Mobilier et objets d’art

 
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Lot 183
SECRETAIRE A ABATTANT D'EPOQUE LOUIS XVI ESTAMPILLE DE JEAN GEORGES SCHLICHTIG
En placage de bois de rose et marqueterie de bois teinté, ivoire et nacre, ornementation de bronze ciselé et doré, dessus de marbre bleu turquin, ouvrant à un tiroir en partie supérieure, un abattant à décor de scènes galantes dans un paysage architecturé et deux vantaux en partie basse à décor d'une scène de port, les montants à pans coupés, les panneaux latéraux à décor de trophées de musique, estampillé au dos JG SCHLICHTIG et poinçon de jurande JME
Hauteur : 138 cm. (54 1/4 in.), Largeur : 93,5 cm. (36 3/4 in.)
Profondeur : 41 cm. (16 1/4 in.)

Jean Georges Schlichtig reçu maître en 1765

A LOUIS XVI ORMOLU-MOUNTED MARQUETRY SECRETAIRE STAMPED BY JEAN GEORGES SCHLICHTIG

Provenance :
Vente à Paris, Ader Picard Tajan, le 15 juin 1984, lot 112.
Ancienne collection Roberto Polo, vente à Paris, Hôtel George V, Ader Tajan, le 7 novembre 1991, lot 138 où acquis par l'actuel propriétaire.

La mode des meubles marquetés de décors d'architecture s'étend dans les années 1770, en même temps que se développe le courant néoclassique. Les ébénistes continuent de tirer leurs modèles de gravures d'ornemanistes mais l'inspiration suit un registre plus large en accord avec le retour du goût pour l'antique. Architectures, ruines, scènes de port, trophées, vases viennent compléter les motifs de fleurs et rinceaux.

Les pièces les plus sophistiquées, telles que notre secrétaire sont des œuvres de commande comme le démontre Geoffroy de Bellaigue, (3-4), le client choisissant selon ses goûts les gravures à reproduire.

Emmanuel Félicité de Durfort, duc de Duras (1715-1789), Maréchal et Pair de France, premier Gentilhomme de la Chambre sous Louis XV, nommé directeur de la Comédie Française en 1757, membre de l'Académie Française en 1775 possédait un tel secrétaire décrit comme suit dans sa vente après décès du 23 décembre 1789 : " N°96-Un secrétaire en bas d'armoire, ouvrant à abattant, à panneaux en bois de rapport, sujets de paysage enrichi d'architectures et figures, il est garni de moulures à oves, cadres, rosaces en bronze doré, avec dessus en marbre blanc ".

Notre secrétaire, exceptionnel par la qualité, le raffinement et la variété des motifs est à rapprocher d'un petit groupe de meubles ornés d'un décor similaire de marqueterie et incrustations d'ivoire et plus particulièrement, représentant des personnages en conversation galante dans un décor théâtral de portique placé sur une estrade, évoquant un décor de fête:
- Une commode, vers 1775, estampillée de Jean-Georges Schlichtig, léguée au au Musée du Louvre par le comte Isaac de Camondo, provenant de la célèbre collection du baron Double (vente mai 1881), (1), portant aux angles le chiffre de Marie-Antoinette (voir illustration)
- Une paire de tables à écrire d'époque Louis XVI, la première estampillée par Georges Jansen (maître en 1767), la deuxième par Georges Jansen, Daniel Deloose (maître en 1767) et Jacques Laurent Cosson (maître en 1765), collection Jones (Londres, Victoria & Albert Museum), (2)
- Un métier à tisser, estampillé par Georges Jansen (Londres, Victoria & Albert Museum) , (2)

Sur chacune de ces pièces les personnages s'inspirent de la Galerie des Modes, gravé par Voysard, d'après P.J.Leclerc et publié vers 1778.

L'hypothèse d'un même artisan marqueteur fournissant de tels panneaux de marqueterie à ses confrères ébénistes et marchands-merciers a été évoquée tout comme les noms de Louis Noël Malle, Christophe Wolff, ou André Louis Gilbert. Théodore Dell, (5), suggère au sujet d'une table conservée à la collection Frick à New York, estampillée de Malle, que ce dernier, comme ses confrères, a pu faire appel à un sous-traitant spécialisé dans la confection de ces panneaux.

Parmi les œuvres remarquables à rapprocher citons :
- Un secrétaire, vers 1770, attribué à Louis-Noël Malle, vente Sotheby's Monaco, le 14 décembre 1996, lot 74, orné de paysages de ruines d'exécution plus sommaire cependant encadré des mêmes guirlandes de fleurs à nœud et d'un de mêmes rinceaux sur le tiroir supérieur ; en suite avec une commode (ibid., lot 75)
- Une commode, ancienne collection Hussein Pacha, le 14 mars 1993, lot 165, à décor de personnages dans des ruines antiques en marqueterie et incrustations d'ivoire.

Jean-Georges Schlichtig fut reçu maître en 1765, tardivement , déjà âgé d'environ 40 ans. La même année, il épousa la fille d'un tailleur, Elisabeth Adrienne Petit. Il s'établit au faubourg Saint Antoine, rue Saint Nicolas. A sa mort survenue en 1782, sa veuve conserva encore quelque temps la boutique.

Bibliographie :
1-F. de Salverte, les ébénistes du XVIIIème siècle, Paris, 1975, pl. L.X.
2-O. Brackett, Catalogue of the Jones Collection, t.1, pl. 35-36, N° 65-67
3-G. de Bellaigue, Ruins in Marquetry, Apollo, 1968
4-G. de Bellaigue, Engravings and the French eigthteenth-century marqueteur, Burlington Magazine, mai 1965, pp. 240-250
5-T. Dell, Furniture in the Frick Collection, vol. V, Princeton 1992, p. 364



Estimation 120 000 - 180 000 €
Vendu 150,498 €
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Infos vente

Vente : 2351
Lieu : Artcurial
Date : 18 juin 2013 14:30
Commissaire-priseur : Isabelle Bresset

Exposition

14 juin, de 11h à 19h
15 juin, de 11h à 18h
16 juin, de 14h à 18h
17 juin, de 11h à 19h
18 juin, de 10 à 12h sur rendez-vous

Artcurial
7 rond-point des Champs-Élysées
75008 Paris

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