Nouvelle offensive graffiti à l’Hôtel Dassault
Nouvelle offensive graffiti, nouvelle offensive du marché français
18 janvier 2008
Le 6 juin 2007, Artcurial | Briest - Poulain - F. Tajan prenait l’initiative des opérations en réunissant un important ensemble œuvres d’art graffiti. Carton plein. Depuis Paris, les grands noms du graffiti se positionnaient sur le marché international : estimations multipliées, records mondiaux pour les kings du graffiti américain JonOne (Balle de Match, 1993, vendu 24 800 € soit 36 436 $) et Futura 2000 (Bar Code, 1983, vendu 23 500 € soit 34 526 $).
- John Crash Matos dit Crash
- Call Card, 1988
- Bombe aérosol sur toile et panneau de bois
- 160 x 122 cm
- Estimation : 15 000 - 20 000 €
Le 18 février 2008, la première maison de vente française confirme son engagement sur ce terrain avec une vacation plus ambitieuse encore.
En première ligne : des pièces historiques du graffiti américain datées du début des années 80. Dondi White, Blade, Seen, Rammellzee, Quik, A-One, Futura 2000, les kings ouvriront la voie avec des œuvres majeures provenant essentiellement d’une collection hollandaise reconnue comme l’une des plus importantes d’Art graffiti en Europe.
Parmi les kings également, JonOne, Koor, Crash, Daze, Toxic, Noc 167, Sonic, seront au rendez-vous. Très largement représentée, depuis ses noms les plus célèbres jusqu’à ceux d’artistes passant pour la première fois sur toile, la scène graffiti française prendra aussi part au défi. Aux côtés de Shuck one, Alex/Mac et Tieri, Darco, RCF1, Hondo, Nasty, JayOne, Ash, et de la très jeune scène graffiti incarnée par Tanc, Teurk, Baboo, Sun7, G, travaillant aux ateliers de la Forge à Belleville autour de Jean Faucheur, on découvrira des œuvres inédites de Keag, Sore, et Babs, connus pour opérer essentiellement en milieu urbain…
Hommage aux writers, cette nouvelle vente témoignera par ailleurs du caractère foisonnant et éclectique de l’Art urbain avec, notamment, des œuvres au pochoir de Jef Aérosol, Blek le Rat, Némo, et Miss Tic, pour ne citer qu’eux.
Au total, près de soixante pièces partiront à la conquête d’un nouveau territoire pour une estimation comprise entre 420 000 € et 550 000 €.
EN PREMIÈRE LIGNE : DES PIÈCES HISTORIQUES DU GRAFFITI AMERICAIN
Début des années 80 : étape marquante dans l’histoire de l’Art graffiti.
Partis à l’assaut des rues et des métros de New York dans les années 70, les pionniers du graffiti commencent à expérimenter la toile face à une répression toujours plus forte. Leur maturité s’illustre dans des œuvres remarquables, premières du genre à échapper aux aléas du décor urbain. Très vite, des galeries new-yorkaises ouvrent leurs portes : la Galerie Fashion Moda et la Fun Gallery en 1981, puis la Galerie Sidney Janis forgeant l’idée d’un art « post-graffiti », en 1983.
En Europe, les graffeurs américains trouvent une reconnaissance particulière aux Pays-bas. En 1983, une exposition ambitieuse titrée « New York Graffiti » se monte au Museum Boymans-von Beuningen à Rotterdam, puis au Groninger Museum à Groningue. Parmi les pionnières, la Galerie Yaki Kornblit présente à Amsterdam des expositions personnelles des grands noms américains. Parallèlement, des pièces historiques du graffiti américain entrent dans des collections particulières hollandaises.
Ainsi l’important ensemble provenant d’une collection hollandaise qui dominera la vente avec des œuvres majeures de Blade, Dondi White, Seen, A-One, Quik et Rammellzee, réalisées entre 1983 et 1985. Des œuvres historiques signant chacune l’engagement d’un collectionneur qui rencontra tous les kings et fut aux Pays-bas à l’origine de grandes expositions et de publications sur le graffiti. Actif dès 1973, fondateur du crew des TC 5 qui régnera sur les lignes 2 et 5 du métro new-yorkais, adepte du up to down, Steven Ogburn allias Blade, né en 1958, se distinguera avec Beyond the wall, 1984, bombe aérosol et marker sur toile (181 x 341 cm) estimée 30-40 000 €. Loin de se restreindre au « Wild style », Blade s’illustre dans l’invention perpétuelle de formes, renouvelant sans cesse son lettrage et jouant sur la perspective. Acquise directement de la Galerie Yaki Cornblitt à Amsterdam, cette toile fut présentée au Groninger Museum à Groningue lors de l’exposition « Coming from the Subway : New York Graffiti Art », du 4 octobre 1992 au 10 janvier 1993.
