Sale Rétromobile 2018 - 09 february 2018 /Lot 61 1942-1946 Alfa Romeo 6C 2500 Cabriolet Pinin Farina Speziale

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Titre de circulation US
Châssis n° 915169

- Chef d'œuvre automobile unique
- Historique remarquable
- Restauration de très haut niveau

Commandée par une milanaise aisée, Giuliana Tortolli-Cuccioli, cette voiture est carrossée en 1946 par Pinin Farina, sur la base des 14 châssis Alfa Romeo qui lui ont été livrés en 1942, et dont seuls six survivent aujourd'hui. Prêtée à Pinin Farina par sa propriétaire, la voiture effectue ensuite une tournée d'expositions, à commencer par le Salon de Genève en septembre 1946, puis début octobre sur l'Esplanade de Montebenon, à Lausanne, avant de prendre la direction du Salon de Paris.
En 1946 toutefois, pour des raisons politiques consécutives à la guerre, les constructeurs italiens ne sont pas autorisés à exposer. Pour contourner cette difficulté, Pinin et son fils Sergio se rendent à Paris au volant de l'Alfa Romeo et d'une Lancia Aprilia, qu'ils garent devant le Grand Palais après les avoir soigneusement nettoyées. Une aventure qui leur vaudra les commentaires amusés de la presse : "Ce diable de Farina a ouvert son antisalon personnel."
Moins d'une semaine plus tard l'Alfa Romeo apparaît au Concours d'Élégance de Turin et remporte la coupe de l'ACI pour "la plus belle voiture découverte". L'année suivante, elle reçoit le Grand Prix d'Honneur au 29e Concours d'Élégance de Monte Carlo. Parallèlement à ces apparitions publiques, ce cabriolet fait l'objet de nombreux articles de presse, en 1946 et 1947. Par la suite, Pinin Farina le rachète à Guiliana Tortolli et l'utilise à titre personnel pendant six mois environ.

Dans le courant de l'année 1948, Pinin Farina vend la voiture à Leonard Lord, alors président d'Austin. Elle sert d'inspiratrice à l'Austin A90 Atlantic avant d'être utilisée comme voiture personnelle par le directeur général, George Harriman. A cette époque, elle connaît une aventure singulière.
Holden Koto est alors un jeune styliste collaborateur de Raymond Loewy, qui tient des bureaux à Paris, New-York et Londres. Au tout début des années 1950, Loewy signe un contrat avec British Leyland pour concevoir une nouvelle Austin Seven, et Holden Koto est détaché pendant quatre mois chez Austin. C'est là qu'il fait la découverte de l'Alfa Romeo et exprime son admiration, ce qui décide George Harriman à lui céder pour une somme très largement inférieure à sa valeur, à titre de bonus. Après l'avoir utilisée un an environ, Koto l'importe aux États-Unis mais, lors du déchargement, la voiture est endommagée : l'avant de la carrosserie, ainsi que les pare-chocs, sont abîmés. Pour les réparer, Holden Koto amène la voiture dans les ateliers de Raymond Loewy qui, à cette occasion, suggère d'abandonner le champagne métallisé de la carrosserie au profit d'un vert clair métallisé. La trace de ces travaux sera retrouvée lors de la restauration.

Quelque temps après, Holden Koto décide de vendre la voiture et son fils David réalise dans ce but un dessin humoristique où son propriétaire la propose pour 5 000 $. En 1952, elle est achetée par James Kent, de St. Louis, qui "l'américanise" légèrement : il dépose les jupes d'ailes arrière et les enjoliveurs de roues, tout en montant des pneus à flancs blancs. C'est le début du déclin et la voiture va ensuite connaître des années de déshérence. Les propriétaires se succèdent : George Monning, de Collinsville (Illinois), Clark Moore, de Huntsville (Alabama), Jerry McAlevey, d'Inglewood (Californie). Plus tard, elle se retrouve dans l'atelier de restauration de Hill & Vaughn où elle est démontée et abandonnée. Les pièces sont par la suite achetées par un homme d'affaires japonais qui, plusieurs années après, les cède à l'actuel propriétaire, de The Plains (Virginie).

