°36 Maurice Trintignant 5e

- 20-09 : Grand Prix de Modène
N°20 Maurice Trintignant 4e

1954
Configuration Championnat du Monde de Formule 1
- 17-01 : Grand Prix d'Argentine à Buenos Aires
N°18 Jean Behra AB (disqualifié)

- 31-01 : Grand Prix de Buenos Aires
N°22 Roger Loyer AB (embrayage)

- 19-04 : Grand Prix de Pau
N°4 Elie Bayol 4e

- 09-05 : Grand Prix de Bordeaux
N°4 Elie Bayol 5e

- 15-05 : Daily Express Trophy à Silverstone
o N°28 André Simon 5e de la 2e Eliminatoire
3 de la Finale
- 23-05 : Grand Prix de Bari
N°10 André Simon AB

- 06-06 : Grand Prix de Rome
N°26 André Simon / Jean Behra 4e

- 20-06 : Grand Prix de Belgique à Spa-Francorchamps
N°12 Jean Behra AB (barre de torsion)

- 04-07 : Grand Prix de l'A.C.F. à Reims
N°24 Jean Behra 6e

- 11-07 : Grand Prix de Rouen
N°4 Clemar Bucci AB (volant moteur)

- 17-07 : Grand Prix d'Angleterre à Silverstone
N°18 Clemar Bucci AB (sortie de route)

- 25-07 : Grand Prix de Caen
N°4 Clemar Bucci AB (vilebrequin)

- 01-08 : Grand Prix d'Europe au Nürburgring
N°10 Paul Frère AB (fusée)

- 15-08 : Grand Prix de Pescara
N°2 Clemar Bucci 6e (abandon mais classé)

- 22-08 : Grand Prix de Suisse à Berne
N°12 Clemar Bucci AB (alimentation)

- 05-09 : Grand Prix d'Italie à Monza
N°46 Clemar Bucci AB (alimentation)

- 12-09 : Circuit International de Cadours
N°2 André Pilette 2e de la 1ère Eliminatoire
2e de la Finale
- 19-09 : Grand Prix de Berlin à l'Avus
N°17 André Pilette 4e

- 02-10 : Daily Telegraph Trophy à Aintree
o N°17 André Pilette 5e de la course de Formule 1
4e de la course de Formule Libre

- 24-10 : Grand Prix d'Espagne à Pedralbes
o N°48 Jacques Pollet AB (bielles)

1955
- 16-01 : Grand Prix d'Argentine à Buenos Aires
N°40 Pablo Birger AB

- 30-01 : Grand Prix de Buenos Aires
N°40 Pablo Birger 12e de la 1ère Manche
11e de la 2e Manche
12e du classement général
- 11-04 : Grand Prix de Pau
N°32 Jacques Pollet 11 (abandon)

- 07-05 : Daily Express Trophy à Silverstone
N°14 Adrian Hamilton NP (accident aux essais)




Competition car
Chassis n° 33

- Offered by Amédée Gordini to Christian Huet in 1972
- Driven by Behra, Trintignant, Schell, Simon, Frère, Bayol, Pilette, Hamilton, Menditeguy, Birger…
- Incredible documented history
- Outstanding racing provenance between 1952 and 1955, 47 World Championship participations
- Winner of the French Grand-Prix in Reims in 1952 with Behra