Débutant également dans le métro new-yorkais en 1973, Richard Mirando dit Seen, né en 1961, reconnu comme un graffeur influent et surnommé « The Godfather of graffiti », révèlera son talent avec Splash Seen, 1984 (est. 25-30 000 €), magistrale toile conçue en quatre parties 4 x 176 x 103 cm à la bombe aérosol et au marker, qui fut acquise de la Galerie Yaki Cornblitt, à Amsterdam. Un nouvel hommage parisien à l’artiste qui en septembre dernier s’exposait pour la première fois dans la capitale, à la Galerie Chappe. Et un premier passage aux enchères en Europe.
Omniprésent dans le New York des années 70, Dondi White (1961-1998), graffeur parmi les plus doués et les plus respectés de sa génération, sera présent avec Mathematics (est. 20-25 000 €), très importante bombe aérosol sur toile (176 x 260 cm) datée 1984-1985. Présentée au Groninger Museum à Groningue lors de l’exposition « New York Graffiti Art : Coming from the Subway », cette œuvre acquise directement de l’artiste, est la première de Dondi White proposée aux enchères en Europe. Politiquement engagée, l’œuvre de Linwood A. Felton allias Quik, artiste né en 1958, sera abordée avec Love will tear us apart, 1984 (est. 20-30 000 €), bombe aérosol sur toile (175 x 238 cm) acquise directement de l’artiste.
Refusant l’étiquette de writer et revendiquant un statut d’artiste à part entière dès le début des années 80, faisant des lettres des armes de guerre, Rammellzee, créateur atypique né en 1960, donnera à voir son univers proprement original dans Ransom note future futurism crimee take the plunge, 1984, technique mixte sur panneau (80 x 105 cm) estimée 10-15 000€. Acquise de Galerie Yaki Cornblitt, à Amsterdam, cette pièce composait l’exposition personnelle de Rammellzee présentée au Gemeente Museum à Helmond du 15 novembre 1986 au 24 janvier 1987, puis au Groninger Museum à Groningue du 7 février au 22 mars 1987.
Référence incontournable de la old school américaine, Anthony Clark dit A-One (1964 - 2001), sera représenté par une œuvre de 1983, Faces Scribbledon My desk (est. 15-20 000 €), bombe aérosol sur toile (175 x 205 cm) acquise directement de l’artiste.
- Futura 2000
- Mutual of Omaha, 1983
- Bombe aérosol sur toile
- 135 x 233 cm
- Estimation : 20 000 - 25 000 €
Aux côtés de ces œuvres historiques réunies par ce collectionneur hollandais, signalons une très belle toile de 1983 signée Lenny Mc Gurr dit Futura 2000, ami de Basquiat et père fondateur qui jouera un rôle déterminant dans l’évolution de l’Art graffiti. Provenant d’une collection particulière belge, cette œuvre titrée Mutual of Omaha, bombe aérosol sur toile (150 x 230 cm) est proposée 20-25 000 €.
Ce chapitre consacré au kings du graffiti américain sera complété par des œuvres de JonOne, Crash, Noc 167, Koor, Daze, Toxic, Sonic, issues de collections particulières. Né à Harlem où il commence à poser dès l’age de 17 ans en 1980, installé à Paris depuis 1987, John Andrew Perello, allias JonOne, qui obtenait le 6 juin 2007 chez Artcurial | Briest - Poulain - F. Tajan un record mondial et la plus haute enchère jamais enregistrée en France pour une pièce d’Art graffiti, sera à l’honneur avec des œuvres réalisées entre 1990 et 2007. Toutes des œuvres significatives du renouvellement permanent apporté à sa création. Citons d’abord deux pièces datées du début des années 90 réalisées à l’acrylique et à la bombe aérosol sur toile, développant la technique du « all-over » coloré, vif, foisonnant : Sister to the Brother, 1990 (133 x 223 cm), estimée 15-20 000 €, et Grand Master Flash, 1991 (est. 10-12 000 €), pièce d’un format plus modeste (120,50 x 196 cm) rappelant par son titre les liens étroits entre rap et graffiti. Mentionnons aussi Da Vaporst (est. 8 000-12 000 €), acrylique sur toile (180 x 215 cm) datée de 2007, révélant un travail constant sur le lettrage, le signe et la couleur.