L'Alfa Romeo est alors confiée à la Guild of Automotive Restorers, à Bradford (Ontario, Canada), pour une restauration qui commence en 2008. La voiture fait d'abord l'objet d'une évaluation précise des travaux et des éléments manquants, qui sont identifiés grâce au catalogue de pièces Alfa 6C 2500. Lors du démontage, les traces des travaux de réparation effectués chez Loewy apparaissent tout à fait clairement.
Le premier composant restauré est le châssis, puis le projet connaît un arrêt jusqu'en 2013 où il est réactivé. La voiture est remontée "à blanc", avant qu'un très gros travail soit effectué sur les panneaux d'aluminium, devenus très fragiles. Les restaurateurs cherchent à conserver au maximum les pièces qui ont été à l'origine formées par les ouvriers de Pinin Farina. L'armature de capote est refaite également, avec grandes difficultés pour rester parfaitement conforme à ce qu'elle était, tant en forme qu'en matériaux.
L'intérieur était relativement bien conservé et le cuir des sièges, bien qu'en mauvais état, était complet et a pu servir de modèle pour une sellerie neuve.
Le volant d'origine avait disparu et des recherches ont permis de conclure qu'il s'agissait d'un modèle "Anti-Seismic" conçu par Mario Revelli Beaumont. Une pièce évidemment introuvable, qu'il a fallu refabriquer entièrement à partir de photos de volants semblables. De même, la baguette chromée de tableau de bord a dû être recréée entièrement, après en avoir retrouvé des photos suffisamment détaillées, accompagnées des souvenirs de Holden Koto.
Une autre difficulté est venue d'un enjoliveur de roue manquant. Un outillage spécial a dû être fabriqué pour pouvoir emboutir la tôle et recréer une pièce semblable aux autres, portant les mêmes imperfections.

En tout, deux ans et demi ont été nécessaires pour mener à bien cette considérable remise en état et, aujourd'hui, la voiture montre une fidélité sans faille à son allure d'origine, y compris la teinte qui est à nouveau champagne métallisé. Nous invitons vivement les acheteurs intéressés à consulter le dossier de restauration qui accompagne la voiture, de façon à comprendre le soin qui a été apporté à cette opération.
Ce Chef d'Oeuvre unique présente une forme tout à fait avant-gardiste pour les années 1940. Il mêle quelques clins d'œil aux États-Unis (comme les ouïes "hublots" d'ailes avant) avec une ligne "ponton" qui tranchait nettement avec les ailes apparentes encore très en vogue. Véritable miraculée, elle constitue donc un jalon important dans l'histoire du style automobile, sur la base d'une mécanique noble. Elle ne manquera pas d'attirer l'attention en toutes circonstances, tout en donnant à son propriétaire la satisfaction d'être au volant d'une automobile sans équivalent, et de s'inscrire dans son histoire hors du commun.



US title
Chassis n° 915169

- Unique automotive masterpiece
- Remarkable history
- High-quality restoration

Ordered new by a wealthy lady from Milan, Giuliana Tortolli-Cuccioli, this car was bodied by Pinin Farina in 1946, on the base of one of the 14 Alfa Romeo chassis delivered to the coachbuilder in 1942, of which just six survive today. The owner lent her new car to Pinin Farina for a series of exhibitions, starting with the Geneva Motor Show in September 1946. It was then displayed on the Esplanade de Montebenon, in Lausanne, at the start of October, after which it headed off towards Paris for the Motor Show. However, because of the political situation in 1946, in the aftermath of the war, Italian manufacturers were forbidden from taking part in the Paris Salon. To get round this problem, Pinin Farina and his son Sergio drove the Alfa Romeo and a Lancia Aprilla to the capital and, having carefully cleaned them, they parked both cars right outside the Grand Palais. This adventure caused much amusement amongst the press: "That old devil Farina has opened his own anti-Salon! " Less than a week later, the Alfa Romeo was on show at the Concours d'Élégance in Turin where it won the ACI trophy for " the most beautiful open-top car. " The following year, it was awarded the Grand Prix d'Honneur at the 29th Concours d'Élégance in Monte Carlo. During these public appearances in 1946 and 1947, the cabriolet was the subject of numerous articles in the press. Pinin Farina then bought the car from Guiliana Tortolli and used it himself for about six months.

