Souvenirs historiques et armes anciennes

Vente le 5 novembre 2008

8 octobre 2008

Trésor du cabinet de curiosités de Rodolphe II de Habsbourg : L’exceptionnel pistolet de l’Empereur

La vente du 5 novembre, organisée avec le concours de Bernard Bruel, expert, sera dominée par l’exceptionnel pistolet à rouet de Rodolphe II de Habsbourg (est. 120-140 000 €), véritable prouesse technique et chef-d’œuvre des arquebusiers allemands, conservé dans le mythique cabinet de curiosités de l’Empereur.

Autour de cette pièce sera proposé un remarquable ensemble d’armes à rouet parmi lesquelles une importante arquebuse à double rouet provenant de la célèbre famille Farnese (est. 60-80 000 €), autre incarnation de l’aristocratie du XVIe siècle.

Suivra un chapitre consacré aux souvenirs historiques, présentant notamment le très beau sabre offert par la ville de Solingen au Général d’Hautpoul (est. 40 000 €).

De l’Ancien Régime à l’Empire, une sélection de pistolets, sabres et épées, complétera la vente.

Au total quelque 230 pièces seront vendues pour une estimation globale située autour de 600 000 €.

Pistolet à Rouet de Rodolphe II de Habsbourg, Saxe vers 1580
Pistolet à Rouet de Rodolphe II de Habsbourg
Saxe vers 1580
Estimation : 120 000-140 000 €

Le pistolet de Rodolphe II : emblême d’une personnalité fascinante

Sa puissance est immense en son temps, sa personnalité le distingue plus encore en son siècle. Archiduc d’Autriche, roi de Hongrie et de Bohème, chef du Saint Empire Romain Germanique de 1576 à 1612, Rodolphe II de Habsbourg se passionne pour les arts, les sciences, l’ésotérisme. Il transforme Prague en l’un des foyers artistiques les plus féconds de son temps, fascine Arcimboldo qui le représente en Vertumne, s’entoure des plus grands savants, et rêve de déchiffrer « le mystère de l’univers ».

Au début du XVIIe siècle, son cabinet de curiosités contient la totalité du monde connu, des « choses de la nature », aux « choses de la main de l’homme », jusqu’au « choses extraordinaires et merveilleuses », des créatures en bocaux aux chefs-d’œuvre de Caravage, des armes les plus ingénieuses jusqu’aux cornes de licornes. A travers ses Kunstkammer, ou « chambres des merveilles », Rodolphe II porte la tradition aristocratique de la collection au rang d’œuvre, de vision du monde, de cosmologie. Il livre le plus bel exemple de « musée privé » de toute l’Europe. Dressé vers 1600, son inventaire est infini. Il donna lieu à la réalisation de nombreuses miniatures aujourd’hui conservées à l'Österreichische Nationalbibliothek de Vienne.

Pistolet à Rouet de Rodolphe II de Habsbourg, Saxe vers 1580
Pistolet à Rouet de Rodolphe II de Habsbourg
Saxe vers 1580
Estimation : 120 000-140 000 €

Véritable prouesse technique, l’exceptionnel pistolet à rouet de l’Empereur (est. 120-140 000 €) figure en bonne place dans cette collection unique. Attribué à la famille d’arquebusiers Möllenbek, Saxe vers 1580, il constitue un remarquable témoignage des arquebusiers allemands, rivalisant d’ingéniosité dans le perfectionnement des platines à rouet, et parvenant à mettre au point une technique de réarmement par le pontet pour supprimer l’emploi d’une clef.

Délicatement mosaïquée et surmontée d’un médaillon en ivoire à l’effigie de Rodolphe II, cette pièce est un chef-d’œuvre de l’art ornemental. Superbe, la monture est enrichie d’une mosaïque d’incrustation de corne de cerf au décor de bouquets, frises de feuillages, volatiles, tandis que l’Empereur couronné de lauriers, en armure et portant la Toison d’Or, inspire le pommeau finement sculpté.

Ce pistolet fut conservé dans le cabinet secret de l’Empereur, comprenant cinq salles, dont une salle d’armes, situées sous le château de Prague.

Il provient de la collection d’une grande famille française.