Amédée Gordini was freed from his other commitments in time for the 1952 Drivers' World Championship, contested in Formula 2000cc, and also for sports car endurance races. He decided to put his design team to work on a 4-cylinder engine (Type 18) that could be developed into a 6-cylinder (Types 20, 22 and 23), and an 8-cylinder version (Type 24). The 6-cylinder format was used in the 1952 World Championship. Remarkably, the aluminium and magnesium block was constructed using thinner metal than the 4-cylinder Ferrari engine. It was highly sophisticated, with lubrication passing through the overhead camshafts. The Type 16 chassis with torsion bars was selected for the drivers Robert Manzon, Jean Behra and Prince Bira.
No.31 was the first Type 16 single-seater to make its appearance at Pau in 1952. The first race for this car was the Marseille GP on 27 April, driven by Manzon and ending in a retirement. The Gordini Type 16 no.32 made its debut on 18 May at the Swiss Grand Prix in Bern, where Behra finished 3rd. At the next race, in the European GP, at Spa-Francorchamps, on 22 June, Behra had an accident that caused damage to the axle and left rear suspension. For reasons of safety, he chose to drive the new Gordini Type 16 no.33 the following weekend in the French GP at Reims on 29 June, leaving Prince Bira to pilot no.32. Manzon stayed with no.31 (the last Type 16 was no.34 and the Type 16/24 was no. 35). This race was auguring well, according to Amédée Gordini, Robert Aumaitre, Robert Vidue, Libère, Loris (mechanics) and Marc Bande (designer and occasional timekeeper). The Gordini team's Lancia truck was driven by the famous Robert Aumaitre, former race director for Bugatti, who was known as " Le Grand Robert ", and Vidue, nicknamed " Bibiche ". They transported the single-seaters 31 and 32, and the old Type 15 single-seater no.6 GC for Maurice Trintignant was on the trailer. The two spiders (16S and 18S), competing in the Sports race 11 hours before the Grand Prix, set off on the road towards Champagne, accompanied by Jean Behra, who took the opportunity to try out his new car no.33 ! The heat at the end of June that year was stifling, but the Gordinis had been behaving well and it promised to be an exciting race. The twenty-two cars on the grid included Scuderia Ferrari with Ascari, Farina and Villoresi, the Maserati of Schelle, de Graffenried and Landi, and the HWM of Moss, Macklin and Collins. The Gordini camp established itself in the St Christophe Garage in Reims. The mechanics were managed by Robert Aumaitre, who was personally responsible for the single-seater number 33 to be driven by Behra who had decided to have an adjustable wind deflector fitted. Testing took place on the Friday and Saturday. To aid with cooling, the front grilles were removed from all the Gordini. After qualifying, the Ferrari 500 F2s and the Gordinis were at the front : Ascari, Farina and Manzon on the front row, Behra and Villoresi on the second row and Bira on the third row.
On Saturday evening, the Gordini team met for dinner in " Le Lido " restaurant in Reims. As he passing behind Behra, Le Grand Robert asked him :
-" Is everything OK with the car, Jeannot ? "
-" It's going very well, but in the tight corners, I think there's a groaning noise coming from the differential ! "
-" I don't think it can be anything serious...I'll look at it in the morning. For now, don't mention anything to Le Patron, as it might put him in a bad mood ! "
And turning to Vidue :
-" So Bibiche, can you meet me at the garage really early tomorrow, so we can have a look at Jeannot's car ? "
With a nod of the head, the mechanic agreed...
By 5am on the Sunday, they were both hard at work. Engine no 31 was started up and in the fresh early morning air, le Grand Robert set off to the circuit, waking up part of the town. Once there, he got the oil and water up to the correct temperature, and he started to lap a little faster....no suspicious noises...
-" Perhaps Jeannot was mistaken ? "
He continued to push the car faster, trying to lean on the back to make the rear axle work harder and then going through Thillois, the differential emitted a disconcerting groan. Robert didn't need to know anything else. He went straight back to the garage, jacked up the car and, with Vidue, began dismantling.
Time was short...the drums and drive shafts were removed. Loris, who had come to join them, removed the nose of the differential and handed it to Aumaitre. He quickly realised that a bronze tooth on the gearing was unusually worn, causing too much play. At times, the tip of this gear must be rubbing on the metal case of the differential.
There wasn't enough time to take the whole differential out. Le Grand Robert decided to grind the ends of the gear teeth.
-" Right, let's put it all back together...Don't say anything to Behra, as he may lose confidence in the car. And not a word to le Patron, he'll get angry again ! "
When Jean Behra arrived at the garage later that morning, his first thought was to ask Robert Aumaitre about his Gordini.
-" I had a quick look at it,' he replied, " everything is fine. "
A few moments before 15 pm, the engines, gearboxes and differentials were warmed up. The water and oil was at 80° and 90° on Manzon's Gordini and 80° and 100° on Behra's, who was extremely focused before the start. With a sense of mischief, he positioned his single-seater at a slight angle on the second row, behind Ascari's Ferrari. " Engines ! ". At the same moment, engines started roaring...5"...3"...1"… and the flag was lowered by Charles Faroux. Behra shot to the right of Ascari and Manzon who had passed Farina. At the end of the first lap, Behra was in the lead by 40 metres. The crowds cheered...Le Patron, stopwatch in hand, noted the times, lap by lap, for all three drivers. Le Grand Robert put out the board for Behra. On the third lap, Ascari caught up and overtook Behra, who took the lead again a little further on. The same thing happened again the following lap. In the 5th lap, the leading Gordini (with its 150 bhp) increased its pace and the Ferrari (165 bhp) was unable to match it, particularly its top speed. Behra lapped in 2'31", and on the 10th lap, in 2'30"5/10th. Ascari had to put up with following some 50 metres behind. On the 13th lap, the driver from Nice achieved the fastest lap of 2'30"3/10th, at an average pace of 172,400km/h. Ascari gave up hope the next time round and, suffering from the start of sunstroke, he came in and handed the car over to Villoresi, who had retired in the 5th lap. Behra was lapping between 2'31" and 2'32" with an advantage of 15 seconds