It was sold during 1948 to Leonard Lord, the Chairman of Austin, and became an inspiration for the Austin A90 Atlantic, before being used personally by the Managing Director, George Harriman. And it was then that an exciting new chapter in the car's life began. Holden Koto was a young designer collaborating with Raymond Loewy, who had offices in Paris, New York and London. In the early 1950s, Loewy signed a contract with British Leyland to design the new Austin Seven, and Holden Koto was sent to work at Austin for four months. While there, he expressed his huge admiration for the Alfa Romeo, and George Harriman ended by selling it to him, well below its value, as a bonus. Koto used the car for the next 12 months before taking it back to America with him. Unfortunately, while the car was being unloaded from the voyage, the front bodywork and the bumpers were damaged. He took it to be repaired at Raymond Loewy's workshop, and at this point the decision was taken to change the existing metallic champagne livery to a light metallic green. Signs of this work were found when the car was later restored.

Some time later, Koto decided to sell his car and his son David drew a cartoon showing the owner offering his car for 5000 $. It was bought in 1952 by James Kent from St Louis, who " americanised " it slightly. He removed part of the rear wings and the hubcaps, and fitted whitewall tyres. This was the start of a period of decline, in which the car suffered years of neglect. Owners followed one after the other : George Monning, from Collinsville (Illinois), Clark Moore, from Huntsville (Alabama), Jerry McAlevey, from Inglewood (California). The Alfa Romeo was later found in the restoration workshop of Hill & Vaughn having been taken to bits and abandoned. The parts were subsequently bought by a Japanese businessman who, several years later, sold them to the current owner, from The Plains (Virginia).

The Alfa Romeo was then entrusted to the Guild of Automotive Restorers, in Bradford (Ontario, Canada), for a restoration that began in 2008. This began with a detailed evaluation of the work required and an inventory of the missing parts, identified through the Alfa 6C 2500 spares catalogue. When the car was dismantled, signs of the repair work carried out by Loewy were clearly visible. The first component to be restored was the chassis, following which the work stopped for a while, before starting again in 2013. The car was re-assembled " bare " and then extensive work was carried out on the aluminium panels, that had become very fragile. The restorers worked to retain as many of the original panels that had been shaped by Pinin Farina's team as possible. The frame of the hood was also re-done, and a great deal of care was taken to ensure its shape and the materials conformed to the original. The interior was relatively well preserved, and despite being in poor condition, the leather seats were complete, providing a template for new upholstery. The original steering wheel had disappeared but research revealed that it had been an " Anti-Seismic " model designed by Mario Revelli Beaumont. As this was impossible to find, a new copy was made, working entirely from photos of similar models. In the same way, the chrome strip along the dashboard had to be re-created, working from detailed photos, and Koto's recollections. Another problem to be resolved was the missing hubcap. A special metal-stamping tool had to be made to make a piece that resembled the others, complete with the same imperfections.

A total of two and a half years were required to carry out this considerable task and today, the car is flawlessly faithful to its original appearance. This includes the paintwork which has been returned to the original metallic champagne colour. We urge interested parties to consult the restoration file that comes with the car, in order to appreciate the level of care that has been taken throughout this project.
This unique masterpiece has a form that was completely avant-garde for the 1940s. There are a few nods to the United States (with, for example, the 'porthole' inlets on the front wings), and with enclosed " ponton " styling that was well ahead of its time. A truly extraordinary automobile, this is an important milestone in the history of automobile design, fitted to a noble mechanical base. This car will attract attention wherever it goes, and give its owner the satisfaction of being part of a unique story, while sitting behind the wheel of an automobile like no other.



