Regard panoramique sur l’art urbbain

Vente le 15 décembre 2008

6 novembre 2008

Crash, Lush Daggers, 1990
Crash
Lush Daggers, 1990
peinture aérosol et laque sur toile
Estimation : 30 000-40 000 €

Vue à 360° sur les rues du globe depuis Paris. Artcurial | Briest - Poulain - F. Tajan organise une importante vacation d’Art urbain le 15 décembre prochain.

Un très beau coup de projecteur balayant les murs de New York à Paris, de Londres à Barcelone et Milan.
Un regard panoramique sur 20 ans de création, des kings du graffiti américain, aux nouvelles étoiles de la scène internationale du Street Art, en passant par les représentants les plus en vue du paysage urbain français et européen.
Un parcours embrassant l’ensemble des pratiques plastiques issues de la rue, graffiti, pochoir, affiche, collage…

Au total : quelque 90 pièces estimées entre 450 000 et 600 000 €, provenant essentiellement de collections particulières, européennes et américaines.

Parmi les pièces phares : des toiles historiques de Crash, Futura 2000, JonOne, des peintures au pochoir de Nick Walker, Blek le Rat, Jef Aérosol, et des œuvres de L’Atlas, Yaze, Babou, M.CHAT.VUILLE, illustrant l’effervescence de la jeune scène française.

Après avoir pris l’initiative sur le terrain de l’Art graffiti en juin 2007 avec un important ensemble, puis en février 2008 avec la première vente en France entièrement dédiée à l’Art graffiti, Artcurial | Briest - Poulain - F. Tajan rend hommage à l’ensemble d’une création urbaine trop longtemps occultée, en phase d’être reconnue comme un mouvement majeur de l’Art contemporain, peut-être le dernier mouvement significatif du 20e siècle.

Une reconnaissance monumentalement illustrée sur les murs de la Tate Modern à Londres cet été, et clairement amorcée sur le marché international.
Ainsi les records du monde enregistrés chez Artcurial | Briest - Poulain - F. Tajan en 2007 et 2008 pour des œuvres de JonOne, Futura 2000, Crash, et Blek le Rat.

Une reconnaissance constituant « une vraie bouffée d’oxygène pour le marché des artistes français », souligne Arnaud Oliveux, spécialiste.

A l’occasion de cette vente, les barcelonais Sixeart et Nano réaliseront une peinture performance à 4 mains le 13 décembre à l’Hôtel Marcel Dassault. Cette œuvre sera ensuite proposée aux enchères.

Les « Kings » du graffiti américain

Consacrés à Paris par de très belles enchères et plusieurs records du monde, les kings de la « old school » américaine sont au rendez-vous.

« Eh, what’s up Doc ? » Les chasseurs peuvent toujours courir ! Aussi effronté qu’ingénieux, l’intrépide lapin de Brooklyn répondant au nom de Bugs Bunny s’invite dans une œuvre majeure de Crash : Lush Daggers, 1990, peinture aérosol et laque sur toile (228,5x328cm), mêlant de façon emblématique Figuration Pop et Comics américains. Cet impressionnant tableau provient d’une collection particulière belge. Il est estimé 30-40 000 €.
A ses côtés : plusieurs œuvres de Crash, toutes datées des années 90.
Enfant du Bronx né en 1961, John Crash Matos dit Crash commence à graffer dès l’âge de 14 ans. Il est l’un des premiers à adjoindre au lettrage la figuration 3D, et à adopter la toile à la fin des années 70. Il expose d’abord à la Real Art Ways Gallery, à la Fashion Moda, chez Sydney Janis, puis en Europe, et à Hong Kong.
Ses œuvres sont notamment conservées au MOMA à New York, au Brooklyn Museum of Art, et au Groninger Museum aux Pays-Bas.
Fixé à 43 400 €, le record du monde pour une œuvre de Crash était enregistré chez Artcurial | Briest - Poulain - F. Tajan le 18 février 2008 pour Call card, 1988, acrylique et bombe aérosol sur toile (160x122cm).

