Hommage à Hans Richter
Vente le 23 octobre 2008 à 14h30
1 octobre 2008
Une centaine de pièces provenant de la succession de l’artiste
La vente Hommage à Hans Richter propose une centaine de pièces retraçant le parcours singulier de l’artiste dadaïste et avant-gardiste - tableaux, dessins, sculptures, et collages.
Cet ensemble, qui provient de la succession de l’artiste, est estimé 600-700 000 €.
Pionnier en perpétuelle expérimentation, Hans Richter (1888-1976) a réalisé une œuvre novatrice et protéiforme qui est la combinaison unique d’un travail acharné de peintre et de cinéaste.
Les pièces présentées font écho à l’exposition estivale consacrée à Hans Richter, et organisée par Artcurial | Briest-Poulain-F.Tajan à l’Hôtel Marcel Dassault jusqu’au 26 septembre. C’est la première exposition monographique de cette envergure depuis celle qui fut dédiée à l’artiste au Kunsthaus de Zürich en 1982.
Témoignant de l’importance de l’œuvre de Hans Richter, des expositions monographiques sont en préparation, dans plusieurs musées européens – à Berlin, et à Zürich – et au LACMA (Los Angeles Contemporary Museum of Art).
Au centre des Avant-Gardes
Le trajet artistique de Hans Richter noue des liens entre les grands mouvements d’avant-garde du début du 20e siècle. Formé au sein de l’Expressionnisme allemand à Berlin, il fait un court détour par le Cubisme.
Sa période expressionniste est illustrée dans la vente par la toile Arbeiter (Les travailleurs), 109x80cm, de 1913, estimée 50 000-70 000 € et par quelques dessins de cette époque dont Africa, dessin au fusain de 191, 41x31cm, (est. 2 500-3 000 €), et Strasse, dessin à l’encre rehaussé de gouache, 1914, 29x20cm, (est. 5 000-6 000 €).
Très vite, l’artiste entrevoit un art affranchi du sujet et qui libère la forme et la couleur. Zürich, 1916 : il rencontre Jean Arp, Tristan Tzara et les autres protagonistes du mouvement Dada. Les conventions explosent. Dada adopte un credo : Improviser. Richter le fera sien. La liberté absolue est au rendez-vous.
Dès 1917, il prend une part active aux expositions (Zürich, Berlin), et publications des dadaïstes. Il peint alors « ces portraits visionnaires », représentant ses amis dadaïstes, animés de couleurs explosives et d’une liberté formelle « sans inhibitions ». Il cherche encore sa voie.
Son très vif intérêt pour le portrait se poursuit dans une série de Têtes dada, utilisant exclusivement le noir et le blanc. Le Portrait du Dr.Levin, dessin à l’encre et mine de plomb, daté 1917, 26x21cm, est estimé 2 000-2 500 €.
Ayant participé à de nombreuses expositions à New York, Berlin, Munich et Zurich, Dada Kopf, dessin à l’encre et mine de plomb, 1917, 27x20cm, est proposé à 4 000-5 000 €. Souvent exposé aussi, Dada Kopf Redner ou Orator, linogravure et rehauts de Gouache, 1918, 24x17cm, est estimé 2 000-2 500 €.
Hans Richter se lance dans une peinture quasi abstraite, influencée par le constructivisme et fondée sur la décomposition du mouvement. Abstraktion, dessin à la mine de plomb et crayons de couleur sur papier de 1919, 26x18cm, illustre les débuts de cette évolution (est. 5 000-6 000 €).
A partir de 1919, Richter cherche à introduire un rythme temporel dans sa peinture. Il s’inspire de l’ancienne tradition chinoise des rouleaux et réalise ses premiers tableaux rouleaux. Les formes s’enchaînent sur de longues bandes de toile : il découvre un dynamisme de l’expression jusque-là inédit et qui marquera durablement son œuvre.
