Un siècle d’orientalisme
Vente le 8 juin 2010
2 avril 2010 — mis à jour le 15 avril 2010
Au terme d’une sélection rigoureuse menée par Olivier Berman, une quarantaine d’œuvres issues de collections privées et restées inédites sur le marché, composeront la vente de prestige de Tableaux orientalistes qui se tiendra le 8 juin prochain sous le marteau de François Tajan à l’Hôtel Marcel Dassault.
Tous les grands artistes orientalistes de chaque pays sont représentés : Jacques Majorelle, Edy Legrand, José Cruz Herrera, pour le Maroc, Etienne Dinet, Emile Deckers, Paul-Elie Dubois et Léon Girardet pour l’Algérie, Alexandre Roubtzoff pour la Tunisie, Germain Fabius Brest et Charles Théodore Frère pour la Turquie.
Le marché des Tableaux orientalistes, supporté par une clientèle internationale, se porte bien comme en témoigne la progression constante du département depuis deux ans et Paris est une place importante de ce marché.
LE MAROC
- Jacques Majorelle
- Kasbah de Tasgah, vallée de Telouet, vers 1940
- Détrempe sur isorel
- Estimation : 300 000-400 000 €
L’œuvre de Jacques Majorelle (1886-1962), l’un des peintres du Maroc les plus recherchés aujourd’hui, sera représenté par deux importants tableaux de 1927 et 1940.
Kasbah de Tasgah, vallée de Telouet, vers 1940, détrempe sur isorel, signée, 77,5 x 89 cm, acquise, elle aussi, lors d’une exposition Jacques Majorelle au Maroc par Monsieur G.P., et restée dans la famille par descendance jusqu’à ce jour. L’artiste représente la kasbah de Tasgah qu’il traite avec puissance en la stylisant. Sous le soleil, la lumière accentue les aspérités de la terre, prolonge les ombres et force les couleurs. La toile est estimée 300 000-400 000 €.
Ce lot sera présenté en collaboration avec Monsieur Felix Marcilhac.
- Edouard Léon Louis Legrand dit Edy-Legrand
- Jour de marché dans un ksar
- Estimation : 50 000-70 000 €
Edouard Léon Louis Legrand dit Edy-Legrand (1892–1970), découvre le Maroc en 1933. Conquis par la lumière, il décide de s’y installer pour être près de son ami, Jacques Majorelle. Les couleurs, la lumière et la vie marocaine deviennent sa principale source d’inspiration et font de lui un véritable chantre de ce pays. Il peint les habitants et se laisse séduire par les Kasbah du Haut Atlas et leurs vastes paysages.
Un ensemble de tableaux de l’artiste est présenté dans la vente dont Jour de marché dans un ksar, carton marouflé sur toile, 101 x 130,5 cm, estimé 50 000-70 000 €.
Edy Legrand offrit cette œuvre à Monsieur G.P. et la famille la conserva jusqu’à ce jour.
- José Cruz Herrera
- Les Fiancées
- Estimation : 60 000-80 000 €
Notons ensuite un remarquable ensemble d’œuvres de José Cruz Herrera (1890-1972), parmi lesquelles, Les fiancés, huile sur toile, signée en bas à droite, 73 x 100 cm, estimée 60 000-80 000 €. Cette toile fut acquise dans les années 1940 à Oran et est restée dans la famille du collectionneur jusqu’à ce jour. José Cruz Herrera décrit avec force et raffinement les visages, la richesse des ornements et les étoffes colorées des habits traditionnels du Maroc. Ce triple portrait aux couleurs chatoyantes met en scène les jeux amoureux avec une grande expressivité.
L’ALGÉRIE
- Etienne Dinet
- L’heure de la prière à Ghardaïa
- huile sur papier
- Estimation : 8 000-12 000 €
L’Algérie est représentée par Etienne Dinet (1861-1929) avec une version restée inconnue jusqu’à ce jour de Prière sur la Terrasse à Ghardaïa, n°394 du Catalogue raisonné de Koudir Benchikou. Au dos, on découvre une longue inscription manuscrite de l’artiste précisant les changements qu’il souhaite apporter à l’œuvre. Il s’agit d’une étude préparatoire pour l’illustration de la page 197 du livre Mirages : Scènes de la vie arabe, dédié à Léonce Bénédite par Etienne Dinet et Slimane Ben Ibrahim paru en 1906. L’heure de la prière à Ghardaïa, huile sur papier, signée en bas à droite, 60 x 50 cm est estimée 8 000-12 000 €.