on the Ferrari of Farina, who was now giving chase. Robert Aumaitre, on the orders of the " Sorcerer " told him to pick up the pace, and his lap times went down to 2'29" then 2'28" 7/10th. Manzon had retired just before the end of the second hour and Bira was now running in 4th. There was a gap of 50 seconds between the leading Gordini and the Ferrari. Two hours and forty-five minutes into the race, 15 seconds from the start line, Behra spotted a Ferrari in his mirror. As he went past stand 3, he queried this with a gesture to Amédée Gordini, who told Aumaitre to put a board out with " Ascari à 2 T " (Ascari 2 laps down). As he was not under threat, Behra let Ascari past. The Ferrari driver was back in his car and, profiting from an almost empty fuel tank, he set the fastest lap of 2'28"2/10th. This information was commmunicated to Behra by Le Patron who told him not to try and beat this time, but to make sure he won, which he confirmed he would do, on the next lap, with Farina one minute behind. Two laps to go, then one...Amédée Gordini, Robert Aumaitre and Robert Manzon were standing to the right of the track just passed the finish line. Le Patron scrutinised the end of the long straight before the finish, looking for a touch of blue...Tension was running high and was broken by a loud burst of cheering as the Gordini of Jean Behra passed Charles Faroux' chequered flag on the finish line, at 18.00. The crowd, delirious, invaded the track, the Marseilleise started up and there were tears of emotion. Gordini was the only marque in the World Championship to represent France. It was a feat, with such a limited budget, just to line up cars in one or more races every week. This victory couldn't have been more brilliant. Behra's first place and the fourth places of Bira, and Loyer in the Sports race, earned them 810,000F, which paid less than half the month's wages (1.726.744F). The drivers would have to be paid another time...
The following day, the Gordini victory made the front page of all the papers and congratulatory telegrams arrived at Bd Victor from around the world. The workshop was already at work, however, preparing cars and their engines for the ACF GP at Rouen the following weekend, wanting to give themselves the greatest chance of success.
Amédée Gordini succeeded in maintaining this hellish rhythm, and secured another great F1 victory at Pau in 1954, the year of disc brakes for Gordini. But in 1955, after the terrible accident in the Le Mans 24 Hours, there was no racing in France, and this cut revenue for the team. Gordini kept on his team, and focused on racing abroad. He also presented his new 8-cylinder Formula 1 car, with an internal aerodynamic flow, that C.Faroux called the " wind-car ". Sadly there wasn't a big enough budget to develop this single-seater in the face of competition from Mercedes, Ferrari and Maserati. In the autumn of 1956, Gordini signed a contract to develop and build engines for Renault, and in June 1957 he decided to wind up his racing team. This proved to be the start of a very long involvement in racing through to F1 with Renault. The Gordini chassis 33 enjoyed a long and glorious career, securing other victories at the Sables d'Olonne 1953 with Behra and at Cadours 1953 with Trintignant. Then, after 70 races, the car was lent to Duncan Hamilton to compete in the Daily Express Trophy at Silverstone on 7 May 1955. The first test session took place on the Thursday between 15h10 and 16.20. The weather was dry but there were winds of over 80km/h. Manzon, Pollet and Hamilton formed the Equipe Gordini. With 700X16 tyres, Hamilton went out for 7 laps, the quickest being 2'. He did another five laps then had 650X16 tyres put on. He went out again and after two laps, shot off the track suddenly at Copse Corner. The driver was unscathed, but the four sections of the left-hand suspension, and the axle, were bent. This was the car's last race...but not the end of its life.
I first got to know Amédée Gordini in 1968, during the V8 era. I met up with him again numerous times, in his workshop, or during long evenings, in the restaurant chez Suzanne in Suresnes, which ended nearly every week-end with a Belote World Championship, involving Jean Todt, Jean-Pierre Jabouille, Jean-Paul Behra, Stéphane Collaro etc. In 1970, the activity at Bd Victor was transferred to Amédée Gordini's new factory in Viry-Chatillon. The workshop at Bd Victor remained full of " scrap metal " and an amazing array of mechanical parts that all had stories to tell... At the end of 1971, the Belote-playing friends of Amédée asked me to make - in secret - a 1:10 scale model of the Reims-winning chassis 33 Gordini (this was my profession at the time), to be presented to him on 29 June 1972. And so, I made many trips to rifle through this hoard of spare parts and draw up various designs of the Type 16 single-seater. In June 1972, the gift of the model came as a huge surprise. Gordini was overjoyed, and asked me how I had been able to build the model so accurately. I told him that I had searched through all the parts in his old workshop, and discovered that there were most of elements there to rebuild the two Type 16 single-seaters (nos. 31 and 33). He replied: " If you think it's still possible to assemble the two cars, all you have to do is take them ! ". And, of course, that is what I did.
Between 1975 and 1979, Amédée Gordini asked me to organise his archives, photos, press cuttings and plans, which he then offered to me. He only wanted to keep the folders that summarized the history of the Gordini team. After he died on 29 May 1979, I wrote a book on l'Equipe Gordini, that I published in 1984 and launched at the Eiffel Tower, in the presence of Fangio and members of the Gordini team. I had previously offered this book, by subscription, at Retromobile 1984, on the " Editions Christian Huet " stand, alongside the Gordini 33, without a body, that I had built myself in a lock-up garage in Paris. To work on a different project, I sold this chassis in 1987 to Hervé Ogliastro, who passed it on to another great French collector, who today, would like to see it go to another passionate and dedicated enthusiast.
Gordini took part in nearly 700 races, and won many of these. Of the 33 chassis built by Gordini, 14 are in the Schlumpf National museum and the museum at La Rochetaillée in Lyon. Of the 15 remaining, there are only two Formula 1 cars in private hands, including the one presented here, which is equipped with a 2.5-litre Type 23 Formula 1 engine rebuilt by Pierre Lamoureux, and also comes with a 2-litre Type 20 Formula 2 engine.