Rares sur le marché, plusieurs pièces de Futura 2000 dominent cet ensemble. Parmi elles, une importante peinture aérosol sur toile de 1984, provenant d’une collection belge, Formica (138 x 244 cm), estimée 20-30 000 €.
Père fondateur du Post-Graffiti, Lenny Mc Gurr allias Futura 2000 (né en 1955) opère dès 1973 dans le métro new-yorkais et passe du mur à la toile au début des années 80. Ses œuvres font partie des plus abstraites. La couleur y est plus douce, le signe y prédomine. Elles s’ouvrent sur des espaces infinis, des explosions d’objets, roues, compas, ellipses, planètes, travaillant sur le mouvement et la vitesse.
Record mondial pour une œuvre de l’artiste : Mutual of Omaha, 1983, bombe aérosol sur toile (150x230cm) vendue le 18 février 2008 chez Artcurial | Briest - Poulain - F. Tajan 29 700 €.

Suivent des œuvres de Dondi White, A-One, Quik, Rammellzee, Sonic, Koor, Keith Haring, Toxic, Daze, Seen, Cope2, Doze Green, Ronnie Cutrone, Sharp…
Citons notamment une très belle peinture aérosol sur toile (180x160cm) d’Anthony Clark dit A-one (1964-2001), artiste parmi les plus respectés de sa génération : Engaging of Pure Thought, 1984, pièce conservée dans une collection particulière parisienne estimée 10-15 000 €.

Passerelle entre New York et Paris où il vit depuis 1987, JonOne se distingue avec deux œuvres historiques datées des années 90, grands formats comptant parmi les toiles les plus importantes de l’artiste. Unique par son format, le plus grand jamais abordé par JonOne, Le Départ (Mme Protis), peinture aérosol et acrylique sur toile (295,5x610cm), réalisé en 1994, est estimé 20-30 000 €. Suit United States of Graffiti (est. 12-15 000 €), très belle peinture aérosol et acrylique sur toile de format plus modeste (97x195cm) datée 1996-97 et située « Hôpital Ephémère ».
Né à Harlem en 1963, John Andrew Perello commence à poser JonOne dès ses 17 ans. Dans le métro new yorkais, il sera le premier à réaliser des compositions abstraites. Influencée par A-One, mais aussi par Pollock ou De Kooning, se développant parallèlement sur mur et sur toile, son œuvre s’impose parmi les plus personnelles de sa génération. Les formes y ondulent, le vide n’y existe pas, la couleur y est essentielle.
« C’est seulement à Paris que j’ai éprouvé le sentiment d’être un artiste » soulignait récemment JonOne. Ses toiles sont aujourd’hui largement plébiscitées par les galeries parisiennes et les collectionneurs du monde entier.
Le 7 juin 2007, Balle de match, Hôpital Ephémère, 1993, bombe aérosol et acrylique sur toile (214,5x190cm) décrochait chez Artcurial | Briest - Poulain - F. Tajan le record du monde pour une œuvre de l’artiste à 24 800 €.
Venu de Manhattan, Melvin Bernstine s’installe en France en 1989. Il côtoie Sharp et JonOne à l’Hôpital Ephémère. Au milieu des années 90, il débute sa série de « table drawing » dont on ne dénombre qu’une dizaine de pièces, toutes réalisées en France. Sur l’unique table de son petit appartement parisien, il fixe une feuille de papier cartonné, laisse lentement évoluer le dessin et inclue des éléments de son quotidien, mêlant traces de tasses à café, témoignages de visiteurs, coupures de magazines, photos originales… Sans titre, table drawing, 1997, collages, feutres de couleurs, feutre noir et traces de café sur papier (120x80cm), acquis directement de l’artiste par l’actuel propriétaire, est estimé 4 000-5 000 €. 

M.CHAT.VUILLE
M.CHAT.VUILLE
Sculpture en acier thermolaqué
Estimation : 10 000-15 000 €

La scène française de l’art urbain

Eclectique, foisonnant, singulièrement dynamique. Le paysage français de l’Art urbain s’illustre dans tous ses états.

Incarnant la vitalité de la scène française à l’étranger, les pochoiristes sont à l’honneur. Citons : Blek le Rat, Jef Aérosol, Miss Tic, Mosko et associés, Le Bateleur, Poch, YZ (EYES), C215.