- Emilie Deckers
- Trois portraits d’algéroises, 1940
- pastel sur toile
- Estimation : 10 000-15 000 €
Emile Deckers (1885-1968) a découvert l’Algérie et ses paysages aux couleurs intenses en 1920. Il s’établit à Alger et y acquiert rapidement une grande popularité. Ses œuvres sont régulièrement exposées dans les galeries et au Salon des artistes orientalistes algériens. Il excelle dans l’exécution de portraits qu’il compose de façon très caractéristique : il met en scène plusieurs visages qui sont représentés sous différents angles.
Trois portraits d’algéroises, pastel sur toile de 1940, 53 x 83 cm, estimé 10 000-15 000 €, a été acquis à la Galerie M. Pozzallo à Oran le 28 janvier 1953.
Il a été conservé depuis dans une collection particulière à Paris.
- Paul Elie Dubois
- Le joueur de flûte
- huile sur panneau d’isorel
- Estimation : 40 000-60 000 €
Paul Elie Dubois (1886 - 1949) est présent avec une toile remarquable exposée au Salon des Artistes français en 1943. Cette œuvre est exceptionnelle par sa qualité et par son format. Le marché n’en a pas vu d’équivalente depuis une trentaine d’années. Le joueur de flûte, huile sur panneau d’isorel signée, 173 x 151 cm, est estimé 40 000-60 000 €.
Après l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, Paul-Elie Dubois figure au Salon des artistes français dès 1910. Il entre à la villa Abd-el-Tif en 1920 et participe en 1928 à une mission scientifique dans les territoires du Sud saharien. Il y retournera cinq fois. A chaque voyage, il s’attache à représenter avec précision la vie des Touaregs et les paysages.
- Léon Girardet
- Intérieur d’un Riad
- huile sur toile
- Estimation : 40 000-60 000 €
Léon Girardet (1857-1895) enfin, est représenté par une très rare œuvre ayant pour sujet l’Orient. Contrairement à Eugène Girardet, Léon a peu représenté l’Orient. C’est à l’occasion d’un voyage effectué en Algérie et au Maroc avec Jules Girardet et peut-être Eugène que Léon trouve l’inspiration pour cette œuvre d’une qualité exceptionnelle. Intérieur d’un Riad, huile sur toile, signée, 73 x 59 cm, est estimée 40 000-60 000 €.
LA TUNISIE
- Alexandre Roubtzoff
- Bédouine de Tunis, 1936
- huile
- Estimation : 80 000-120 000 €
Alexandre Roubtzoff (1884-1949) peintre russe, s’installa en 1912 à Tunis où il vécu jusqu’à la fin de ses jours.
Bédouine de Tunis, 1936, huile signée, 100 x 73 cm, (est. 80 000-120 000 €) a été acquise au Salon des Indépendants de 1936.
Ici, le cadrage serré concentre l’attention sur la figure de la jeune bédouine. De son regard intense, elle fixe le spectateur avec un sourire plein de timidité.
LA TURQUIE
- Germain Fabius Brest
- Scène animée au bord du Bosphore
- huile sur panneau
- Estimation : 18 000-22 000 €
Germain Fabius Brest (1823-1900), élève d’Emile Loubon à l’Ecole des Beaux-Arts de Marseille, part en Turquie en 1855 et séjourne quatre ans à Constantinople.
Ses nombreuses vues de la capitale ottomane et de l’Asie Mineure, qu’il exposa au Salon à Paris, font sa renommée. Il traduit dans des compositions équilibrées et des tonalités claires et raffinées la lumière et l’atmosphère des rives du Bosphore.
Ici, Scène animée au bord du Bosphore, huile sur panneau signée, 21,3 x 37,5 cm, est estimée 18 000-22 000 €.
- Charles Théodore Frere
- Constantinople (Beykoz ?)
- huile sur toile
- Estimation : 6 000-8 000 €
Terminons cette présentation par une toile de Charles Théodore Frere (1814-1888), Constantinople (Beykoz ?), 1852, 22,5 x 43 cm, estimée 6 000-8 000 €.
Retour
Infos vente
- Vente : 1835
- Lieu : Hôtel Marcel Dassault
- Date : 8 juin 2010
Exposition
- du 4 au 7 juin 2010,
de 11h à 19h
- Hôtel Marcel Dassault
7 rond-point des Champs-Élysées
75008 Paris
Contact
- Olivier Berman, spécialiste
- Tél. +33 1 42 99 20 67
Contact presse
- Armelle Maquin
- Tél. +33 1 43 14 05 69
- Mob. +33 6 11 70 44 74




