LES « KINGS » DU GRAFFITI S’EMPARENT DE L’HÔTEL DASSAULT

Vente le 6 juin 2007 11h

15 mai 2007

Alex/Mac-Crew. Jam Master Jay, 2004

Alex/Mac-Crew
Jam Master Jay
, 2004

Bombe aérosol et acrylique sur toile

Estimation : 1 500-2 000 €

Le 6 juin prochain, Artcurial réunit les « kings » du Graffiti, signant ainsi  son engagement auprès de cet art majeur de la création contemporaine. C’est la première fois qu’une maison de ventes française présente un ensemble d’Art graffiti d’une telle importance.

Le  30 octobre 2006, Artcurial proposait déjà quelques pièces d’Art graffiti.
De beaux résultats étaient enregistrés, précisant la cote de ces artistes, notamment celle de Jonone et Crash dont les toiles dépassaient largement leurs estimations.

L’ensemble présenté le 6 juin rend hommage aux artistes « old school », premières générations de graffeurs américains qui marqueront les années 70, 80 et 90 : Jonone, Crash, Daze, Futura 2000, Koor. Aux côtés de ces représentants légendaires du post-graffiti US, figureront aussi quelques grands noms de la scène graffiti européenne et française : Darco, Hondo, Alex.

SUR LES TRACES DES GRAFFEURS

Fin des années 60. Le graffiti fait son apparition. A Philadelphie, puis surtout à New York, les murs, les stations et les wagons de métro affichent son rapide essor.
Très vite, les journalistes s’intéressent au phénomène : le New York Times révèle le graffiti dans une interview du pionnier Taki 183, suivi du New York Magazine qui titre « The Graffiti hit parade », soulignant le potentiel artistique du graffiti illustré par Jean-Michel Basquiat, qui signe Samo, ou Lenny Mc Gurr allias Futura 2000…

1972. La Razor Gallery de New York organise la première exposition dédiée au Graffiti. Tandis que la Ville de New York déclare la guerre à ces nouveaux artistes, leur virtuosité technique et la maturité croissante de leur art répondent à la répression : portés du Bronx à Manhattan par les wagons du métro, leur nom s’acheminent vers la reconnaissance artistique.

Début des années 80. L’« Art Graffiti » prend place dans les galeries new yorkaises et se fait connaître des marchands et des collectionneurs internationaux. La Galerie Fashion Moda et la Fun Gallery ouvrent en 1981 pour faire du graffiti leur spécialité. En France, la même année, un premier article consacré au graffiti américain paraît dans Libération tandis que le Centre Georges Pompidou monte l’exposition « Graffiti et société ». Citée en référence, la Galerie Sydney Janis s’installe à New York en 1983 et commence à forger l’idée d’un art « post-graffiti » réunissant les œuvres de Basquiat, Keith Haring, Daze ou A-One. En 1984, paraît le livre d’Henry Chalfant et Martha Cooper, Subway art, bible du graffiti new yorkais.

A la fin des années 80, l’art du graffiti est omniprésent dans les rues des métropoles européennes. En 1987, le livre d’Henry Chalfant et James Prigoff, « Spraycan Art », illustre son développement de Londres à Amsterdam, de Barcelone à Paris. L’état des lieux artistique de la capitale française mesure la richesse d’une scène graffiti déjà établie et talentueuse, capable de porter l’héritage du graffiti américain en affirmant sa spécificité propre.

Le graffiti est aujourd’hui entré dans les collections des musées et s’impose au 21e siècle comme l’une des expressions les plus originales et les plus authentiques de l’Art contemporain.

John Perello dit Jonone. Balle de match, Hopital Ephémère, 1993

John Perello dit Jonone
Balle de match, Hopital Ephémère
, 1993

Bombe aérosol et acrylique sur toile

Estimation : 15 000 - 20 000 €

JOHN ANDREW PERELLO ALIAS JONONE

Pilier du Graffiti, John Andrew Perello grandit à Harlem où il commence à poser « Jonone » dès l’age de 17 ans, en 1980. Surpassant dans un pur « freestyle » les lois dictées par le Grafitti comme par l’univers de l’Art contemporain, son œuvre s’impose comme l’une des plus personnelles de sa génération. Elle est encore un pont entre New York et Paris où l’artiste mondialement reconnu vit depuis 1987.
Ses influences : Lee ou A-one, représentants de la « old school US », mais aussi Kandisky, Pollock, Schnabel, de Kooning ou Raushenberg. Son souhait : « que l’on considère son travail comme (…) émanant d’un esprit de la rue (…) mais aussi comme celui d’un peintre abstrait à part entière ». La vision fondatrice de son art : « une rame de métro donnant avec la vitesse des traînées des couleurs ».

Une importante pièce datée de 1993, Balle de match, Hôpital Éphémère, bombe aérosol et acrylique sur toile (est. 15 000-20 000 €) représentera Jonone. L’artiste y utilise toute la surface de la toile dans un « all-over » très coloré et vif tandis que les formes se nouent et se dénouent, ondulent et se font droites dans un jeu de tonalités et contrastes. Doublement signée, titrée et datée au dos, cette toile de grand format (214,50x190 cm) fut acquise directement de l'artiste par un collectionneur particulier parisien.

LENNY MC GURR PSEUDO FUTURA 2000

Parmi les artistes les plus respectés du post-graffiti US, Lenny Mc Gurr dit Futura 2000, père fondateur du mouvement aux côtés de Basquiat, jouera un rôle déterminant dans l’évolution du graffiti au-delà du simple lettrage pour privilégier un art virtuel qui pourrait s’apparenter à l’Abstraction Lyrique. Né à New-York en 1955, il accède lui aussi à la légitimité après un passage dans le métro. En 1981, il expose à la Fun Gallery puis à la Galerie Sidney Janis et entame une carrière artistique internationale, en France notamment avec l’illustration de la campagne de promotion de la RATP « Ticket chic, ticket choc » en 1984.