Quatre œuvres de Blek le Rat datées 1986, 1990, et 2008, ouvrent ce chapitre.
Couple (Françoise Sagan), 1985-86, pochoir et peinture aérosol sur toile de grand format (208x145cm) réalisé lors d’une manifestation organisée par Daniel Baugeste à Saint-Ouen, est estimé 10-15 000 €, Sans titre, 1990, pochoir, peinture aérosol, acrylique et peinture dorée sur palissade en bois (211x135cm), 10-12 000 €, Danseuse de tango, 1990, pochoir et peinture aérosol sur palissade en bois également (99,5x81,5cm), 5 000-6 000 €, et Faune et soldats, 2008, pochoir et peinture aérosol sur toile (100x81cm), 6 000-8 000 €.
Pionnier du pochoir empruntant son pseudonyme au célèbre personnage de bandes dessinées, Blek le Rat débute sur les murs de Paris au début des années 80, les recouvrant de petits rats. Formé aux Beaux Arts, il développe très vite des personnages grandeur nature, s’inspirant de l’Histoire de l’art. Après plusieurs interpellations au début des années 90, il abandonne le bombage direct sur le mur et lui substitue le collage d’affiches. Ses sujets de prédilection sont alors le Vieil homme (aux traits similaires à ceux de Marcel Dassault !), le soldat russe, les danseurs de tango, le Faune…
Blek le Rat est l’un des artistes urbains les plus recherchés sur le marché. Banksy, star des enchères internationales, se réclame régulièrement de lui : "A chaque fois que je peins quelque chose, je découvre que Blek le Rat l'a déjà fait simplement 20 ans avant!" déclare-t-il. L’envolée des prix des œuvres de Banksy a entraîné un regain d’intérêt pour le travail de Blek. Les prix des œuvres de Blek poursuivent leur ascension ; ils atteignaient 18 600 €
(27 640 $) le 18 février dernier chez Artcurial | Briest - Poulain - F. Tajan, puis 15 625 £
(31 193 $) le 1er juillet à Londres. Nouveau record le 21 octobre à 21 250 £ (37 137 $).

Jef Aérosol,
Jef Aérosol
Sittin’ Kid, 2006
100 x 100 cm
Estimation : 3 500 - 4 000 €

Jef Aérosol s’impose aussi comme une grande figure de la scène pochoiriste.
Picadilly Circus, 2008, pochoir et peinture aérosol sur bâche (185x185 cm), estimé
7 000-9 000 €, représente l'Ange de la Charité Chrétienne, Eros, qui surplombe la fontaine située sur Picadilly Circus érigée en 1893 en mémoire du comte de Shaftesbury – statue de nu ailé en aluminium devenue la mascotte de Londres et l’emblème du quotidien "The Evening Standard". Citons aussi Sittin’kid, 2006, pochoir et peinture aérosol sur toile (100x100cm), pièce acquise directement de l'artiste par un collectionneur parisien (est. 3 500-4 000 €).
Les premières réalisations de Jef Aérosol apparaissent sur les murs en 1982, développant le thème du portrait, celui de personnalités ou d’anonymes, qui restera omniprésent. Musiciens de rock et de blues font partie de son univers, de même que des figures presque archétypales, comme le Sittin’ Kid recroquevillé, abandonné, « so Alone ». Presque systématiquement une flèche rouge devenue la marque de fabrique de Jef vient désigner une entité informelle que l’on ne peut appréhender… Le mystère et l’introspection des personnages demeurent.

Sur la scène pochoiriste signalons aussi une œuvre monumentale (200x300cm) de Miss Tic, pochoir et peinture aérosol sur affiches (est. 15 000 €), une grande palissade de Mosko et associés (186x315cm) estimée 9 000-11 000 €, des œuvres de YZ (EYES), Poch, Le Bateleur.

Mention spéciale pour le 1er passage en vente de C215, avec Sans titre, pochoirs et peinture aérosol sur valise en cuir des années 30 (est. 5 000-6 000 €).

Egalement très recherchés à l’étranger : Speedy Graphito, présent avec Quality Street (Underground), 2008, acrylique sur panneaux de bois assemblés (102x100 cm) estimée 7 500-8 500 €, et Invader, au rendez-vous avec Rubik Little Cartman, 2008, Rubik’s cubes sérigraphiés, fixés sur panneau (62x84cm), proposé à 5 000-6 000 €.

