Automobiles sur les Champs 8

 
view 02view 03view 04
view 05view 06view 07view 08
view 09view 10view 11view 12
view 13view 14view 15view 16
view 17view 18view 19view 20
view 21view 22view 23view 24
view 25view 26view 27view 28
view 29view 30view 31view 32
view 33view 34view 35view 36
view 37view 38view 39view 40
view 41view 42view 43view 44
view 45view 46view 47view 48
view 49view 50view 51view 52
vue 53vue 54vue 55

Lot 17
1925 Bugatti Type 13 ' Brescia ' carrosserie Maron-Pot et Cie
No reserve

Carte grise française
Châssis n° 2628
Moteur n°1028

- Dans la mĂŞme famille depuis 1953
- Etat d'origine Ă©mouvant, sortie de grange
- Un des moins de 10 exemplaires survivants
- Châssis court (2m), deux magnétos
- Sans prix de réserve
- Un des 25 Type 13 deux magnétos livrés neufs en France.

Les Bugatti Sport et Course seize soupapes
De 1920 à 1923 sont produites les première " 16 Soupapes " dont les châssis furent numérotés de 900 à 1611. Parmi ces voitures, se détachent quelques rares modèles de course. Nous avons parcouru les Registres de ventes de l'Usine et avons pu identifier environ 30 Type 13 de course et 20 Type 22 et Type 23 de course. La majorité de ces véhicules sont les premières vraies " Brescia " équipées de moteurs à roulements à billes. Il en resterait seulement 4 ou 5 en existence : les châssis 1318-1323-1398-1528 et 1573 (liste non exhaustive).
De 1923 à 1925 entre en production industrielle le nouveau modèle " Brescia " dont les châssis sont numérotés de 1612 à 2906. Toutes ces voitures ont désormais le boitier de direction inclus dans le carter moteur.
Au milieu de cette liste de plus de mille deux cent véhicules, se détachent de petites unités de voitures " Type 13 à deux magnétos ". Elles ne sont pas toutes des voitures de course, car certaines seront habillées de petites caisses sport deux places avec ailes laissées à l'inspiration des carrossiers.Certaines Type 22 et Type 23 seront également équipées de deux magnétos, voitures sport ou course, mais elles sortent du cadre de notre étude.
Les Registres de vente Bugatti nous renseignent sur environ 22 voitures Type 13 deux magnétos et 7 voitures à une magnéto en 1923. En 1924, seulement 19 voitures Type 13 deux magnétos sont construites et environ 40 en 1925. La lecture approfondie des documents d'usine laisse entrevoir que pour la première série " 900-1611 ", parmi les 50 voitures de course, une majorité est vendue à des pilotes amateurs français.
Concernant les " Brescia " série 1612-2906, plus de la moitié des " Type 13 deux magnétos " est livrée en Italie. Bien rares sont les voitures vendues neuves en France. Elles ne sont pas plus de 2 en 1923, moins de 10 en 1924 et une petite vingtaine en 1925. Au total sur une production d'environ 80 Type 13 deux magnétos, dont 25 en France, il ne subsiste pas plus qu'une dizaine de véhicules: il s'agit des châssis numéros 1631-1775-1987-2072-2111-2275-2282-2365-2368 et 2628 (liste non exhaustive).
Parmi les voitures livrées à Paris se trouve une petite série de 9 voitures livrées au Magasin du 116 avenue des Champs Elysées début 1925 puis une série de 3 en juillet et enfin 4 dernières " type 13 deux magnétos " en août et septembre 1925. Le Châssis 2628 fait partie de la toute dernière série : châssis 2627 à 2630. Il est livré au magasin parisien le 26 août 1925 avec le véhicule châssis 2627. La plaque parisienne attribuée au Type 13 châssis 2628 porte le numéro 7242 U 7. Cette plaque minéralogique peut être celle de 1925 ou dater de 1926 au plus tard. La Bugatti est livrée en châssis à Paris pour être carrossée par l'atelier de Maron, Pot et Cie à Levallois-Perret. En 1925, plusieurs carrossiers se sont spécialisés dans l'habillage des châssis Bugatti " Seize Soupapes " et " Brescia ". Lavocat et Marsaud a déjà réalisé des carrosseries sport deux places sur les premières Type 13 Brescia de 1921 et continuera jusqu'en 1926. La Carrosserie Profilée, liée économiquement à Bugatti n'est pas en reste et Maron-Pot et Cie propose des modèles sport dans un style équivalent. Seul Figoni ne semble pas encore habiller les châssis courts Brescia.