Christian Huet 2017

Palmarès according to Christian Huet research

1952
Configuration Championnat du Monde de Formule 2

- 29-06 : Grand Prix de France à Reims
N°4 Jean Behra 1er

- 06-07 : Grand Prix de France et de l'A.C.F. à Rouen
N°4 Jean Behra 7e

- 13-07 : Grand Prix de France aux Sables d'Olonne
N°4 Jean Behra NP (accident aux essais)

- 07-09 : Grand Prix d'Italie à Monza
N°4 Maurice Trintignant AB (soupapes)

- 14-09 : Grand Prix de Modène
N° 24 Maurice Trintignant AB

1953
- 18-01 : Grand Prix d'Argentine à Buenos Aires
N°32 Carlos Menditeguy AB (boîte)

- 01-02 : Grand Prix de Buenos Aires
N°32 Carlos Menditeguy AB (freins)

- 06-04 : Grand Prix de Pau
N°20 Maurice Trintignant AB (arbre de roue)

- 03-05 : Grand Prix de Bordeaux
N°20 Maurice Trintignant AB (pont)

- 09-05 : Daily Express Trophy à Silverstone
o N°4 Harry Schell 7e de la 2e Eliminatoire
o N°4 Maurice Trintignant AB dans la Finale

- 24-05 : 23e Grand Prix des Frontières à Chimay
N°2 Maurice Trintignant 1er

- 07-06 : Grand Prix de Hollande à Zandvoort
N°20 Harry Schell AB

- 21-06 : Grand Prix de Belgique à Spa-Francorchamps
N°16 Jean Behra AB (moteur)