Parmi les artistes les plus en vue sur la scène des expositions parisiennes : Alexöne, Nasty, L’Atlas, Yaze, Babou, Teurk, M.CHAT.VUILLE ou André.

Incarné par une sculpture monumentale en acier thermolaqué (est. 10-15 000 €), le fameux chat jaune qui continue à se percher sur les toits de Paris et d’ailleurs, à l’initiative de
M.CHAT.VUILLE (né en 1977), se frotte aux murs de l’Hôtel Marcel Dassault.
Cet intrépide félin qui s’installa sur le parvis du Centre Georges Pompidou en 2004 sous le regard complice de Chris Marker qui lui dédiait alors un film, est actuellement mis à l’honneur par la ville d’Orléans, sa ville natale.

Jeune artiste déjà confirmé de la scène graffiti française, Alexöne (né en 1976) se distingue avec Sans titre, 2007, peinture aérosol et acrylique sur toile (114x162cm), situé "Bruxelles" et estimé 4 500-5 000 €.

Express, 2006, acrylique sur toile (170x170cm) estimée 5 000-6 000 €, rend hommage au travail poursuivi autour du portrait par Yaze (né en 1979), artiste issu du graffiti, évoluant vers une peinture très personnelle.

Incarnant la jeune scène graffiti travaillant aux ateliers de la Forge à Belleville autour de Jean Faucheur, Babou est présent avec Grande palissade, 2006, peinture aérosol, collages et technique mixte sur palissade en bois (200x264cm), exposé à l’Espace Beaurepaire en 2006 et conservé dans une collection particulière parisienne (est. 5 000-6 000 €).
A ses côtés, signalons la présence de Teurk (né en 1976) avec Concrete hand, 2006, peinture aérosol sur toile (200x200cm) estimée 4 000-4 500 €.

L’Atlas (né en 1978) que l’on a notamment pu voir en pleine performance au Palais de Tokyo en 2007 lors de la Nuit Blanche, illustre son univers avec Cosmic, Maze 2 (chrome et noir), 2007, peinture aérosol et acrylique sur toile (150x150cm), estimé 2 000-3 000 €.

Des pièces de Shuck One, vu à la fin de l’été lors d’une performance sur le site de Polytechnique à Palaiseau, de Da Cruz, jeune artiste du XIXe arrondissement qui recouvre les murs de ses personnages influencés par les cultures précolombiennes et tribales, mais aussi de RCF1, Skki, Jerome G., Jean Faucheur, Stak, Simon Bernheim, se joignent à ce chapitre.

La scène européenne de l’art urbain

A l’heure espagnole : les barcelonais Sixeart et Nano.
Présente cet été sur la façade de la Tate Gallery de Londres, lors de l’exposition consacrée au Street Art, l’œuvre prometteuse de Sixeart est illustrée par Guerrero Gallina mutante, en posicion de defensa, 2008, technique mixte sur toile (146x114cm) estimée 3 000-4 000 €.

La scène urbaine italienne est incarnée par Microbo, ou encore BO 130.
Par Microbo, Complex Codex Spinning Around, 2008, acrylique, résine et collages sur bois (60x100cm), est estimé 2 800-3 200 €. 

Les nouvelles étoiles du Street Art

Nick Walker, jeune star de la scène britannique, s’impose avec Ghetto Ghosts, 2002, peinture aérosol et acrylique sur toile (100x200cm), provenant d’une collection particulière européenne, estimé 4 500-5 500 €.

1er passage en vente de Wk interact – ce français installé à New York, récemment exposé à Londres chez Elms Lester – avec Head Heck, 2006, technique mixte sur papier (60x91cm) proposée à 8 000-10 000 €.

La jeune scène américaine est notamment représentée par Shepard Fairey dit Obey Giant qui illustre actuellement la campagne de Barack Obama.
Sans titre, 2006, pochoir, peinture aérosol et collages sur pochette de disque vinyle
(30,5x 30,5 cm), est estimé 1 200-1 500 €.
Parmi les représentants de la jeune scène américaine, mentionnons aussi Above.

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Infos vente

Vente : 1492
Lieu : Hôtel Marcel Dassault
Date : 15 décembre 2008

Exposition

du 12 au 14 décembre, de 11h à 19h
Hôtel Marcel Dassault
7 rond-point des Champs Elysées
75008 Paris

Spécialiste

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