Xavier Veilhan  RAL 5015

Vente le 20 juillet 2010

Publié le 6 mai 2010 — Mis à jour le 3 juin 2010

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En marge de sa traditionnelle vente prestige de Bijoux et de Montres de collection, à Monte-Carlo, Artcurial | Briest - Poulain - F. Tajan crée l’événement par la mise en vente d’un bijou de technologie et d’esthétisme : le bateau RAL 5015.

Œuvre inédite de l’artiste Xavier Veilhan, réalisée cette année avec la complicité du prestigieux chantier naval Frauscher, cette sculpture nautique monochrome allie art et fonctionalité en un un bateau exceptionnel à découvrir en avant-première du 27 mai au 14 juin 2010 à l’Hôtel Marcel Dassault, à Paris.

Un projet hors norme pour l’artiste invité pour la première fois à concevoir un objet fonctionnel en lien avec son univers esthétique.

Cette création unique s’inscrit de façon très cohérente dans la réflexion artistique menée par l’artiste Xavier Veilhan, régulièrement empreinte de recherches sur le mouvement et le déplacement : du plus simple moyen de transport, tel le cheval au plus sophistiqué, à l’image de cette dernière création, le bateau RAL 5015.

 

Xavier Veilhan
Xavier Veilhan travaillant au RAL 5015
© Tony Regazzoni

Né en 1963, vivant et travaillant à Paris, Xavier Veilhan a su s’imposer comme l’un des artistes majeurs de sa génération, gagnant au fil de ses expositions une notoriété internationale. Apparu au début des années 90, Xavier Veilhan a mis en place les éléments d’un vocabulaire singulier et unique. Si son travail emprunte les formes les plus variées : de la sculpture à la peinture, la photo, l’installation, le film ou le spectacle vivant, toutes ces pratiques convergent vers la création d’un univers dont la richesse naît d’une relation très forte à l’histoire, et d’une réflexion profonde sur la modernité.

L’inventaire iconographique de l’œuvre de Xavier Veilhan met en évidence des familles thématiques ou des archétypes : un bestiaire (lions, ours, chevaux, pingouins, rhinocéros, requins), des portraits ou effigies à travers lesquels il revisite l’histoire de la statuaire, des dispositifs visuels liés à la question de la perception (paysages fantômes, light machines, lithophanies), ainsi que des véhicules (vélos, automobiles, dirigeables, bateaux, sans oublier le carrosse réalisé pour son exposition au Château de Versailles en 2009)…

Cet intérêt pour les moyens de transport (du cheval ou de la charrette Amish, aux véhicules contemporains) est lié à la notion de dynamisme comme à l’analyse ou à la retranscription du mouvement. Ceci explique notamment que l’artiste se soit souvent référé aux chronophotographies de Muybridge ou Marey au 19e siècle, au Futurisme italien ou à l’art cinétique au 20e siècle.

J’aime la voiture, le bateau, le ski, le vélo, l’avion,… en tant qu’outils permettant une vision différente, dynamique, et avec lequel le regard est associé à une sensation physique1 reconnaît-il.

Son projet « Furtivo » en 2008, une exposition en deux volets à la galerie Emmanuel Perrotin à Paris, puis à la Pinacothèque Giovanni et Marella Agnelli à Turin constituait une magistrale illustration de cet intérêt avec notamment un monumental requin sculpté de 5 mètres, et un film en partie tourné sur le bateau de Gianni Agnelli, « Stealth », en carbone noir.

De même Xavier Veilhan a depuis longtemps intégré la notion de production partagée faisant appel à d’autres créateurs (à l’exemple des musiciens du groupe « Air » ou de Sébastien Tellier), comme à des entreprises en charge de réaliser des projets nécessitant une technologie de pointe. Cette collaboration avec le chantier naval Frauscher trouve donc elle aussi sa logique dans la démarche de l’artiste.

1 extrait de l’entretien avec Michel Gauthier, in Xavier Veilhan, ed. Les Presses du Réel, 2009

 

Frauscher
© Vincent Germond

C’est grâce au savoir-faire du chantier naval Frauscher que l’œuvre de Xavier Veilhan, le RAL 5015 est aussi un bateau performant et à la pointe de la technologie nautique.

Riche d’une histoire de plus de 80 années, le chantier basé à Gmuden en Autriche est connu dans le monde entier pour l’excellence de ses artisans qui ont été les premiers à développer les bateaux électriques.

Après avoir fui l’Autriche durant la deuxième guerre mondiale, Engelbert Frauscher, retrouve sa région natale après le conflit et constate que son chantier a été bombardé. Néanmoins, la base nautique créée par les américains sur les bords du lac Traunsee (qui est le plus profond d’Autriche et l’un des plus vastes du pays) reste un endroit très fréquenté par les soldats qui naviguent alors sur des bateaux en bois. L’esprit d’entreprise se réveille alors et Engelbert Frauscher décide de redémarrer son activité pour conquérir ce nouveau marché.

