Le mobile de Calder réalisé pour Jean Vilar atteint 2 287 000 €

Un mobile exceptionnel pour une amitié hors du commun

Publié le 1er juin 2010

Alexander Calder
Alexander Calder
Pour Vilar, circa 1952
60 x 190 cm
Vendu : 2 287 000 €

Superbe témoignage de l’amitié qui liait l’artiste américain à l’homme de théâtre, un mobile d’Alexander Calder réalisé pour Jean Vilar circa 1955 a été vendu 2 287 000 € (frais inclus – estimation 500–700 000 €) sous le marteau d’Hervé Poulain ce soir chez Artcurial | Briest - Poulain - F. Tajan à l’Hôtel Marcel Dassault.

Ardemment combattue par 11 enchérisseurs, 3 en salle et 9 au téléphone (Etats-Unis, Belgique, Suisse et France) cette pièce exceptionnelle de près de deux mètres d’envergure provenant de la succession Jean Vilar enregistre la plus haute enchère jamais obtenue pour l’artiste américain dans l’hexagone.

Ce nouveau record pour Artcurial | Briest - Poulain - F. Tajan illustre le caractère désormais décloisonné du marché de l’art qui, notamment grâce aux technologies de l’information, permet de mobiliser à Paris des acheteurs du monde entier.

Ce mobile, dont la vente a débuté à 300 000 €, revient à un collectionneur suisse après des enchères haletantes, menées par Hervé Poulain qui connut Alexander Calder.

Le mobile dédié « Pour Vilar » constitue la trace la plus tangible de la relation entre les deux hommes et un souvenir émouvant de leur collaboration.
En creux, gravée sur l’une des feuilles, la mention « Pour Vilar » précède la signature de l’artiste. Une dédicace qui consacre une rencontre, et raconte une amitié hors du commun.

Créateur en 1947 du Festival d’Avignon qui deviendra l’un des plus grands festivals du monde, Jean Vilar est nommé en 1951 à la direction du Théâtre National Populaire. La conquête d’un public populaire, au cœur de son projet, ne se démentira jamais. Il fait fréquemment appel à des artistes pour les décors et costumes de ses créations : Léon Gischia, Mario Prassinos ou Alfred Manessier. En 1952, il monte Nucléa, pièce d’Henri Pichette dénonçant la menace nucléaire et demande à Calder, dont l’œuvre plastique correspond à cette modernité, de faire les décors. Un très grand stabile et quatre mobiles constituent les éléments scéniques du spectacle ; Gérard Philipe et Jeanne Moreau jouent sur une musique de Maurice Jarre. La pièce ne remporte pas un grand succès, mais affirme la volonté de Vilar de proposer un théâtre capable d’affronter l’actualité.

Une profonde amitié lie désormais Vilar et Calder. Le contraste, entre eux, est saisissant : Vilar, légendairement sombre et taciturne, Calder, magnifiquement solaire et volubile. Un beau matin de 1955, Calder frappe à la porte du modeste appartement parisien de Vilar. Son épouse, Andrée, ouvre et se trouve face au géant qui lui dit en souriant d’une voix d’ogre à l’accent américain : « Je t’appo’te un petit mobile ». Il lui tend un paquet mal ficelé, enveloppé de papier journal. Puis s’installe à quatre pattes dans la salon pour agencer les membres d’un magnifique mobile, dédicacé avec grand soin « Pour Vilar », qui ne quittera plus les différents domiciles de la famille.

Cette pièce a été exposée à Cologne, New York et Genève avant d’être présentée à Paris.

Retour

Infos vente

Vente : 1786
Lieu : Hôtel Marcel Dassault
Date : 31 mai 2010, 20h

Contact presse

Tél. +33 1 43 14 05 69
Mob. +33 6 11 70 44 74