Futura sera présent avec deux grands formats (179,50x134cm et 137x181 cm), très belles bombes aérosol sur toile signées par l’artiste : Project Jupiter, 1990 (est. 3 000-4 000 €), et Bar code, 1983 (est. 4 000-5 000 €) présenté lors de l’exposition "American Graffiti" à Amsterdam.

John Crash Matos dit Crash. Neons Blues, 1989

John Crash Matos dit Crash
Neons Blues
, 1989

Bombe aérosol dur toile

Estimation : 3 000 - 4 000 €

JOHN CRASH MATOS DIT CRASH

Né en 1961 dans le Bronx où il vit encore actuellement, le pionnier John Crash Matos dit Crash commence à graffer dès l’age de 14 ans. Enfant, raconte-t-il, « la seule chose qui m’intéressait vraiment c’était les trains… leurs déplacements, leurs sons, leurs odeurs occupaient mes pensées du matin à la tombée du jour ». Au lettrage, il est l’un des premiers à adjoindre la figuration 3D. Dès la fin des années 70, il adopte la toile qu’il travaille à la bombe.
En 1981, il expose à la Real Art Ways Gallery, puis en 1982 à la Galerie Fashion Moda. En 1983, son travail est présenté par la Galerie Sydney Janis. Suivront de nombreuses expositions en Europe, aux Etats-Unis, ou encore à Hong Kong. Ses œuvres figurent dans les collections les plus prestigieuses : celles du MOMA à New-York, du Brooklyn Museum of Art, du Groninger Museum, ou du Stedelijk à Amsterdam.

Plusieurs toiles de l’artiste, bombes sur toile signées et datées des années 80-90, seront proposées : Sans titre, circa 1984-85, (126x180cm) provenant d’une collection particulière bruxelloise (est. 8 000-12 000 €), Thunder, 1990 (185x185 cm) et Neons blues, 1989 (152x152cm), respectivement estimées 3 500-4 500 € et 3 000-4 000 €.

CHRISTOPHER DAZE ELLIS DIT DAZE

Chris Daze Ellis, allias Daze, naît a New York en 1962 et commence le graffiti au début des années 70 tout en étudiant à la High School of Art and Design où il fréquente notamment Crash et Futura 2000. Plus tard, insistant sur son attachement à l’art de la lettre, il expliquera : « j’ai choisi Daze car à l’époque personne n’avait de Z et de E dans son nom, et que ces lettres étaient dites difficiles à styliser » Ses toiles commencent à entrer dans les galeries en 1982 et feront le tour du monde.
Le talent de l’artiste sera illustré par Dream, 1989, aquarelle, mine de plomb et collages sur papier, petit format (37x31,50cm) estimé 800-1 200 €.

CHARLES HARGROVE : SURNOM KOOR

Né en 1963 dans le Bronx, Charles Hargrove dit Koor passera aussi du mur à la toile, et exposera pour la première fois à l’âge de 16 ans à la Galerie Fashion Moda avant d’apparaître dans les galeries de Soho… Son œuvre mêle calligraphie et symboles dans un style qui n’appartient qu’à lui et s’illustre dans l’œuvre aujourd’hui présentée : Sans titre, circa 1984-85, bombe aérosol et acrylique sur toile, signé par l’artiste (143x293cm), œuvre acquise à la Galerie Maurice Keitelman par un collectionneur particulier bruxellois (est. 1 500-2 000 €).

GRAFFEURS EUROPÉENS ET FRANÇAIS : ALEX, HONDO, DARCO

Les références du Graffiti européen et français seront également présentes.

Spécialiste depuis ses débuts du surréalisme en graffiti, Alexandre Ledent dit Alex, né en 1973, s’illustre dans un rendu réaliste, voire hyper-réaliste des personnages. Ainsi le triptyque Jam Master Jay (est. 1 500-2 000 €), bombe aérosol et acrylique sur toile (3x120x120cm), réalisé en 2004 à l'occasion de l'exposition Adidas au Palais de Tokyo en hommage à l’icône du Hip HopJam Master Jay, fondateur des  « Run DMC » abattu en pleine rue à New York à la sortie d'une salle d'enregistrement en 2002.

Artiste graffeur parisien membre de la "Universal Zulu Nation", Hondo, né en 1972, incarne ce qu'il appelle « le substrat de dynamisme du graffiti ». A la fin des années 90, son style renoue avec l'image narrative sous l'influence de Vaughn Bodé, avant qu’il ne se tourne à partir de 2001-2002, vers une pratique plus "free style" où l'écriture retrouve une place déterminante. Ses œuvres composent depuis 2005 les collections de l'Etat à travers le fonds du Musée des Arts et Traditions Populaires. Hondo sera au rendez-vous avec une œuvre de la série "Subgraffitism Série", Hondo en bas, 2004, bombe aérosol sur toile (92x65cm) estimée 700-900 €.

Né en 1968, Darco, « writer » franco-allemand de la première heure, officie depuis 1984 et influencera profondément le graffiti européen. Paris, Munich, New York ont vu son style évoluer tout en restant fidèle à l’art de la lettre. L’artiste sera présent avec une œuvre datée de 2006, Code Art, bombe aérosol et marker sur planche photographique (70,50x101cm), estimée 400-500 €.

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Infos vente

Vente : 1221
Lieu : Hôtel Dassault
Dates : 5-6 juin 2007

Exposition

du 31 mai au 2 juin, de 11h à 19h
le 3 juin, de 11h à 16h
Hôtel Dassault
7 rond-point des Champs Elysées
75008 Paris

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