Photos © Joe Wiecha





Estimation 1 000 000 - 1 300 000 €

Lot 61

1942-1946 Alfa Romeo 6C 2500 Cabriolet Pinin Farina Speziale

Estimation 1,000,000 - 1,300,000 € [$]

¤ Temporary import

¤ 1942-1946 Alfa Romeo 6C 2500 Cabriolet Pinin Farina Speziale
Titre de circulation US
Châssis n° 915169

- Chef d'œuvre automobile unique
- Historique remarquable
- Restauration de très haut niveau

Commandée par une milanaise aisée, Giuliana Tortolli-Cuccioli, cette voiture est carrossée en 1946 par Pinin Farina, sur la base des 14 châssis Alfa Romeo qui lui ont été livrés en 1942, et dont seuls six survivent aujourd'hui. Prêtée à Pinin Farina par sa propriétaire, la voiture effectue ensuite une tournée d'expositions, à commencer par le Salon de Genève en septembre 1946, puis début octobre sur l'Esplanade de Montebenon, à Lausanne, avant de prendre la direction du Salon de Paris.
En 1946 toutefois, pour des raisons politiques consécutives à la guerre, les constructeurs italiens ne sont pas autorisés à exposer. Pour contourner cette difficulté, Pinin et son fils Sergio se rendent à Paris au volant de l'Alfa Romeo et d'une Lancia Aprilia, qu'ils garent devant le Grand Palais après les avoir soigneusement nettoyées. Une aventure qui leur vaudra les commentaires amusés de la presse : "Ce diable de Farina a ouvert son antisalon personnel."
Moins d'une semaine plus tard l'Alfa Romeo apparaît au Concours d'Élégance de Turin et remporte la coupe de l'ACI pour "la plus belle voiture découverte". L'année suivante, elle reçoit le Grand Prix d'Honneur au 29e Concours d'Élégance de Monte Carlo. Parallèlement à ces apparitions publiques, ce cabriolet fait l'objet de nombreux articles de presse, en 1946 et 1947. Par la suite, Pinin Farina le rachète à Guiliana Tortolli et l'utilise à titre personnel pendant six mois environ.

Dans le courant de l'année 1948, Pinin Farina vend la voiture à Leonard Lord, alors président d'Austin. Elle sert d'inspiratrice à l'Austin A90 Atlantic avant d'être utilisée comme voiture personnelle par le directeur général, George Harriman. A cette époque, elle connaît une aventure singulière.
Holden Koto est alors un jeune styliste collaborateur de Raymond Loewy, qui tient des bureaux à Paris, New-York et Londres. Au tout début des années 1950, Loewy signe un contrat avec British Leyland pour concevoir une nouvelle Austin Seven, et Holden Koto est détaché pendant quatre mois chez Austin. C'est là qu'il fait la découverte de l'Alfa Romeo et exprime son admiration, ce qui décide George Harriman à lui céder pour une somme très largement inférieure à sa valeur, à titre de bonus. Après l'avoir utilisée un an environ, Koto l'importe aux États-Unis mais, lors du déchargement, la voiture est endommagée : l'avant de la carrosserie, ainsi que les pare-chocs, sont abîmés. Pour les réparer, Holden Koto amène la voiture dans les ateliers de Raymond Loewy qui, à cette occasion, suggère d'abandonner le champagne métallisé de la carrosserie au profit d'un vert clair métallisé. La trace de ces travaux sera retrouvée lors de la restauration.

Quelque temps après, Holden Koto décide de vendre la voiture et son fils David réalise dans ce but un dessin humoristique où son propriétaire la propose pour 5 000 $. En 1952, elle est achetée par James Kent, de St. Louis, qui "l'américanise" légèrement : il dépose les jupes d'ailes arrière et les enjoliveurs de roues, tout en montant des pneus à flancs blancs. C'est le début du déclin et la voiture va ensuite connaître des années de déshérence. Les propriétaires se succèdent : George Monning, de Collinsville (Illinois), Clark Moore, de Huntsville (Alabama), Jerry McAlevey, d'Inglewood (Californie). Plus tard, elle se retrouve dans l'atelier de restauration de Hill & Vaughn où elle est démontée et abandonnée. Les pièces sont par la suite achetées par un homme d'affaires japonais qui, plusieurs années après, les cède à l'actuel propriétaire, de The Plains (Virginie).