Au cours des années suivantes, Engelbert développera toute une gamme de bateaux à moteur et voiliers, rejoint par ses deux fils, Ernst et Hans.

Frauscher
© Vincent Germond

La force des deux générations Frauscher ne tarde pas à se manifester : un hangar à bateaux et un port de plaisance sont construits, de nouveaux modèles de bateaux sont imaginés et une école de voile voit aussi le jour. Enfin, dans les années 1970, une nouvelle unité de fabrication est inaugurée à Gschwandt.

La décennie suivante sera marquée par une large reconnaissance des performances sportives des constructions Frauscher : leurs H-Yachts gagneront de nombreuses régates, un titre de champion du monde en prime pour Andrea et Stefan Frauscher, les petit-fils du fondateur qui prirent les commandes de l’entreprise au cours des années 1990.

Aujourd’hui, la cinquantaine d’employés de Frauscher, prodiguent soin et attention aux quelques 100 bateaux qui sortent du chantier chaque année. Voguant sur toutes les mers du monde, ces derniers sont vendus en Russie, en Italie, en Corée, et aux Etats-Unis bien sûr, leur vente en France est ici une première !

 

ENTRETIEN AVEC XAVIER VEILHAN À PROPOS DU RAL 5015

propos recueillis par Françoise-Claire Prodhon — avril 2010


Votre travail, qu’il s’agisse de sculpture, de photographies, de films, de dispositifs d’installation part toujours d’une interprétation du réel quel qu’en soit le sujet... C’est néanmoins autre chose que de se lancer dans la conception d’un bateau avec un chantier naval...

— J’ai souvent abordé les choses par leur représentation, mais au fil du temps je me suis rendu compte qu’au-delà du fait de restituer l’image d’un objet, j’avais envie de m’approcher le plus possible du réel. Lorsque John Dodelande qui est l’initiateur de ce projet m’a proposé de réfléchir à la conception d’un bateau, j’ai saisi l’occasion.

Xavier Veilhan - RAL 5015
RAL 5015 sur le lac Traunsee (Autriche)
photo : nicolas.thiery@cadmos.fr

Qu’est-ce qui vous intéresse dans l’idée du bateau ?

— Le bateau est, à mes yeux, un peu de l’ordre de la cabane, mais en mouvement : c’est une cellule qui permet de se déplacer. L’image du bateau nous renvoie à l’histoire de l’humanité, une histoire qui commence sans doute avec un homme qui a l’idée d’enfourcher un tronc d’arbre pour traverser une rivière... C’est également un objet d’une grande simplicité qui utilise les lois de la physique, et le fait de flotter (comme d’ailleurs de rouler ou de voler) est quelque chose qui m’intéresse. Je pratique la voile, j’aime l’idée de la vitesse sur l’eau.

Comment passe-t’on lorsque l’on est artiste de la représentation à l’objet réel ?

— J’ai toujours été fasciné par le design, et par la manière d’aborder la conception d’un objet par le biais notamment des matériaux. La chaise « Superleggera » créée en 1955 par Gio Ponti est une réussite car elle va au bout d’un programme : elle est à la fois belle et ultralégère, fabriquée dans un matériau, le citronnier, qui lui donne ses caractéristiques. Le bateau que nous avons réalisé avec le chantier naval Frauscher a des capacités qui résultent du savoir-faire de cette maison. Ce bateau très puissant ne prendra sa forme véritable que lorsqu’il évoluera sur l’eau, même si je pense par ailleurs qu’il pourrait être un très bel objet d’exposition.

Frauscher
Le tableau de bord du RAL 5015
photo : nicolas.thiery@cadmos.fr

Comment avez vous travaillé ?

— En abordant ce projet j’ai tenté d’aller à l’essentiel comme lorsque je réalise des sculptures : j’ai fait tout ce qui correspondait à la fonction de l’objet. Le seul détail qui ne soit pas fonctionnel, c’est le requin, qui est un peu comme le bouchon de radiateur (« spirit of extasy ») d’une Rolls Royce.

Vôtre travail est régulièrement ponctué d’images ou d’objets représentant des moyens de transports, véhicules allant de la l’attelage au vélo, du dirigeable à la Ford T, du carrosse exposé dernièrement à Versailles, à différents types de bateaux...Pourquoi cette question du moyen de transport vous intéresse t’elle particulièrement ?

