Souvenirs historiques et armes anciennes

 

Lot 71
LE SABRE DU GENERAL D'HAUTPOUL OFFERT PAR LA VILLE DE SOLINGEN Monture laiton doré à trois branches qui se réunissent pour former une forte branche à pans au décor ondoyant. La garde ainsi conçue permet le port de l'arme au côté sans gêne quand elle présente une branche, et la protection de la main au combat quand elle développe ses trois branches.
La branche principale se divise en trois par simple écartement, mais un dispositif de blocage en acier la maintient ouverte et se débloque par un fort poucier rattaché au quillon. Le pommeau quadrangulaire mouluré à fort bouton de rivure reçoit dans une glissière la fixation supérieure des trois branches.
En dessous des trois branches, la monture s'élargit en couvre-fourreau.
Une peau de roussette filigranée de cuivre recouvre le bois de la fusée à profil rectangulaire.
Forte lame de cavalerie de ligne à faible courbure longue de 92 cm. Elle porte sur le dos la marque de " Samuel Klünin fabricant à Solingen ".
Bleuie au tiers, elle est gravée côté garde sur fond doré : d'une couronne de lauriers entourant un trophée, des armoiries de Solingen représentant deux épées croisées brochant une ancre avec en exergue l'inscription " LA VILLE DE SOLINGEN ".
Du côté contre-garde après une couronne de lauriers au talon et précédée d'un trophée s'inscrit en lettres flammées sur fond doré : "AU GENERAL D'HAUPOULT ".
Fourreau sur fût de bois, un chagrin noir le recouvre et trois garnitures de laiton doré le renforcent. Côté garde la chape ajourée d'un médaillon ouvrant sur du chagrin rouge s'enrichit de la gravure de trophées, drapés, et lion brochant des tubes de canons. La garniture centrale ajourée d'un même médaillon présente un décor de drapeaux. La bouterolle à médaillon sur chagrin rouge développe la représentation d'un personnage féminin à sa toilette et surmontant des ancres.
Côté contre-garde, la chape est gravée d'une tête de lion tenant dans sa gueule deux anneaux dont l'un sert de perchoir à un volatile stylisé. La garniture centrale s'orne d'un lion couché et la bouterolle de filets formant éventail.
Les pitons des anneaux sont fixés directement au dos du fourreau sur une embase rectangulaire.
Parmi les éléments décoratifs se retrouve le lion symbole de la puissance, de la sagesse et de la justice.

Ce sabre élégant, d'une grande qualité, reste sobre et par la conception de sa monture destiné aux combats que peut conduire un officier supérieur de cavalerie. Ce rare et beau présent d'une grande valeur historique rend hommage au courage et à la générosité du général d'Hautpoul.
En provenance directe de la famille.

Jean-Joseph-Ange d'Hautpoul général de la Révolution et de l'Empire est né en 1754 au château de Salettes dans le Tarn et mort le 14 février 1807 suite à sa blessure à Eylau.
Dès quinze ans, il s'engage comme volontaire dans la légion Corse de cavalerie. De 1777 à 1792, il est cadet gentilhomme au régiment de Languedoc devenu le 6ème Chasseur où il finit Colonel après Valmy.
En février 1794, Jean-Joseph attend de nouvelles instructions à Cambrai lorsqu'il apprend l'arrêté de la Convention qui décrète que tous les nobles doivent quitter le service et être arrêtés. D'Hautpoul, suspect par son origine noble est placé devant l'alternative de quitter la France ou l'arrestation. C'est alors que se produit un événement unique pour l'époque : tout le 6ème Chasseur, son régiment où il est fort apprécié, ayant appris les mesures prises contre son chef, se met à cheval sous les fenêtres du Représentant du Peuple en mission, membre de la Convention. Les cavaliers unanimes obtiennent la restitution de leur Colonel au cri de " point de d'Hautpoul, point de 6ème Chasseurs ".
Le 3 avril, il est nommé Général de brigade à l'armée du Nord sous Ferrand. D'Hautpoul commande l'avant-garde de la Cavalerie Légère à l'armée des Ardennes sous Desjardin le 17 mai 1794 puis l'avant-garde sous Marceau le 27 mai 1794. Le 26 juin, il combat à Fleurus et est employé à l'armée de Sambre-et-Meuse le 2 juillet 1794 sous Lefebvre. Confirmé dans le grade de général de brigade par le comité de Salut Public le 13 juin 1795, Jean-Joseph se signale au combat de Blankenberg le 13 septembre 1795. Le 4 juin 1796, il est blessé à l'épaule gauche à Altenkirchen et le 10 octobre, nommé général de division. Il commande en chef la Cavalerie sous les ordres de Grenier le 23 janvier 1797, sert au passage du Rhin à Neuwied le 18 avril puis il est désigné pour l'armée d'Angleterre le 12 janvier 1798. Le général commande la 7e division de Cavalerie à l'armée de Mayence le 29 juillet 1798, à l'armée du Danube le 6 mars 1799. Il est à Stockach le 25 mars 1799, mais ayant manqué une charge est suspendu de ses fonctions le 30 avril, après une plainte déposée par le général en chef Jourdan. Il est acquitté par un conseil de guerre réuni à Strasbourg et remis en activité à l'armée du Rhin le 27 Juillet 1799. Il commande la réserve de cavalerie sous Ney le 25 Septembre 1799, sous Lecourbe en novembre 1799. Il fait partie du corps de réserve sous Moreau le 1er avril 1800 et se signale à Hohenlinden en 1800.
Il est nommé par le Premier Consul inspecteur général de la Cavalerie le 24 juillet 1801.
Lorsque en 1805, Napoléon réorganise la Grande Armée en la dotant d'une importante réserve de cavalerie confiée au maréchal Murat, il choisit d'Hautpoul à la tête de la 2ème Division de cuirassiers.
A Austerlitz, il enfonce le centre russe par une charge de cavalerie sur le plateau de Pratzen. Napoléon Ier lui donne le grand cordon de Grand Aigle de la Légion d'honneur et le nomme sénateur le 19 mars 1806. Il sert en Prusse à Iéna. Le 6 février 1807, il est victorieux au combat de Hoff en présence de l'Empereur. Enfin à la bataille d'Eylau, le général est blessé pendant sa troisième charge atteint d'un biscaïen à la cuisse droite et meurt six jours après au château de Worienen. Son nom est gravé au côté est de l'Arc de triomphe de l'étoile.
Alors qu'il sert à l'armée de Mayence en 1798 et qu'il établit son quartier général à Elberfeld près de Solingen, le général d'Hautpoul a le droit de réquisitionner les approvisionnements nécessaires pour la subsistance des hommes et des chevaux. Il use de ce droit avec beaucoup de prudence et de ménagements. En reconnaissance de sa généreuse conduite, les habitants de la région font fabriquer et lui offrent ce sabre d'honneur.


Estimation 30 000 - 40 000 €
Vendu 103,392 €
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Infos vente

Vente : 1435
Lieu : Hôtel Marcel Dassault
Date : 5 nov. 2008 14:30
Commissaire-priseur : François Tajan

Exposition

du 2 au 4 novembre, de 11h à 19h

Hôtel Marcel Dassault
7 rond-point des Champs-Élysées
75008 Paris

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