L'Alfa Romeo est alors confiée à la Guild of Automotive Restorers, à Bradford (Ontario, Canada), pour une restauration qui commence en 2008. La voiture fait d'abord l'objet d'une évaluation précise des travaux et des éléments manquants, qui sont identifiés grâce au catalogue de pièces Alfa 6C 2500. Lors du démontage, les traces des travaux de réparation effectués chez Loewy apparaissent tout à fait clairement.
Le premier composant restauré est le châssis, puis le projet connaît un arrêt jusqu'en 2013 où il est réactivé. La voiture est remontée "à blanc", avant qu'un très gros travail soit effectué sur les panneaux d'aluminium, devenus très fragiles. Les restaurateurs cherchent à conserver au maximum les pièces qui ont été à l'origine formées par les ouvriers de Pinin Farina. L'armature de capote est refaite également, avec grandes difficultés pour rester parfaitement conforme à ce qu'elle était, tant en forme qu'en matériaux.
L'intérieur était relativement bien conservé et le cuir des sièges, bien qu'en mauvais état, était complet et a pu servir de modèle pour une sellerie neuve.
Le volant d'origine avait disparu et des recherches ont permis de conclure qu'il s'agissait d'un modèle "Anti-Seismic" conçu par Mario Revelli Beaumont. Une pièce évidemment introuvable, qu'il a fallu refabriquer entièrement à partir de photos de volants semblables. De même, la baguette chromée de tableau de bord a dû être recréée entièrement, après en avoir retrouvé des photos suffisamment détaillées, accompagnées des souvenirs de Holden Koto.
Une autre difficulté est venue d'un enjoliveur de roue manquant. Un outillage spécial a dû être fabriqué pour pouvoir emboutir la tôle et recréer une pièce semblable aux autres, portant les mêmes imperfections.

En tout, deux ans et demi ont été nécessaires pour mener à bien cette considérable remise en état et, aujourd'hui, la voiture montre une fidélité sans faille à son allure d'origine, y compris la teinte qui est à nouveau champagne métallisé. Nous invitons vivement les acheteurs intéressés à consulter le dossier de restauration qui accompagne la voiture, de façon à comprendre le soin qui a été apporté à cette opération.
Ce Chef d'Oeuvre unique présente une forme tout à fait avant-gardiste pour les années 1940. Il mêle quelques clins d'œil aux États-Unis (comme les ouïes "hublots" d'ailes avant) avec une ligne "ponton" qui tranchait nettement avec les ailes apparentes encore très en vogue. Véritable miraculée, elle constitue donc un jalon important dans l'histoire du style automobile, sur la base d'une mécanique noble. Elle ne manquera pas d'attirer l'attention en toutes circonstances, tout en donnant à son propriétaire la satisfaction d'être au volant d'une automobile sans équivalent, et de s'inscrire dans son histoire hors du commun.



US title
Chassis n° 915169

- Unique automotive masterpiece
- Remarkable history
- High-quality restoration

Ordered new by a wealthy lady from Milan, Giuliana Tortolli-Cuccioli, this car was bodied by Pinin Farina in 1946, on the base of one of the 14 Alfa Romeo chassis delivered to the coachbuilder in 1942, of which just six survive today. The owner lent her new car to Pinin Farina for a series of exhibitions, starting with the Geneva Motor Show in September 1946. It was then displayed on the Esplanade de Montebenon, in Lausanne, at the start of October, after which it headed off towards Paris for the Motor Show. However, because of the political situation in 1946, in the aftermath of the war, Italian manufacturers were forbidden from taking part in the Paris Salon. To get round this problem, Pinin Farina and his son Sergio drove the Alfa Romeo and a Lancia Aprilla to the capital and, having carefully cleaned them, they parked both cars right outside the Grand Palais. This adventure caused much amusement amongst the press: "That old devil Farina has opened his own anti-Salon! " Less than a week later, the Alfa Romeo was on show at the Concours d'Élégance in Turin where it won the ACI trophy for " the most beautiful open-top car. " The following year, it was awarded the Grand Prix d'Honneur at the 29th Concours d'Élégance in Monte Carlo. During these public appearances in 1946 and 1947, the cabriolet was the subject of numerous articles in the press. Pinin Farina then bought the car from Guiliana Tortolli and used it himself for about six months.