Les années 20 sont consacrées au cinéma et à l’écriture. Du rouleau à la pellicule, il n’y a qu’un pas, que Richter va franchir en 1921 avec Rythme 21, l’un des premiers films abstraits de l’histoire du cinéma. Ses films se succèdent, s’apparentant à Dada puis au Surréalisme. En 1947, son film Dreams that money can buy obtient le prix international de la Biennale de Venise « pour la meilleure contribution originale au progrès du cinéma ».
A partir de 1921, Hans Richter croisera sans relâche recherches picturales et cinématographiques.
Du tableau rouleau au Pro Contra
En 1940, il quitte l’Europe pour les Etats-Unis. Nommé directeur de l’Institut Cinématographique au City Collège de New York en 1942, il continue de peindre de façon intensive.
Ses œuvres, fortement marquées par l’abstraction géométrique, conjuguent rythme et mouvement. Citons Rythmical scroll, rouleau rythmique de 1942, huile sur toile, 38x131cm, estimé 8 000-10 000 € et Counterpoint variation, huile sur toile de 1943, 64x34cm, (est. 15 000-20 000 €).
Hans Richter réalise dans les années 40 et 50 des grands rouleaux qui sont la fusion de son travail pictural et cinématographique. Ses œuvres font l’objet d’expositions personnelles à New York, Chicago, San Francisco, Paris, Bâle, Amsterdam.
Parmi les travaux préalables à la réalisation des grands rouleaux, la vente présente Twilight-Night-Dawn (triptyque pour une variation des rêves), huile sur cartons toilés montés sur panneau, 30x92cm, 1949, estimée 15 000-20 000 €. Cette pièce a participé à de nombreuses expositions – Berlin, Zurich, Rome, Amsterdam et Turin.
Major to minor variation triptych, triptyque vertical, huile sur toile de 1959, 37x31cm, est proposé 10 000-15 000 €.
La vente salue cette étape majeure de l’œuvre de l’artiste avec une très belle peinture rouleau de 1957, Fugue # 57, 193x38cm, estimée 5 000-7 000 €.
Jusqu’au bout, le portrait restera un sujet de prédilection pour l’artiste qui poursuit son travail sur les têtes dada. Dada head variation Arp, huile et collage sur toile de 1958, 69x49cm, est estimée 18 000-20 000 €, tandis que Tête dada IV, feutre et crayon sur papier, 1969, 26x18cm, est proposé 2 000-2 500 € et Dada head variation, dessin au fusain sur papier, 1970, 28x19cm, 1 500-2 000 €.
Dans les années 60, son travail aboutit aux Pro Contra : en utilisant des carrés qu’il divise, il réussit à établir une nouvelle forme de continuité, obtenant des variations d’expression infinies pour ses reliefs ou de couleurs pour ses toiles, en utilisant le même module dans différentes positions. Une maquette Pro contra, travail préparatoire circa 1960, collage de carton contrecollé sur panneau, 21x28cm, est estimée 2 000-2 500 €.
La vente propose un très bel ensemble d’une quinzaine de Pro contra parmi lesquels Cohesion VII, relief en métal et bois sur panneau de 1967, 75 x 89 cm, (est. 6 000-7 000 €), Pro und contra # 48, relief en bois polychrome de 1968, 79x 79cm, (est. 10 000-12 000 €) et Pro contra variation, relief en bois peint de forme tondo de la même année, diamètre 58,5 cm (est.10 000-15 000 €). Plus tardif, Dada head after a drawing 1918, relief en bois découpé et peint, est daté de 1974, 75x65 cm, (est. 8 000-10 000 €).
RetourInfos vente
- Vente : 1546
- Lieu : Hôtel Marcel Dassault
- Date : 23 octobre 2008
Exposition
- du 18 au 22 octobre 2008,
de 11h à 19h
- Hôtel Marcel Dassault
7 rond-point des Champs-Élysées
75008 Paris
Contact
- Bruno Jaubert
- Tél. +33 1 42 99 20 35
Catalogue
Contact presse
- Armelle Maquin
- Tél. +33 1 43 14 05 69
- Mob. +33 6 11 70 44 74