Arquebuse à double rouet de la famille Farnese Italie, fin du XVIe siècle
Arquebuse à double rouet de la famille Farnese
Italie, fin du XVIe siècle
Estimation : 60 000-80 000 €

Très bel ensemble d’armes à rouet, dont une importante arquebuse provenant de la famille Farnese

Autre pièce maîtresse de la vente : une importante arquebuse à double rouet, Italie, fin du XVIe siècle, provenant de la célèbre famille romaine Farnese (est. 60-80 000 €), qui a réuni dans ses collections les plus belles armes à feu italiennes du XVIe siècle.

Le Lys des Farnèse orne fièrement le pontet de cette arme de facture exemplaire. Sur la crosse à « l’italienne » et le fût se développent en fer découpé et gravé des scènes mythologiques et de la vie des Saints. Dans un décor finement ciselé, le combat d’Hercule et de l’hydre de Lerne côtoie les aventures de Cupidon, Saint Michel terrassant le dragon répond à Saint Martin partageant son manteau…

Essentiellement conservée au Musée de Capo di Monte, la prestigieuse collection d’armes des Farnese est aussi représentée dans l’armurerie du Castel San’Angelo à Rome, et au Musée de l’Armée à Paris.

Complétant ce très bel ensemble d’armes à rouet, suivront une masse de parement combinée à un pistolet à rouet, des pistolets des mêmes systèmes français, allemands, italiens, hollandais, des arquebuses allemandes et autrichiennes dont une à « cheminée » de dispersion de fumée. Les estimations de ces pièces s’échelonnent de 4 000 à 35 000 €.

Sabre du général d’Hautpoul
Sabre du général d’Hautpoul
Estimation : 40 000 €

Souvenirs historiques

Le sabre du général d’Hautpoul (1754-1807) offert par la ville de Solingen (est. 40 000 €) dominera le chapitre consacré aux souvenirs historiques. En hommage à sa bravoure, mais aussi à sa clémence lors de l’occupation de la ville, ce héros de l’Empire reçoit de Solingen cette magnifique œuvre d’armurerie. Sur le fond bleui de sa lame, l’inscription en lettres flammées or « au général d’Hautpoul », convoque le souvenir d’un parcours exemplaire. Noble engagé comme volontaire dans la Légion Corse de cavalerie, Jean Joseph Ange d’Hautpoul devient général en 1794. Il charge à Austerlitz. Grand Aigle de la Légion d’Honneur, il est mortellement blessé pendant sa troisième charge contre l’infanterie russe à Eylau.

Autres souvenirs émouvants : le fusil de chasse offert par le fils de Nicolas Noël Boutet au lieutenant Lancerelle (est. 9 000-10 000 €), les manchettes et le jabot de parement en dentelle au chiffre de Charles X (est. 2 500-3 000 €), l’épée de pair de France de Lemercier de Longupré, Baron d’Haussez et ministre de la marine sous Charles X (est. 2 800-3 000 €), ou encore, le coffret écritoire en acajou du général Forey, distingué à Solferino (est. 2 500-2 600 €)

De l’Ancien Régime à l’Empire : pistolets, sabres et épées

Une belle sélection de pistolets, sabres et épées, datés de l’Ancien Régime à l’Empire, composera également la vente.

Parmi les pistolets, signalons un très rare pistolet des Gardes du Corps du Roi 1731, seul exemplaire connu avec celui du Musée de l’Armée (est. 16-18 000 €), un pistolet de mousquetaire de la Garde du Roi modèle 1815 (est. 18-20 000 €), une paire de pistolets d’époque Louis XIV par Devillers (est. 18-20 000 €), ainsi qu’une superbe cassette de pistolets par Berleur (est. 7 000-8 000 €) et une élégante paire de pistolets de gousset à coffre par Boutet (est. 4 500-4 800 €).

On remarquera également un sabre d’officier des Chevau Légers de la Garde du Roi Louis XVIII (est. 2 500-3 000 €), et des épées d’officier de marine de l’Ancien Régime aux Armes Royales (est. 2 500-2 600 €).

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Infos vente

Vente : 1435
Lieu : Hôtel Marcel Dassault
Date : 5 novembre 2008

Exposition

du 2 au 4 novembre, de 11h à 19h
Hôtel Marcel Dassault
7 rond-point des Champs Elysées
75008 Paris

Spécialiste

Bernard Bruel

Contact

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