Une histoire bourguignone
En 1931, la petite Type 13 Sport que nous présentons à la vente quitte la capitale pour découvrir la Bourgogne et s'y installer durablement. Le 23 juin 1931, le véhicule est immatriculé dans le département de la Côte d'Or sous le numéro 5072 DU 1. Elle devient alors la propriété de Lucien Meriel, avenue Thiers à Beaune. Il garde ce véhicule pendant 6 ans et le cède le 22 avril 1937 à un dénommé Jean Barolet, domicilié sur la " base aérienne 102 à Ouges " près de Longvic. Cette base accueille plusieurs escadres de chasse et d'observation dans les années trente. Un de ses parents proche se souvient que J.Barolet, né en 1909, faisait partie du personnel rampant de la base. Il prit sa retraite dans le midi, mais repose dans le petit village de Saint Romain à soixante kilomètres de Dijon.

Soustraite sans doute par Barolet à la convoitise de l'occupant pendant la guerre, la petite Bugatti réapparait entre les mains d'un amateur bourguignon au tout début des années cinquante. Jean Terrillon, propriétaire terrien dans le petit village de Oigny, est issu d'une famille bourgeoise implantée dans la commune depuis la révolution. Sa veuve Louise Terrillon achètera la première des quatre Bugatti familiale, d'occasion en 1919. Il s'agit d'un type 22, châssis 580, livré à Neuilly sur Seine en décembre 1913 et carrossé par Chauvet,rue Fozillau à Levallois. La " petite bleue ", offerte par Louise à son fils Jean, ne sera revendue que dans les années 80 à un certain Henri Lalanne. Jean Terrillon (1892-1972) gère les fermes familiales aux alentours et se passionne pour les Pur Sang de Molsheim dont il va acquérir trois autres modèles pour tenir compagnie à la petite 8 soupapes de sa mère. Une Bugatti Type 38 Gaston Grummer de mai 1927 est acquise vers 1930 et une berline Type 49 quatre portes de novembre 1930, certainement carrossée par Visse et Haff, achetée après-guerre, intègrent bientôt les garages de l'abbaye avant l'achat vers 1953 de la Type 13 à deux magnetos. Après le décès de Jean Terrillon en 1972 les deux " grosses Bugatti " seront vendues en novembre 1976 aux enchères publiques, dans le salon des Arts et Métiers, avenue d'Iena à Paris par l'intermédiaire de Christian Huet pour le compte de l'étude Loudmer-Poulain…déjà ! Seule sera conservé la Type 13. Elle avait été révisée à l'usine Bugatti vers 1966, selon les souvenirs familiaux. L'auto fut délivrée en camion à Molsheim, et après les travaux, le fils de Jean Terrillon, Bernard, repartit en Bourgogne par la route au volant de la Brescia. Sa carrosserie est une réalisation de L.Maron-Pot et Cie, dont l'atelier se trouvait 160 rue de la Révolte à Levallois-Perret comme nous l'indique la petite plaque en laiton sur le côté de la caisse. Nous devons à ce carrossier des années vingt plusieurs autres belles caisses de Bugatti seize soupapes dont celle sur le type 23 châssis 2519 vendu récemment aux enchères. La ligne de l'auto devait ressembler à l'origine à celle de la photo d'un modèle identique qui illustre notre exposé. Lavocat et Marsaud semble avoir aussi été inspiré par ces rares châssis court type 13.Il n'y a pas de raison de douter que la caisse sur 2628 soit d'origine et date bien de 1925. Seules les ailes enveloppantes sont postérieures et ne demandent qu'à être démontées.
L'inspection du véhicule nous ramène à ce jour de 1966 où elle fut remisée dans le garage de l'abbaye d'Oigny, après sa révision Usine, et progressivement oubliée après le décès du propriétaire six ans plus tard. La plaque de châssis " 2628 10 HP " en laiton, sur le tablier est d'époque. Le moteur porte sur sa patte arrière gauche le numéro de série 2628 et sur la boite à came doit figurer le numéro du moteur soit 1028. Le moteur est équipé d'un bloc double allumage et d'un carburateur Zenith bronze. La boite de vitesse porte un numéro dans la même série, à savoir 1114. Le pont est gravé 12X45, numéro 20. L'essieu avant est freiné. Le radiateur est du dernier modèle, sans échancrure pour la manivelle. La plaque de carrossier Maron-Pot et Cie figure au-dessus du marche-pied, côté passager. La caisse et le capot sont l'œuvre de ce carrossier.