— La réalité n’est que mouvement : C’est une donnée fondamentale de la physique contemporaine. Cette idée du déplacement traverse mon travail, pour moi, elle est liée à la question de la perception. La plupart du temps nous ne sommes pas dans un mode de vision « cadré » du paysage, un paysage qui comme dans un tableau de Caspar David Friedrich appellerait la contemplation. Nous sommes habitués à voir le paysage à travers le pare brise d’une voiture, la vitre d’un train, comme dans un travelling cinématographique. Tous ces moyens de transport sont liés à la perception du monde en mouvement, le contraire d’un arrêt sur image... C’est une manière dynamique de comprendre ou d’envisager le monde. Par ailleurs, les moyens de transport m’ont toujours fasciné : d’une part ils offrent des possibilités de liberté, d’autre part, ils proposent des solutions élégantes. Un objet avec des roues est forcément beau, et un beau vélo vaut toutes les sculptures !

Il y a dans ce projet quelque chose de pertinent par rapport à la façon dont vous avez l’habitude de travailler. Depuis plusieurs années vous vous êtes entouré d’une équipe régulière, mais aussi d’entreprises qui vous permettent de mettre en oeuvre certains projets ; ou de créateurs (ingénieurs, musiciens, photographe, scénographes, réalisateurs, graphistes) avec lesquels vous aimez collaborer...Que vous apporte ce travail spécifique avec un chantier naval en termes d’expérience ?

— Dans le cas de ce projet le chantier naval a mis son savoir-faire à notre disposition, une tradition constructive dont nous avons profité pour tout ce qui concernait la partie du bateau qui se trouve disons sous la ligne de flottaison, là où nous ne pouvions pas apporter grand chose. Construire un bateau c’est un peu comme concevoir un violon lorsque l’on est luthier, l’expérience acquise au fil des années joue un rôle déterminant. Nous avons gagné beaucoup de temps dans la réalisation du projet en ayant des interlocuteurs compétents. Mais cela ne pouvait véritablement « fonctionner » que si l’entreprise était ouverte et suffisamment motivée par ce projet... Ce qui a été le cas, et a décuplé l’intérêt initial. La plupart du temps lorsque l’on entreprend un projet en collaboration, le travail en commun s’organise autour de discussions, d’allers-retours d’informations prenant en compte ce que je souhaite d’une part, et comment d’autre part, les choses peuvent ou non être réalisables. Ici, le cadre était celui d’un bateau existant qui correspondait sur plusieurs points à ce que l’on voulait faire, et qui s’adaptait également à notre projet d’aménagement.

Comment pensez vous inscrire cette réalisation dans votre réflexion, et au-delà, dans votre travail d’artiste ?

— Ce ne sont pas des questions que je me pose a priori. Je saisis des opportunités, des projets que l’on me propose qui parfois rejoignent des obsessions ou des thèmes récurrents dans mon travail. Certaines choses m’intéressent, d’autres non... On me propose régulièrement, par exemple, de fabriquer des objets ou de faire du « branding » en ajoutant mon nom ou un élément stylistique qui caractérise mon travail sur un objet existant, c’est une chose que je refuse le plus souvent. Je ne peux accepter ce type de proposition que si l’objet sur lequel on me demande d’intervenir m’est proche, et si je peux le transformer. C’était le cas avec ce bateau.

 

XAVIER VEILHAN RAL 5015

Caractéristiques techniques

Longueur — 6,90 mètres
Largeur — 2,20 mètres
Niveau de l’eau — 6,40 mètres
Hauteur visible hors de l’eau — 1,25 mètres
Tirant d’eau — 0,65 / 1,00 mètres
Poids à sec — 1,700 kg
Capacité du réservoir — 157 litres
Vitesse maximum — 40 nœuds
Vitesse de croisière — 25 nœuds
Moteur — MERCRUISER Output 220 HP
Cubic capacity — 4,3 l MPI, 220 PS ; Alpha 1
Nombre de personnes max. — 8 personnes

Xavier Veilhan - RAL 5015
Intérieur du RAL 5015
photo : nicolas.thiery@cadmos.fr

Pour en savoir plus

www.veilhan.net

www.veilhan-versailles.com

www.furtivo-lefilm.com

 

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Infos vente

Vente : 1891
Lieu : Hôtel Hermitage - Monte-Carlo
Date : 20 juillet 2010 à 19h
Commissaire-priseur : François Tajan

Exposition

Paris
du 25 mai au 14 juin 2010,
de 11h à 19h
Hôtel Marcel Dassault
7 rond-point des Champs-Élysées
75008 Paris
 
Saint Tropez
du 15 juin au 12 juillet 2010
Phare du port
83990 Saint Tropez
 
Monte-Carlo
du 15 au 20 juillet 2010,
de 11h à 19h
Hôtel Hermitage
Square Beaumarchais
98000 Monaco

Catalogue

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