LA SCÈNE GRAFFITI FRANÇAISE DANS TOUS SES ÉTATS
Fin des années 80 : venu des Etats-Unis, le graffiti est désormais omniprésent dans les rues des métropoles européennes. En 1987, le livre d’Henry Chalfant et James Prigoff, « Spraycan Art », illustre son développement en moins d’une décennie, de Londres à Amsterdam, de Barcelone à Paris. L’état des lieux artistique de la capitale française mesure la richesse d’une scène graffiti déjà établie et talentueuse, capable de porter l’héritage des kings américains en affirmant sa spécificité propre.
Parmi les graffeurs les plus confirmés de la scène parisienne, signalons la présence de Shuck one avec une pièce de 2001, Urbanes Scientifics, acrylique et bombe aérosol sur toile (191 x 199 cm) estimée 9 000-11 000 €, celle d’Alex/Mac et Tieri avec une œuvre réalisée à quatre mains à l’acrylique et à la bombe aérosol en hommage à Basquiat (est. 6 000-8 000 €), ou encore celle de Darco avec Rawcrue, 2007, bombe aérosol sur toile (100 x 105 cm) estimée 2 000-3 000 €. On remarquera également les œuvres de RCF1, Ice cream, 2004, feutre sur papier (80 x 120,50 cm) proposé 1 800-2 200€, de Hondo, Nasty, et JayOne. La très jeune scène parisienne du graffiti travaillant dans les ateliers de la Forge à Belleville autour de Jean Faucheur cofondateur dans les années 80 des Frères Ripoulin, sera incarnée par Tanc, Teurk, Baboo, G, et par Sun7, au rendez-vous avec 70 millions de morts en temps de paix, 2007, acrylique et technique mixte sur toile (146 x 114 cm) annotée « Back from Shangaï » au dos, estimée 2 000-2 500€,
Cette vente sera aussi l’occasion de découvrir des artistes de la scène graffiti parisienne qui, peignant exclusivement en milieu urbain, ont accepté pour la première fois de passer sur la toile : Sore, Babs, ou encore Keag.
LES POCHOIRISTES AU RENDEZ-VOUS DE L’ART URBAIN
En parallèle de la bombe aérosol et du marker, l’Art urbain s’est aussi développé avec d’autres techniques. Le pochoir est l’une de celles qui a été le plus en vue dans les rues. Si dans les années 60, un artiste comme Ernest Pignon-Ernest utilise le pochoir, ce n’est qu’à la fin des années 70, à Sao Paulo et à New York, puis à Paris en 1981, que cette technique est avérée. Prenant son plein essor dans les années 80, Paris est aujourd’hui un centre majeur de cette scène pochoiriste.
La vente du 18 février présentera notamment le travail des pochoiristes Blek le Rat, Jef Aérosol, Némo, Mosko et associés, Miss Tic, et Marie Rouffet.
Parmi les pièces phares de ce chapitre : The Fawn, 1993 (est. 8 000-12 000 €), pochoir et pastel sur papier marouflé sur toile (156 x 104 cm) réalisé par Blek le Rat – artiste salué lors de son exposition à la Jonathan Levine Gallery à New York, qui devait par ailleurs inspirer à Banksy son fameux rat – Sans titre, 2004 (est. 4 500-5 000€), très rare pochoir, bombe aérosol et acrylique sur plaque émaillée, de Némo – figure emblématique entre toutes de Belleville – et Zim’s Cig… (Bob Dylan), 2007 (est. 2 000-2 500 €), pochoir, bombe aérosol et acrylique sur toile (80 x 80 cm) de Jef Aerosol.
RetourInfos vente
- Vente : 1469
- Lieu : Hôtel Dassault
- Date : 18 février 2008
Exposition
- du 15 au 17 février, de 11h à 19h
- Hôtel Dassault
7 rond-point des Champs Elysées
75008 Paris
Spécialiste
- Arnaud Oliveux
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Contact
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