Il s'agit sans doute de la dernière type 13 deux magnétos qui restait à découvrir sur la planète Bugatti. Préservée intacte sans autre altération à son état d'origine que ses ailes des années trente, elle est l'exemple parfait des premières Bugatti de Sport, dérivées directement de la course !
Polyvalente et performante, cette vraie " Brescia " dans le sens noble du terme, héritière des victoires de 1921, ne demande qu'à reprendre du service pour témoigner du savoir-faire du sorcier de Molsheim.

Pierre-Yves Laugier

MERCI DE BIEN VOULOIR NOTER QUE LE NUMERO DE MOTEUR EST 1028 ET NON 1018 COMME INDIQUE AU CATALOGUE.



French title
Chassis number 2628
Engine number 1028

- In the same family since 1953
- A barn find, in poignant original condition
- One of fewer than ten surviving models
- Short chassis (2m), twin magnetos
- No reserve
- One of 25 Type 13 twin magneto models delivered new in France.

The 16-valve sports and racing Bugattis
The first '16-Valve' cars were built from 1920 to 1923, with their chassis numbered from 900 to 1611. Among these cars, a few rare racing models stand out. We went through the factory sales records and were able to identify some 30 Type 13 racing models, as well as 20 Type 22 and Type 23 racing models. The majority of those cars are the first true "Brescias" fitted with a ball bearings engine. Only four or five are thought to remain in existence: chassis numbers 1318-1323-1398-1528 and 1573 (this list may be incomplete). From 1923-25 the new 'Brescia' model went into industrial production, bearing the chassis numbers 1612 to 2906. All these cars now had their steering box integrated into the crankcase.
In the midst of this list of more than 1200 cars, a handful of 'Type 13 twin magneto' models stand out. Not all of them were racing models, as some received two-seater sports bodywork with wings, freely imagined by the coachbuilders. Some Type 22 and 23 cars, both sports and racing versions, were also equipped with twin magnetos, but these fall outside the scope of this study.
The Bugatti sales ledgers provide us with information on approximately 22 twin magneto Type 13's, and seven single magneto cars in 1923. In 1924, only 19 'Type 13 twin magneto' models were built, and 40 or so in 1925. A careful examination of the works records suggests that, for the first series (900-1611), of the 50 racing models, the majority were sold to amateur French racing drivers.
As regards the 'Brescia's' of the 1612-2906 series, more than half of the twin magneto Type 13's were delivered to Italy. Cars sold new in France were much less common: just two in 1923, fewer than 10 in 1924 and scarcely 20 in 1925. Out of a total production of 80 'Type 13 twin magneto' cars, 25 of them in France, no more than ten survive today, with the chassis numbers 1631-1775-1987-2072-2111-2275-2282-2365-2368 and 2628 (this list may be incomplete).
Among the cars delivered in Paris was a small series of nine cars, consigned to the dealership at 116, avenue des Champs-Elysées at the beginning of 1925, followed by three cars in July and finally four of the last 'Type 13 twin magneto' models in August/September. Chassis number 2628 was part of this final series, comprising chassis 2627 to 2630. It was delivered to the Parisian dealership on 26 August 1925, together with chassis number 2627. The Paris registration assigned to chassis number 2628 bore the number 7242 U 7. This licence plate dates from 1925 or, at the latest, 1926. The Bugatti was delivered as a chassis in Paris, to be fitted with bodywork in the workshop of Maron, Pot et Cie in Levallois-Perret. In 1925, several coachbuilders specialised in fitting bodywork onto '16-Valve' and 'Brescia' Bugatti chassis. Lavocat and Marsaud had already built two-seater sports bodies for the first Type 13 'Brescia's' in 1921 and would continue until 1926. The 'Carrosserie Profilée', which was linked financially to Bugatti, was not left out, whilst Maron-Pot et Cie offered sports models in similar style. Only Figoni had apparently yet to body any short chassis 'Brescia's'.

A tale from Burgundy
In 1931, the little Type 13 Sport which we are presenting for sale left the capital to discover and settle in Burgundy. On 23 June 1931, it was registered in the Côte d'Or département with the number 5072 DU 1, and became the property of Lucien Meriel of the avenue Thiers in Beaune. He kept the car for six years and sold it, on 22 April 1937, to a gentleman named Jean Barolet, whose address was recorded as "Air base 102 at Ouges", near Longvic. This base was home to several observation and fighter wings during the 1930's. One of his close relatives recalls that Barolet, who was born in 1909, was a member of the ground staff on the base. He retired to southern France, but is buried in the little village of Saint Romain, 60 kilometres from Dijon.

