Pierre Sterckx

5 mai 2015

Pierre Sterckx

C’est avec avec une grande tristesse que nous avons appris la disparition de Pierre Sterckx. Enseignant et critique d’art, grand amateur d’art moderne et contemporain, il s’intéressa à la bande dessinée dès le début des années 60 et devint un proche d’Hergé.

Les deux amis partagèrent une longue complicité, découvrant ensemble les artistes du Pop Art (Andy Warhol, qu’il eut la chance de rencontrer, Roy Lichtenstein, James Rosenquist, Robert Rauschenberg) et les principaux représentants des autres courants de la peinture américaine de l’après-guerre (Mark Rothko, Franz Kline, Kenneth Noland, Sol LeWitt). Mais il aimait également se référer au dessin d’Ingres, dont il appréciait par-dessus tout la finesse d’exécution.

Féru de jazz, il fréquentait le célèbre Blue Note à New-York, et y retrouvait souvent Keith Haring, figure incontournable du Street art des années 80.

Bien avant tout le monde, passionné par le trait — notamment par la ligne claire — dans ce qu’il a de plus essentiel et d’émouvant, Pierre Sterckx prit conscience de l’authentique dimension artistique des grands maîtres du neuvième art, dont il défendit le travail à travers des textes ou des expositions : Hergé évidemment, mais aussi des créateurs de la plus grande importance comme Edgar P. Jacobs, Franquin, Peyo, Moebius ou Enki Bilal.

Il insista sur la nécessité de mettre en avant les aspects graphiques de cette discipline afin que les planches originales, non plus restreintes au format d’un album, soit enfin reconnues et appréciées en tant qu’oeuvres. Il fut ainsi commissaire d’exposition pour le Centre Wallonie-Bruxelles et pour la Maison Rouge a Paris.

Plusieurs de ses ouvrages sont devenus de véritables références : Hergé, portrait biographique, écrit en collaboration avec Thierry Smolderen ; Hergé dessinateur, remarquable catalogue d’exposition ; Peyo, la vie et l’œuvre d’un conteur merveilleux. Récemment encore, il collaborait à un projet concernant Edgar P. Jacobs, artiste pour lequel il éprouvait la plus grande admiration.

Sa gentillesse, son enthousiasme communicatif et son œil exceptionnel vont beaucoup nous manquer.