- 28-06 : Grand Prix de Rouen
N° Maurice Trintignant AB (moteur)

- 05-07 : Grand Prix de l'A.C.F. à Reims
N° 4 Maurice Trintignant AB

- 18-07 : Grand Prix d'Angleterre à Silverstone
N°29 Maurice Trintignant AB (pont)

- 26-07 : Grand Prix d'Aix Les Bains
N°2 Maurice Trintignant AB dans la 1ère Manche

- 02-08 : Grand Prix d'Allemagne au Nürburgring
N°9 Jean Behra AB (boîte)

- 09-08 : Grand Prix des Sables d'Olonne
o N°4 Maurice Trintignant 12e de la 1ère Manche
1er de la 2ème Manche
8e
- 23-08 : Grand Prix de Suisse à Berne
N°8 Maurice Trintignant AB (boîte)

- 30-08 : Grand Prix de Cadours
o N°36 Maurice Trintignant 1er de la 1ère Eliminatoire
1er de la Finale
- 13-09 : Grand Prix d'Italie à Monza
N°36 Maurice Trintignant 5e

- 20-09 : Grand Prix de Modène
N°20 Maurice Trintignant 4e

1954
Configuration Championnat du Monde de Formule 1
- 17-01 : Grand Prix d'Argentine à Buenos Aires
N°18 Jean Behra AB (disqualifié)

- 31-01 : Grand Prix de Buenos Aires
N°22 Roger Loyer AB (embrayage)

- 19-04 : Grand Prix de Pau
N°4 Elie Bayol 4e

- 09-05 : Grand Prix de Bordeaux
N°4 Elie Bayol 5e

- 15-05 : Daily Express Trophy à Silverstone
o N°28 André Simon 5e de la 2e Eliminatoire
3 de la Finale
- 23-05 : Grand Prix de Bari
N°10 André Simon AB

- 06-06 : Grand Prix de Rome
N°26 André Simon / Jean Behra 4e

- 20-06 : Grand Prix de Belgique à Spa-Francorchamps
N°12 Jean Behra AB (barre de torsion)

- 04-07 : Grand Prix de l'A.C.F. à Reims
N°24 Jean Behra 6e

- 11-07 : Grand Prix de Rouen
N°4 Clemar Bucci AB (volant moteur)

- 17-07 : Grand Prix d'Angleterre à Silverstone
N°18 Clemar Bucci AB (sortie de route)

- 25-07 : Grand Prix de Caen
N°4 Clemar Bucci AB (vilebrequin)

- 01-08 : Grand Prix d'Europe au Nürburgring
N°10 Paul Frère AB (fusée)

- 15-08 : Grand Prix de Pescara
N°2 Clemar Bucci 6e (abandon mais classé)

- 22-08 : Grand Prix de Suisse à Berne
N°12 Clemar Bucci AB (alimentation)

- 05-09 : Grand Prix d'Italie à Monza
N°46 Clemar Bucci AB (alimentation)

- 12-09 : Circuit International de Cadours
N°2 André Pilette 2e de la 1ère Eliminatoire
2e de la Finale
- 19-09 : Grand Prix de Berlin à l'Avus
N°17 André Pilette 4e

- 02-10 : Daily Telegraph Trophy à Aintree
o N°17 André Pilette 5e de la course de Formule 1
4e de la course de Formule Libre

- 24-10 : Grand Prix d'Espagne à Pedralbes
o N°48 Jacques Pollet AB (bielles)

1955
- 16-01 : Grand Prix d'Argentine à Buenos Aires
N°40 Pablo Birger AB

- 30-01 : Grand Prix de Buenos Aires
N°40 Pablo Birger 12e de la 1ère Manche
11e de la 2e Manche
12e du classement général
- 11-04 : Grand Prix de Pau
N°32 Jacques Pollet 11 (abandon)

- 07-05 : Daily Express Trophy à Silverstone
N°14 Adrian Hamilton NP (accident aux essais)





Estimation 900 000 - 1 400 000 €

Sale’s details

Sale: 3279
Location: Salon Rétromobile - Hall 2.1 Parc des expositions Porte de Versailles 75015 Paris
Date: 09 feb. 2018 14:00
Auctioneer: Hervé Poulain

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Rétromobile 2018 by Artcurial Motorcars