Furniture & Decorative Objects

 
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Lot 37
COMMODE D'EPOQUE LOUIS XVI ESTAMPILLE DE JEAN-HENRI RIESENER ET CHARLES ERDMAN RICHTER, VERS 1785
En acajou et placage d'acajou, ornementation de bronze ciselé et doré, dessus de marbre blanc veiné gris, la façade à ressaut ornée de moulures, ouvrant par cinq tiroirs sur trois rangs, les entrées de serrure en forme de cartouche et feuillage sur le rang supérieur, à motif de masque et rinceaux fleuris, les anneaux de tirage en forme de tore de laurier, estampillée deux fois J.H.RIESENER et une fois G.RICHTER
Hauteur : 87,5 cm. (34 1/2 in.), Largeur : 115,5 cm. (45 1/2 in.), Profondeur : 53 cm. (20 3/4 in.)

Jean-Henri Riesener reçu maître en 1768, fournisseur des meubles d'ébénisterie du Garde-Meuble royal de 1774 à 1784

Charles Erdman Richter reçu maître en 1784


A LOUIS XVI ORMOLU-MOUNTED MAHOGANY COMMODE STAMPED BY JEAN-HENRI RIESENER AND CHARLES ERDMAN RICHTER , CIRCA 1785

Provenance :
Acquise à la fin du XIXème ou au début du XXème siècle puis par descendance jusqu'au propriétaire actuel.

C'est probablement dans ses œuvres plaquées d'un acajou uni qu'apparaît le plus clairement le sens des proportions et de la ligne que manie avec génie Jean-Henri Riesener. Ici le dessin est souligné par des moulures d'acajou sculptées, donnant toute sa monumentalité au meuble. Jean-Henri Riesener utilisa très tôt l'acajou dont la mode fut lancée dès les années 1760, notamment par Madame Pompadour, qui à son décès en 1764 possédait dix-sept commodes d'acajou, et se répandit dans les années 1770.

A titre d'exemple citons une table à écrire, estampillée de Jean-Henri Riesener vendue à Paris, galerie Georges Petit, les 18-19 juin 1917, lot 198 puis Christie's New York le 18 octobre 2002, lot 370.

A l'élégante sobriété s'ajoute la préciosité des ornements de bronze doré, s'inscrivant dans le goût précieux de l'époque. Les modèles ici employés sont caractéristiques de ceux du maître et suffiraient à lui attribuer cette commode si cela était nécessaire. Les entrées de serrure en écusson flanqué de feuillage des tiroirs supérieurs sont présentes sur un secrétaire à abattant estampillé de Riesener, vendu par Christie's New York, les 18-19 novembre 1999, lot 550. Les entrées de serrure des tiroirs inférieurs sont elles utilisées sur une commode, vers 1785, portant la marque au feu du Garde-Meuble privé de Marie Antoinette, illustrée dans P. Arizzoli-Clementel, Le Mobilier de Versailles, XVIIème et XVIIIème siècle, Tome 2, Dijon, Editions Faton, 2002, p. 152, n°53 ou sur la paire d'encoignures de 1786 du salon des Nobles de Marie Antoinette à Versailles, illustrées dans Daniel Meyer, Le Mobilier de Versailles, XVIIème et XVIIIème siècle, Tome 1, Dijon, Editions Faton, 2002, p. 82, n° 21. Le motif qui orne le tablier, combinant différents ornements et s'articulant parfaitement entre eux, que l'on retrouve sur plusieurs meubles précieux de Riesener, prend la forme ici d'une fleur dont sont issus des rinceaux d'acanthe et retenant une graine. La commode du Salon des Nobles de Marie-Antoinette à Versailles, datée de 1786, est munie de ce même tablier (illustrée dans ibid. p. 80, n°21)

Les bronzes présents sur notre commode permettent de la dater des années 1785.

En 1775, Riesener exécuta pour le salon du Roi à la Manufacture de Sèvres une commode plaquée tout d'acajou, ornée de moulures marquant la composition tripartite chère à l'ébéniste, la partie centrale en léger ressaut, et reposant sur des pieds galbés (conservée à Sèvres, Musée céramique, illustrée dans P. Kjellberg, Le Mobilier français du XVIIIème siècle, Paris, Editions de l'Amateur, 1989, p. 694). Cette dernière est ornée de bronzes caractéristiques de la période dite Transition, tels que chutes à mufles de lion, entrées de serrure en forme de médaillon retenu par un nœud de ruban, anneau de tirage en tore de laurier ou pieds en griffes.

Vers 1780 la mode de l'acajou bat son plein mais le goût arabesque se fait jour. Les références à l'Antiquité évoluent et ce sont vers les arabesques que les ornemanistes se tournent. Les ornements se font plus naturalistes. Aux masques à l'antique ou aux vases et cartouches se mêlent de fins enroulements de fleurs, fruits et feuillage. Ici, restent les chutes en forme de forte feuille d'acanthe terminées par une chute de feuillage que Riesener utilisa dès la fin des années 1760.

La double estampille présente sur cette commode laisse supposer une collaboration. Jean-Henri Riesener dont l'atelier était florissant faisaient souvent appel à par certains de ces confrères pour exécuter ses modèles. Parmi ceux-ci compte Adam Weisweiler. Ici, il s'agit de Charles Erdman Richter, dont la présence en France est attestée en 1781 et qui fut reçu maître en 1784. Une table estampillée de Richter mais qui pourrait bien être un modèle de Jean-Henri Riesener, de la même veine que la présente commode, a été vendue par Christie's Paris, le 8 novembre 2007, lot 507.


Estimation 80 000 - 120 000 €
Sold for 97,196 €
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Sale Information

Sale: 2091
Location: Hôtel Marcel Dassault
Date: 14 Dec 2011 14:30
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Auctioneer: Isabelle Bresset

Viewing Information

9-13 December, 11am-7pm
14 December, 11am-12am by appointment

Hôtel Marcel Dassault
7 rond-point des Champs-Élysées
75008 Paris

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