It was sold during 1948 to Leonard Lord, the Chairman of Austin, and became an inspiration for the Austin A90 Atlantic, before being used personally by the Managing Director, George Harriman. And it was then that an exciting new chapter in the car's life began. Holden Koto was a young designer collaborating with Raymond Loewy, who had offices in Paris, New York and London. In the early 1950s, Loewy signed a contract with British Leyland to design the new Austin Seven, and Holden Koto was sent to work at Austin for four months. While there, he expressed his huge admiration for the Alfa Romeo, and George Harriman ended by selling it to him, well below its value, as a bonus. Koto used the car for the next 12 months before taking it back to America with him. Unfortunately, while the car was being unloaded from the voyage, the front bodywork and the bumpers were damaged. He took it to be repaired at Raymond Loewy's workshop, and at this point the decision was taken to change the existing metallic champagne livery to a light metallic green. Signs of this work were found when the car was later restored.

Some time later, Koto decided to sell his car and his son David drew a cartoon showing the owner offering his car for 5000 $. It was bought in 1952 by James Kent from St Louis, who " americanised " it slightly. He removed part of the rear wings and the hubcaps, and fitted whitewall tyres. This was the start of a period of decline, in which the car suffered years of neglect. Owners followed one after the other : George Monning, from Collinsville (Illinois), Clark Moore, from Huntsville (Alabama), Jerry McAlevey, from Inglewood (California). The Alfa Romeo was later found in the restoration workshop of Hill & Vaughn having been taken to bits and abandoned. The parts were subsequently bought by a Japanese businessman who, several years later, sold them to the current owner, from The Plains (Virginia).

The Alfa Romeo was then entrusted to the Guild of Automotive Restorers, in Bradford (Ontario, Canada), for a restoration that began in 2008. This began with a detailed evaluation of the work required and an inventory of the missing parts, identified through the Alfa 6C 2500 spares catalogue. When the car was dismantled, signs of the repair work carried out by Loewy were clearly visible. The first component to be restored was the chassis, following which the work stopped for a while, before starting again in 2013. The car was re-assembled " bare " and then extensive work was carried out on the aluminium panels, that had become very fragile. The restorers worked to retain as many of the original panels that had been shaped by Pinin Farina's team as possible. The frame of the hood was also re-done, and a great deal of care was taken to ensure its shape and the materials conformed to the original. The interior was relatively well preserved, and despite being in poor condition, the leather seats were complete, providing a template for new upholstery. The original steering wheel had disappeared but research revealed that it had been an " Anti-Seismic " model designed by Mario Revelli Beaumont. As this was impossible to find, a new copy was made, working entirely from photos of similar models. In the same way, the chrome strip along the dashboard had to be re-created, working from detailed photos, and Koto's recollections. Another problem to be resolved was the missing hubcap. A special metal-stamping tool had to be made to make a piece that resembled the others, complete with the same imperfections.

A total of two and a half years were required to carry out this considerable task and today, the car is flawlessly faithful to its original appearance. This includes the paintwork which has been returned to the original metallic champagne colour. We urge interested parties to consult the restoration file that comes with the car, in order to appreciate the level of care that has been taken throughout this project.
This unique masterpiece has a form that was completely avant-garde for the 1940s. There are a few nods to the United States (with, for example, the 'porthole' inlets on the front wings), and with enclosed " ponton " styling that was well ahead of its time. A truly extraordinary automobile, this is an important milestone in the history of automobile design, fitted to a noble mechanical base. This car will attract attention wherever it goes, and give its owner the satisfaction of being part of a unique story, while sitting behind the wheel of an automobile like no other.



Photos © Joe Wiecha





Estimation 1 000 000 - 1 300 000 €

Sale’s details

Sale: 3279
Location: Salon Rétromobile - Hall 2.1 Parc des expositions Porte de Versailles 75015 Paris
Date: 09 feb. 2018 14:00
Auctioneer: Hervé Poulain

Contact

Anne-Claire Mandine
Phone +33 1 42 99 20 73
motorcars@artcurial.com

Purchase Orders & Auctions by Phone

Kristina Vrzests
Phone +33 1 42 99 20 51
Fax +33 1 42 99 20 60
bids@artcurial.com

Conditions of Purchase

Rétromobile 2018 by Artcurial Motorcars