No doubt hidden by Barolet from the covetous eyes of the enemy during the war, the little Bugatti showed up again at the very beginning of the 1950's, in the hands of an enthusiast in Burgundy. Jean Terrillon, a landowner in the little village of Oigny, was descended from a bourgeois family which had lived in the district since the Revolution. His widow, Louise Terrillon, bought the first of four Bugattis in the family, second-hand in 1919. It was a Type 22, chassis number 580, which was delivered to Neuilly in December 1913 and bodied by Chauvet at rue Fozillau in Levallois. Louise gave the 'little blue car' to her son, Jean, and it was only sold in the 1980's, to a certain Henri Lalanne. Jean Terrillon (1892-1972) managed the family's farms in the area and was fascinated by the thoroughbreds from Molsheim. He would buy three more of them to keep his mother's little 8-valve company. A Bugatti Type 38 Gaston Grummer from May 1927, acquired around 1930, and a Type 49 four-door saloon from November 1930, certainly with bodywork by Visse and Haff, purchased after the war, would soon enter the garage in the abbey, before he bought the 'Type 13 twin magneto' around 1953. After Jean Terrillon's death in 1972, the two 'big Bugattis' were sold in November 1976, at a public auction at the Salon des Arts et MĂ©tiers on the avenue d'IĂ©na in Paris, through Christian Huet and - already! - on behalf of the Loudmer-Poulain auction house. The family kept only the Type 13. As they recollect, it had been serviced at the Bugatti works in 1966. The car was transported by lorry to Molsheim and, when the work was complete, Jean Terrillon's son, Bernard, set off for Burgundy at the wheel of the 'Brescia'. Its bodywork had been built by L. Maron-Pot et Cie, whose workshop was located at 160, rue de la RĂ©volte in Levallois-Perret, as the small brass plate on the side of the body reminds us.
This coachbuilder from the twenties was also responsible for several other fine bodies on 16-valve Bugatti chassis, including that on Type 23 chassis number 2519, which was sold recently at auction. The lines of the car were originally intended to follow those in the photo of an identical model which illustrates this text. Lavocat and Marsaud also seem to have been inspired by these rare short chassis Type 13's. There is no reason to doubt that the body on chassis number 2628 is original, dating from 1925. Only the wings covering the wheels were added later, and may easily be removed.
An inspection of the car takes us back to that day in 1966 when it was put away in the garage of the abbey in Oigny, after its service at the works, and gradually forgotten until its owner's death six years later. The brass chassis plate '2628 U 10' on the bulkhead is original. On its left rear lug, the engine bears the production number 2628, while the engine number, 1028, may be found on the cam carriers. The engine is equipped with a dual ignition coil and a bronze Zenith carburettor. The gearbox is stamped with a number in the same series, namely 1114. The axle is engraved 12X45, number 20. There are brakes on the front axle. The radiator is of the final type, without an indentation for the starting handle. The plaque of the coachbuilder, Maron-Pot et Cie, is located above the running board on the passenger side. The body and the hood are the work of the coachbuilder.

There can be no doubt that this is the last 'Type 13 twin magneto' to be found in Bugatti circles. Preserved intact, with no changes to its original state other than its wings from the 1930's, it is a perfect example of one of the first Bugatti Sport models, developed directly from racing!
An all-round performer, this true 'Brescia', in the best sense of the term, heir to the victories of 1921, asks only to make its return and show what the magician of Molsheim can do.


Pierre-Yves Laugier

PLEASE NOTE THAT THE ENGINE NUMBER IS 1028 AND NOT 1018 AS WAS WRITTEN IN THE CATALOG.




Estimation 150 000 - 250 000 €
Sold for 834,400 €
Email Lot    |  

Sale Information

Sale: 2769
Location: Théâtre du Rond-Point, Paris
Date: 22 Jun 2015 18:00
Sale Location
Théâtre du Rond-Point >
2 bis, avenue Franklin D. Roosevelt
75008 Paris

Press Release
Press Release: 1925 Bugatti Brescia

Auctioneer: Hervé Poulain

Viewing Information

20-21 June, 11am-6pm
22 June, de 11am-5pm

Garage privé d'Artcurial
59 avenue Montaigne
75008 Paris

Catalogue

Browse E-Catalogue
Download PDF Catalogue
Order Catalogue

Contact Information


Phone: +33 1 42 99 20 73

Bid Department


Phone: +33 1 42 99 20 51
Fax: +33 1 42 99 20 60

Conditions of Purchase

View Conditions

My Account

Login
Register to Bid Live, to place Bids online, Track items of specific interest. Thanks to Artcurial LotAlert, you can be informed by e-mail as soon as an object you are looking for comes up for sale